BMG août 2025 – Un arrière gout de stagflation

En août, notre Baromètre Macroéconomique Global reste stable, à 0 , pour le quatrième mois consécutif. A rebours du début de l’année, les Etats-Unis sont revenus en tête de peloton parmi les régions sous revue. Pour autant, les disparités entre les différentes composantes persistent: la consommation y apparaît très dégradée. Ailleurs, les indices synthétiques sont moins bons et retombent en zone légèrement négative en UEM et au Japon. Autre changement de contexte depuis l’été, notre momentum de l’inflation a quitté le territoire négatif et se maintient désormais en zone neutre/très légèrement positive, à 0,1.

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Impasse politique française

Et maintenant, que peut-il se passer ? La démission de F. Bayrou fait peu de doute après le vote de confiance qu’il a lui-même sollicité le 8 septembre. Neuf mois après celle de son prédécesseur, la situation n’a, de fait, guère évolué. Sauf qu’un nouveau volontaire a échoué à établir un consensus qu’il n’a, d’ailleurs, même pas véritablement cherché à établir, et que la corde s’use. Que pourrait faire un nouveau locataire de Matignon proche du président de la République que n’ont pas réussi à faire les deux précédents ? Probablement pas grand-chose au vu du contexte politique et, plus encore, social, en présence. Une dissolution de l’Assemblée, avec à la clé de nouvelles élections législatives, aurait, quant à elle, assez peu de chances d’aboutir à des conditions plus favorables à la formation d’un gouvernement viable. Quant à l’hypothèse d’une démission, toujours possible, du chef de l’Etat, elle n’offre guère, non plus, de pistes évidentes de sortie de crise et, tout bien pesé, plutôt l’inverse.
Alors oui, l’inquiétude est extrême.
Il y a celle que le marché de la dette française rebute les investisseurs et que les taux d’emprunt du Trésor francais s’envolent. Au-dessus des taux italients ? Dans l’absolu, la sanction ne serait pas indue, relativement à un pays qui a su préserver un excédent primaire structurel de ses finances publiques de 1 % de son PIB en moyenne depuis 1995, que la France n’a presque jamais réussi à obtenir, à l’exception des périodes, lointaines, au cours desquelles la croissance du PIB a dépassé 3 %. Elle pourrait tomber dès le 12 septembre avec la baisse probable de la notation souveraine de Fitch, puis successivement celles de Moody’s et S&P les deux mois suivants.

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Résumé d’un été sans trêve

Pas facile de décrocher pendant cette première quinzaine d’août. Usuellement temps de répit, les rebondissements n’ont pas cessé durant ce cœur d’été 2025, encore et toujours monopolisé par l’administration américaine. Qu’en retire-t-on ?
1- La guerre commerciale n’est pas près de prendre fin. Si accords il continue à y avoir, tout un chacun aura compris que ces derniers n’ont qu’une valeur toute relative. Avec les droits de douane, l’administration américaine a trouvé une recette pour tirer les ficelles de négociations en tous genres : financement des investissements, potentiellement de sa dette, pression idéologique, politique, diplomatique, de sorte que les nouvelles menaces foisonnent, revenant sans scrupules sur les pseudos engagements passés. Or, tout indique que ce mode de gouvernance est là pour durer. Les Européens ont plié mais n’ont pas plus de garantie sur ce qui pourrait les attendre à la première occasion. Ils auraient peut-être gagné quelques concessions et un délai supplémentaire en se montrant moins coopérants et auraient, surtout, évité de donner l’image d’une Europe totalement impuissante aux conséquences ravageuses sur la confiance des Européens. Quoi qu’il en soit, si la perspective d’accords commerciaux a constitué le principal espoir d’une issue plus favorable que celle du « Liberation Day », la confiance sur ce front s’est sérieusement érodée ces derniers temps. Le Brésil écope de droits de 50 % pour refuser d’exonérer l’ex-président Bolsonaro de son jugement. L’Inde est soumise au même sort parce qu’elle n’a pas cédé à la menace. La Suisse, enfin, est sanctionnée à hauteur de 39 %, au lieu des 31 % annoncés le 2 avril, pour la bonne et simple raison de ses excédents. Premier marché à l’exportation du pays, la Suisse réalise les deux-tiers de ces derniers auprès des Etats-Unis, pour l’essentiel grace à la vente de produits chimiques et pharmaceutiques que D. Trump a pour cible.

