FED et BCE dans l’incapacité de répondre aux attentes de guidances

En privilégiant la hausse des taux à la réduction de leur bilan, les banques centrales ont nui à la bonne transmission de leur politique monétaire. Les taux longs sont restés anormalement bas et ont conservé, en termes réels, un caractère négatif attractif. Par ailleurs, si les conditions de crédit bancaire se sont nettement durcies, les marchés du crédit aux entreprises ont continué à profiter de liquidités abondantes et d’un attrait renforcé par la hausse des rendements. L’ensemble a abouti à une situation asymétrique inédite dans laquelle les risques de crise immobilière et bancaire confrontent une relative aisance des conditions financières, susceptible d’alimenter une nouvelle jambe d’inflation une fois l’étreinte des banques centrales desserrée.

Face à de telles incertitudes, le pragmatisme devrait l’emporter. La Fed en a déjà fait beaucoup et a suffisamment d’arguments pour marquer une pause, sans céder, pour autant, aux sirènes d’un assouplissement à venir. Elle devrait rester, a priori, très vigilante sur son action future, au risque d’apparaître plus « faucon » qu’attendu. La BCE a plus de raisons, encore, de faire une pause à en juger par la dégradation accélérée de la conjoncture régionale, mais n’en a sans doute pas les moyens au vu de la composition de son conseil. Pour autant, si les « colombes » cèdent une dernière fois, elles semblent être en mesure de se rattraper sur la communication au sujet de l’orientation à venir, qui pourrait paraître plus accommodante qu’escompté. Quoi qu’il en soit, il est bien tôt pour penser que les banques centrales donneront, cette semaine, la direction définitive aux marchés de taux.

 

You need to be logged in to view the rest of the content. Veuillez . Not a Member? Nous Rejoindre

Commandes allemandes… Encore raté !

Après leur chute, quasi-historique, de 10,7 % en mars, les commandes allemandes étaient particulièrement attendues, accompagnées de l’espoir d’un rebond, au moins technique, comme c’est le plus souvent le cas à la suite d’accrocs majeurs. C’est raté. En avril le volume des commandes adressées à l’industrie allemande s’est de nouveau replié, quoique marginalement, de 0,4 %. Si quelques secteurs se sont repris, véhicules à moteur, électronique et biens intermédiaires notamment, de nombreux autres ont poursuivi leur déclin, ce qui dresse un tableau toujours particulièrement morose de la situation. Au cours des douze derniers mois, la contraction des commandes est encore de 10 %, après 11,2 % en mars.

You need to be logged in to view the rest of the content. Veuillez . Not a Member? Nous Rejoindre

BMG mai 2023 –  En mai, ça dévisse

En mai, notre baromètre global est retombé à -0,5, un plus bas depuis deux ans, après -0,1 (-0,2 en première lecture) en avril. La dégradation est générale, particulièrement notable sur le front des climats des affaires et de la production, qui s’enfoncent en territoire négatif, mais également du côté des exportations.  La consommation et l’investissement persistent en zone neutre mais retombent dans de nombreux cas. Notre baromètre d’inflation recule encore, à -0,7, son plus bas niveau depuis janvier 2020.
You need to be logged in to view the rest of the content. Veuillez . Not a Member? Nous Rejoindre

Les NFP laissent un certain degré de liberté à J. Powell pour un statu quo, s’il le souhaite

Le rapport sur l’emploi américain de cet après-midi était censé donner le ton sur la conduite à venir de la Fed. La conclusion est loin d’être claire. Si les créations d’emploi ont à nouveau accéléré en mai, à 339 K contre 294 K en avril et 217 K en mars, le taux de chômage, lui, est ressorti au plus haut depuis novembre dernier, à 3,7 %, au lieu de 3,4 % en avril et les hausses de salaires sont restées plutôt contenues.J.Powell pourrait donc être relativement satisfait : après tout son combat n’est pas contre l’emploi mais contre un taux de chômage trop bas, susceptible d’entretenir des tensions salariales. Dans cette version optimiste des choses, il aurait, à son actif, plusieurs éléments pour justifier de lever le pied : la FED en a déjà fait beaucoup, les tensions salariales semblent maîtrisées, comme déjà suggéré par la baisse du taux de démission du rapport Jolts d’hier, et, en dépit des bonnes surprises du mois d’avril, nombre d’indicateurs suggèrent un tassement de la demande. La chute du nombre d’heures travaillées est, à ce titre, un signal important, tout comme le reflux des ventes automobiles en mai tout juste publié, qui corrobore, notamment, celui de l’ISM manufacturier. J. Powell pourrait donc se satisfaire de ce rapport et assumer un « stand-by » dès lors que, par ailleurs, les anticipations de baisse de ses taux directeurs au second semestre ont disparu. A l’inverse, aucune donnée conjoncturelle n’est suffisamment mauvaise, notamment du côté des créations d’emploi, pour le retenir de procéder à une nouvelle hausse des Fed Funds. Le suspense est donc entier et le restera vraisemblablement d’ici au 14 juin, date du prochain FOMC. A ce titre, l’envolée des taux futurs semble plus épidermique qu’autre chose.

