Les non-dits de Mme Lagarde

La BCE a décidé le maintien de ses taux directeurs à l’issue de son conseil de politique monétaire. Rien de surprenant dans cette décision qui était largement anticipée. Cela n’a pas empêché les uns et les autres de suivre attentivement la conférence de presse de Mme Lagarde, compte-tenu de la complexité de la situation en présence, y compris en zone euro, des menaces que l’administration américaine fait peser sur l’indépendance de la Fed et des conséquences que ce risque pourrait avoir sur ses homologues, sur les perspectives d’inflation et sur le système monétaire international.
Perte de temps, Mme Lagarde n’a abordé aucun de ces points.

 

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Les mauvaises données du CPI américain ensevelies sous les inscriptions au chômage

Contrairement au mois dernier, c’est cette fois-ci du CPI américain que proviennent les déceptions, après des PPI plutôt réconfortants hier. En août, les prix à la consommation ont augmenté de 0,4 %, à raison de 0,3 % pour leur composante hors énergie et alimentation. Sur un an, l’inflation gagne deux dixièmes, à 2,9 %, soit une hausse de six dixièmes par rapport à son point bas d’avril. Sur les marchés, la publication simultanée des inscriptions hebdomadaires au chômage, en forte hausse, a néanmoins pris le pas sur la mauvaise nouvelle de l’inflation : les taux futurs américains ont, en effet, décroché sur toutes les échéances. Le message est clair : la Fed est censée donner plus d’importance aux mauvais retours du marché de l’emploi qu’à l’inflation, quand bien même cette dernière confirme l’évidence : la hausse des droits de douane fait monter les prix.

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Les taux de la Fed baisseront avec le PPI mais l’objectif d’une inflation à 2 % s’éloigne

En août, les prix à la production ont reculé de 0,1 % aux Etats-Unis par rapport à juillet, pour une hausse annuelle de 1,6 %, un demi point de moins qu’en juillet. Les prix de l’énergie se sont contractés de 0,4 % mais, pus important, ceux des services ont également reflué de 0,1 %. A première vue, et en attendant les prix à la consommation demain, ces données ne devraient pas faire obstacle à une baisse des taux de la Fed la semaine prochaine.

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Ni satisfécit ni marges de manœuvre pour la BCE dans l’attente de la Fed

L’avance prise par la BCE dans le cycle de détente monétaire devient-elle un handicap, aujourd’hui ? Toujours est-il qu’elle ne lui simplifie pas la tâche. Avec des taux directeurs à 2 %, la BCE a, a priori, fait le travail : ses taux réels sont, en effet, revenus à zéro, soit pour, ainsi dire, à la neutralité. Elle pourrait s’en satisfaire, comme le laisse d’ailleurs entendre sa posture récente et la pause initiée depuis le mois de juin, sauf que, la situation est nettement plus complexe :
1- Comme elle l’a souligné ces derniers temps, les mécanismes de transmission de sa politique monétaire ne sont pas satisfaisants. Si la croissance du crédit au secteur privé se reprend, son rythme est encore considérablement ralenti, en particulier au regard de la pentification de la courbe des taux d’intérêt produite par la division par deux des taux directeurs. Il est vrai que cette dernière n’a guère eu d’effets d’entraînement sur les taux à moyen et long terme, lesquels se sont sensiblement tendus, au contraire de ce qu’aurait dû produire l’assouplissement monétaire. Le fait n’est pas propre à la région mais commun à la plupart des économies développées à l’égard desquelles les investisseurs sont de plus en plus exigeants au regard de la devise des finances publiques, militaires notamment, et des incertitudes sur le front de l’inflation. Ces effets atténuent, évidemment, l’influence des initiatives monétaires sur la croissance économique.

