Les « Dragons » d’Asie prêts pour un grand retour

Avant que la Chine n’entre dans l’OMC au début du siècle, il y avait les « Tigres » ou « Dragons » d’Asie, un groupe de quatre pays du Sud-Est asiatique, composé de la Corée du Sud, de Singapour, Hong-Kong et Taïwan, auxquels se sont ajoutées la Thaïlande et la Malaisie, alors regroupés sous le vocable de Nouveaux Pays Industrialisés d’Asie (NPIA). Pionnières de la mondialisation, ces économies ont connu leur heure de gloire dans les années soixante-dix à quatre-vingt-dix, jusqu’à la crise de surinvestissement de 1998 et avant la montée en puissance de l’économie chinoise. Leur réussite, assise sur le modèle d’un développement à l’exportation, a largement inspiré les politiques mondiales d’ouverture des frontières des années quatre-vingt-dix et la stratégie de l’Empire du Milieu.
Les performances de la Chine ont, depuis, largement occulté ces petits pays, considérés comme des satellites économiques de la Chine, à l’égard de laquelle leur dépendance s’est considérablement accrue ces vingt dernières années. Plus récemment, le Vietnam, a pu paraître leur voler la primeur, avant que les déboires de l’économie chinoise ne les entrainent sur la voie de nouvelles difficultés, souvent aggravées par des crises politiques, domestiques ou régionales, récurrentes. La politique protectionniste de D. Trump a, alors, pris l’allure d’un coup de grâce. Toujours très dépendantes de leurs exportations à destination des Etats-Unis, ces économies étaient en première ligne du « Liberation Day », victimes directes des droits de douanes annoncés, en même temps que victimes collatérales de la guerre commerciale sino-américaine qui se profilait. Difficile d’imaginer à ce moment-là quelle issue favorable pourrait se présenter pour ces feus puissances à l’exportation.
Les perspectives pourraient, pourtant, redevenir plus porteuses pour ce groupe de pays qui disposent pour la plupart d’un leadership incontestable dans les domaines technologiques, qui semble déjà jouer en leur faveur et pourrait en faire de grands gagnants incontournables de la course à l’innovation en présence.

You need to be logged in to view the rest of the content. Veuillez . Not a Member? Nous Rejoindre

Une histoire, définitivement, pas faite pour l’Allemagne

L’économie allemande paie décidément bien lourd ses années de myopie et pourrait avoir bien du mal à trouver les marques d’une situation plus porteuse en 2026. Dans un monde dans lequel les principales perspectives de croissance émanent des secteurs sur lesquels elle est, soit déficiente – technologie et énergie-, soit en perte de vitesse souvent vertigineuse -industrie traditionnelle-, même les programmes ambitieux de relance de la coalition Merz ont du mal à porter leurs fruits.
Après avoir fait illusion depuis l’été, sans doute davantage du fait du biais d’une inflation toujours soutenue, les indices PMI ont flanché en novembre, en même temps que leurs composantes prix… Bien rares étaient d’ailleurs les autres indicateurs d’activité allant dans le sens réconfortant des PMI, qu’il s’agisse des retours en provenance de l’activité réelle, production, commandes ou ventes de détail, ou du climat des affaires mesuré par l’IFO. Jusqu’où ira le déclin de la première économie de la zone euro est incertain mais ce qui l’est moins c’est que les développements en cours ne vont pas dans la meilleure direction. Les pans de son industrie qui ont permis ses succès pendant les années de mondialisation se heurtent aujourd’hui à une concurrence de plus en plus féroce de la Chine sur ces mêmes segments. Par ailleurs, véritable fer de lance de l’activité industrielle outre Rhin, la métallurgie ne se remet pas de la crise énergétique, simultanément plombée par des coûts de la transition environnementale et l’érosion de ses principales sources de demande, en provenance de l’automobile et des biens d’équipement, notamment. Idem pour la chimie, qui a perdu près d’un cinquième de ses volumes de production depuis le début de la décennie et pour laquelle les pourtours de la croissance à venir ne se présentent pas sous le meilleur jour.
Si les perspectives d’investissement ont partout le vent en poupe face aux besoins des technologies de l’innovation, il est à craindre que l’industrie allemande ne soit pas la mieux positionnée pour répondre à la typologie des équipements concernés, qui n’ont pas grand-chose à voir avec les cycles d’investissement passés dont elle a généralement tiré un grand avantage.
Le modèle allemand fait face à des difficultés, à bien des égards, inédites, qui ne semblent pas près de disparaître.