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« Le plus beau, le plus grand »… RACKET de l’histoire ! D. Trump jubile.

– 15 % de droits à l’entrée des produits européens sur le sol américain
– 50 % de droits sur l’acier et l’alumimium
– Produits pharmaceutiques exclus de l’accord, donc, toujours potentiellement exposés à des droits prohibitifs de 200 %
– 750 milliards d’achats d’energie américaine par les Européens
– 600 milliards d’investissements européens aux Etats-Unis
– ZERO POURCENT de droits d’entrée des produits américains sur le marché européens.
Pourquoi tant de cadeaux aux Américains ? « L’excédent commercial de l’UE à l’égard des Etats-Unis se serait démesurément accru ces dernières années », Mme Von der Leyen, présidente de la Commission et négociatrice pour l’UE qui abonde dans le sens de D. Trump.

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La BCE et les PMI européens suspendus aux nouvelles de l’Oncle Sam

Sans surprise, la BCE a laissé ses taux inchangés à 2 %, une posture que, sauf surprise, elle devrait garder au cours des prochaines réunions. C’est le message qu’a voulu délivrer la présidente de la BCE, lequel contrarie quelque peu les attentes des marchés. Si C. Lagarde a égrené les risques positifs et négatifs qui entourent les perspectives actuelles, sa lecture se veut clairement rassurante (1) la croissance tient bon, soutenue par les baisses de taux antérieures et pourrait, le cas échéant, profiter d’un accord commercial équilibré avec les Etats-Unis (2) l’inflation se normalise et les salaires ralentissent, mais les risques sur l’offre et les dépenses militaires pourraient accroître les tensions sur les prix… En attendant d’y voir plus clair, la BCE privilégie un statu quo. Elle n’a d’ailleurs guère le choix comme exposé dans notre Preview (Pause sous contrainte de la BCE). C. Lagarde doit conserver des marges d’action pour faire face aux incertitudes en provenance des Etats-Unis, d’un éventuel départ précipité de J. Powell en particulier.
Les données conjoncturelles ne la mettent pas forcément en port-à-faux. L’indice PMI composite de la zone euro a regagné un peu de terrain, à 51 après 50,6. L’équivalent allemand est resté stable, à 50,3 et le français a regagné un peu de terrain, en zone de contraction, à 49,6. Idem pour l’indice INSEE, stable mais inférieur à sa moyenne de long terme. Pas de mouvement très notable, non plus, sur les indicateurs de prix.

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Accord US-Japon : le Nikkei salue un « deal » prédateur #japon #usa #trump #tarifs #droitsdedouane #investissement #croissance

Se soumettre ou se démettre : le premier ministre japonais, Shigeru Ishiba, en position délicate avec un gouvernement minoritaire et une conjoncture précaire, ne pouvait pas refuser un accord avec le deuxième partenaire commercial du pays…. Le Japon n’est pas en position de sacrifier ses exportations à destination des Etats-Unis, soit 4 % de son PIB.

Initialement annoncés à 25 %, les droits de douane américains sur les produits japonais seront, grâce à cet accord, ramenés à 15 %, y compris sur l’automobile. Cette dernière représente environ un tiers des exportations japonaises vers les Etats-Unis. L’acier et l’aluminium restent, en revanche, soumis à des surtaxes de 50 %.

L’indice Nikkei a salué la nouvelle, avec une hausse de 3,6 % et les taux à 10 ans japonais ont retrouvé un plus haut depuis 2008. En comparaison des autres pays, le Japon a, au moins, réduit le niveau des sanctions. Ce qui frappe, en revanche, c’est ce à quoi le Japon a dû consentir pour une baisse de seulement 10 points des droits de douane, au regard du coût que représentent les 15 % restants pour son économie.

