Déflagration?

Après une envolée de respectivement 24 % et 65 % depuis le 1er janvier, les cours de l’or et de l’argent ont dévissé de 11 % et 32 % vendredi. Ainsi vont les choses quand la spéculation se déchaîne, sur fond de liquidités trop abondantes. La frénésie d’achat ne pouvait, à l’évidence, se poursuivre et, comme toujours, les signes avant-coureurs d’une correction majeure n’ont pas manqué ces derniers jours. Mais qui pouvait dire qu’ils feraient, forcément, barrage à une potentielle nouvelle jambe de hausse de 10 %, 20 %, peut-être encore 50 % dans le contexte alors en présence ? La crainte de rater une dernière opportunité (FOMO!) est, souvent, plus forte que tout dans de telles circonstances, jusqu’à ce qu’un déclencheur, souvent anodin, vienne signer la fin de partie. La nomination de K. Warsh, comme successeur de J. Powell à la tête de la Fed, par D. Trump a bon dos. Le personnage, plus académique que les autres pressentis, serait plus fiable que ces derniers, plus scrupuleux à l’égard des pratiques bilancielles de la banque centrale offrirait une garantie de gestion plus orthodoxe qui aurait suffi à provoquer une réévaluation des craintes à l’origine de la frénésie des investisseurs pour les métaux précieux de ces dernières semaines…
Les cours des précieux sont-ils, dès lors, voués à s’effondrer, comme cela a le plus souvent été le cas après leurs vagues de hausses passées ?

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J. Powell ne voit pas pourquoi la Fed devrait baisser ses taux davantage cette année

Le communiqué le suggérait, J. Powell l’a clarifié et n’argumente pas en faveur de baisses supplémentaires des taux directeurs cette année, compte-tenu : 1- des résultats en amélioration en matière de la croissance économique et de perspectives, 2- de la stabilisation du marché de l’emploi, 3- d’un niveau d’inflation toujours relativement élevé. A la question d’un journaliste sur le fait que la Fed recule le moment de la baisse de ses taux prévue en décembre, la réponse de J. Powell est donc on ne peut plus claire, quand bien même le président de la Fed s’est abstenu d’y répondre formellement, avant la publication des nouvelles projections du FOMC du mois de mars. Il fait peu de doutes, néanmoins, qu’à conditions inchangées d’ici là, ces dernières devraient, tout à la fois, gommer le quart de point supplémentaire de baisse des Fed Funds intégré aux Dots du mois de décembre et publier un scénario de croissance rehaussé.
Les anticipations de marchés, qui intègrent encore deux baisses des taux d’ici la fin de l’année, n’ont donc plus lieu d’être, du moins, dans les conditions en présence et avec les membres actuels du FOMC.

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Qu’il le veuille ou non, J. Powell sera dans la cour politique mercredi

Ni changement du niveau des taux des Fed Funds, ni mise à jour des projections ; on serait presque tenté de sauter à pieds joints au-dessus du FOMC de ce mois-ci, tant l’attention est ailleurs, en particulier sur ce qui se déroule sur les marchés des métaux précieux, qui ont volé la vedette à la plupart des autres actifs ces derniers temps. Sauf qu’il s’agit bel et bien des deux faces d’une même médaille, indissociables des développements en cours sur les marchés des changes et de la crise monétaire en couveuse, que la perte d’indépendance de la première banque centrale au monde menace de provoquer.

Alors que les perspectives de baisse des taux pour cette année semblent ne plus tenir qu’à l’éventualité de la nomination d’un président fantoche à la tête de la Fed et que les économistes sont de plus en plus nombreux à envisager, « toutes choses égales par ailleurs », l’amorce d’une remontée des Fed Funds d’ici la fin de l’année, D. Trump, n’accueillera pas avec satisfaction le statu quo monétaire probable du FOMC et encore moins un communiqué, éventuellement, un brin plus réservé sur les perspectives de possibles baisses des Fed Funds cette année. De là à provoquer l’ire dont le président américain a le secret, il n’y a qu’un pas, un de plus dans la fuite en avant éperdue dans laquelle il s’est lancé pour tenter de sauver ce qui semble inexorablement en voie de lui échapper, une possible victoire aux élections de mi-mandat.