Lire la suite…

L’inconnue pétrolière

L’objectif était parmi les principaux points de campagne de D. Trump en 2024 : diviser par deux les cours du pétrole pour redonner du pouvoir d’achat aux Américains. Le slogan « Drill, Drill, Drill » a ensuite été l’un des premiers clairons de sa victoire. Malgré tout, le nombre de forages a poursuivi son déclin et, si la production de pétrole brut s’est ressaisie depuis l’été dernier, c’est à peine d’un demi-million de baril par jour ; rien à voir avec les années fastes de la décennie écoulée.
Il est vrai que depuis son arrivée au pouvoir, les priorités de D. Trump ont évolué. Dans sa bataille pour la suprématie américaine de l’IA, l’électrique s’est imposé au premier plan de la politique énergétique américaine, à la faveur, surtout, d’une redécouverte du nucléaire. Les cours du pétrole n’ont, du reste, pas eu besoin des capacités américaines pour baisser. Légèrement supérieur à 70 $ le baril début novembre 2024, le WTI se traite aujourd’hui à moins de 60 $, soit, en termes réels, un niveau inférieur de quelques 16 $ à sa moyenne du quart de siècle écoulé. La hausse de la production des pays hors OPEP et de l’OPEP+, dans un contexte de faible croissance de la demande, ont amplifié les pressions à la baisse des cours et, a priori, la situation n’est pas sur le point d’évoluer. L’AIE estime à 1,9 mbj l’excédent moyen de l’offre par rapport à la demande pour 2025 et envisage un possible doublement de celui-ci pour 2026. Dans la mouvance de l’électrification de l’économie mondiale, les justifications pour envisager que les cours du pétrole flanchent ne manquent pas.

Reste la question de ce que ce mouvement signifierait par rapport aux autres matières premières, en particulier relativement aux métaux industriels dont les cours progressent à grand pas dans le sillage de l’envolée des métaux précieux. Rares sont les métaux, aujourd’hui, à l’écart de ce mouvement contre lequel peu d’arguments plaident en faveur d’une rupture de tendance. Une déconnexion persistante des cours du pétrole de ces derniers serait une nouvelle norme, aux conséquences économiques et géopolitiques significatives. Est-ce l’histoire qui se profile ? La réponse par la positive n’est pas aussi simple qu’il n’y paraît.

Lire la suite…

Shutdown, réforme fiscale, taux longs, or… l’imparable enchaînement

Les épisodes de Shutdown, on connaît. Même pas mal serait-on tenté de dire. Le discours est un peu simpliste face à une paralysie inédite de l’administration fédérale américaine et dans le contexte très particulier en présence où les investisseurs n’ont d’yeux que pour les développements autour de l’IA, au risque de passer à côté de l’essentiel, du reste bien peu renseigné.
Certes, les quelques publications macroéconomiques disponibles sont plutôt réconfortantes. Les indicateurs de climat des affaires tiennent. Mieux encore, ils se sont légèrement améliorés dans les services. Idem pour l’emploi si l’on en juge par les données de l’ADP. Il y a pourtant bien des raisons de douter des conclusions qu’on en retire.
D’abord, parce leur analyse détaillée peut suggérer une réalité nettement plus discutable, en particulier sur le front du marché de l’emploi. Ensuite parce que les retours en provenance du terrain ne sont pas franchement correspondants. L’inquiétude des Américains, déjà élevée avant même le Shutdown, est extrême comme signalé par l’indice Michigan et susceptible de monter plus vite au fur et à mesure du prolongement de ce dernier.
Par ailleurs, l’opacité gagne du terrain sur nombre de sujets, qu’il s’agisse des conditions conjoncturelles ou des risques plus sérieux que suggère le renouveau des tensions sur le marché monétaire, alors que les ponctions du financement du Trésor sont de plus en plus indigestes.
Enfin, parce que, derrière le budget 2026 au sujet duquel démocrates et républicains ne parviennent à s’accorder, c’est potentiellement la réforme fiscale de D. Trump qui pourrait être menacée. …

