BMG mars 2025 – Dommage…ça commençait à s’améliorer

En mars, notre BMG revenait en zone légèrement positive pour la première fois depuis octobre, à 0,3 après 0,2 (inchangé) en février. Les momenta des composantes du baromètre de mars étaient plutôt bien orientés, à l’exception de l’investissement. Les Etats-Unis restaient le seul pays à la limite du territoire négatif. Ailleurs, en partie du fait d’une amélioration des débouchés américains en prévention des hausses de droits de douanes mais aussi des initiatives européennes, les indicateurs composites restaient bien orientés. Notre baromètre de l’inflation se repliait quant à lui, à -0,4, toujours en territoire négatif. Mais tout ceci c’était en mars. Depuis il y a eu le 2 avril….

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Déprime industrielle allemande, le pire est devant nous

En février, la production industrielle allemande a reculé de 1,3 %, dont 0,6 % pour sa composante manufacturière, retombée à un niveau inférieur de 12 % à celui de janvier 2020. Les commandes, de leur côté, ont stagné. Malgré le léger rebond des ordres étrangers et des exportations, l’hypothèse des droits de douane américains n’a pas sensiblement accru la demande adressée par les Etats-Unis aux industriels allemands en début d’année.
La concrétisation des tarifs, elle, pourrait avoir un effet nettement plus visible, dont les conséquences récessives à court terme ne font guère de doute. Le temps que le plan Merz se mette en place, les perspectives sont donc particulièrement sombres pour l’industrie, et, par là même, l’ensemble de l’économie allemande.

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Rapport sur l’emploi largement illisible aux Etats-Unis

Le chiffre phare du rapport sur l’emploi américain, 228 K créations totales de postes au total en mars, est, paradoxalement, le seul à être satisfaisant. En effet, les données de janvier et février ont été révisées à la baisse et sont, désormais, inférieures de 18K et 34K à celles publiées en première lecture.

Sectoriellement, la santé reste le principal pourvoyeur d’emplois, tandis que les autres secteurs évoluent à des rythmes ralentis, ou légèrement négatifs, comme  dans l’information, les activités minières et, pour le deuxième mois consécutif, au sein des emplois fédéraux, victimes du DOGE. Pour autant, les 4K emplois supprimés en mars, après 11 K en février, envoient un signal largement moins désastreux que ce que laissent entendre les retours d’autres sources, enquête Challenger notamment.

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Libération Day : c’est violent, même si l’Europe s’en tire à moindre mal

La logorrhée du président américain semblait partie pour nous tenir des heures jusqu’au coup de communication savamment orchestré de l’arrivée du secrétaire au commerce porteur d’un tableau figurant les estimations pays par pays des protections non-tarifaires estimées, à partir desquelles D. Trump avait préparé ses annonces. S’ensuit une énumération pays par pays des barrières supposées subies par les entreprises américaines à l’exportation et des tarifs réciproques décidés, « après discount » : Chine, Vietnam, Laos, Thaïlande, Japon, Inde, Bangladesh, Corée, Australie, Suisse, UE… la liste épargne peu de pays et les tarifs annoncés sont salés : 48 % pour le Laos, 46 % pour le Vietnam, 34 % pour la Chine (en plus des hausses précédentes selon CNBC, ce qui porte à 54 % les droits de douanes effectifs sur les produits chinois à partir du 9 avril). L’UE s’en tire plutôt mieux et écope de 20 % de droits de douanes. Mexique et Canada sont épargnés, du moins le temps d’analyser les retombées des droits précédemment décidés. Enfin, D. Trump annonce 10 % de droits universels à l’entrée des produits sur le sol américain pour tous.
Personne n’est donc épargné, tandis que les tarifs de 25 % sur les importations automobiles décidés la semaine dernière ont été confirmés et entreront en vigueur à partir du 3 avril.

 

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Inflation industrielle aux USA, c’est parti !

Sous l’effet, très vraisemblablement, des hausses des droits de douane, l’indice des prix de l’ISM manufacturier a augmenté de 7 points en mars, après une hausse de même ampleur en février. Il s’établit, désormais à 69,4, son plus haut niveau depuis juin 2022. L’indicateur, très corrélé à l’évolution des prix à la production des biens, laisse donc peu de doutes : l’inflation redémarre dans l’industrie avec, à ce stade, des augmentations vraisemblables des PPI de 0,5 % par mois, soit 6 % en rythme annualisé.

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L’inflation allemande en léger recul, suffisant pour une baisse des taux

En mars, l’inflation allemande est passée de 2,3 % à 2,2 %. Sa composante sous-jacente a reculé de deux dixièmes, à 2,5 %. Mieux encore, les prix des services, après avoir affiché une hausse annuelle autour de 4 % pendant neuf mois, décélèrent davantage, à 3,4 %, soit 0,4 point de moins qu’en janvier. Les données mensuelles, non corrigées des variations saisonnières, font, également, état d’un net ralentissement par rapport à février.
A l’exception, peut-être, des prix alimentaires, à 2,9 % soit cinq dixièmes de plus qu’en février, les données de mars sont donc, incontestablement, un bon cru outre-Rhin.

Aux Etats-Unis, la consommation est inerte, les prix PCE ne rassurent plus

Après une baisse de 0,6 % en janvier, la consommation des ménages américains est restée à peu près inchangée en février, avec une hausse marginale de 0,1 %. Le rythme du début d’année reste donc en deça de ce qui avait été constaté l’année dernière, au cours de laquelle la consommation privée avait augmenté en moyenne de 0,3 % par mois.
Parallèlement, les prix PCE et leur composante sous-jacente ont augmenté de, respectivement, 0,3 % et 0,4 %. Une mauvaise nouvelle, alors que cette mesure de l’inflation est la plus scrutée par la Fed et que sa relative faiblesse par rapport aux CPI avait soutenu les anticipations d’un possible assouplissement de la politique monétaire de la Fed dans le courant de cette année. En février, les données se sont inversées, avec des CPI en ralentissement, mais des PCE en accélération.

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La reprise attendra encore un peu en zone euro…

Si la différence entre le court terme et le long terme n’était pas claire, les chiffres publiés pour la zone euro zone aujourd’hui sont là pour nous la rappeler. En effet, les effets attendus des récentes initiatives publiques en Europe tendent à faire oublier une situation courante nettement moins reluisante. En l’occurrence, la consommation diminue en France, le chômage augmente en Allemagne et les retours des enquêtes de la commission européenne laissent toujours à désirer.
Les signes de baisse de l’inflation pourraient, s’ils se confirment, donner de l’air au pouvoir d’achat des ménages et à la BCE, avant les effets des plans de relance. Néanmoins, les perspectives de prix semblent, déjà, entachées par les craintes sur le front protectionniste.

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