La dernière correction des marchés ne devait pas excéder octobre. Elle s’éternisa jusqu’au 25 décembre… Qu’en sera-t-il de l’actuelle ?

Lorsqu’en octobre dernier la remontée des taux d’intérêt américains a déclenché la chute des actifs mondiaux, nombreux sont les observateurs à avoir considéré ce mouvement comme un accès de volatilité saisonnier ; il perdura finalement jusqu’à la fin de l’année dernière et entraina les pertes dont on se souvient.

Le changement de cap des banquiers centraux, l’espoir d’une relance de la croissance chinoise, ceux d’un accord commercial imminent entre la Chine et les Etats-Unis et d’une reprise de la consommation mondiale consécutive à la chute des prix du pétrole ont œuvré de concert pour redresser la barre et autoriser un début d’année exceptionnel de récupération et de regain d’appétit pour le risque. Fin avril, les grands indices mondiaux avaient pour la plupart retrouvé ou dépassé leurs niveaux de l’été 2018. Entre temps que s’est-il passé ? L’industrie mondiale s’est enfoncée en récession ; en lieu et place de la relance escomptée, c’est une économie chinoise de jour en jour plus en souffrance que nous décrivent les indicateurs ; quant aux prix du pétrole, dont la baisse était censée soutenir le pouvoir d’achat, ils sont remontés de 40 %. Ignorés par les marchés tant que planait encore l’espoir d’un accord rapide entre D. Trump et Xi Jinping, cette réalité a repris le dessus au fur et à mesure de l’escalade du conflit commercial tout au long du mois de mai. Après un début d’année en fanfare, les marchés mondiaux en ont accusé le coup, la plupart des indices mondiaux enregistrant des replis marqués au cours du mois écoulé.

Comme en octobre, ce mouvement ne semble pas inquiéter outre mesure les investisseurs tentés, pour beaucoup, de voir se profiler dans le repli en cours des opportunités d’investissement à bon compte. La dégradation des perspectives mondiales, le retournement du cycle des profits, le peu de marges de manœuvre des banques centrales et l’instabilité géopolitique croissante ne nous encouragent pas sur cette voie. Au contraire de la fin de l’année dernière, les forces de rappel font, en effet, bougrement défaut pour miser sur une récupération imminente des marchés mondiaux.

 

Lire la suite…

Profit warning en zone euro

L’enclenchement d’une dynamique salariale est largement perçue comme la clé du succès des politiques monétaires, le préalable nécessaire à une convergence de l’inflation vers l’objectif de 2 % censé ouvrir, à terme, la voie d’une normalisation des taux d’intérêt. Voilà quelques trimestres que la dynamique salariale a commencé à prendre forme en zone euro. Ce changement, régulièrement souligné par la BCE comme le garant de la solidité de ses hypothèses de croissance et d’inflation, a jusqu’alors été superbement ignoré par les anticipations des marchés. L’inflation 5 ans dans 5 ans n’est, ainsi, pas plus élevée aujourd’hui qu’elle ne l’était en 2014 ou 2015, au creux des évolutions salariales, et les taux futurs sont plus bas encore. Comment expliquer ces anomalies apparentes ? Les marchés se trompent ils et risquent-ils, par conséquent, de corriger leurs anticipations à la hausse ? C’est pour une large part dans la capacité des entreprises à absorber les hausses de salaires que les conditions du marché du travail leur imposent que se trouve la réponse. À en juger par les évolutions du mixte salaire/productivité/prix, les marchés sont probablement dans le vrai.

 

Lire la suite…

Plus les tarifs montent plus les taux baissent. Une anomalie ?

Le programme protectionniste de D. Trump était supposé faire flamber l’inflation ; il faudra vraisemblablement attendre longtemps avant d’observer de tels effets. En l’occurrence plus les tarifs augmentent plus les anticipations d’inflation et, dans leur sillage, les taux d’intérêt, baissent. Il n’y a en cela rien de véritablement anormal compte-tenu de la conjoncture actuelle et de l’exacerbation des pressions concurrentielles que provoquent les menaces protectionnistes. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, une prolongation/amplification de la guerre commerciale propulserait sans doute les taux d’intérêt sur des niveaux bien plus bas qu’aujourd’hui et plus encore dans le cas de véritable décrochage du yuan…

Lire la suite…

L’avenir compromis du monde en développement face à la démondialisation

Parmi les ravages susceptibles d’émaner du mouvement de démondialisation qui sévit depuis le début de la décennie, les économies en développement risquent fort d’apparaître, à terme, les plus grandes victimes. Moins directement exposés que les exportateurs de produits manufacturés d’Asie au tarissement de la demande ou à la montée des tarifs douaniers, elles n’en sont pas moins affectées par les effets délétères du ralentissement de la demande internationale sur les prix et les volumes des produits de base et par la frilosité des flux d’investissements directs inhérente à l’évolution vers un monde moins ouvert. Alors que le regain de tensions commerciales entre les États-Unis et le Chine force à voir avec plus de réalisme l’état de dégradation des perspectives commerciales internationales, la prise de conscience de cette exposition du monde en développement pourrait devenir, sous peu, plus acerbe.