Lire la suite…

En France, l’industrie marque des points… manque un coup de pouce aux ménages

Las en même temps que consternés par les développements politiques en cours, on en oublierait presque de s’arrêter sur la réalité économique de la France. Les données publiées ces derniers temps décrivent, pourtant, un panorama plutôt engageant qui, dans le contexte actuel, retient l’attention. Derrière la hausse surprise de 0,5 % du PIB du troisième trimestre se trouvent, en effet, de plus en plus d’éléments convaincants, lesquels même s’ils risquent d’être soumis à des décisions, encore inconnues, qui constitueront peut-être le budget 2026, rassurent sur la situation et les perspectives hexagonales.
Les publications estivales avaient déjà mis la puce à l’oreille sans être, toutefois, suffisantes. Les dernières informations le sont nettement plus, pour ce qui est, du moins, de la conjoncture industrielle, avec ce constat assez largement inattendu : depuis le début du mois de septembre, la France semble la première source d’amélioration du climat des affaires en zone euro.

Que penser dès lors des changements de politique économique qui se profilent ; pourraient-ils remettre en cause ces tendances ou ces dernières sont-elles suffisamment solides pour y faire face ? Le diagnostic est assez sensiblement différent selon que l’on observe l’industrie ou les services, l’activité industrielle ou celle des ménages, et permet de mieux cerner les risques assortis à l’élaboration du budget 2026.

You need to be logged in to view the rest of the content. Veuillez . Not a Member? Nous Rejoindre

Les cours de l’or et le consentement inflationniste

En 1980, Karl Otto Pöhl, alors président de la Bundesbank, avait comparé l’inflation à de la pâte dentifrice, qu’il était impossible de faire rentrer dans son tube une fois qu’elle en était sortie. Mal absolu depuis le premier choc pétrolier, l’inflation était devenue la bête noire des responsables économiques. Les temps ont changé. Derrière l’engagement affiché par les banquiers centraux pour prévenir toute résurgence inflationniste depuis les débordements post-covid de 2022-2023, se profile une certaine indulgence à l’égard de l’inflation. Il y a plusieurs explications historique, générationnelle et circonstancielle à ce changement.
La première est historique.
La seconde est générationnelle.
La troisième est circonstancielle…

You need to be logged in to view the rest of the content. Veuillez . Not a Member? Nous Rejoindre

L’Inde, délaissée par des investisseurs plus sélectifs qu’ils ne paraissent

Après deux années au cours desquelles les marchés indiens ont gravi le haut du podium mondial, le vent a subitement tourné en septembre 2024, quelques mois après la réélection de Narendra Modi à la tête du pays et quelques semaines avant celle de D. Trump aux Etats-Unis. Au cours des douze derniers mois, le léger déclin du MSCI indien le place aux derniers rangs de la performance des principaux marchés, lesquels ont progressé de 15 % au niveau mondial, de 18 % dans pays émergents et de 32 % dans les seuls pays frontières. Si l’avance prise les deux années antérieures n’a pas été totalement effacée, elle s’est néanmoins considérablement réduite, tandis que les indices indiens sont laissés à l’écart du mouvement de reprise dont profite la majorité des pays émergents depuis le printemps.
Désamour passager après l’ivresse passée ou question plus fondamentale ?

You need to be logged in to view the rest of the content. Veuillez . Not a Member? Nous Rejoindre

Présentation du 02/10: Peut-on encore se projeter à long terme… et vers quels scénarios ?

Alors que nous avons les yeux rivés sur l’actualité politique et économique immédiate, les marchés des précieux et des taux d’intérêt nous renvoient aux enjeux de long, voire de très long terme, au sujet desquels les économistes n’osent presque plus de se positionner face aux bouleversements en cours.

Il est faux, pourtant, de penser que nous pouvons nous exonérer de cette analyse. Avérées ou démenties, les projections de long terme sont autant de forces de rappel qui influencent déjà les comportements économiques et les évolutions des marchés financiers.

Oser l’exercice prospectif semble plus utile que jamais pour remettre au cœur de la réflexion les principaux enjeux et tenter d’en tirer les enseignements. C’était l’objet de notre présentation trimestrielle de ce jeudi.

You need to be logged in to view the rest of the content. Veuillez . Not a Member? Nous Rejoindre