La conjoncture américaine à hue et à dia ; les choix de la FED se compliquent

L’activité industrielle américaine s’est améliorée en septembre, en dépit de la baisse de l’ISM manufacturier, décidément de moins en moins fiable, et les marchés ont applaudi à cette embellie de l’offre bien que la FED ait pour cible un tassement de la demande. C’est faire peu de cas de la hausse du taux d’utilisation des capacités, qu’elle a tout lieu de surveiller comme le lait sur le feu face dans un contexte d’inflation qu’elle souhaite combattre. Entretemps, néanmoins, l’immobilier a renvoyé un sérieux warning avec un indice de confiance des constructeurs (NAHB) en chute de huit points, de 46 à 38, son plus bas niveau depuis 2012, inférieur de 50 points à ce qu’il était en décembre 2021. La correction est d’une rare violence, à l’instar de l’envolée des taux de crédit immobiliers depuis le début de l’année : 360 points de base, de 3,50 % à 7,1 % ! Difficile conjonction pour une FED dont l’action porte ses fruits de manière très disparate selon les secteurs de l’économie. Jusqu’à présent, néanmoins, les signes de faiblesse en provenance de l’immobilier ne l’ont guère inquiétée et l’accélération récente des loyers est plutôt pour la déranger…

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L’inflation britannique ne se dissipera pas toute seule sans la BoE

L’évolution des prix à la consommation au Royaume-Uni a regagné 0,3 points en septembre, à 10,1 %, soit un retour au rythme de juillet. La composante sous-jacente accélère toujours, à 6,5 % contre 6,2 % en août et les évolutions mensuelles font état de hausses anormalement fortes. A ce rythme, l’inflation s’établirait durablement autour de 6 %, bien au-dessus des objectifs de politique monétaire, même une fois les effets de base dissipés. Manifestement, le gel des prix énergétiques, confirmé par J.Hunt jusqu’en avril (et non sur 2 ans comme le souhaitait L.Truss) ne suffira donc pas à calmer le jeu.  Quant aux prix de détail, ils augmentent de 12,6 % après 12,3 % le mois précédent. La BoE devra donc reprendre son bâton de pèlerin malgré la légère modération de l’inflation des prix à la production  à 15,9 %, un demi-point de moins qu’en août. A.Bailey a déjà annoncé la reprise de hausses des taux directeurs à un rythme possiblement plus rapide qu’initialement envisagé. Il  ne s’est guère trompé….

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Effets de second tour de l’inflation dans les services, la FED ne devrait guère apprécier

Entre août et septembre, l’indice des prix à la consommation a progressé de 0,1%, comme entre juillet et août, soit une inflation sur 12 mois de 8,2 %, contre 8,3 % le mois précédent. Ce très léger ralentissement annuel n’est dû qu’à la nouvelle baisse de l’énergie, sur fond de moindres tensions pétrolières, depuis remises en cause par la décision de l’OPEP+ de limiter sa production. En revanche, les composantes alimentaire et, surtout, sous-jacente continuent à s’accroitre rapidement, avec des hausses de respectivement 0,8 % et 0,6 %, comme le mois dernier. Autant dire que la situation ne s’arrange guère, quand bien même des effets de second tour, somme toute assez classiques, peuvent expliquer cette situation.

La FED ne peut, assurément, pas se satisfaire de tels résultats qui, au contraire, risquent d’accentuer son inquiétude. Avec des hausses comme l’actuelle, l’inflation sous-jacente passerait, en effet, de 6,6 % aujourd’hui à un rythme de croisière de 7,5 % à partir du milieu d’année prochaine ; une tendance qu’elle ne peut accepter et qui signifie, au moins à brève échéance, un durcissement accentué des conditions monétaires.

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La Fed face au risque de dislocation financière

Les minutes du dernier FOMC confirment les propos de J. Powell lors de sa conférence de presse d’il y a trois semaines : la FED ne compte pas ralentir la cadence de son resserrement monétaire et garde une posture globalement restrictive, soulignant la nécessité de nouvelles hausses de taux pour venir à bout d’un processus inflationniste « inacceptable ». De son point de vue, le risque d’un pivot trop précoce l’emporte clairement sur celui d’aller trop loin en matière de resserrement monétaire, quand bien même certains membres soulignent la nécessité de calibrer la remontée des taux à la dégradation de la conjoncture mondiale.

Depuis le FOMC peu d’éléments viennent contrarier cette lecture. Les signes de repli de l’inflation sont, en effet, très ténus, comme illustré par les prix à la production toujours en hausse de 8,5 % l’an en septembre, et l’activité se porte plutôt mieux aujourd’hui qu’en début d’été. C’est du côté financier, en revanche, que les choses se gâtent avec des poches de tensions de plus en plus nombreuses, aux Etats-Unis et dans le reste du monde, Royaume-Uni notamment où la situation semble hors de contrôle. La FED ne pourra pas longtemps ignorer cette réalité. Reste à savoir si elle ajustera sa posture à temps.