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Pause sous contrainte de la BCE

Après huit baisses de taux, dont sept consécutives, la BCE devrait garder ses taux directeurs inchangés à 2 % ce jeudi. Jusque-là, rien de bien anormal. La banque centrale européenne a déjà fait beaucoup au cours de l’année écoulée en comparaison des autres grandes banques centrales du monde développé. Avec 2 % d’inflation en juin, ses taux réels sont revenus à zéro, ce qui constitue une exception parmi les principaux pays occidentaux. La conjoncture européenne mériterait, pourtant, davantage. En premier lieu parce qu’elle ne se porte pas au mieux et que ses perspectives, un temps, plus encourageantes, battent à nouveau de l’aile sous le joug des menaces protectionnistes américaines. En second lieu, parce que la transmission des baisses de taux de la BCE est loin d’être optimale. La croissance du crédit au secteur privé n’excédait pas 1,7 % l’an en mai, loin derrière ce que devrait autoriser la pente de la courbe des taux d’intérêt, alors que l’enquête BLS auprès des établissements de crédit mentionne déjà un resserrement des conditions de prêts, face au regain d’incertitudes.

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Quelles perspectives pour l’Asie hors Chine dans un monde protectionniste ?

Avant la Chine, les pays d’Asie du Sud-Est ont basé leur modèle de développement économique sur l’ouverture de leur économie à l’exportation. L’histoire a débuté avec les « Dragons » à partir du milieu des années quatre-vingt, rapidement rejoints par les « Tigres », alors que, sous l’impulsion américaine, les politiques d’ouverture et de libéralisation des échanges battaient leur plein. Le modèle consistait à profiter des avantages comparatifs qu’offrait l’abondance d’une main d’œuvre à bas coût pour asseoir l’essor de pays sous-développés et assurer, ainsi, une meilleure distribution des sources de croissance internationale. L’ascension des premiers a été fulgurante. De 5 % environ des exportations du monde émergent au milieu des années soixante, leur part s’est hissée à plus de 20 % dix ans plus tard, avant de culminer à plus de 40 % au milieu des années quatre-vingt-dix, avec, à la clé, les bases d’une élévation proportionnelle des niveaux de vie.
L’ouverture de l’économie chinoise, accélérée par son entrée dans l’OMC en 2001, a mis un coup d’arrêt à cette ascension. Les exportations chinoises se sont progressivement substituées à celles des premiers conquérants pour se tailler la part du lion dans les échanges mondiaux et la croissance économique de ces derniers, ponctuée de crises de surinvestissement, puis de plus en plus fréquemment, de crises politiques, s’est structurellement ralentie, malgré l’influence positive de l’essor de l’économie chinoise sur la région. Les plus précoces, qui étaient parvenus à se hisser à un niveau de développement comparable, voire supérieur aux standards du monde développé, sont progressivement devenus moins tributaires de leur commerce extérieur. De plus en plus tertiarisés, ils ont notamment assis la poursuite de leur essor économique sur des bases plus financières, à l’instar de Singapour ou de Hong-Kong, jusqu’en 2019 pour ce dernier. Les ressources de croissance des autres pays semblaient se tarir inexorablement. À partir de 2018, ces derniers ont, pourtant, profité de l’effet d’aubaine offert par la première guerre commerciale de D. Trump avec la Chine pour récupérer les parts de marché que cette dernière perdait sur le marché américain ; les exportations de l’Asie hors Chine à destination des Etats-Unis se sont, ainsi, singulièrement accélérées. Par ses sanctions à l’égard de l’Empire du Milieu, D. Trump redonnait au reste de l’Asie émergente un nouveau souffle qui lui permit, notamment, de compenser la croissance raréfiée des débouchés chinois. Le 2 avril a subitement confisqué cette bouée de sauvetage, avec des droits de douanes américains particulièrement élevés, à l’égard, non plus seulement de la Chine mais de la plupart des pays d’Asie, vis-à-vis desquels l’économie américaine avait creusé des déficits depuis 2018. Quel avenir envisager, dès lors, pour les pays de la région, coincés entre une Chine de moins en moins distributrice de croissance et un marché américain quasi-inaccessible ?

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