Ça ne s’améliore pas en Asie

Japon comme Chine ont publié une batterie de données conjoncturelles ce matin, dans l’ensemble, encore très médiocres et toujours largement impactées par les problématiques sanitaires. Au Japon, le PIB du troisième trimestre a reflué de 0,3 % au lieu de l’amélioration escomptée d’à peu près autant. La reprise des sorties touristiques du pays, venue enfler les importations, n’a probablement pas aidé mais on note surtout la faiblesse de la demande domestique et la détérioration accélérée des données avancées sur ce front en octobre. Par ailleurs, la croissance des exportations est très en retrait de ce que la chute du yen aurait pu laisser supposer. Il faut dire que le premier partenaire du pays, la Chine, n’a guère constitué de support et que, là encore, les indices avancés de la croissance de fin d’année ne sont pas de meilleur augure. En octobre, l’activité industrielle chinoise a de nouveau fortement ralenti, de 6,3 % l’an en septembre à 5 %, une évolution en partie explicable par le dégonflement des prix à la production dont la hausse est retombée à zéro, qui reste néanmoins très éloignée des attentes. De son côté, la croissance des ventes de détail est ressortie en repli de 0,5 % l’an en valeur, un bien mauvais signal, bien que, là aussi, en partie explicable par la baisse de sept dixièmes de l’inflation en octobre, à 2,1 %. Toujours ‘sous cloche’ pour raison sanitaire et happés par les méfaits de la crise immobilière, les ménages chinois n’ont ni les moyens ni le cœur pour faire mieux, à en juger par le bas niveau de leur confiance. La situation des deux plus grands pays d’Asie est, décidément, difficile à réconcilier avec les attentes que la région suscite.

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Si l’or avait une petite place dans le logiciel de la FED, on parlerait sans doute moins de pivot

L’or a rarement grande cote auprès des investisseurs. Actif sans rendement, lorsqu’il profite de vents porteurs c’est en général par désespoir de trouver une source de placement rémunérateur et ce n’est jamais très bon signe. Le métal précieux a cependant une autre caractéristique reconnue, quand bien même toujours contestable, celle de réserve de valeur, particulièrement recherchée en période d’inflation. Volontiers délaissé lorsque les banques centrales donnent à penser qu’elles ont le pouvoir et les moyens de maîtriser cette dernière, comme elles l’ont largement fait entre mars et octobre, il ne tarde jamais à profiter d’un regain d’intérêt lorsque le doute s’instille. A l’heure où la pression des marchés en faveur d’un pivot de la FED semble en mesure d’emporter la mise, le regain de vigueur des cours de l’or apparu dès la dernière conférence de presse de J. Powell du 3 novembre, interpelle. 100$, c’est en effet ce qu’ont gagné les cours de l’once d’or en une semaine après un plus bas de dix-huit mois ; soit une performance de 6 %, en dépit d’un puissant regain d’appétit pour le risque intervenu dans le même temps. On est tenté d’y voir un message que les autorités monétaires seraient bien inspirées de prendre en considération malgré les vents contraires qui s’y opposent. Car, au-delà de ce qui semble focaliser l’attention des marchés, c’est-à-dire essentiellement ce que décidera la FED au mois de décembre, c’est bien les débouchés à plus long terme de l’inflation que semblent interroger les développements du marché de l’or ces derniers jours, et c’est bien celle-là qui devrait, avant tout, primer sur les décisions à venir de la FED.

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L’inflation sous-jacente américaine sur un plateau ; reste maintenant à en descendre.

L’inflation du mois d’octobre offre quelques bonnes nouvelles aux Etats-Unis. Malgré le rebond de l’énergie et une hausse mensuelle de l’indice des prix à la consommation encore relativement soutenue, de 0,4 %, l’inflation annuelle a ralenti d’un demi-point, à 7,7 %, s’éloignant un peu plus de son pic de 9,1 % du mois de juin. Plus important, les composantes sous-jacentes ont augmenté moitié moins vite qu’au cours des deux derniers mois, de 0,3 %. Après s’être tendu à 6,6 % en septembre, le taux d’inflation sous-jacent est ainsi retombé à 6,3 %, son niveau d’août. Satisfécit, donc, pour le mois écoulé. Le plateau de l’inflation sous-jacente semble se consolider. Reste à en descendre. C’est sur ce mouvement que la FED se montrera, sans doute, exigeante quand bien même ces résultats lui redonnent un peu plus de latitude sur la cadence de ses prochains mouvements de hausse des Fed Funds et libèrent, par là-même, la pression sur les autres banques centrales, avec un dollar en net repli, de retour sur ses niveaux de la mi-août.