You need to be logged in to view the rest of the content. Veuillez . Not a Member? Nous Rejoindre

Dans le marc de café de la conjoncture américaine

Dans la foulée des PMI S&P, en baisse de 50,2 à 48,4, et de l’indicateur de la Fed de Chicago publié hier, l’ISM manufacturier américain s’est légèrement replié, de 47,1 le mois dernier à 46,9. La note accompagnant la publication précise qu’un tel niveau « correspond à une contraction de 0,6 % du PIB réel sur en base annualisée ». Néanmoins les ISM manufacturiers sont sous le seuil des 50 points depuis la fin d’année dernière, sans conséquence visible sur la croissance et le risque de contraction du PIB reste assez minime tant que les services tiennent, comme le suggèrent les PMI de S&P.

En l’occurrence, qu’il s’agisse de l’ISM manufacturier, comme du rapport de l’ADP, l’emploi semble résister. Sauf l’effondrement des commandes, retombées à leur niveau de janvier de 42,6, les signes d’inquiétude sont donc encore ténus. Pour autant, l’opacité de la situation conjoncturelle est presque de jour en jour plus importante ce qui n’est pas le meilleur pour prendre des décisions de politique monétaire.

You need to be logged in to view the rest of the content. Veuillez . Not a Member? Nous Rejoindre

L’inflation confirmée à la baisse en UEM, toujours insuffisant pour Mme Lagarde…

En mai, l’inflation en zone euro est passée de 7 % à 6,1 %, conformément aux statistiques publiées ces deux derniers jours dans un certain nombre de pays européens. Au-delà d’effets de base énergétiques particulièrement favorables, quand bien même différents selon les cas, les autres composantes ont, également, décéléré. L’inflation sous-jacente a ainsi reflué à 5,3 %, après 5,6 %, son plus bas niveau depuis janvier.

Plus susceptible de faire bouger les lignes de la politique monétaire, ces résultats suffiront-ils à garantir une pause de la BCE ? Un tel changement de cap serait incontestablement bienvenu au vu de la détérioration rapide de la conjoncture en zone euro. Mme Lagarde se garde, néanmoins, d’aller dans ce sens et confirme ce matin à Hanovre que la BCE ne lâchera pas de lest pour l’instant. Faudra-t-il attendre juillet ?

You need to be logged in to view the rest of the content. Veuillez . Not a Member? Nous Rejoindre

Les taux reflanchent, le scénario de reflation aussi

Si l’on s’interrogeait ces derniers jours sur l’éventualité d’avoir raté quelque chose, en l’occurrence, un élément susceptible de faire durablement remonter le niveau des taux d’intérêt, les données de ces dernières vingt-quatre heures ont le mérite de clarifier les choses en mettant un net coup d’arrêt aux tendances observées depuis trois semaines. Les dernières nouvelles asiatiques ont donné un peu plus de conviction baissière aux marchés des matières premières industrielles : réaction aux PMI chinois, dont l’indice manufacturier s’est enfoncé en territoire un peu plus négatif et aux indicateurs du reste de l’Asie, toujours plombés par les difficultés de l’Empire du Milieu. Sont venues, ensuite, les nouvelles de la zone euro : les bonnes, avec une inflation, partout, en net repli et les moins bonnes, avec la publication d’une nouvelle forte baisse des achats des ménages français qui rappelle à quel point la situation est tendue… Peut-être suffisamment pour nous rapprocher du point haut des taux directeurs de la BCE.Puis, la lourde chute de plus de huit points du baromètre des affaires de la région de Chicago, suivie de l’enquête Jolts dont les résultats contrastés n’ont pas suffi à contrer la baisse des taux américains provoquée par la première statistique, malgré l’issue toujours incertaine du vote du Congrès sur le plafond de la dette américaine. Résultat, les taux à 2 ans américains et allemands ont abandonné plus de 20 points de base ces dernières vingt-quatre heures, effaçant une bonne partie de leur hausse de ces trois dernières semaines et les craintes de durcissement proportionnel des taux directeurs de la FED et de la BCE, à nouveau sur la sellette.

You need to be logged in to view the rest of the content. Veuillez . Not a Member? Nous Rejoindre

L’inflation s’affaisse en zone euro… Il en faudra plus pour les ménages mais la BCE pourrait y trouver son compte

A la veille de la publication de l’inflation de mai pour la zone euro, les premières données nationales dessinent une tendance claire : les prix à la consommation ont nettement décéléré en France, en Espagne ou dans les Landers allemands, y compris, la plupart du temps, leur composante sous-jacente. Ce résultat, s’il s’explique en partie par des effets de base d’une année sur l’autre est renforcé par le constat d’une certaine normalisation des évolutions mensuelles des indices de prix.

Ces résultats encourageants n’effacent pas, pour autant, plus d’un an d’une inflation inédite. Les ménages ont été très durement touchés par la flambée des prix et, malgré un léger mieux ces derniers mois, les contraintes de pouvoir d’achat restent entières, comme en témoignent les données françaises de ce matin avec une nouvelle baisse de 1 % des achats réels de biens en avril. L’ensemble devrait finir par convaincre la BCE qu’elle peut lever le pied.

You need to be logged in to view the rest of the content. Veuillez . Not a Member? Nous Rejoindre