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0,5 % de croissance au Japon, le cadeau de départ de Shigeru Ishiba

Acculé à la démission par ses revers électoraux depuis la fin d’année dernière, le Premier ministre japonais, S. Ishiba, a finalement cédé à la pression de son parti dimanche, après lui avoir fait perdre la majorité absolue au parlement lors du scrutin d’octobre 2024. Une nouvelle bien reçue par l’indice Nikkei, en hausse de 1,6 %, malgré les incertitudes politiques qu’elle laisse entrevoir. Un vote interne devrait en effet être organisé au sein du PLD (parti libéral démocrate), conservateur, pour désigner son successeur qui n’aura pas, davantage, de majorité au parlement.
Ce ne sont donc pas les conditions économiques qui ont fait flancher le premier ministre japonais, même si l’explosion des prix du riz en début d’année n’a pas arrangé les choses. Au contraire, le gouvernement, livré à lui-même par le durcissement de politique monétaire de la BoJ, a fait preuve d’un volontarisme décuplé pour soutenir son économie depuis quelques mois :
– Par des mesures d’aides aux ménages et aux entreprises, notamment dans les secteurs stratégiques des semiconducteurs ou de la défense.
– Par l’ouverture, certes tardive, des réserves stratégiques de riz, qui montre ses premiers effets sur l’inflation.
– Par la signature d’un accord de commercial avec les Etats-Unis.
Au deuxième trimestre, avant la conclusion de l’accord avec l’administration Trump, les efforts du gouvernement ont, semble-t-il, déjà porté quelques fruits. La croissance a atteint 0,5 %, révisée en hausse de deux dixièmes par rapport à la première lecture. La consommation des ménages a retrouvé un peu de vigueur et l’investissement des entreprises est resté soutenu, tout comme les exportations.
L’acquis de croissance pour l’ensemble de 2025 atteint désormais 1,3 %, soit plus de deux fois l’estimation publiée par le FMI en avril et l’accord commercial devrait permettre de limiter l’impact négatif des droits de douane américains sur la croissance du deuxième semestre. A plus long terme, le coût des initiatives budgétaires sur le niveau des taux d’intérêt à long terme constitue une épée de Damoclès sur les perspectives structurelles du pays, et au-delà sur les conditions de financement internationales.

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Emploi américain : J. Powell sera au RDV fixé par D. Trump

C’est presque garanti : sauf CPI abominable la semaine prochaine, le rapport sur l’emploi américain du mois d’août ouvre la voie à une baisse des taux de la Fed dès le mois de septembre, laquelle pourrait même être d’un demi-point compte-tenu des détails de ce rapport et autres retours sur la situation conjoncturelle des Etats-Unis.
Ces derniers soulèvent, en effet, peu de doutes : l’économie américaine flirte avec la récession, quoiqu’il en soit des estimations de croissance de la Fed d’Atlanta qui, jusqu’à récemment prévoyaient encore une croissance robuste au troisième trimestre. En août, les créations d’emploi n’ont pas excédé 22 K et 38 K dans le seul secteur privé, révisés à la baisse pour juillet. Les résultats ne sont donc pas éloignés de ceux publiés par l’ADP, hier et décrivent, comme ces derniers, une détérioration généralisée de la situation avec des destructions d’emplois dans une large majorité de secteurs, particulièrement marquées dans les services professionnels, le secteur manufacturier et celui des transports et de la logistique. Sauf la santé et de l’éducation, où les créations de postes concernent surtout l’aide sociale, et un peu d’hôtellerie, ce rapport est morose, sans aucun doute le plus mauvais depuis le covid.

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La défense ne compense pas, encore, l’agonie des exportateurs allemands

Le PIB allemand s’est contracté de 0,3 % au deuxième trimestre, en raison d’une contribution très négative du commerce extérieur. Le léger coup de pouce du début d’année n’a donc pas duré. Le troisième trimestre ne commence pas beaucoup mieux : en juillet, les commandes à l’exportation se sont repliées de 3,1 %, après -1,9 % en juin et ont, ainsi, effacé en deux mois près des trois cinquièmes de leur hausse constatée entre janvier et mai. La demande domestique, atone, n’a pas les moyens de compenser ce choc pour l’industrie d’une économie toujours très dépendante de ses exportations et, force est de reconnaître, que mois après mois, la situation finit par remettre en question les perspectives de ressaisissement de la première économie de la région et, par voie de conséquence, celles de l’ensemble de la zone euro.

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Ce qui se cache derrière la stabilité de l’inflation européenne

2 % en juin, idem en juillet et 2,1 % en août. Depuis mars, l’inflation européenne demeure autour de l’objectif, à +/- deux dixièmes près. 2 %, c’est, également, l’évolution mensuelle en rythme annualisé de l’indice des prix à la consommation. De ce seul point de vue, la normalisation de l’inflation apparaît complète. Sous résere, toutefois, de ne pas analyser ces chiffres dans le détail…

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