Récession à l’horizon après les PMI

Les résultats préliminaires des enquêtes auprès des directeurs d’achat publiés ce matin n’augurent rien de rassurant :
– l’activité manufacturière trébuche sous le coup d’une chute de la demande et des tensions sur les coûts que les entreprises ne parviennent à répercuter intégralement dans leurs prix de vente. Après avoir rassuré par leur relative résilience à la crise du Golfe le mois dernier, le PMI manufacturier français accuse une perte de près de quatre points ce mois-ci, de 52,8 à 48,9, et l’allemand baisse de 1,5 points, de 51,4 à 49,9. De manière surprenante l’estimation de l’indicateur pour l’ensemble de la zone euro ressort à 51,4, un niveau nettement supérieur à la moyenne des deux principales économies de la région, possiblement soumis à révision à l’occasion de l’estimation définitive, une fois les données des autres pays, Italie et Espagne notamment, connues.

– C’est des services que proviennent, néanmoins, les plus mauvaises nouvelles, en particulier dans le cas français pour lequel l’indice PMI tombe d’un niveau déjà affaibli de 46,5 en avril à 42,9 en mai, un plus bas depuis 66 mois. L’Allemagne s’en sort mieux avec un indice en légère récupération après sa chute du mois d’avril, à 47,8 après 46,9.

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L’inflation en Europe, une histoire au cas par cas

La publication des données définitives d’inflation du mois d’avril par Eurostat permet d’affiner l’analyse des tendances de prix et d’établir des comparaisons entre les principaux pays de la zone euro et de l’EU, que nous avons complétées pour l’occasion avec celles du Royaume-Uni.
Cette approche permet de faire ressortir les grandes lignes des tendances de prix et de mettre en évidence les disparités ou spécificités des principaux pays européens. Elle permet également de se faire une première idée du degré d’exposition au risque de propagation du choc énergétique en présence, dont nous passons en revue les points-clés.
1- L’inflation n’est déjà plus seulement énergétique en zone euro
L’envolée des prix de l’énergie, que relatent les postes « transport » et « énergie domestique » des données harmonisées, est loin de constituer la seule source de tensions sur les prix en zone euro. L’inflation des services reste soutenue, en effet, en particulier pour ce qui concerne les services de restauration et d’hébergement ou d’éducation, avec des hausses annuelles de prix de quasiment 4 % l’an en avril, très proches de leur niveau de 2025. Sauf très net ralentissement de la demande, il s’agit a priori d’un point de départ favorable à une diffusion rapide du choc énergétique, dont le secteur de la restauration et de l’hébergement pourrait notamment profiter en cas de surcroit de demande pour le tourisme régional provoqué par l’instabilité géopolitique en présence.

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Enjeux de souveraineté et rebond industriel en Allemagne et en France

Après la bonne surprise française d’une production industrielle en nette amélioration en mars, l’envolée des commandes allemandes vient compléter le tableau : en hausse de 5 % en un mois, ces dernières envoient un message définitivement encourageant, qui cette fois-ci n’est pas lié à des ordres exceptionnels dont on ne sait jamais trop avec quel délai ils profitent à l’industrie. Contexte oblige, l’industrie de l’armement tourne à plein régime outre Rhin et draine un nombre croissant de secteurs. En mars, les commandes d’instruments d’optique et photographiques qui incluent les lentilles, jumelles, microscopes, télescopes, capteurs, lasers et équipements photographiques, très utiles pour les usages militaires et de souveraineté technologique, ont bondi de 67 %, entrainant dans leur sillage une envolée de 14,4 % de la branche « ordinateurs, électronique et optique » qui a le plus fortement contribué à la hausse des commandes totales.

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L’emploi privé américain reste médiocre. K. Warsh pourra-t-il s’en servir d’argument ?

Les rapports sur l’emploi américain se suivent et se ressemblent. Les données de l’ADP du mois d’avril, tout juste publiées, sont dans la lignée des tendances des derniers mois. Avec 109 K créations de postes, le chiffre d’avril corrige la mauvaise surprise de celui de mars, contredit par les rapport NFP. La correction vient pour l’essentiel du rebond de l’agrégation des activités de commerce, transports et utilities dont la chute de mars semble plus à voir avec des effets saisonniers de la série que tout autre phénomène d’importance. Sauf cette correction, les données sont conformes à celles des six derniers mois : les créations de postes privés sont largement concentrées dans la santé (61 K en avril) et le reste se dissémine principalement dans la construction (soutenue par les dépenses d’infrastructures) et la finance.