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BMG octobre 2022 – L’activité résiste, l’inflation se tend

En octobre, notre baromètre n’évolue pas, à 0,1 comme en septembre (initialement à 0). Malgré un climat des affaires toujours en berne, les sous-composantes globales d’activité restent ou progressent en territoire positif. La consommation et l’investissement résistent et les exportations frémissent. L’UEM se redresse et le rebond chinois continue d’opérer. Le baromètre américain stationne en zone négative et le britannique s’enfonce à nouveau. Surtout, notre baromètre d’inflation se reprend nettement, à 0,7, un plus haut depuis mai.

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Le meilleur PIB américain de l’année est le plus récessif

Le PIB réel américain a progressé de 2,6 % r.a au troisième trimestre et a retrouvé, voire très légèrement dépassé, son niveau de la fin 2021 malgré les deux baisses successives de 1,6 % et 0,6 % r.a du début d’année. Loin d’être homogène, cette croissance est principalement due au commerce extérieur, qui y contribue à hauteur de 2,8 points, un résultat paradoxal dans le contexte de hausse du dollar, qui reflète surtout l’effet de la langueur de la demande domestique sur les importations de biens et services. Ces dernières se sont contractées de quasiment 7 % r.a. au troisième trimestre, un fait jusque-là rarissime en dehors des périodes de récession. L’immobilier dont la chute s’accélère aussi dangereusement n’est donc plus le seul signal préoccupant pour la conjoncture américaine. Malgré une croissance du PIB, il y a peu, inespérée, c’est bien vers des risques accrus de récession que pointe ce rapport ; une bonne nouvelle pour les marchés de taux d’intérêt que les bourses ont néanmoins du mal à digérer.

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La BCE plus proche d’un début de pivot que de nouveaux tours de vis

Le communiqué de la BCE et les commentaires de Mme Lagarde sont clairs :

  • La BCE estime avoir déjà fait beaucoup pour retirer l’excès de soutien monétaire et se félicite de la fin de l’assouplissement quantitatif.
  • Les futures hausses de taux dépendront des développements à venir sur le front de l’inflation et de l’impact des hausses de taux passées sur l’activité.

Autrement dit, après une nouvelle remontée de ses taux directeurs de ¾ de points, la BCE semble prête à lever le pied. Si elle dit se préparer à poursuivre le cycle de remontée de ses taux, face à une inflation durablement supérieure à son objectif, c’est, a priori, à un rythme plus graduel que ses deux derniers mouvements de 75 pb chacun.

La banque centrale prend acte de la dégradation du contexte conjoncturel et ajuste sa communication en conséquence. Elle apparaît, au total, moins hawkish que redouté et remet au mois de décembre la question de la réduction des actifs à son bilan, se limitant à ce qui était attendu, à savoir, un ajustement du programme de liquidité des banques, le TLTRO III. De quoi, néanmoins, précipiter une inversion de la courbe des taux de rendement et faire repasser l’euro sous la parité contre le dollar en dépit des mauvais signaux renvoyés par le PIB américain du 3ème trimestre.

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Inflation, récession, chute du GBP, la place laissée vacante par L.Truss ne fait pas envie

Après la nouvelle accélération des prix de mardi, ce sont des ventes de détail en fort recul en septembre et une confiance des ménages, toujours extrêmement déprimée en octobre, qui ont été publiées aujourd’hui. Les indices de récession s’accumulent. La BoE, lors de sa dernière réunion, avait averti de cette éventualité, avec une prévision de baisse du PIB dès le troisième trimestre sans pour autant considérer devoir lever le pied en matière monétaire. La crise de ces dernières semaines appelle de fait, une action d’envergure à l’encontre d’une situation conjoncturelle d’ores et déjà très mal en point et dans un contexte politique de crise. Du côté politique, les volontaires à la succession de L. Truss risquent de voir leurs marges de manœuvre quasiment réduites à néant.

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Enquête INSEE, le « bouclier » fonctionne et les perspectives de prix se tendent…

Le climat des affaires en France reste stable en octobre, à 102 selon l’INSEE, c’est-à-dire toujours au-dessus de sa moyenne de long terme, comme c’est d’ailleurs le cas dans la majorité des secteurs, excepté le commerce de détail et la réparation automobile. Une telle résilience a de quoi surprendre, au vu du contexte en présence, que ce soit sur le front de l’inflation, du contexte international ou de la situation sociale. Manifestement, le bouclier « énergétique » permet de gagner du temps et semble bel et bien avoir sauvé la croissance du troisième trimestre. La contrepartie, néanmoins, est que les perspectives d’inflation des services se tendent.

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