Lire la suite…

Quand le président de la Fed passe son temps à ajuster ses erreurs de communication

Vous avez dit « fine tuning »? Jamais aucun président de la FED n’aura donné une telle impression de versatilité que J. Powell. Après avoir fait preuve d’une rigidité incompréhensible à la fin de l’année dernière, puis avoir trop promptement retourné sa veste en début d’année, le président de la FED a une nouvelle fois surpris par son regain de confiance cette semaine.

De manière surprenante, ces hésitations semblent avoir de moins en moins d’effets sur les anticipations des marchés de taux d’intérêt ; un peu comme si le président de la FED, était en perte en train de perdre de son influence. Reconnaissons que les développements économiques ne lui laissent guère de latitude. L’analyse du détail du rapport des créations d’emplois du mois d’avril permet de mieux comprendre les manquements persistants de l’économie américaine à l’origine de la paralysie monétaire et les conditions de ce qui ressemble de plus en plus à un nouveau paradigme économique et sociétal, allant de pair avec une forme de fin de règne monétaire.

Lire la suite…

Bourgeonnements de printemps sur les marchés européens

La configuration boursière de la fin février nous avait mis sur la piste d’un vraisemblable rallye de printemps de l’Eurostoxx que nous envisagions alors en route pour les 3500 points (voir à ce sujet « Un air de printemps sur les bourses européennes »). À deux doigts de cet objectif, la confiance des marchés ne semble pas mollir en dépit d’un environnement fondamental jonché d’incertitudes, avec, ces derniers jours, une évidente tentation des cycliques les plus en retard à reprendre du poil de la bête. De fait, c’est bien de ces secteurs à la traîne qu’est tributaire l’évolution de l’Eurostoxx, à savoir en tout premier lieu : les bancaires, l’automobile et les ressources de base. A quelles conditions ces secteurs pourraient-ils se décrisper et ouvrir la voie à une plus large expansion des indices européens ?

Lire la suite…

Encore un peu de travail avant de revoir de l’inflation salariale aux Etats-Unis…

Le rapport sur l’emploi américain du mois de mars risque de ne pas suffire à lever les incertitudes sur les développements conjoncturels aux États-Unis. Légèrement supérieures aux attentes pour ce qui concerne le seul mois de mars, les 196 000 créations de postes annoncées ne compensent pas le manque à gagner du mois précédent qui, même révisé, reste très faible, à 33 K. Entre février et mars, l’emploi américain a ainsi progressé de 114,5 K par mois en moyenne, son plus faible niveau depuis septembre 2017 (post ouragans). Si le bon chiffre de janvier permet encore de sauver la mise trimestrielle, ce résultat a tout lieu de semer le doute sur la vigueur de l’économie américaine. Autre source de déception, la croissance des salaires piétine et se replie à 3,2 % l’an en mars, après avoir plafonné à 3,5 % ces derniers mois. Ce constat n’est guère satisfaisant pour une banque centrale dont l’objectif premier est aujourd’hui de restaurer des sous-jacents d’inflation plus solides. Il pourrait y avoir là de quoi préparer le terrain à un affaissement supplémentaire de la courbe des taux…

Lire la suite…

Au cœur des déboires de l’industrie mondiale : les biens d’équipement et l’automobile

Les indicateurs avancés de l’activité manufacturière mondiale poursuivent désespérément leur déclin depuis l’automne dernier avec, ces derniers temps, des difficultés croissantes que relatent notamment l’écrasement des perspectives de prix des secteurs les plus impactés.

Au rythme où vont les choses, il faudrait peu de temps pour que cette situation industrielle déteigne un peu plus sur l’ensemble des perspectives de croissance et d’inflation. Deux secteurs d’activité sont particulièrement touchés : celui des biens d’équipement d’une part, celui de l’automobile de l’autre. Autrement dit, les deux poids lourds de l’industrie mondiale dont le pouvoir d’irradiation est, de loin, le plus important de par la diversité des entrants qu’ils intègrent et leur poids dans les échanges internationaux. Quel diagnostic établir sur la situation de chacun d’eux ?

Lire la suite…