L’inflation allemande fait toujours tâche

Maintenant que les quatre grands pays de la zone euro ont publié leurs données d’inflation de septembre, deux conclusions s’imposent.
– Comme attendu, les effets de base énergétiques, encore franchement négatifs en août, se sont partiellement résorbés en septembre et devraient entraîner une hausse de l’inflation en zone euro d’environ deux dixièmes. Conformément à ces attentes, l’inflation a augmenté de 0,2 ou 0,3 point en Allemagne, en France et en Espagne, à respectivement 2,4 %, 1,2 % et 2,9 % l’an. L’équivalent italien est resté stable, à 1,6 %.
– Pour ce qui est de l’inflation sous-jacente, les dynamiques sont en revanche très différentes d’un pays à l’autre. Les données allemandes conservent un rythme soutenu, avec une accélération des prix hors énergie et alimentation, de 2,7 % à 2,8 %. Ailleurs, les chiffres sont plus contenus, dans la zone des 2 %, voire en dessous pour l’Hexagone.

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Les accords commerciaux finiront-ils par transformer l’Europe en une passoire ?

Dans le monde tel qu’il évolue, l’axe libre-échangiste de l’Union européenne interroge. Les accords de partenariat conclus ces dernières années ne se comptent plus et le temps dédié à l’aboutissement de ces derniers occupe une large part de celui des responsables politiques de l’UE. À quelles fins, pour quels bénéfices et, le cas échéant, au prix de quels renoncements ?
L’accord de libre-échange conclu cette semaine avec l’Indonésie n’échappe pas à ces interrogations. Premier pays d’Asie du Sud-Est par sa population de plus de 280 millions d’habitants, l’Indonésie est, toutefois, loin de s’imposer spontanément aux premiers rangs des cibles commerciales d’envergure pour les exportateurs européens. Pays à bas niveau de revenu et faible croissance, son développement profite surtout aux produits chinois, face auxquels les Européens auront, quoi qu’il en soit, du mal à s’imposer.

L’Indonésie n’est pas, non plus, des plus diversifiées à l’exportation, ces dernières vers l’Europe sont majoritairement constituées d’huile de palme, aux méfaits environnementaux reconnus. Elle se caractérise, par ailleurs, par son rôle de plaque tournante du commerce régional de la Chine, renforcé depuis 2010 par un accord de partenariat stratégique, incluant l’Australie, à l’égard de laquelle elle a resserré ses liens en matière de défense l’an dernier. Quant à ses ressources naturelles, le nickel et le charbon dont elle dispose en abondance, elles intéressent de longue date la Chine…
Comment, dès lors, aborder l’accord de cette semaine ? Pékin y voit une stratégie hostile à son propre développement dans le monde émergent. Difficile, de son point de vue, d’observer les choses différemment, quand bien même une logique géostratégique européenne beaucoup plus profonde et légitime pourrait y être opposée. La question concerne néanmoins la finalité des choix européens et leur coût potentiel pour les producteurs régionaux. A vouloir jouer la corde du multilatéralisme comme elle le fait, l’UE joue-t-elle forcément la bonne carte pour son avenir ?

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La croissance espagnole : la réussite d’un contre modèle en Europe ?

Au deuxième trimestre, l’économie espagnole a crû de 0,8 %, d’un dixième de plus qu’initialement estimé et en accélération de deux dixièmes par rapport au premier trimestre. Voilà qui dénote parmi les pays d’Europe de l’ouest.
Sans avoir renoué avec des niveaux insoutenables, l’Espagne, quatrième économie de l’UEM, continue de rattraper le terrain perdu au lendemain de la crise financière et immobilière de 2008. Son PIB courant, qui équivalait à 44 % à celui de l’Allemagne avant la crise financière de 2008 était tombé à 35 % en 2014. Il atteint, aujourd’hui, 38 %, une amélioration que le pays est le seul à avoir réussi à mener depuis la crise covid.

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Entre deux maux, les PMI d’une France chahutée et ceux d’une Allemagne empêtrée

En septembre, l’écart entre les PMI composites allemand et français s’est de nouveau creusé. Le premier a progressé de presque deux points, à 52,4, un plus haut depuis mai 2024, tandis que le second s’est replié de plus d’un point, à 48,4, en raison d’un reflux de ses deux composantes, manufacturière et services…. Surpris ? Pas franchement, compte-tenu des effets délétères de la crise politique sur le moral des chefs d’entreprise de l’Hexagone. Bonne nouvelle outre-Rhin ? Pas vraiment, non plus. Malgré le rebond de l’indicateur des services et, dans son sillage, du composite, les difficultés manufacturières, le recul généralisé de l’emploi et la persistance de l’inflation semblent presque plus préoccupants que les retours en provenance de la France, où une sortie de l’impasse politique rendrait encore possible la préservation d’une perspective de croissance modeste…

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La confiance de façade de la BoE peine à convaincre

