Inflation américaine : pas grave, D. Trump baissera les taux…

Le verdict des données de prix aux Etats-Unis est sans appel et pas dans le sens espéré par la Fed et, encore moins, par le président américain. Finies les données nuancées de 2024, contrariantes mais plutôt inoffensives à court terme. En janvier 2025, le taux annuel d’inflation et sa composante sous-jacente ont augmenté d’un dixième, à respectivement 3 % et 3,3 % malgré des effets de base encore fortement baissiers, censés jouer un rôle protecteur. Sauf que d’un mois à l’autre, les prix totaux et sous-jacents ont bondi de 0,5 % et 0,4 %, ce qui n’avait plus été observé depuis 2023. Quand bien même ces évolutions mensuelles sont volatiles, le rythme en présence est plus de deux fois trop élevé par rapport à celui requis pour un retour de l’inflation américaine à l’objectif de 2 % de la Fed.

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L’emploi américain fait rebondir les taux. Le Michigan enfonce le clou #emploi

Révisions des mois précédents, des échantillons de population, évènements climatiques extrêmes… difficile de se faire, de prime abord, une idée de ce que veulent dire, dans le détail, les données d’emploi publiées cet après midi. Une chose semble sûre : dans l’ensemble, ces données ne sont pas mauvaises. Les créations d’emploi ont, certes, ralenti mais la révision à la hausse du mois de décembre maintient la dynamique des trois derniers mois à la hausse. Par ailleurs, le chômage a reculé et la croissance des salaires s’est accélérée de 0,5 %, ce qui n’avait plus été observé depuis le début 2023.

Au total, rien de ce rapport n’est susceptible de faire pression sur la Fed pour qu’elle envisage de baisser ses taux directeurs, en l’occurrence, plutôt de quoi conforter sa prudence récente. Une conclusion renforcée par l’envolée des anticipations d’inflation des ménages de l’enquête Michigan. Après avoir fortement corrigé, les rendements à 2 et 10 ans américains regagnent du terrain.

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Changement de régime industriel en Allemagne ?

Malgré les médiocres résultats de l’économie allemande, certains pans de l’industrie profitent d’un environnement porteur. Contrairement à ce qui a fait la réussite passée du pays, ce n’est pas grâce à l’automobile ni à la machine-outil que l’industrie allemande tire son épingle du jeu aujourd’hui, mais grâce aux secteurs aéronautique et naval. Sans doute dopés par les efforts de défense du pays depuis l’enclenchement de la guerre en Ukraine, ces secteurs semblent expliquer les écarts atypiques entre les données totales et celles hors commandes exceptionnelles. C’est une nouvelle fois le cas avec les commandes du mois de décembre publiées ce matin qui retiennent, de fait, de tirer des conclusions trop hâtives sur l’activité industrielle immédiate, quand bien même la situation domestique offre des résultats progressivement plus encourageants.

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Vers une baisse des taux de la BoE, sans grande conviction sur la suite

La Banque d’Angleterre est restée très prudente jusqu’à présent et n’a abaissé ses taux directeurs qu’à deux reprises depuis août, contre cinq pour la BCE. Chaque baisse a, par ailleurs, été assortie d’une certaine retenue quant à la poursuite de l’assouplissement, tandis que chaque pause a été accompagnée d’une porte ouverte à une reprise des baisses. En décembre, la BoE avait laissé ses taux inchangés, face à une légère accélération de l’inflation, dont la composante sous-jacente s’est néanmoins repliée trois dixièmes le même mois, à 3,2 %, un plus bas (avec septembre) depuis l’embardée des prix post-covid. Les taux d’intérêt réels sont, par ailleurs, repassés au-dessus de ceux des Etats-Unis et les anticipations implicites d’inflation campent sur de bas niveaux depuis l’automne. L’ensemble devrait permettre à la BoE d’abaisser ses taux directeurs une nouvelle fois jeudi, de 4,75 % à 4,50 %, pour limiter une atonie prolongée de l’activité et, peut-être, prévenir une réappréciation trop rapide de la livre sterling. La BoE a tout lieu néanmoins de conserver un discours prudent sur la suite qu’elle donnera à sa politique monétaire, avant les mesures du budget 2025 qui seront introduites en avril, parmi lesquelles la revalorisation du salaire minimum.

