L’Allemagne première source d’inflation en zone euro. Ça pourrait durer !

L’inflation en zone euro est ressortie en hausse de 0,2 points en décembre, à 2,4 %. Sa composante sous-jacente est restée stable, à 2,7 %. Sauf les effets de base et la légère hausse mensuelle des prix de l’énergie qui expliquent ce résultat, il ne s’est pas passé grand-chose sur le front de l’inflation régionale en décembre. Reste le constat troublant d’une inflation allemande définitivement plus robuste que celle de la moyenne de la zone euro, renforcé par l’absence de changement en France et en Italie, où les hausses annuelles de prix sont ressortie à 1,8 % et 1,4 % respectivement selon les données harmonisées. Ça commence à faire une sacrée différence et à y regarder de plus près, la tendance ne s’explique pas par un accident de parcours…

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L’ISM confirme une inflation récalcitrante, les taux montent d’un cran de plus…

Loin des déboires plus ou moins profonds du reste du monde, l’économie américaine semble, encore, sur un nuage, avec une hausse de l’indicateur ISM non manufacturier de deux points, à 54,1, principalement porté par sa composante activité. Cette progression fait suite à une augmentation d’un point du climat des affaires manufacturier la semaine dernière, à 49,3 et à une poursuite de la hausse des PMI services publiés dans le courant du mois de décembre.

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BMG décembre 2024 – Beaucoup de bruit pour bien peu

Un mois avec, un mois sans, notre baromètre économique global (BMG) fait du sur place à zéro en décembre, légèrement supérieur à celui de novembre mais inférieur à celui d’octobre… Les évolutions hautement erratiques continuent de caractériser nos derniers relevés sur la conjoncture des principaux pays au monde, qui manque cruellement de direction. Toujours négatif, notre baromètre de l’inflation stationne mais semble sur le point de dépasser son point bas.

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L’inflation allemande n’est pas là où l’attendait Mme Lagarde, la France en pâtit

A 2,6 % en décembre, l’inflation allemande s’est accélérée de quatre dixièmes par rapport à novembre et d’un point par rapport à son point bas de septembre. Publiée la semaine dernière, l’inflation espagnole avait fait le même parcours, de 2,4 % à 2,8 % entre novembre et décembre.Dans les deux cas, ces accélérations sont en partie imputables à des effets de base énergétiques, néanmoins, amplifiés par :
– une légère hausse mensuelle des cours du pétrole et du gaz, qui semblent bien partis pour gagner plus de terrain en janvier, à laquelle il faut ajouter le retour récent de l’inflation alimentaire.
– Une inflation sous-jacente en hausse d’un dixième en Allemagne, à 3,1 %, et de deux dixièmes en Espagne, à 2,6%.
Ces nouvelles contrarient un peu plus les prévisions du consensus sur les marges de baisses des taux de la BCE, déjà entamées par le revirement de la Fed et la chute de l’euro. Elles réduisent, également, les perspectives de pouvoir d’achat des ménages et le potentiel de reprise d’une économie européenne languissante. Elles pourraient bien, aussi, compliquer un peu plus la situation budgétaire française, laquelle doit faire face à une remontée substantielle des taux d’intérêt depuis le début décembre…

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Ceinture et bretelles pour 2025 : une lecture critique du « consensus » de marché

À en juger par le consensus des analystes des grandes banques internationales, 2025 serait une année des plus prometteuses au cours de laquelle les éléments les plus favorables aux bourses mondiales, américaines en premier lieu, seraient de nouveau au rendez-vous. Sans doute le sentiment des consommateurs américains n’est-il pas totalement étranger à cette vague d’optimisme. Ces derniers n’ont jamais été aussi confiants qu’aujourd’hui sur les perspectives boursières. Selon le Conference Board, plus de 57 % d’entre eux s’attendaient à une hausse des indices pour l’année à venir en novembre, mois de la réélection de D. Trump, soit vingt points de plus que la moyenne de 36 % observée depuis près de 40 ans. Ils étaient encore plus de 52 % à le penser en décembre.