Taux directeurs inchangés à 4 %, ralentissement du rythme de resserrement quantitatif de 100 à 70 milliards de livres par an : la BoE a, peu ou prou, suivi le scénario anticipé par les marchés. Son communiqué précise qu’elle compte vendre moins d’obligations à maturité longue, dont les taux ont poursuivi leur ascension à des plus hauts depuis la fin des années 1990. Censées permettre de mieux maîtriser la partie longue de la courbe des taux, ces annonces semblent avoir échoué : les taux à 10 et 30 ans des Gilts regagnent jusqu’à six points de base cet après-midi.
Apparemment confiante sur un reflux imminent de l’inflation britannique, la banque d’Angleterre a également tenté de rassurer, considérant la hausse des taux à très long terme comme un phénomène généralisé, plutôt que spécifique. Le diagnostic n’est pas faux. Il n’en reste pas moins que le Royaume-Uni est bel et bien le pays le plus impacté par ces tensions extrêmes, en même temps que le plus visiblement empêtré dans un état de stagflation. La BoE n’a, de fait, pas convaincu, son discours sur l’inflation ayant aussi quelques relents de « langue de bois » : « L’inflation sur douze mois s’est établie à 3,8 % en août et devrait augmenter légèrement en septembre, avant de retomber vers l’objectif de 2 % par la suite. »… Ce n’est pas ce que suggère, à ce stade, les rythmes d’inflation en présence dans la plupart des secteurs d’activité. La faible croissance économique, ne rassure pas, quant à elle, sur la trajectoire des finances publiques.
L’épisode du Brexit et plus encore celui de Liz Truss ont semé un vent de défiance à l’égard de la dette britannique face auquel la banque centrale est assez démunie.

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La Fed soigne son indépendance mais ne lève pas les incertitudes

Nous nous sommes trompés, l’arrivée de S. Miran à la Fed n’a pas changé la donne. La Fed a baissé ses taux d’un quart de point, à 4,25 %, ce qui peut être considéré comme un minimum face à la dégradation du marché de l’emploi de ces derniers mois, mais n’est pas allée au-delà de ce qu’autorisent les incertitudes sur la trajectoire de l’inflation. Sa décision semble donc raisonnable, tout comme ses projections, qui n’envisagent pas plus d’un demi-point supplémentaire de baisse des Fed Funds d’ici la fin de l’année, soit, a priori, deux mouvements consécutifs d’un quart de point chacun. Celles de 2026 et 2027 sont ajustées en conséquence mais conservent la ligne prudente du mois de juin, avec seulement un quart de point d’assouplissement additionnel chacune des deux années. Finalement le FOMC modifie à la marge son scénario, à hauteur de 25 points de base sur toute la période prévisionnelle et conserve son objectif de 3 % à long terme.
Préoccupé sur la tournure du marché de l’emploi, J. Powell l’est moins sur le taux de chômage, au vu de la faible croissance de la population active et des effets de la politique migratoire. Les prévisions de taux de chômage du FOMC ont, en l’occurrence, été révisées d’un dixième à la baisse, ce qui peut justifier sa prudence, avec, par ailleurs une révision à la hausse de deux dixièmes de son scénario de croissance et d’inflation pour l’an prochain.

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Ventes de détail et production américaine, « who cares » ? S. Miran débarque à la Fed

En août, les ventes de détail à prix courants ont progressé de 0,6 %, comme en juillet. Corrigée de l’inflation, leur hausse est un peu moins dynamique, autour de 0,2 %. Toujours est-il que ces données n’ont rien de particulièrement alarmant. Ajoutées à celles des prix des échanges extérieurs, elles ont même poussé la Fed d’Atlanta à réviser à la hausse sa projection de croissance pour le troisième trimestre, de 3,1 % à 3,4 % en rythme annualisé. La production manufacturière a, quant à elle, augmenté de 0,2 % pour rejoindre son plus haut niveau depuis l’automne 2022, un résultat que D. Trump devrait savourer. Alors, fausse alerte en provenance du marché de l’emploi et retenue de la Fed demain ? Cette dernière option ne convainc pas.

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Les prouesses technologiques ne font pas la croissance en Chine mais son rayonnement

Les changements et progrès de l’économie chinoise sont réels et indiscutables en matière scientifique, technologique et énergétique. Ils offrent au pays un réel avantage aux entreprises de l’Empire du Milieu que les bourses chinoises et hongkongaises commencent à en prendre en considération, mais ne doivent pas être confondus avec ses performances conjoncturelles. Ces dernières sont toujours sous l’emprise du surendettement et des surcapacités chroniques de production, qui entravent d’autant plus la croissance que la demande mondiale évolue peu et que la guerre commerciale produit ses effets nocifs.
De fait, les données de la nuit sont, une nouvelle fois, d’un bien mauvais cru. Les exportations avaient donné la direction la semaine dernière, les retours en provenance de l’industrie, de l’investissement et des ventes de détail, confirment, toutes, un sérieux coup de frein de la croissance économique du troisième trimestre, après un premier semestre de bonnes surprises. Sans doute faudra-t-il un certain temps avant que les investisseurs parviennent à appréhender ces contradictions d’une histoire éminemment différente de celle qui a fait la performance de l’indice Shanghai par le passé (voir à ce sujet notre présentation du mois de juillet et sa Retransmission vidéo) et qui, aujourd’hui, fait celle du Shenzhen Tech.

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