France-Allemagne, l’écart industriel se creuse davantage

En hausse de 1,9 % en septembre, la production manufacturière allemande offre quelques signes d’amélioration ce matin. A ce stade, néanmoins, ces résultats sont loin de compenser les pertes récentes, en particulier celle du mois d’août au cours duquel l’activité manufacturière s’était contractée de 4,7 %. Les commandes, bien que stabilisées, ne promettent pas, non plus, de reprise imminente de la production, laissant place à un diagnostic toujours très mitigé sur les perspectives industrielles Outre-Rhin. Le contraste avec les retours en provenance de l’Hexagone sont de fait saisissants. En septembre, la production manufacturière française s’est, en effet, améliorée de 0,9 %, ce qui, malgré sa contraction du mois précédent, porte à 2,4 % sa hausse en trois mois…

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Aux Etats-Unis, les grandes entreprises sauvent la donne du marché de l’emploi

Shutdown oblige, les quelques publications en provenance de l’économie américaine sont scrutées avec plus d’attention que jamais pour tenter d’en tirer le maximum d’informations. A ce titre, les données de créations d’emploi de l’ADP, les seules qui seront publiées ce mois-ci, apportent quelques éclairages :
1- Avec en moyenne 42 K créations de postes, la situation a été moins dégradée en octobre qu’au cours des trois mois précédents : de juillet à septembre, ce chiffre n’avait pas dépassé 24 K.
2- Les secteurs du commerce, transports et utilités ont totalisé 42K créations de postes et ceux de la santé et de l’éducation 25 K, soit un total de 72 K postes, auxquels se sont ajoutées des évolutions plus modestes en provenance du secteur financier, des mines et de la construction. Les destructions ont été concentrées dans l’information, les services professionnels et les loisirs.
Vu sous cet angle, le shutdown ne semble pas avoir d’impact majeur sur le marché de l’emploi, comme du reste suggéré par les composantes emploi des ISM. Les détails apportent néanmoins quelques nuances d’importance à ce premier diagnostic.

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En novembre notre BMG pointe vers un dangereux enlisement en zone euro

Révisé de -0,1 à -0,4 en octobre, notre baromètre macroéconomique global revient à zéro en novembre, un léger mieux assuré par l’amélioration des climats des affaires, Chine exceptée. Lissé sur 3 mois, notre BMG continue de refluer, néanmoins, notamment du fait de sa nette détérioration en zone euro. Sauf au Japon, l’environnement des consommateurs reste en  berne et nos indicateurs d’investissement piétinent en territoire neutre ou négatif. En revanche, les exportations retrouvent quelques couleurs, grâce, notamment, aux Etats-Unis.

Notre baromètre d’inflation, au mieux neutre, retombe en territoire négatif au niveau global, une première depuis le mois d’avril.

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Mme Lagarde surjoue la confiance

Volonté de résister au début de pressions en faveur d’un assouplissement monétaire ou réelles inquiétudes sur l’inflation ? Probablement un peu des deux avec pour résultat une présidente de la BCE plutôt « hawkish » que l’inverse. Résolument optimiste sur les perspectives de croissance, Mme Lagarde donne le sentiment d’exploiter chacune des faiblesses actuelles comme des atouts pour l’avenir et de sciemment passer sous silence les aspects les plus préoccupants de la conjoncture. A l’inverse son insistance que les incertitudes relatives aux perspectives d’inflation et les développements imprévisibles susceptibles de créer de mauvaises surprises donnent au final un discours assez largement déséquilibré. Au total, bien peu d’espoirs d’un possible changement de posture dans une direction plus accommodante sous peu.
Après la Fed hier et l’inflation allemande un plus plus tôt aujourd’hui (voir à ce sujet PIB et inflation en Allemagne) la messe semble dite : la BCE ne baissera pas ses taux directeurs cette année et ne passera pas à l’acte sans baisses additionnelles significatives de la part de la FED. Cette conclusion remet en partie en question notre scénario, lequel escomptait deux baisses d’un quart de point chacune des taux directeurs à cheval entre la fin de cette année et l’an prochain. Curieusement, l’euro ne retire aucun bénéfice de cette communication. Il est vrai que le dollar continue l’ascension provoquée par la prudence de J. Powell sur l’éventualité d’une nouvelle baisse des Fed Funds en décembre…

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L’Allemagne, de la croissance sans inflation à l’inflation sans croissance

Au troisième trimestre, le PIB allemand a stagné, après un recul de 0,2 % au deuxième (révisé en hausse d’un dixième). Si l’investissement en capital productif a tenu bon, le commerce extérieur a vraisemblablement été plombé par les droits de douane américains. L’acquis de croissance pour l’ensemble de 2025 atteint péniblement 0,2 %, après deux années consécutives de net recul.
L’inflation du mois d’octobre est ressortie en baisse de seulement un dixième, à 2,3 %, tandis que sa composante sous-jacente est restée inchangée, à 2,8 %. Toujours pas de signe de détente, sur ce front, au contraire.
Le tout forme donc un contexte franchement stagflationniste en net contraste avec les années d’avant Covid.

