L’optimisme de la Fed fait passer la pilule du virage monétaire et dope le pétrole !

Le président de la FED a, finalement, passé l’examen du changement de cap monétaire avec brio, parvenant, à annoncer un doublement du rythme du tapering et de possibles hausses imminentes des Fed Funds, tout en rassurant les marchés ! La recette ? Une appréciation des plus optimistes sur les perspectives de croissance américaine, lesquelles ont d’ailleurs été révisées à la hausse, de 3,8 % à 4 % pour 2022. Quant au taux de chômage, il est, dixit, d’ores et déjà proche du plein emploi. Sa baisse à venir permet donc d’envisager des remontées de taux d’intérêt, qui, selon les projections du FOMC, seraient au nombre de trois l’an prochain, pour terminer l’année dans la fourchette de 75 à 100 points de base, au-dessus, même, des anticipations de marchés.

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Omicron, dernier rempart contre un durcissement monétaire généralisé

A la question récurrente de ces dernières années sur ce qui pourrait mettre un terme aux pratiques quantitatives des banques centrales, la réponse a généralement été : un retour de l’inflation. Nous y voilà, donc. Transitoires ou pas, les facteurs de hausse des prix sont devenus trop nombreux pour être minimisés. Dans de telles conditions, la Fed va durcir le ton et devrait, en toute logique, chercher à être la plus convaincante possible. C’est, en effet, le seul moyen pour tenter de contrer le risque d’anticipations auto-réalisatrices. La BCE pourra difficilement continuer à faire cavalier seul. Quand bien même le sujet d’une possible extension du programme APP pour atténuer l’arrivée à terme du PEPP est sur la table, l’opposition pourrait la contraindre à repousser au mois de février les annonces sur son orientation stratégique ; une fois confirmé le repli de l’inflation allemande attendu pour janvier… Au total, le risque de postures plus « hawkish » que généralement attendu existe bel et bien. Reste, les inquiétudes sur le variant Omicron pour repousser l’appel, pas franchement le meilleur argument pour aider à repentifier les courbes de taux d’intérêt, néanmoins.

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Le Beige book, bien que moins enthousiaste que l’ISM, ne devrait pas retenir la FED

Les retours du Beige book de la FED sont assurément plus nuancés sur la croissance que ceux en provenance de l’ISM manufacturier qui a enthousiasmé les marchés en milieu d’après-midi mercredi. Encore une fois, cette dernière enquête ne sera vraisemblablement pas suivie par une amélioration effective de l’activité manufacturière, à en juger par ce qui nous revient des différents districts.

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La Banque d’Angleterre au pied du mur face à l’envolée des prix

Qu’il s’agisse des prix à la production, des prix de détail ou des prix à la consommation, les données publiées ce matin au Royaume-Uni sont unanimes, les hausses de prix s’accélèrent et se diffusent bien au-delà des attentes et des éléments jusqu’alors considérés comme temporaires. Après une légère atténuation des pressions sur les perspectives de hausse de taux de la BoE à la suite des données de salaires publiées hier, ces résultats réduisent significativement la capacité de la Banque d’Angleterre de repousser au mois de février une éventuelle hausse de ses taux directeurs. De quoi amplifier la tendance à la hausse des taux longs observée ces tout derniers outre-Manche mais également outre-Atlantique ainsi que la chute de l’euro.

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Après la FED, la BoE enfonce le clou : les taux s’effondrent partout

Dans la foulée de la Fed, hier, la Banque d’Angleterre contredit les anticipations des marchés. Elle ne change, en effet, ni ses taux directeurs, qui demeurent à 0,1 %, ni les objectifs de son programme d’achats d’actifs, de 895 milliards de livres. Ces décisions n’ont pas été prises à l’unanimité mais avec une large majorité de 7 voix sur 9 pour les taux et de 6 voix sur 9 pour le QE. Malgré les déclarations récentes du gouverneur Bailey, qui a aujourd’hui voté avec la majorité, la BoE attend, semble-t-il, le nouveau rebond des chiffres d’inflation d’octobre, pour franchir le pas. Le changement de cap semble donc, a priori, rester dans les cartons avec une prévision d’inflation de la BoE autour de 5 % à son pic, envisagé au printemps prochain.