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Un pays vieux, comme le Japon, peut-il prétendre à des politiques de relance ?

C’est, entre autres interrogations, la question que posent les développements récents au pays du Soleil Levant, bien avant, d’ailleurs, l’arrivée de Mme Sanae Takaichi à sa tête à l’automne dernier. La crise démographique de ces vingt dernières années a fait sombrer le pays dans un état de déflation chronique et de surendettement vertigineux qui semblaient avoir tracé son sort vers un rétrécissement inéluctable de sa puissance et de son influence économique. La BoJ, acteur essentiel du maintien de l’équilibre financier face à ces difficultés, finirait par ravaler l’énorme stock d’actifs accumulé à son bilan sans que le reste du monde ait à s’en préoccuper, voire, y trouve, à terme, de quoi s’en inspirer, comme ce fut le cas des pratiques quantitatives qu’elle était la première à avoir initiées avant 2008.
Sauf, qu’aucun dirigeant ne peut se résoudre à un tel état de fait, surtout quand le PIB de son pays a occupé jusqu’en 2010 le deuxième rang mondial, derrière les Etats-Unis, avant d’être doublé par la Chine la même année, de se voir rattrapé par l’Allemagne en 2022 et, finalement, par l’Inde en 2024. En 2012, le premier ministre Abe avait déjà tenté d’inverser cette trajectoire toute tracée, sans succès. Perçue comme la dernière chance de redresser la barre, son échec a paralysé l’initiative politique, les Japonais se contentant de ce qu’il leur restait : un PIB par tête encore très honorable, au troisième rang mondial, contrepartie de la perte de cinq millions de ses habitants depuis 2010, lorsque sa population culminait à 128 millions de personnes.
Entretemps, le covid, l’inflation qui s’en est suivie et les développements géopolitiques ont, néanmoins, réveillé la classe politique japonaise, à la faveur d’un redéploiement d’ampleur de la défense nationale et d’un regain d’ambition qu’incarne l’élection de Mme Sanae Takaichi à la tête du pays, laquelle sur le modèle de D. Trump et des recettes de la même veine, promet de redonner au Pays du Soleil Levant son rang passé. La nouvelle première ministre a-t-elle des chances de réussir, à quel coût pour le Japon et le reste du monde ?

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La BoJ, à son rythme

Dans un monde où 24 heures suffisent à faire ou défaire les grands équilibres mondiaux, l’extrême gradualisme de la BoJ ne cesse de surprendre. Après une troisième remontée de ses taux directeurs, à 0,75 %, en décembre, le statu quo n’a surpris personne cette semaine. M. Ueda finira sans doute par évoluer, du moins est-ce le message que renvoie la révision à la hausse des prévisions de croissance et d’inflation sous-jacente mais rien ne se passera de fait avant, au mieux, son prochain meeting, c’est-à-dire avant les élections convoquées par la première ministre, S. Takaichi, pour le 8 février. Les résultats de ce scrutin repousseront-ils une nouvelle fois sa décision ? Le cas de figure n’est pas totalement impossible. En attendant, le yen s’effrite davantage et les taux de financement campent sur leurs records dans un contexte d’extrême nervosité face aux promesses de Mme Sanae Takaichi de renverser la table avec une politique expansionniste au coût exorbitant pour les finances publiques. Les chefs d’entreprises trouvent leur compte dans ces développements, à en juger par l’envolée des PMI, manufacturier avant tout, en progression de 2,8 points entre novembre et janvier, à 51,5 ce mois-ci, de quoi permettre au Nikkei de se maintenir à deux doigts de ses records de la semaine dernière malgré la dissolution du Parlement depuis ce matin, en vue de la préparation, au pas de course, des élections du 8 février. Entre Ueda et Takaichi, c’est un peu le lièvre et la tortue…

