La croissance chinoise se maintient, malgré des détails peu engageants

Le PIB chinois affiche une croissance toujours robuste au troisième trimestre, de 1,1 %, légèrement au-dessus de celle de 1 % du deuxième trimestre. Quand bien même la croissance en glissement annuel a, elle, ralenti de 5,2% au deuxième trimestre, à 4,8 %, il s’agit d’une bonne surprise pour l’Empire du milieu. D’autant que les autres données du jour n’incitent pas vraiment à l’optimisme. La croissance de la valeur ajoutée dans l’industrie et les services tient bon. Côté dépenses, en revanche, les ventes de détail et l’investissement refluent et les exportations, en chute libre vers les Etats-Unis, sont, pour l’heure, sauvées par le reste du monde.

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En zone euro, une inflation moins hétérogène libère la BCE

L’inflation de la zone euro a été confirmée à 2,2 % au mois de septembre, après 2 % en août. Sa composante sous-jacente a été révisée en hausse d’un dixième, à 2,4 %. Sans être fondamentalement incompatibles avec les objectifs de la BCE, ces tendances interrogent. Malgré tout, une analyse détaillée, rassure plutôt que l’inverse. Si les écarts d’inflation entre les différents pays de l’union monétaire restent importants, ils sont surtout dus à des causes exogènes, relatives aux prix de l’énergie et de l’alimentation.
Malgré des situations salariales assez disparates, l’inflation sous-jacente évolue dans une fourchette de 1,5 % à 3,5 %, Slovaquie et Estonie exceptées. Les résultats sur ce front sont donc plutôt meilleurs qu’il y a peu. En dehors les valeurs extrêmes, les écarts entre les pays où l’inflation sous-jacente est la plus élevée et ceux où elle est la plus faible sont comparables à la situation d’avant le Covid.

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L’héritière d’Abe et de Thatcher fait du Trump au Japon… La BCE bien isolée !

Elue à la tête du parti libéral démocrate en fin de semaine dernière, Sanae Takaichi est promise au poste de première ministre du Japon, en remplacement de Shigeru Ishiba, démissionnaire. Bien qu’issue du même parti, S. Takaichi ne s’inscrit pas dans la droite ligne de ses deux prédécesseurs, plutôt modérés et pragmatiques. L’ambition de Mme Takaichi est plus proche de Shinzo Abe. Ses méthodes semblent vouloir s’inspirer de l’ex-dame de fer britannique, M. Thatcher. Enfin, son style et sa rhétorique nationaliste radicale, teintée d’un populisme identitaire à la limite du révisionnisme historique, est incontestablement proche de celui de D. Trump.
– La future tête du gouvernement japonais, première femme à ce poste dans l’histoire du pays, définit sa stratégie économique autour de trois axes principaux :
– – Un expansionnisme budgétaire à tout crin, fait de dépenses publiques, notamment en direction d’investissements dans les secteurs d’avenir, et de baisses d’impôts.
– – Un interventionnisme monétaire visant à pousser la BoJ à maintenir de bas taux d’intérêt, profitables au crédit et, via une baisse du yen, aux exportations.
– Un tournant protectionnisme, certes, sans comparaison avec ce qui est pratiqué aux Etats-Unis, mais en ligne avec une vision nationnaliste de l’économie : les traités non profitables doivent être renégociés, l’immigration limitée et, dans un souci identitaire, le tourisme régulé.
La stratégie permettra-t-elle au Japon de faire mieux que par le passé et de donner de meilleurs résultats que les Abenomics de 2012 à 2014 ? Ce serait surprenant. Il se pourrait bien, en revanche, que la méthode parvienne à sortir définitivement le pays de l’état de déflation dans lequel il s’était enlisé ces deux dernières décennies pour virer dans celui d’une inflation structurelle, vers lequel il a déjà bien avancé.
C’est sur ce point que les péripéties nippones interpellent, sur ce qu’elles nous disent des effets du vieillissement et, plus encore, sur ce qu’elles révèlent de la préférence actuelle des dirigeants pour l’inflation. Rien d’étonnant compte-tenu des niveaux d’endettement et du climat de guerre économique en présence, d’autant que la BoJ n’a jamais été un modèle d’indépendance. Il n’en reste pas moins que Mme Takaichi passe un cap. Jusqu’où ira-t-elle est incertain mais force est de reconnaître que le dogme de l’indépendance des banques centrales a du plomb dans l’aile et que, dans l’environnement qui se profile, la BCE semble promise à un isolement grandissant. Si le sujet n’en est pas encore un, il pourrait le devenir sans tarder, à moins de deux ans du changement de présidence de l’institution.