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Inflation, risques financiers, mais où va la BoE ?

La Banque d’Angleterre a annoncé, hier, accélérer son programme d’achats de Gilts, de 5 à 10 milliards de livres maximum par jour, pour inclure les Gilts indexés sur l’inflation. Bien que le dispositif prenne fin le 14 octobre et que les achats aient pour l’heure été bien moindres qu’initialement annoncés, elle poursuit donc son « retournement » accommodant pour protéger le système financier britannique, notamment les fonds de pension les plus pénalisés par une envolée des taux. A ceci près qu’il s’agit d’une action en totale contradiction avec ce que nécessiterait la poursuite de son objectif de lutte contre l’inflation, lequel, à en juger par les données de ce matin, semble encore loin d’être atteint…

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Les créations d’emplois n’autorisent pas de pivot de la FED et ça change la donne

L’économie américaine a créé bien trop d’emplois pour satisfaire aux exigences affichées par le président de la FED lors de son dernier comité de politique monétaire, qui affirmait que ramener l’inflation à son objectif de 2 %, nécessiterait une remontée du taux de chômage à 4,4 % en 2023 et une économie en sous régime de croissance pendant plusieurs années. Au lieu de cela les créations d’emplois privés ont atteint 288 K en septembre après 275 K en août et le taux de chômage, mesure privilégiée dans la fonction de réaction de la FED pour jauger des risques de tensions sur le marché de l’emploi est, lui, retombé de deux dixièmes, à 3,5 %.

La Fed peut dès lors difficilement se renier, du moins pas avant de disposer d’arguments plus convaincants en matière d’atténuation des risques d’inflation. Or, ces derniers sont assurément ténus qu’il s’agisse de l’évolution du déflateur de la consommation privée (PCE) publié vendredi dernier ou de la remontée toute récente des cours du pétrole suite à l’accord de l’OPEP+ en faveur d’une réduction de la production. Quant à la croissance économique, les dernières nouvelles sont plutôt meilleures que prévu grâce notamment au gain de pouvoir d’achat occasionné par le reflux des prix de l’essence depuis le début de l’été…

Les perspectives d’un possible pivot de la politique monétaire américaine, supposée devoir passer en mode moins agressif dans un futur proche, s’évaporent : de retour à 4,30 % au moment où nous écrivons, les taux à deux ans ont quasiment retrouvé leurs plus hauts du 26 septembre (4,35 %) et c’est la planète financière qui tremble. À ce stade de la correction des marchés, la perspective de hausses persistantes des taux d’intérêt américains menace, en effet, de faire beaucoup plus mal que jusqu’alors.

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ADP et ISM sifflent la fin des espoirs d’une Fed plus accommodante

La spéculation s’est déchainée après l’intervention de la BoE de la semaine dernière et plus encore, après la hausse d’un quart de point seulement des taux directeurs de la Banque d’Australie hier, au lieu des 50 pb attendus. Côté américain, le premier recul des prix immobiliers de la semaine passée, la baisse de l’ISM manufacturier à son plus bas niveau depuis 2020 et le net recul des offres d’emplois de l’enquête Jolts publiée hier ont renforcé l’idée selon laquelle la Fed, elle aussi, finirait pas rendre les armes un peu plus tôt qu’envisagé. Rebond des indices boursiers et du pétrole, fort repli des taux et du dollar s’en sont suivis jusqu’à hier. Le diagnostic n’aura pas tenu très longtemps : non seulement le rapport ADP sur les créations d’emplois privés est meilleur que prévu, avec 208K créations de postes en septembre mais l’indice ISM des services conserve un très haut niveau, de 56,7 points, de deux dixièmes inférieur à celui d’août tandis que sa composante emploi regagne près de 3 points. L’ensemble n’est, au total, guère conforme à ce qui pourrait inciter la FED à lever le pied et l’histoire de ces derniers jours se dénoue.

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BMG septembre 2022 –La Chine et les Etats-Unis sauvent la donne

En septembre, notre baromètre vivote, à 0 après -0,2 en août, révisé en baisse de deux dixièmes. La Chine et les Etats-Unis, en reprise après les difficultés du premier semestre, compensent la détérioration observée notamment en Europe. Si l’indice des exportations poursuit sa dégradation à -0,4, ceux de la consommation, de la production et de l’investissement oscillent en territoire neutre sans tendance. Le baromètre d’inflation stationne en zone neutre, à 0,2, en raison de momenta négatifs des prix des matières premières et des perspectives.

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