CAC et DAX pourraient rejoindre leurs plus hauts de février durant l’été

Les 5000 points passés ce mercredi, la prochaine étape pourrait être celle des 6000 malgré un passage possiblement compliqué aux environs de 5250 points. Ne tentons pas de chercher du côté des nouvelles économiques les justifications de ce rallye boursier. Il n’y en a aucune, ou plutôt si : la situation est tellement dramatique que les banques centrales n’ont pas fini d’inonder les marchés de liquidités en rachetant quasiment tous les actifs à risques… à l’exception des actions. Le risque étouffé et les autres pans de marché asséchés, les bourses sont comme des aimants et attirent irrésistiblement. Ces tendances n’inspirent rien qui vaille à moyen terme mais la machine à gonfler les bulles est actionnée et la BCE pourrait en rajouter une couche demain. Eh oui, mieux vaut prévoir de passer l’été sans souci car la situation économique est tellement mauvaise que son enveloppe de 1000 milliards se vide vite… Au fait, la crise du Covid-19 ne devait-elle pas modifier radicalement le décor ?

 

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Inspiré par les cycliques européennes?

Les investisseurs ont retrouvé de l’appétit pour les valeurs européennes ces derniers jours au point d’autoriser un regain de surperformance de l’Eurostoxx par rapport aux indices phares internationaux. Il est vrai que l’Europe est, pour une fois, plutôt en avance sur ses partenaires occidentaux avec, quoi qu’on en dise, une bonne maîtrise de l’épidémie de coronavirus et des réponses de politique économique, à ce jour, plutôt efficaces, en comparaison du cas américain tout au moins. Le déconfinement est donc lancé et, dans son sillage, les signes de reprise palpables. Manquait, pour passer le cap, l’élimination des risques chroniques sur la survie d’une union monétaire ensevelie sous les dettes que la BCE et la Commission sont finalement parvenues à endiguer. Avouons qu’il ne manque plus grand-chose pour convaincre des investisseurs croulant sous les liquidités que le risque vaille la peine d’être pris. Dont acte ; après tout, quitte à s’exposer aux marchés d’actions, l’Europe dispose d’atouts valables aujourd’hui. Jusqu’où ce raisonnement est-il néanmoins recevable ?

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Les estimations de la FED d’Atlanta en léger mieux pour le PIB du T2… à -40 % !

La croissance américaine pourrait avoir dépassé son point bas selon les chiffrages de la FED d’Atlanta. Après être tombée à un plus bas de -42,8 % le 15 mai, l’estimation de la croissance du PIB du deuxième trimestre s’est en effet stabilisée ces deux dernières semaines avant de remonter à -40,4 % dans la foulée des commandes de biens durables publiées jeudi. Malgré une nouvelle chute de 17 % du total des ordres en avril, peu ou prou équivalente à celle de mars, ce dernier rapport cachait une « bonne surprise » : une baisse de seulement 1,8 % des commandes de biens d’équipement qu’utilise le modèle d’Atlanta pour son estimation des dépenses d’investissement des entreprises.

On, l’aura compris, le retournement ne tient pas à grand-chose à ce stade mais a probablement de grandes chances d’être confirmé au fur et à mesure du retour progressif à la normale des conditions de vie. Reste à ne pas oublier l’essentiel : au-delà de passer le point bas c’est bien une contraction de 40 % du PIB encore à venir, que la Fed d’Atlanta nous prédit !

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Des Eurobonds pour faire passer la pilule d’un demi plan de relance

France et Allemagne avaient jeté la semaine dernière les premières bases d’un front commun européen face au coronavirus avec le financement d’un plan de relance de 500 milliards d’euros, via l’émission d’eurobonds par l’Union Européenne elle-même. Difficile de faire moins pour la Commission, qui n’a pas, non plus, souhaité faire beaucoup plus. L’enveloppe des subventions proposées par le couple franco-allemand sera donc complétée par 250 milliards de prêts pour atteindre un total de 750 mds d’euros. Ursula von der Leyen, qui avait annoncé « des milliers de milliards » de relance a donc dû en rabattre pour espérer faire passer ses propositions auprès des européens les plus réticents, « les frugaux » du nord. Reste à savoir si cela sera suffisant pour qu’ils avalisent ce plan sans contreparties inacceptables pour les plus nécessiteux, en l’occurrence, l’Italie et l’Espagne, principaux bénéficiaires du dispositif proposé aujourd’hui.

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IFO : Les perspectives remontent, mais la reprise attendra

L’opinion des entreprises allemandes sur la situation économique présente ne s’est pas améliorée en mai malgré le déconfinement décidé en début de mois, avec un indicateur stagnant à 79. Leurs perspectives remontent en revanche de 11 points ce qui permet à l’indice synthétique du climat des affaires de regagner 5 points par rapport au mois d’avril. Tandis que l’horizon s’éclaircit dans les services et le commerce, l’industrie, initialement moins touchée par la crise, est à la peine aujourd’hui.

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Les sous-jacents du marché américain de l’ère Trump à rude épreuve face au Covid-19

La performance sectorielle des marchés américains est restée relativement constante depuis l’élection de D. Trump en novembre 2016. Parmi les grands gagnants : les nouvelles technologies, la santé et la consommation discrétionnaire se détachent assez distinctement des autres secteurs boursiers, sans parler des plus sanctionnés qu’ont été l’énergie, les financières et les industrielles. La crise du Covid 19 n’a pas particulièrement modifié la donne depuis ses débuts. Les valeurs technologiques, plutôt bénéficiaires des effets de la pandémie, ont continué à surfer sur les mauvaises nouvelles conjoncturelles, la santé a plutôt tiré son épingle du jeu des espoirs portés par la recherche de remèdes ou vaccins contre le Covid-19 et les valeurs de consommation discrétionnaires ont été épargnées dans un contexte de baisse des taux d’intérêt et de mesures de soutien exceptionnelles aux ménages américains. En somme, la vie a poursuivi son cours sur des marchés dopés aux liquidités, très peu soucieux de la réalité économique. Les données calamiteuses du mois d’avril, sur fond de regain de tensions commerciales entre D. Trump et Xi Jinping, pourraient finir par rebattre les cartes.

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