Oubliés le protectionnisme, la FED, le dollar, les pays émergents. Avec le franchissement des 20 000 points par l’indice Dow Jones des valeurs industrielles américaines cette semaine, l’impact psychologique est quasi-certain et l’effet d’entrainement sur les bourses mondiales est presque garanti. Quelque que soit la réalité du monde sous la présidence du nouveau président américain, D. Trump, l’heure est à la confiance. Dès lors, au même titre que le dicton relatif à la FED, don’t fight it, sans doute convient-il d’admettre de ne pas aller à l’encontre du marché. Lire la suite…
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Le billet hebdomadaire
Reflation oui, reflation non ?
Marchés et économistes ne savent plus où donner de la tête. Où vont le dollar, les prix des matières premières, les taux d’intérêt et in fine les marchés boursiers ? Depuis l’élection de Donald Trump, à peu près tous les scenarii sont dans la nature avec, à ce stade, bien peu d’éléments pour les départager. Après avoir monté en épingle un scénario de reflation mondiale, les doutes s’instillent dans les esprits. Si les indicateurs de sentiment ont, partout, le vent en poupe, les statistiques sur l’économie réelle sont plus timorées. Lire la suite…
L’économie britannique en plein boom, merci et adieu l’Europe !
À observer les bons résultats de l’économie britannique depuis le vote du 23 juin, on pourrait craindre que d’autres pays soient tentés de suivre l’exemple. La croissance semble en plein boom, en effet, bénéficiant tout à la fois de l’avantage d’un taux de change proche de ses plus bas historiques, d’une forte baisse du niveau des taux d’intérêt et des mesures de soutien budgétaires adoptées sous le coup de la panique cet été, tout en continuant à profiter des avantages du grand marché européen à destination duquel le Royaume-Uni a vu ses exportations s’envoler ces derniers mois. Le comble est que cette situation pourrait bien durer car s’il est une rare certitude dans cette épopée, c’est que les négociations de sortie de l’UE prendront du temps, un temps en l’occurrence suffisamment long pour permettre à l’économie britannique d’engranger encore de nombreux succès avant que les accrocs, plus douloureux, ne se fassent jour. Alors, vive le Brexit
Ouvrons nos écoutilles, la BCE ne devrait pas tarder à réviser sa copie
À -0,82 %, les taux à deux ans allemands flirtent depuis ce matin avec de nouveaux plus bas historiques. Alors que l’euro menace de tomber à parité contre le billet vert, que les anticipations d’inflation des ménages redressent vigoureusement la tête et que les statistiques économiques de la zone euro décrivent une nette amélioration de la situation (y compris en France !)…
Les faux-semblants du scénario 2017
Rebond de l’inflation, raffermissement de la croissance mondiale, hausse des taux d’intérêt… Voilà bien longtemps que nos prévisions macro-économiques n’ont pas été aussi engageantes. Après une année de léthargie, les marchés européens devraient réceptionner ce changement d’environnement avec enthousiasme début 2017.
La page de la déflation est-elle pour autant tournée ? Ce n’est pas ce qui ressort de notre analyse.
La parenthèse qui s’est ouverte depuis l’automne et que l’élection de D. Trump a plus encore élargie semble dès lors bien fragile, susceptible de se refermer sans prévenir en cas d’accident de parcours.
Or la liste des risques en la matière est fournie :
- Sur le plan économique d’abord, la capacité des consommateurs à faire face à la remontée trop rapide de l’inflation et des taux d’intérêt étant l’un des aspects les plus incertains de l’exercice prévisionnel du moment ;
- Sur le plan de la politique monétaire, un enthousiasme trop rapide des banquiers centraux étant susceptible de provoquer un krach obligataire aux conséquences assez largement imprévisibles ;
- Sur le plan politique, avec un agenda chargé d’élections décisives pour l’avenir de l’Europe et l’orientation du policy-mix, à l’heure, qui plus est, de la concrétisation du Brexit, à partir du mois de mars ;
- Sur le plan géopolitique, enfin, où les sources de crispations internationales se sont incontestablement multipliées ces derniers mois, sur fond de démondialisation économique rampante…
Au-delà des chiffres, c’est un scénario miné de risques et d’incertitudes qu’inspire l’année à venir.
Stop ou encore ?
Quatre semaines après la victoire de D. Trump à la présidentielle américaine, la psychologie des marchés semble avoir radicalement changé. Si leur nouvelle façon d’appréhender l’avenir venait à être confortée, nous ne serions qu’au début de profonds bouleversements.
