L’été 2023 au fil d’une croissance qui ne fait plus recette

L’été 2023 s’est finalement déroulé sans heurts majeurs, sans crise financière ni exacerbation des frictions internationales. Les données économiques ont plutôt agréablement surpris avec des résultats souvent supérieurs aux attentes en matière de croissance et la poursuite à petits pas de la décrue de l’inflation. Quelques années en arrière, sans doute aurait-on pu qualifier la période de bon cru estival. Sauf que les temps ont changé et que la croissance ne fait guère recette. Derrière les bons chiffres se cachent le plus souvent des éléments exceptionnels, telle la livraison d’un paquebot en France venu miraculeusement enfler les exportations, ou l’effondrement des importations au Japon, à l’origine d’une ambivalente contribution du commerce extérieur à la croissance, ou encore, les interférences des politiques publiques d’investissement ou de défense sur l’activité aux Etats-Unis ou ailleurs. Rien qui n’évoque, au total, un quelconque mouvement de reprise globale ainsi qu’en ont témoigné, une nouvelle fois, les miséreuses statistiques chinoises. Qui voudrait d’ailleurs d’une reprise de la demande que les banques centrales ont à cœur de combattre et que les limites climatiques empêchent d’espérer ?

Au final, l’économie mondiale donne le sentiment de vivoter sur les décombres d’une mondialisation passée que les pays occidentaux et les BRICS, chacun de leur côté, tentent de réorganiser à leur faveur, sur fond de suspicion grandissante. Les politiques s’octroient, de facto, un pouvoir nouveau, imprévisible, censé répondre à des enjeux stratégiques, supposés ou réels, qui ont pour point commun l’opacité, l’aléa et un coût exorbitant que l’illusion monétaire permise par l’inflation ne parvient pas à camoufler.

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Brèves estivales

1) Les déboires de la construction continuent de plomber l’activité chinoise

Les PMI chinois sont chaque mois un peu plus mauvais. Alors que les retours en provenance de l’industrie piétiennent en territoire toujours légèrement négatif, l’activité des services perd davantage de terrrain. Manifestement, les déboires immobiliers et leurs effets sur l’ensemble de l’activité expliquent une bonne part de ces déceptions face à un contexte international toujours bien peu porteur.
Peu de changements donc, sinon, une légère remontée des prix producteurs dans l’industrie et toujours l’espoir de nouvelles mesures de relance salvatrices quand bien même les initiatives de ces dernières années ont, assez largement, échoué…

 

2) Déception sur l’inflation sous-jacente en zone euro

L’inflation en zone euro a reculé de 0,2 point en juillet, à 5,3 %, une amélioration surtout permise par la décrue de sa composante alimentaire de 11,6 % à 10,8 % et par celle de l’énergie, de -5,6 % à -6,1 %. Les prix sous-jacents ont, en revanche, moins reflué qu’ils ne le font habituellement au cours du mois de juillet de sorte que l’inflation hors énergie et alimentation campe toujours à 5,5 %, comme en juin, sous l’influence d’une réaccélération des prix des services, de 5,4 % l’an en juin à 5,6 %.
La normalisation de l’inflation sous-jacente laisse manifestement à désirer. Potentiellement liée à des effets saisonniers quelques peu exceptionnels dans la restauration, les voyages et loisirs, il s’agit néanmoins d’une déception que la BCE ne laissera pas passer si elle venait à persister en août.

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Vigilance estivale

L’environnement de taux d’intérêt reste et restera le point le plus sensible de l’actualité financière de l’été, avant et après le symposium de Jackson Hole des 24 au 26 août.
Face aux incertitudes auxquelles elles font face, FED et BCE ont cette semaine laissé filtrer parmi d’autres hypothèses celle d’une possible pause dans leur politique de remontée des taux directeurs. Cette éventualité n’était pas, loin s’en faut, le point le plus saillant de leur communication mais les marchés en ont fait une brèche dans laquelle ils se sont engouffrés aux Etats-Unis comme en zone euro…..

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Lagarde : « We are not in the domain of forward guidance», ça c’est sûr !

Après avoir de nouveau relevé ses taux directeurs d’un quart de point, portant le repo à 4,25 %, son plus haut niveau depuis octobre 2008, que fera la BCE ? Nul ne le sait et, a priori, surtout pas Mme Lagarde, à en juger par ses propos qui, comme ceux de J. Powell hier soir, semblent avoir avant tout cherché à ne rien divulguer de ses intentions. En septembre ce sera donc une pause ou une hausse des taux, fonction des données économiques publiées d’ici là, de l’estimation des effets retardés de la politique monétaire et de la perception de la BCE sur les tendances inflationnistes. Seule certitude, il n’y aura pas de baisse des taux et si pause il y a ce pourrait être pour un mois, pas davantage… Message reçu : la politique évoluera au gré des données économiques jusqu’à atteindre un degré suffisant de restriction pour garantir que l’inflation revienne à 2 %. Une réduction accélérée du bilan n’a même pas été évoquée par le Conseil des gouverneurs qui continue à privilégier son instrument préféré, celui des taux d’intérêt. A priori ces derniers n’ont pas atteint leur pic mais, tout dépend, peut-être que si, qui sait ? Voilà qui n’aide pas beaucoup et promet encore pas mal de volatilité sur les anticipations de politique monétaire. Comme pour la FED, les marchés jouent malgré tout une autre partition : celle d’une BCE plutôt colombe. Cherchez l’erreur. A force de tirer sur le malade, ils finiront sans doute par avoir raison.

