Inflation européenne : l’effet « Pâques » de retour

Attendue en légère baisse après les chiffres des principaux pays, l’inflation européenne est finalement, ressortie stable en avril, à 2,2 %. En effet, les données lettones, portugaises ou néerlandaises, par exemple, ont été publiées en accélération et compensent la stabilité de l’inflation française et italienne, à respectivement 0,8 % et 2,1 %, et la baisse allemande, à 2,2 % après 2,3 %. A priori, cela ne change pas fondamentalement le tableau : l’inflation reste autour de 2 % sur l’ensemble de la zone.

Dans le détail, pourtant, les prix de l’énergie ont baissé de 3,5 % au cours des douze derniers mois, ce qui aurait pu autoriser, toutes choses égales par ailleurs, de meilleurs résultats. Les prix de l’alimentation sont restés relativement sages, en hausse de 3 % l’an contre 2,9 % en mars, et l’inflation des biens, de 0,6 %, est restée inchangée. A contrario, l’inflation dans les services est passée de 3,5 % à 3,9 %, avec, qui plus est, une hausse mensuelle supérieure à celle de tous les mois d’avril récents, 2022/23 inclus. Conséquence, l’inflation sous-jacente est désormais supérieure de 3 dixièmes à celle de mars, à 2,7 %.

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L’économie « made by D. Trump » : une première contraction du PIB américain…

… A priori pas la dernière. D.Trump veut imprimer sa marque sur les Etats-Unis, voilà qui est fait. Le PIB américain a reculé de 0,3 % en rythme annualisé (r.a.) au premier trimestre, soit une baisse minime, de 0,1 % selon la lecture communément admise en Europe. Ce que les comptes nationaux recouvrent n’est toutefois guère rassurant. les entreprises américaines ont massivement importé pour stocker et ont anticipé leurs investissements, essentiellement informatiques, en prévision des hausses de droits de douane. Les ménages n’ont pas eu ce loisir et ont finalement peu devancé l’appel, contrairement à ce que pouvaient laisser penser les ventes de détail. La consommation n’a augmenté que de 1,8 % r.a. au premier trimestre, sa plus faible hausse depuis le printemps 2023. Enfin, sous l’effet du DOGE, les dépenses publiques ont baissé pour la première fois depuis près de trois ans.
Les hausses de prix ont, par ailleurs, nettement accéléré au premier trimestre, que ce soient celles du PIB, de 3,7 % r.a., ou des dépenses de consommation, de 3,6 % r.a, après une fin d’année dernière dans la région des 2 %. Difficile, pour le coup, d’attribuer ces hausses aux droits de douane, dont les effets seront plus visibles à partir d’avril. Il sera compliqué pour la Fed de faire abstraction de cette mauvaise publication, même après les données assagies du mois de mars, au cours duquel les prix PCE ont stagné, tant que les taxes prohibitives sur les importations chinoises seront maintenues.

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Le rebond du PIB de la zone euro laisse la France de côté

En zone euro, le PIB réel du premier trimestre a progressé de 0,4 %, après 0,2 % en fin d’année dernière, en nette amélioration donc quand bien même ces données sont biaisées par la contribution exceptionnelle de l’Irlande sans laquelle la croissance a atteint 0,2 %, après 0,1 %. Quoi qu’il en soit, l’UEM commence l’année avec un acquis de 0,8 %, égal à la croissance de l’ensemble de l’année dernière, quand bien même les prochains trimestres s’annoncent difficiles en raison des répercussions de la guerre commerciale américaine.
Parmi les principaux pays, l’Allemagne récupère 0,2 % de croissance, après une contraction de même ampleur. Selon DESTATIS, la consommation des ménages et l’investissement expliqueraient cette amélioration.  La croissance italienne a accéléré, à 0,3 % après 0,4 %, tandis que le PIB espagnol a ralenti, avec une hausse de 0,6 %, contre 0,7 % fin 2024.

Au milieu de ce tableau, plutôt bienvenu, la France fait figure d’exception, avec une croissance minimale, de 0,1 % après une baisse de même ampleur au dernier trimestre 2024. Surtout, les stocks ont contribué à hauteur de 0,5 point à la hausse du premier trimestre, de sorte que sans ces derniers, le PIB ressort en baisse de -0,4 %, sa plus mauvaise performance depuis quatre ans.

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D. Trump : une récession américaine en moins de 100 jours !

Les données de la semaine dernière avaient plutôt rassuré. PMI, ventes de détail, production industrielle et commandes de biens durables s’étaient plus ou moins maintenus, laissant entendre que les effets des droits de douane étaient, si ce n’est négligeables, du moins reportés dans le temps, peut-être, d’ici là, édulcorés par une volte-face de D. Trump sur les mesures tarifaires, comme il le laissait entendre… Les témoignages de ces derniers jours ne sont plus du même tonneau : effondrement des flux commerciaux sino-américains, blocage de l’activité portuaire et rayons de commerces vides ont commencé à occuper les Unes des médias. En l’absence d’informations précises, le diagnostic restait, néanmoins, en suspens. Les données de ces tout derniers jours lèvent les doutes. La chute des ISM régionaux, le nouveau record de déficit commercial et l’effondrement de la confiance des ménages sont suffisamment marqués pour conclure, qu’au-delà des incertitudes relatives aux transactions exceptionnelles d’or en début d’année sur le chiffrage du PIB du premier trimestre qui sera publié demain, l’économie américaine semble bel et bien avoir entamé une récession courant avril. Le diagnostic posé, les marchés s’ajustent : chute des taux d’intérêt et des prix des matières premières sauvent les indices américains, les investisseurs semblant laisser de côté, pour l’instant, ce que signifie ce diagnostic pour les perspectives de résultats des entreprises américaines…