À supposer, en effet, que l’économie américaine soit effectivement capable de connaître une croissance durablement supérieure à 3 % et une inflation de plus de 2 %, le niveau vers lequel les taux à 10 ans américains devraient converger ne serait plus de 2 %-3 % comme la plupart des prévisionnistes anticipaient jusqu’alors mais plus vraisemblablement de 5 %-6 %, plus de deux fois supérieur au niveau actuel et jamais observé depuis 2007.
Une telle correction équivaudrait à une chute du marché obligataire d’environ 25 %, cohérente avec un changement radical des anticipations sur la politique de la FED. Le nombre de hausses des taux directeurs que pourrait orchestrer la FED dans un tel cas de figure, ne serait plus, en effet, de 2, 3 ou 4, à pas comptés de 25 points base chacun d’ici la fin de l’année prochaine, mais plus vraisemblablement de 8 ou 9, soit un relèvement à chaque réunion du FOMC, sans exclure la possibilité de mouvements de 50 points de base, dont le dernier du genre remonte à l’année 2000…
Alors que se sont multipliées ces derniers mois les analyses structurelles aboutissant pour la plupart à la conclusion d’un nouveau régime de taux d’intérêt durablement bas, les enchaînements susceptibles de naître de ce changement subit de perception constituent, on le comprend, un risque indiscutablement élevé pour les investisseurs. Qu’en penser ?
Au pied du mur
« Si nous agissons seuls nous serons à la merci d’évènements plus grands que nous, menaçants pour la paix et la sécurité européenne » Mario Draghi, président de la BCE, reprenant les mots de Carlo Azeglio Ciampi, le 21 novembre 2016, en conclusion de son allocution devant le Parlement européen.
L’onde de choc du résultat des élections américaines s’est abattue sur l’Europe depuis quinze jours, faisant brutalement prendre conscience d’une réalité que le Brexit, trop vite considéré comme une nouvelle expression de l’exception britannique, n’avait permis de provoquer malgré sa détonation première. À ce titre, les mots utilisés par Mario Draghi pour conclure son allocution devant le parlement européen en début de semaine sont cinglants, faisant preuve d’une lucidité rarement égalée parmi les responsables européens. Les propos du président de la commission européenne, JC Juncker, ne sont pas moins troublants, révélateurs des difficultés de gouvernance et de la paralysie d’un ensemble dans lequel les responsabilités sont sans cesse menacées.
L’Europe saura-t-elle dans de telles conditions relever les défis nécessaires à la préservation de sa cohésion et de son existence même ? De plus en plus nombreux sont les observateurs à en douter quand l’agenda électoral des mois à venir menace d’ébranler un peu plus le fragile édifice en place et n’est guère propice à l’accélération du temps qui serait nécessaire pour faire face aux enjeux en présence. Et pourtant, s’il est une évidence, c’est bien celle de l’urgence. Car, bien que la situation économique soit incontestablement meilleure qu’au cours des dernières années, avouons qu’il ne reste plus grand espoir que la croissance spontanée parvienne à être suffisamment généreuse pour couper l’herbe sous le pied de l’euroscepticisme en présence quand, même l’Allemagne ne parvient à s’en sortir.
Panne du pilotage monétaire dans un monde post-industriel et vieillissant
Janet Yellen l’a annoncé hier, la FED s’apprête à relever le niveau de ses taux directeurs en décembre. Bien qu’attendu depuis près d’une année, ce changement est sans doute moins important que la communication qui accompagnera l’annonce de cette décision, à partir de laquelle se forgeront, notamment, les anticipations sur sa politique à venir.
En décembre 2015, la FED avait assorti le premier relèvement de 25 points de base des Fed Funds d’une projection de quatre hausses supplémentaires en 2016 puis à nouveau en 2017. Sa stratégie était à l’époque encore largement imprégnée de l’approche « taylorienne » qui a présidé à la gestion de la politique monétaire américaine ces trente dernières années, d’un cycle de remontée graduelle des taux assez fidèle à ceux passés, quand bien même plus timoré ; les taux directeurs étaient, ainsi, censés retrouver un niveau de 2,4 % d’ici fin 2017. Un an plus tard, cette stratégie semble largement en porte-à-faux. Non seulement la banque centrale américaine n’est pas parvenue à suivre la trajectoire qu’elle avait envisagée, mais les outils qui permettaient jusqu’alors de piloter ses décisions sont aujourd’hui largement inopérants…