Quoi qu’il en soit, les marchés sont, à l’évidence, pris à revers. L’inaction de la BoE finit d’enfoncer le clou pour signaler qu’ils sont allés trop vite en besogne et que les banques centrales sont encore loin de passer en mode restrictif. Si la livre chute de 1,2 % face au dollar, l’ampleur des corrections sur les marchés de taux occidentaux est plus impressionnante.

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Powell casse les anticipations de marché sur ses taux et repentifie la courbe

L’exigence de résultats économiques pour envisager de remonter les taux directeurs est beaucoup plus haute que celle requise pour un tapering. C’est dans cette affirmation du président de la FED, J. Powell, que se trouve l’essentiel ; à savoir, l’absence de changement de position officielle s’agissant des taux des Fed funds. En dépit de l’amorce du tapering, largement anticipée, cela donne un caractère incontestablement ‘dovish’ à sa communication par rapport à l’évolution récente des anticipations de marchés et à la redirection amorcée ces dernières semaines par la plupart des autres banques centrales du monde développé, BCE exceptée. Témoin de cette ‘bonne surprise’, les anticipations de hausses des taux se replient en même temps que la courbe des taux se repentifie, au contraire de ce qu’elle avait fait ces derniers temps au fur et à mesure de la remontée des anticipations de hausse des taux.

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En situation délicate, la BoE fait figure de test pour ses homologues

La Banque d’Angleterre devrait être la première grande banque centrale occidentale à annoncer une hausse de ses taux directeurs, avant la fin de l’année, voire dès demain. Confrontée au dilemme de toutes les institutions monétaires, celui d’une activité encore fragile mais d’une inflation en forte hausse, la Banque d’Angleterre est soumise à un risque exacerbé sur les prix du fait de l’insularité du pays et des effets du Brexit. L’inflation britannique devrait être forte et le rester dans les trimestres à venir, la hausse des prix administrés de l’énergie s’ajoutera, en effet, à celle de l’essence en octobre et va, selon toute vraisemblance faire rebondir l’inflation vers 4%, voire au-delà au dernier trimestre. Quant au début d’année prochaine, il sera marqué par la hausse de plus de 6 % du salaire minimum décidée par le gouvernement.

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Le suspense est entier sur l’évolution du discours de J. Powell à l’occasion du FOMC

Pris en étau par la persistance de l’inflation, le président de la FED a fini par capituler et par reconnaître la nécessité de modifier l’orientation de sa politique monétaire. Avec une inflation à 5,4 %, dont 4 % pour le sous-jacent, la perspective d’un resserrement monétaire ne soulève plus de doute. La FED pourrait, de fait, annoncer une réduction immédiate de ses achats d’actifs avec comme objectif de mettre un terme au QE en juillet. Mais c’est sur les indications relatives à l’évolution des taux des Fed Funds que J. Powell sera attendu. Il faudra attendre décembre en effet pour connaitre les nouvelles projections de la FED et les perspectives de ses membres sur l’évolution des taux directeurs. Mais les marchés n’attendent pas et anticipent déjà à 70 % la probabilité que la FED ait relevé le niveau des Fed Funds d’ici au 15 juin prochain. Sans doute la rapidité avec laquelle ces anticipations ont évolué n’est-elle pas du goût de J. Powell. Pour autant, la perception des membres de la FED a clairement évolué ces dernières semaines et il se pourrait qu’un certain nombre ne soient pas véritablement gênés par ces anticipations. Alors, jusqu’où iront le communiqué de la FED et J. Powell sur ce point ? Difficile à prédire tant les incertitudes sont importantes au sujet de l’inflation mais également de la tournure de la conjoncture américaine et des pourparlers budgétaires, voire, de l’épidémie de Covid…

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