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La production manufacturière allemande vingt ans en arrière

Un pas en avant, trois pas en arrière. La production industrielle allemande, construction comprise, s’est repliée de 4,3 % en août. La production manufacturière a reculé plus nettement encore, de 5,5 %, ce qui correspond à sa plus forte baisse mensuelle depuis mars 2022 lors du déclenchement de la guerre en Ukraine. A titre de comparaison, hors rattrapages post crises, le niveau de production en présence est si bas qu’il avait été franchi pour la première fois, à la hausse il y a vingt ans, presque mois pour mois, en septembre 2005.
Les données d’août sont, sans doute, exceptionnellement mauvaises et il ne serait pas étonnant d’observer une correction à la hausse en septembre. Néanmoins, au vu des tendances de fond, les perspectives de rebond sont, elles aussi, très limitées : les commandes sont en berne, tout comme le commerce avec les Etats-Unis ou l’Asie. La probabilité d’une nouvelle baisse du PIB au troisième trimestre, après celle de 0,3 % au deuxième, gagne donc encore du terrain.

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BMG septembre 2025 – coup de mou

Deuxième baisse consécutive pour notre Baromètre Macroéconomique Global qui recule d’un dixième, à -0,1 contre 0 en août (inchangé). Parmi ses composantes, seules les exportations remontent en zone positive, tandis que la production/climat des affaires et la consommation tombent ou persistent en zone neutre. Par pays, les indicateurs composites restent ou migrent tous en zone neutre, sauf au Japon, qui s’enfonce en territoire négatif. Côté inflation, notre baromètre recule légèrement, à 0,1 après 0,2, mais le momentum américain, lui, continue d’augmenter.

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Présentation du 02/10: Peut-on encore se projeter à long terme… et vers quels scénarios ?

Alors que nous avons les yeux rivés sur l’actualité politique et économique immédiate, les marchés des précieux et des taux d’intérêt nous renvoient aux enjeux de long, voire de très long terme, au sujet desquels les économistes n’osent presque plus de se positionner face aux bouleversements en cours.

Il est faux, pourtant, de penser que nous pouvons nous exonérer de cette analyse. Avérées ou démenties, les projections de long terme sont autant de forces de rappel qui influencent déjà les comportements économiques et les évolutions des marchés financiers.

Oser l’exercice prospectif semble plus utile que jamais pour remettre au cœur de la réflexion les principaux enjeux et tenter d’en tirer les enseignements. C’était l’objet de notre présentation trimestrielle de ce jeudi.

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L’inflation allemande fait toujours tâche

Maintenant que les quatre grands pays de la zone euro ont publié leurs données d’inflation de septembre, deux conclusions s’imposent.
– Comme attendu, les effets de base énergétiques, encore franchement négatifs en août, se sont partiellement résorbés en septembre et devraient entraîner une hausse de l’inflation en zone euro d’environ deux dixièmes. Conformément à ces attentes, l’inflation a augmenté de 0,2 ou 0,3 point en Allemagne, en France et en Espagne, à respectivement 2,4 %, 1,2 % et 2,9 % l’an. L’équivalent italien est resté stable, à 1,6 %.
– Pour ce qui est de l’inflation sous-jacente, les dynamiques sont en revanche très différentes d’un pays à l’autre. Les données allemandes conservent un rythme soutenu, avec une accélération des prix hors énergie et alimentation, de 2,7 % à 2,8 %. Ailleurs, les chiffres sont plus contenus, dans la zone des 2 %, voire en dessous pour l’Hexagone.

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Les accords commerciaux finiront-ils par transformer l’Europe en une passoire ?

Dans le monde tel qu’il évolue, l’axe libre-échangiste de l’Union européenne interroge. Les accords de partenariat conclus ces dernières années ne se comptent plus et le temps dédié à l’aboutissement de ces derniers occupe une large part de celui des responsables politiques de l’UE. À quelles fins, pour quels bénéfices et, le cas échéant, au prix de quels renoncements ?
L’accord de libre-échange conclu cette semaine avec l’Indonésie n’échappe pas à ces interrogations. Premier pays d’Asie du Sud-Est par sa population de plus de 280 millions d’habitants, l’Indonésie est, toutefois, loin de s’imposer spontanément aux premiers rangs des cibles commerciales d’envergure pour les exportateurs européens. Pays à bas niveau de revenu et faible croissance, son développement profite surtout aux produits chinois, face auxquels les Européens auront, quoi qu’il en soit, du mal à s’imposer.

L’Indonésie n’est pas, non plus, des plus diversifiées à l’exportation, ces dernières vers l’Europe sont majoritairement constituées d’huile de palme, aux méfaits environnementaux reconnus. Elle se caractérise, par ailleurs, par son rôle de plaque tournante du commerce régional de la Chine, renforcé depuis 2010 par un accord de partenariat stratégique, incluant l’Australie, à l’égard de laquelle elle a resserré ses liens en matière de défense l’an dernier. Quant à ses ressources naturelles, le nickel et le charbon dont elle dispose en abondance, elles intéressent de longue date la Chine…
Comment, dès lors, aborder l’accord de cette semaine ? Pékin y voit une stratégie hostile à son propre développement dans le monde émergent. Difficile, de son point de vue, d’observer les choses différemment, quand bien même une logique géostratégique européenne beaucoup plus profonde et légitime pourrait y être opposée. La question concerne néanmoins la finalité des choix européens et leur coût potentiel pour les producteurs régionaux. A vouloir jouer la corde du multilatéralisme comme elle le fait, l’UE joue-t-elle forcément la bonne carte pour son avenir ?

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