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Bol d’air pour l’industrie française : aéronautique et désépargne

Avec une progression de 1,2 %, la production manufacturière française a signé en mars sa meilleure performance mensuelle depuis le mois de juin de l’année dernière. Principalement portée par un rebond de 3,8 % de l’industrie aéronautique et la bonne tenue renouvelée de la filière électronique, l’activité manufacturière a aussi profité d’une embellie généralisée, électroménager, pharmacie et équipement de transport en tête, chacun en progression de plus de 2 % en mars et le plus souvent de plus de 5 % au cours des trois premiers mois de l’année. Voilà qui tranche avec les données préliminaires trimestrielles du produit intérieur brut, qui avaient fait ressortir une croissance zéro pour l’ensemble de l’économie et de moins de 0,2 % pour la seule valeur ajoutée industrielle, et pourrait accroître les chances d’une révision à la hausse de cette première estimation du PIB français.

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BMG avril 2026 – Une histoire de Capex

Conçu pour appréhender les signaux faibles sur la direction de l’économie mondiale, notre BMG est, en revanche un peu moins enclin à capter immédiatement les variations brutales issues, par exemple, d’une décision politique telle que la guerre en Iran. Ses composantes sur l’investissement ou le commerce mondial affichent un certain retard et les évolutions du tertiaires sont moins bien représentées. La bonne tenue de notre baromètre en mars-avril mérite, donc, d’être relativisée.

Malgré tout, notre baromètre confirme deux intuitions :

– La situation dans le Golfe n’altère pas la dynamique des Capex à l’échelle internationale, ce qui permet à notre indicateur de repasser en territoire légèrement positif ce mois-ci, malgré une situation détériorée sur le front de la consommation.

– L’inflation s’installe, avec un momentum en territoire positif pour le troisième mois consécutif, en moyenne à son plus haut niveau depuis le premier semestre 2022 au cours des trois derniers mois.

=> Un tel contexte n’est pas favorable à un statu quo prolongé des politiques monétaires.

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Amplifications des tensions sur les taux futurs : ça va vite !

Les statistiques d’inflation du mois d’avril publiées aujourd’hui dans plusieurs pays de l’union monétaire, Allemagne notamment, semblaient en mesure de rassurer les investisseurs avec des évolutions plutôt inférieures aux attentes, en faible augmentation, voire inchangées, par rapport au mois dernier. Les marchés de taux en Europe, n’y ont pourtant guère porté attention. Il faut dire qu’entre-temps, les résultats d’enquête de la Commission ont délivré des messages plutôt contrariants. Non seulement, les anticipations d’inflation des ménages se sont envolées mais les perspectives de prix des industriels ont poursuivi leur ascension particulièrement vite, tandis que celles des professionnels des services ont également enregistré une première augmentation. Voilà qui est bien rapide en comparaison du temps habituellement observé entre le rebond des prix industriels et ceux des services, ce qui pourrait suggérer une inertie bien temporaire de l’inflation sous-jacente.

Ces résultats auraient sans doute eu peu d’incidence sur les marchés de taux si les données américaines ne s’en étaient pas mêlées. Mais tel n’est pas le cas, les informations en provenance de l’économie américaine continuent, en effet, à prendre le contrepied des attentes en matière de politique monétaire et la conséquence, cette fois, ne se fait plus attendre.

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Illusoire résilience des bourses émergentes face à l’enlisement en Iran

Après avoir trébuché dans le sillage de l’éclatement du conflit iranien, l’indice MSCI émergent a récupéré sans mollir ses pertes du mois de mars, retrouvant en milieu de semaine ses niveaux de la fin février. Cette apparente solidité n’est pourtant pas aussi convaincante qu’elle paraît.

Deux mois après le début des frappes israélo-américaines en Iran, l’environnement financier du monde émergent n’a plus grand-chose à voir, en effet, avec la situation qui prévalait au cours des deux premiers mois de l’année, durant lesquels l’engouement des investisseurs en leur faveur a connu un niveau rarement égalé.
La guerre et ses effets sur la demande et les prix des hydrocarbures ont redistribué les cartes et chamboulé la hiérarchie des performances. Très dépendants de leurs importations énergétiques, les pays d’Asie qui avaient retrouvé un vent de poupe depuis l’automne 2025, payent un lourd tribut à la crise iranienne, tandis qu’à l’inverse, l’Amérique latine, particulièrement bien positionnée pour profiter d’un monde à court de ressources, figure parmi les grands gagnants potentiels de cette rupture.
Les indices synthétiques résument mal ces distorsions, que révèlent des écarts de performances typiques des périodes de crise ou de bouleversements majeurs, aujourd’hui comparables à ce qu’ils étaient fin 2022, à l’occasion du dérapage inflationniste mondial, ou encore en 2020 lors de la première vague de covid.

S’il est probable que ces écarts se réduisent à relativement brève échéance, il se pourrait que ce ne soit pas dans le sens espéré. La crise qui se profile face à l’enlisement de la situation en Iran, n’épargne aucun pays, des consommateurs aux producteurs de matières premières, aux structures économiques souvent fragiles et hautement sensibles au risque d’inflation.

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