De là à entretenir le discours ambiant, il n’y a qu’un pas que nombreux franchissent sans mollir, quitte, parfois, à tirer les scénarios par les cheveux. Selon le FT, les analystes « sell side » sont très majoritairement « bearish » au sujet des cours du pétrole, donc « bullish » s’agissant des perspectives de taux d’intérêt et, performance de l’an passé oblige, sur celles l’or. Ils sont, par voie de conséquence, plutôt confiants sur les bourses européennes et quasi-unanimement « bullish » sur les actions américaines.
Si le calendrier avance, rien ne semble changer du côté du consensus. Malgré le lapin posé par le rallye de Noël, la confiance est résolument au RDV et, avec elle, un degré d’aveuglement qui laisse pantois. Il y a bien des raisons de penser, en effet, que les choses ne se dérouleront pas comme anticipé et que dans les conditions en présence, mieux vaudra être bien harnaché pour aborder cette nouvelle année.
Si, parmi les nombreuses occasions d’instabilité, de mauvaises surprises ou de coups durs, les chances qu’aucune ne vienne entraver le scénario escompté ne peuvent être considérées comme nulles, reconnaissons que tel n’est pas, a priori, le plus probable. Face à l’excès d’optimisme en présence, le contrecoup pourrait être d’autant plus dur. Sur quels points se tenir sur ses gardes ?

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Quasi-clap de fin de la baisse des taux de la Fed : un brutal retour à la réalité

Le verdict semblait, pourtant, acquis : dans une position intenable depuis le FOMC du 18 septembre, la Fed accompagnerait l’annonce d’une baisse d’un quart de point des Fed Funds, que les derniers chiffres d’inflation lui permettaient de sauver, d’une révision significative de ses perspectives. C’est ce qu’elle a fait en réduisant de moitié l’ampleur de l’assouplissement monétaire pour 2025, de 100 points de base comme elle l’avait malencontreusement prévu en septembre, à 50 points. A écouter J. Powell, la Fed aurait, d’ailleurs, pu aller plus loin. L’unanimité des votes n’a pas été recueillie, en effet, pour la baisse de ce 18 décembre et certains membres considèrent bel et bien que celle-ci pourrait être la dernière. En cause, un changement majeur de perception sur les perspectives d’inflation que les membres du FOMC prévoient en hausse l’an prochain, de 2,4 % en décembre 2024 pour le PCE, à 2,5 %, au lieu des 2,1 % prévus en septembre. C’est ce changement qui semble avoir provoqué la susceptibilité des marchés, qui ont violemment réagi à la publication de ces projections et, plus encore, aux réserves exprimées par J. Powell au fur et à mesure de sa conférence de presse. Résultat, les indices boursiers américains ont perdu pieds, le Nasdaq en chute de 3,6 % et le S&P 500 de 2,95 %, tandis que le rendement des T-Notes s’est envolé de plus de 13 pb, à 4,52 % à deux doigts de son plus haut d’avril, 4,66 %. Le dollar s’est quant à lui adjugé une progression de 1,2 %, provoquant des réactions en chaîne sur les marchés des changes dont le plus remarquées sont la chute l’euro à 1,035$, celle du yuan à un plus bas depuis fin 2007, à 7,325CNY pour un dollar et celles des crypto-monnaies.

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CPI britannique: La BoE, patiente plus que faucon

A l’heure où les Banques centrales occidentales prennent toutes le chemin des baisses de taux en décembre, la Banque d’Angleterre pourrait bien faire exception et laisser ces derniers inchangés : après la forte progression des salaires publiée hier, l’inflation a, elle aussi, accéléré. Au mois de novembre, elle a atteint 2,6 % , contre 2,3 % en octobre et l’inflation sous-jacente, à 3,5 %, a augmenté de deux dixièmes. Légère remontée, également, pour les PPI, toujours en territoire négatif sur un an.
Pour autant, si la BoE a pris garde à ne pas brusquer son rythme de baisses de taux, ce n’est, sans doute, pas pour changer du tout au tout son diagnostic dès les premières données contrariantes. Il n’y a, d’ailleurs, pas vraiment de raison à cela.

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Loin des PMI éblouis par D. Trump, la conjoncture américaine reste fragile

Les directeurs d’achat prennent-ils leurs espoirs pour la réalité ? Les données du jour, en tout cas,ne justifient guère l’optimisme exprimé à travers les PMI d’hier. Les ventes de détail en valeur, dopées par des effets prix, se sont surtout concentrées dans l’automobile. La production manufacturière est plutôt sur la pente descendante, en hausse de seulement 0,2 % en novembre après une baisse révisée à -0,7 % en octobre. Enfin, après trois mois de hausse, l’indicateur NAHB des constructeurs est resté inchangé, à 46, inférieur d’une vingtaine de points à sa moyenne 2018-2019. Sans être particulièrement mauvaise, la conjoncture américaine donne des signes de léger ralentissement plutôt que d’accélération, contrairement aux PMI. Depuis la publication de ces données, les taux futurs reculent et offrent à la Fed un certain confort pour baisser ses taux demain.

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