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Les ménages européens broient du noir sur fond d’inquiétudes sur l’inflation

Inquiets sur les perspectives économiques, le chômage, l’inflation et leur situation financière, les ménages européens ne sont pas loin d’être aussi préoccupés par les développements récents que les Américains, à en juger par les résultats des enquêtes de la Commission publiés ce matin. Alors que ces derniers ne disent pas grand-chose de nouveau sur l’évolution du sentiment des entreprises, un peu plus en berne que le mois dernier dans l’industrie et les services…, les retours en provenance des ménages interpellent. L’indicateur de confiance des ménages a perdu plus de deux points ce mois-ci, soit sa plus forte baisse mensuelle hors période covid depuis 2011. Contrairement aux tendances récentes observées sur le front des prix, les ménages témoignent d’inquiétudes croissantes sur les perspectives d’inflation. Est-ce la raison pour laquelle ils se montrent aussi réservés sur les autres aspects de la conjoncture à venir ? Entre les tensions géopolitiques et la chute des marchés, les explications ne manquent pas. Toujours est-il que leur faible niveau de confiance résonne comme un avertissement sur les perspectives conjoncturelles de la région. A bon entendeur…

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Résistance bienvenue pour les enquêtes INSEE et IFO

Après les PMI, plutôt corrects au vu des inquiétudes en présence, les retours des enquêtes INSEE et IFO d’avril sont encore meilleurs, avec des indicateurs stables, bien que toujours faibles, à respectivement 96 et 87. Si les niveaux en présence témoignent, toujours, d’une conjoncture morose, cette dernière ne s’est pas dégradée depuis l’emballement de la guerre commerciale. Comme pour les enquêtes S&P, les climats des affaires manufacturiers, notamment, semblent préservés. Les retours sur le plan des services sont en phase avec ceux de mars. A contrario, les consommateurs ne sont pas à la fête, le commerce de détail est le plus touché, des deux côtés du Rhin.
Le risque de dégradations plus nettes dans les mois à venir est, évidemment, présent. Cependant, même sur ce point, les perspectives vont plutôt dans le bon sens…

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PMI européens et tarifs…même pas mal ?

Très attendus après l’annonce des droits de douane par D.Trump le 2 avril, les indicateurs PMI sont moins mauvais qu’on aurait pu le craindre. Au Japon, ces derniers se sont, carrément, redressés. A l’autre extrémité du spectre, les PMI britanniques ont atteint leur plus bas niveau depuis deux ans
Entre les deux, en zone euro, l’indice composite est passé de 50,9 à 50,1. L’équivalent français a perdu sept dixièmes, à 47,3, tandis que l’allemand a retrouvé la zone -théorique- de contraction, à 49,7, près 51,3. Les annonces américaines ont donc eu un impact, renseigné par les enquêtes, mais celui-ci n’a rien d’exceptionnel, par rapport aux fluctuations courantes de tels indicateurs.

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J. Powell dans le viseur de D. Trump, la crise du dollar prend de l’ampleur

J. Powell se pliera ou partira. C’est, en somme, le message envoyé par D. Trump au sujet du président de la Fed qu’il menace de faire tomber sous peu. Dans la foulée de l’annonce d’une nouvelle baisse des taux de la BCE, le président américain a une nouvelle fois accusé le président de la Fed de jouer une partie politique et de ne pas mener la politique monétaire appropriée, lui reprochant de trop tarder pour baisser ses taux d’intérêt, au contraire de ses demandes et de ce que faisait la BCE. Le président américain ne se contente pas seulement de critiquer l’action de la Fed, comme c’était le cas jusqu’à présent ; il menace dorénavant J. Powell de destitution. « Il est plus que temps que le mandat de Powell se termine » a, ainsi, écrit D. Trump sur sa plateforme. Ses propos ont été à l’origine d’une nouvelle vague de panique sur les marchés ce lundi, séance au cours de laquelle Dow Jones, Nasdaq et S&P, ont perdu, de concert, 2,5 %. C’est néanmoins ailleurs que se mesurent les effets de ces invectives à l’égard de l’institution monétaire américaine, en l’occurrence :
– sur le cours du dollar, en chute de plus de 1 %, à 98,13 pour l’indice ICE (11 % depuis son point haut de début janvier)
– sur les tensions renouvelées des rendements des T-Notes à 10 et des T-Bonds à 30 ans, en hausse de près de 10 points, à respectivement 4,41 % et 4,91 %.
– Sur l’envolée de plus de 3 % des cours de l’or, enfin, l’once ayant allègrement dépassé les 3 400$ ce lundi.
L’ensemble à la faveur d’une situation caractéristique d’une crise du dollar aux conséquences des plus menaçantes pour l’économie américaine et le reste du monde.

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