La croissance américaine, de record en record, continue, malgré tout, de questionner

Les données actualisées du PIB du troisième trimestre ont subi une révision à la hausse d’un dixième, à 4,4 % en rythme annualisé, après 3,8 % au deuxième trimestre. Les résultats de l’économie américaine sont donc, au moins en apparence, de très bonne facture, avec, qui plus est, une estimation par la Fed d’Atlanta de quasiment 5,5 % pour la fin de l’année dernière. Après un début d’année morose, le secteur manufacturier poursuit son rattrapage et explique, à lui seul, plus de la moitié de la croissance du PIB du troisième trimestre, un peu moins qu’au deuxième mais, toujours, une proportion élevée. La situation s’est malgré tout améliorée dans les services, avec une contribution de moitié à la croissance du PIB du troisième trimestre, également la plus forte depuis trois ans. Le secteur de la construction est à l’écart, en territoire récessif pour le troisième trimestre consécutif, sans pour autant avoir d’impact notoire sur la conjoncture dans son ensemble, à ce stade.

On comprend le satisfécit de D. Trump sur son bilan. Restent malgré tout bon nombre de questions sur les développements en cours.

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Non, D. Trump n’a pas refermé à Davos la crise qu’il a ouverte le week-end dernier

La prise de parole de D. Trump au forum de Davos était au cœur des attentes du jour. Que retenir de la logorrhée à laquelle s’est livré le président américain ?
1- Sans surprise, il n’a pas tari d’éloges sur son bilan, au sujet duquel il a égrené les réussites supposées de son année au pouvoir, parfois sur la base de données ou d’affirmations des plus fantaisistes. Cette longue première partie de son discours, à destination de son électorat, avait pour objectif de rappeler son engagement à l’égard des ménages américains.
2- D. Trump a aussi cherché à justifier sa volonté d’annexer le Groenland, reprochant, notamment, aux Danois de ne pas avoir agi comme ils s’y étaient engagés pour portéger la région. En somme, D. Trump n’aurait pas d’autre choix que de mettre la main sur ce territoire, vital pour la sécurité de l’Amérique.
3- Le président américain a soigné son image, un brin paternaliste, évitant d’apparaître comme un va-t-en guerre. Mais, s’il a explicitement écarté le recours à la force pour obtenir le Groenland, ses propos particulièrement critiques et méprisants à l’égard des pays européens, mêlaient moqueries et provocations, en même temps que menaces explicites ou à mots à peine couverts, a priori, économiques, peut-être géopolitiques.
Quand bien même, le président américain n’a donné aucune précision sur ses intentions, le conflit est donc incontestablement ouvert entre l’Amérique de D. Trump et les Européens et l’on voit mal, après ce discours, comment les uns et les autres pourraient s’asseoir à la table de négociations, à ce stade, pour régler les différends en présence. Il faut donc s’attendre à des rebondissements et, vraisemblablement, à une escalade au niveau, au moins, commercial.

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L’inflation à 1,9 % en zone euro… La BCE en position inconfortable

Révisée à 1,9 % au lieu de 2 % en première estimation, l’inflation de la zone euro est maintenant en-dessous de l’objectif officiel. Plus encore, de plus en plus d’économies, parmi lesquelles la France, l’Italie et la Finlande affichent des résultats nettement inférieurs à ce dernier. La BCE a beau dire, elle pourrra difficilement maintenir le cap du statu quo très longtemps si les tendances en place se poursuivent, alors que les risques d’une nouvelle guerre commerciale refont surface et que la Fed, de son côté, a bel et bien relancé ses interventions quantitatives. Alors, faut-il se préparer à de nouvelles baisses des taux de la BCE, voire davantage ? La question revient en ligne de mire.

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