Après la publication d’un communiqué de politique monétaire sans changement de la part de la BCE, à la suite de laquelle l’euro avait commencé à refluer, l’allocution de Mario Draghi s’est ouverte sous un jour beaucoup plus confiant. Résolument réconforté par les tendances économiques récentes, tant en matière d’activité que de crédit et d’inflation et, en apparence, peu préoccupé par la situation politique en France, la confiance affichée par le président de la BCE a brièvement propulsé l’euro près de 1,093 USD. Le sentiment a subitement changé lors de la séance des questions-réponses avec les journalistes, durant laquelle M. Draghi a émis doutes sur doutes pour finalement donner l’impression d’une extrême prudence persistante.
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Les chausse-trappes des minutes d’un FOMC au contenu bien éloigné de la version livrée le 15 mars
Alors que le communiqué post-FOMC du 15 mars avait surpris par la prudence de la FED à l’égard des perspectives économiques américaines et la conservation d’un scénario très timoré de seulement trois hausses de taux cette année, les minutes de ce même FOMC publiées aujourd’hui livrent une version assez distante de ce qui était ressorti de cette première version. Deux points saillants ressortent de ce compte-rendu détaillé :
- Passés sous silence le 15 mars, les échanges relatifs à un possible changement dans la politique de réinvestissement des actifs du bilan de la FED dès la fin de cette année constituent sans conteste la surprise la plus importante. La FED avait jusqu’alors communiqué sur une réduction possible du bilan une fois les hausses de taux bien engagées et le consensus n’envisageait pas de changement avant la mi-2018.
- L’analyse de la conjoncture économique apparaît quant à elle sous un jour bien différent des descriptifs très réservés jusqu’alors émis, en particulier par la présidente de la FED Janet Yellen. Contrastant avec les derniers rapports, le ton de ces minutes est résolument confiant, les points de déception sur la conjoncture (consommation, production industrielle, stocks et croissance du premier trimestre), étant systématiquement présentés comme des transitoires.
La BCE en porte-à-faux sur ses prévisions d’inflation

Le 9 mars, la BCE a annoncé réviser à la hausse de 1,3 % à 1,7 % sa prévision d’inflation 2017. Reçue sans étonnement dans un contexte d’accélération rapide de la hausse des prix – l’inflation de la zone euro était passée de 0,2 % à 2,0 % en six mois, celle de l’Allemagne était à 2,2 % en février et l’espagnole à 3 %- cette communication a néanmoins participé au changement d’anticipations à l’origine du ressaisissement des taux allemands et de l’euro depuis. Les chiffres publiés ce matin en Espagne et en Allemagne mettent, toutefois, déjà l’accent sur le risque pris par la BCE…
Trump égrène ses thèmes de campagne ; la FED reprend la main
Le premier discours de D. Trump devant le Congrès américain est resté fidèle à ceux du candidat à la présidence. Pas de discours à proprement parler mais une succession de promesses sur chacun des sujets favoris du nouveau président, en premier lieu la priorité donnée à la puissance américaine.
“My job is not to represent the world; my job is to represent the States of America”
L’ouverture de ses propos sur les thèmes isolationnistes et protectionnistes a planté le décor de ce qui fit le crédo de l’ensemble de son intervention : priorité aux américains, aux entreprises américaines et à la défense du pays. Lire la suite…
Janet yellen, nettement plus offensive, promet une nouvelle hausse des taux de la FED dès mars
Le communiqué du dernier FOMC de janvier avait surpris par son ton particulièrement réservé sur la situation américaine et avait renforcé les anticipations des marchés sur la faible probabilité d’un nouveau mouvement en mars. Janet Yellen vient de prendre le contre-pied de cette communication incompréhensible (voir à ce sujet « La FED tétanisée par D. Trump ? ») à l’occasion de son intervention bi-annuelle devant le congrès.
La FED tétanisée par D. Trump ?
La question se pose immanquablement à en juger par le communiqué publié aujourd’hui. Comme nous le suspections hier, la FED n’a pas apporté de changement fondamental à sa communication. Ses commentaires sur l’activité sont réservés, tout comme ceux sur l’inflation, et dans l’ensemble, bien éloignés du diagnostic d’une économie en ré accélération que suggèrent les indicateurs récents ; un peu comme si la FED avait arrêté de regarder les statistiques économiques ces derniers temps, en l’occurrence depuis le 8 novembre?
Le grand embarras de la FED, le bonheur du Dow Jones et celui des cours de l’or
Comment la FED va-t-elle se sortir de l’ornière dans laquelle elle se trouve ? Le risque d’un changement impromptu de sa politique dès demain est assez faible, sa communication récente n’ayant donné aucun signal avant-coureur d’un tel revirement depuis la publication des minutes du comité du mois de décembre dans lesquelles elle était apparue des plus réservées quant aux perspectives américaines. Pour autant, indicateurs économiques et inflation auraient de quoi l’inciter à un modifier son approche. Lire la suite…
La FED a un problème d’inflation
Du Beige book publié mercredi soir, il ressort un trait essentiel : l’intensification généralisée des tensions inflationnistes de plus en plus ressenties sur le marché du travail mais également au niveau des prix des inputs. Les difficultés à l’embauche de personnel qualifié sont dorénavant mentionnées dans une grande majorité de districts et touchent aussi dans certains cas le personnel non-qualifié.Malgré des retours sur l’activité somme toute relativement modestes, les marges de manœuvres de la FED dans un contexte révélé d’accélération de l’inflation et des salaires risquent de sérieusement se réduire. Lire la suite…