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BMG janvier 2025 – La désinflation tire-t-elle à sa fin ?

Notre BMG continue de fluctuer autour de la zone neutre, pour s’établir à 0 en janvier, après révision en hausse de deux dixièmes, à 0,2, en décembre 2024. Quand bien même les climats des affaires et le commerce extérieur sont bien orientés, le contexte se dégrade sur le front de la consommation. Surtout, notre baromètre d’inflation témoigne d’un potentiel changement de tendance, avec un retour en zone neutre, à -0,1, son plus haut niveau depuis presque deux ans.

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« Wait and see » sur l’inflation en Europe et aux Etats-Unis

Des deux côtés de l’Atlantique, les données de prix publiées hier et aujourd’hui sont apparues en ralentissement ou, du moins, un peu plus en phase avec une inflation contenue :
– En zone euro au mois de janvier, l’inflation a accéléré en Espagne et en Belgique. Elle est, en revanche, restée très faible en France, à 1,4 % et, surtout, a franchement ralenti en Allemagne, à 2,3 % après 2,6 %.
– Aux Etats-Unis, l’inflation PCE s’est accélérée en décembre, passant de 2,4 % à 2,6 %. Néanmoins, pour le deuxième mois consécutif, l’évolution mensuelle des prix sous-jacents est restée compatible avec un retour à 2 %.
Dans un contexte hautement incertain sur les perspectives de prix, ces résultats rassurent plutôt. Sans être en mesure de faire évoluer significativement les anticipations de politique monétaire, ils chassent les risques d’un regain de tensions imminent.

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Croissance américaine, le cadeau empoisonné de J. Biden à D. Trump

D. Trump, quoiqu’il en dise, aura du mal à faire mieux que son prédécesseur, dont le mandat a été marqué par une croissance du PIB de 13 % en quatre ans, à un rythme moyen de 3,2 %. Ironie du sort, ce succès lui revient en partie, en tout cas pour la première partie du mandat de son successeur qui ne pouvait que marcher dans les traces du plan de relance qu’il avait lui-même précédemment préparé, mais qui s’en souvient ?
J. Biden, s’il est parvenu a maintenir la croissance à flot depuis deux ans et demi commençait, à l’évidence, à manquer de moyens. L’impulsion donnée à l’investissement en 2022, essentiellement consommée, les bases de la croissance commençaient à s’étioler. Si le repli de l’inflation avait permis de stimuler la consommation des ménages, il ne restait plus grand-chose pour alimenter la machine, comme en témoignent les détails du PIB du dernier trimestre de son mandat, publiés aujourd’hui. La stratégie de D. Trump qui consiste pour beaucoup à démolir ce qui a été achevé ces quatre dernières années parviendra-t-elle à recréer les bases de nouvelles sources de croissance ? L’ambition est de taille.

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Les ailes de colombe de Mme Lagarde bel et bien ligotées par les faucons de la BCE

Super cool sur l’inflation dans son communiqué initial, la BCE apparaît, in fine, beaucoup plus réservée sur les perspectives, en particulier sur le front des services. Après avoir confirmé la baisse de ses taux directeurs d’un quart de point, à 2,75 % pour le taux de dépôt, Mme Lagarde a quasiment mis à l’écart la probabilité d’une nouvelle baisse de ses taux au mois de mars dès sa réponse à la première question qui lui a été posée. La présidente de la BCE a souligné la nécessité d’avoir plus d’informations sur les tendances en cours avant d’aller plus loin dans le processus de baisse des taux, quand bien même ce dernier n’est probablement pas terminé : les conditions monétaires sont, en effet, jugées toujours restrictives et les taux encore supérieurs à ce qui serait la neutralité … même si ce diagnostic peut encore évoluer dans le futur ! En bref, les chances que la BCE aille là où les marchés l’attendent, sont malmenées.

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