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La Fed beaucoup plus faucon qu’envisagé. Un bien mauvais présage pour la croissance

Après avoir de nouveau relevé le taux des Fed Funds d’un quart de point, à 5,25 %-5,50 % aujourd’hui, la FED publie un communiqué beaucoup plus faucon qu’envisagé, dans lequel rien ne laisse supposer que ce mouvement puisse être le dernier du cycle en cours. Il s’agit d’une bien mauvaise nouvelle pour des marchés qui avaient quasiment exclu l’hypothèse de nouvelles hausses des Fed Funds entre aujourd’hui et la fin de l’année et pour les perspectives économiques américaines, compte-tenu des dégâts que pourraient, in fine, causer la poursuite de la politique en place

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Net ralentissement de l’activité des services aux États-Unis, selon les PMI

En comparaison des données européennes de ce matin, les PMI américains sont nettement moins inquiétants. Cependant, l’indice composite a, tout de même, affiché une baisse, de 53,2 en juin à 52 en juillet, sous l’effet d’un recul de deux points de l’indicateur des services, à 52,4.
Les conditions de crédit sont clairement citées comme un facteur limitant pour la demande et expliquent une bonne part de ces médiocres données. Le rapport de juillet confirme, en outre, la tendance au ralentissement des créations d’emplois du mois de juin, du fait, là aussi, d’une dégradation des indicateurs dans les services.
Contrairement au vieux continent, ces mauvaises nouvelles dans le tertiaire ont été, en partie, compensées par un léger mieux du côté du PMI manufacturier, avec une hausse de près de trois points, à 49, malgré une détérioration de l’opinion sur les carnets de commandes à l’export. Les industriels comptent sur l’affaissement des tensions inflationnistes, les nouvelles embauches et le coup de pouce de l’IRA pour stimuler l’activité des mois à venir.

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PMI, l’Europe droit dans le mur

L’indicateur PMI composite de la zone euro s’est encore replié d’un point, à 48,9, sous le double coup de la récession industrielle et des difficultés croissantes des services. Déjà en récession, l’Allemagne a vu sa situation continuer de se dégrader en juillet. La France n’est pas épargnée par la contagion, ce qui accroit significativement la probabilité d’une récession et contredit la relative stabilité des climats des affaires de l’INSEE publiés jeudi dernier.
Le Royaume-Uni s’est replié à 50,8, soit une baisse de deux points, ce qui est loin de dissiper les craintes de mauvais troisième trimestre. Parmi les chiffres de ce matin, donc, seuls les japonais ont véritablement tenu bon, avec un PMI stable en zone d’expansion, à 52,1.

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Véritable renaissance italienne ?

Avec une ascension de quasiment 22 % depuis le début de l’année, l’indice phare de la bourse de Milan se démarque par une performance supérieure de plus de 7 % à celle du Stoxx 50, qui le place en tête de peloton européen, voire mondial. Si le MIB n’a pas égalé le Nasdaq, il rivalise en effet avec le S&P500 qu’il dépasse de 3,5 % depuis janvier. La péninsule italienne, au sujet de laquelle nombreux prédisaient le pire face à un environnement de remontée des taux d’intérêt est donc loin d’apparaître aux abois.

Avec un PIB supérieur de 2,5 % à son niveau de la fin 2019, elle arrive en tête des quatre principaux pays de la zone euro, tout en ayant réduit son taux d’endettement public de près de 15 points ces deux dernières années, davantage que la plupart de ses partenaires. Son industrie et son commerce extérieur ont repris des couleurs et le taux de chômage endémique du pays, de ses plus jeunes en particulier, n’a jamais été aussi bas depuis 2009.

Si beaucoup craignaient une envolée des spreads de taux d’intérêt à l’arrivée de Giorgia Meloni à la tête du Conseil italien, en octobre dernier, l’inverse s’est jusqu’à présent produit. De 250 points de base à son arrivée au pouvoir, l’écart de taux d’intérêt entre le BTP et le Bund à 10 ans a perdu quasiment 100 points depuis, résistant même aux derniers assauts de la BCE du mois de juin. Dès lors, le taux des emprunts d’Etat italiens est quasiment équivalent aujourd’hui à ce qu’il était il y a un an, aux environs de 4,10 %.

Comment expliquer cette performance et où en est le pays ?

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