Impatientes de reprendre la voie d’une normalisation de leurs politiques monétaires, les banques centrales vont-elles sauter sur l’occasion de résultats d’inflation un brin mieux orientés en août ? La tentation est palpable. Mark Carney, le Président de la Banque d’Angleterre, se dit dans les starting blocks tandis que de Jens Weidmann, président de la Bundesbank, plaide pour un arrêt du programme d’achats d’actifs de la BCE. La FED viendra-t-elle ajouter de l’huile sur le feu mercredi prochain, comme le suggèrent les anticipations des marchés ou, au contraire, calmer le jeu ? La deuxième option reste, à nos yeux, la plus probable.
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Le billet hebdomadaire
Les consommateurs sur le bas-côté de la reprise. Pour combien de temps ?

Amélioration du climat des affaires, reprise de l’investissement industriel, réveil des échanges mondiaux, la conjoncture internationale a retrouvé un air de printemps ces derniers mois, incitant nombre d’économistes à revoir à la hausse leurs prévisions, notamment pour la zone euro. Manque pourtant à ce panorama des résultats patents en provenance des consommateurs qui, à de rares exception près, ont manqué à l’appel ces derniers temps. Retard ponctuel ou caractéristique durable ? C’est principalement de la réponse à cette question que dépend la tonalité du scénario européen pour l’an prochain. Lire la suite…
La faiblesse du dollar, une explication fragile de la surperformance des indices émergents

Depuis le début de l’année, l’indice MSCI des bourses émergentes a progressé de 25 %, flirtant aujourd’hui avec son niveau d’août 2014, après deux années calamiteuses au cours desquelles il avait perdu jusqu’à 30 % de sa valeur. Souvent attribuée aux effets bénéfiques de la baisse du dollar, cette performance a toutefois avoir des origines bien plus complexes.
La reprise de l’économie française est-elle suffisamment profonde pour faire face à une politique définitivement contracyclique ?
La dynamique conjoncturelle lancée, il pourrait s’agir du meilleur moment pour accepter quelques sacrifices et, comme le privilégie le nouveau gouvernement, donner un coup d’accélérateur au rééquilibrage budgétaire. Après tout, les politiques procycliques d’austérité menées dans un passé ont été suffisamment, à juste titre, décriées pour accepter l’idée que le temps des concessions soit venu dès lors que le socle de croissance est plus solide. Reste cependant à ne pas se tromper sur ce dernier point car c’est bien de celui-ci que devrait découler l’estimation de ce qui sera in fine supportable par l’économie française sans risquer de faire dérailler une reprise, somme toute, tout juste naissante.
Rester investi ou attendre une correction plus ample avant de racheter les indices européens ?
Finira-t-on par avoir raison ? L’avenir le dira. Mais ce qui est certain c’est que nous nous sommes bel et bien trompés depuis le mois de juin en prévoyant une poursuite de la hausse des marchés européens. Seule consolation, la performance de l’Eurostoxx en dollars est un peu plus clémente, en hausse de 1,7 % entre le 31 mai et le 17 août, au terme d’évolutions quasi-identiques de part et d’autre de l’Atlantique durant cette période. L’excuse est toutefois difficilement recevable pour ce qui nous concerne, notre scénario de taux de changes s’étant caractérisé depuis le début de l’année par l’anticipation d’une appréciation de l’euro tout à fait conforme à l’évolution constatée vers 1,18USD.
La BCE n’est pas seule à bord, la hausse des taux longs devrait bientôt trouver son terme
C’est maintenant acquis, les propos de M. Draghi lors du symposium de Sintra, étaient bel et bien destinés à contrer le mouvement embarrassant d’aplatissement de la courbe des taux. C’est en effet sur ce sujet que s’ouvrent les minutes du dernier comité de politique monétaire dont on comprend que d’intenses échanges ont porté sur ce que la plupart des membres du comité de politique monétaire considéraient comme une anomalie et surtout comme une contrainte, au moment où la BCE s’apprêtait à modifier l’orientation de sa politique monétaire. Couronnée de succès, la stratégie ressemble à une aubaine pour la BCE. Les choses ne sont pourtant pas si simples…
L’insensibilité des salaires au bas niveau de taux de chômage, une aberration ? Pas vraiment.
Banquiers centraux et économistes semblent désarçonnés par l’absence d’accélération des salaires dans les économies dans lesquelles le bas niveau du taux de chômage suggère une situation de plein emploi traditionnellement propice à une montée des tensions salariales. Face à cette situation, les banques centrales sont sur le qui-vive, redoutant une correction de cette anomalie apparente qui pourrait se concrétiser par un emballement subit des rémunérations. Peut-on vraiment parler d’anomalie ? Telle n’est pas la conclusion de notre analyse qui trouve de nombreuses explications rationnelles à l’inertie en présence des rémunérations et, donc, à celle de l’inflation.
Scénario juin 2017 – Sprint final des marchés boursiers sur un champ de mines
La mise à jour de notre scénario macro-économique et financier international trimestriel aboutit à des conclusions à première vue assez paradoxales :
- Une nette révision à la baisse de nos prévisions de croissance et d’inflation mondiales, notamment pour l’année 2018 pour laquelle la progression du PIB nominal refluerait très significativement, à un niveau de 4,5 % jamais observé depuis le début des années soixante.
- La persistance des éléments à l’origine de l’engouement des investisseurs pour les actifs à risques dont tout incite à penser qu’ils continueront à doper les marchés financiers internationaux sur fond, néanmoins, de risques croissants tant économiques que politiques ou financiers.