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Noël avant l’heure pour le PIB français

La croissance française fait mieux que tenir, elle accélère. Au troisième trimestre, elle a atteint 0,5 %, un plus haut depuis plus de deux ans, après déjà une progression encourageante de 0,3 % au deuxième trimestre. Si la consommation des ménages accuse le coup, les autres postes ont pris le relai. Une bonne nouvelle dans le contexte déprimé de crise politique trop durable que traverse l’Hexagone ces derniers mois.

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Moins de baisses de taux à venir ? J. Powell sème le doute… La BCE gagne du temps #fed #taux #qt #bilan

Moins dovish que prévu ? La Fed a comme anticipé abaissé d’un quart de point son objectif des Fed Funds, à 3,75/4 %. Elle a, par ailleurs, confirmé l’arrêt de la réduction de son bilan, à partir du 1er décembre, précisant qu’elle réinvestira l’équivalent de l’intégralité des obligations souveraines de son bilan arrivant à échéance sur le marché des Treasuries, de même que 35 milliards par mois de ses titres hypothécaires. Cette dernière décision était moins largement anticipée. Si J. Powell avait fait part de cette éventualité mi-octobre, nombreux analystes l’envisageaient plus tardive.

C’est, malgré tout, une Fed moins « dovish » que prévu que retiendront les marchés. En premier lieu parce que sa décision de baisser les taux d’un quart de point n’était pas unanime. S. Miran, sans surprise, aurait souhaité une baisse de 50 pb mais, surtout, Jeffrey Schmid était contre toute baisse des taux. J. Powell a, par ailleurs, mentionné des divergences importantes de point de vue entre les gouverneurs de la Fed sur ce qu’il conviendrait de faire en décembre, soulignant qu’une nouvelle baisse des taux n’était pas acquise. Ces commentaires ont sonné comme un coup de semonce auprès d’investisseurs convaincus que la Fed procéderait comme elle l’avait prévu en septembre, d’ici la fin de l’année, voire bien davantage en 2026. Les taux à deux ans ont repris plus de dix points de base dans le sillage des propos de J. Powell, suivis de près par les taux à 10 ans, remontés à 4,08 %, tandis que l’indice ICE du dollar s’est envolé de plus d’un demi-point, à quasiment 99,6, son plus haut niveau depuis juin.

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La baisse des Fed Funds entrainera-t-elle celle des taux longs ?

La Fed devrait acter une baisse d’un quart de point de son objectif des Fed Funds à l’issue du FOMC mercredi soir, de 4/4,25 % à 3,75/4 %. Malgré les tarifs, l’inflation reste contenue, avec des évolutions certes peu compatibles avec un retour à 2 % mais pas, non plus, annonciatrices d’un quelconque dérapage. Les données du marché de l’emploi, de leur côté, sont apparues dégradées selon la publication de l’ADP de début de mois, tandis que le shutdown se prolonge. La Fed n’a donc pas lieu de remettre en cause ce qu’elle avait envisagé en septembre et devrait également préparer le terrain pour un ajustement supplémentaire de ses taux directeurs au mois de décembre. Jusque là rien de bien nouveau. Les marchés ont, en effet, pleinement intégré ces ajustements à venir.
Le débat s’est néanmoins complexifié après que J. Powell a annoncé mi-octobre l’arrêt probable de la réduction du bilan de la Fed d’ici peu. La probabilité que cette dernière soit actée dès cette semaine est loin d’être négligeable. Si tel est le cas, de nombreuses questions pourraient s’ajouter au débat, parmi lesquelles la justification d’une telle décision et ses implications éventuelles sur les anticipations d’inflation. Avec une baisse des taux plutôt pro-cyclique, l’arrêt du QT devra être bien compris pour ne pas risquer d’attiser le sentiment d’une politique monétaire par trop indulgente dans le contexte en présence, à quelques mois d’une réforme fiscale inédite et d’un vaste programme de déréglementation bancaire. C’est sur la partie longue de la courbe de taux que se joueront ces enjeux, laquelle a une influence beaucoup plus importante sur l’économie que les taux directeurs eux-mêmes.

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