J. Powell rassure

La Fed prend acte de la solidite de la croissance et du marché de l’emploi et souligne l’absence de progrès additionnels sur le front de l’inflation ces derniers mois, mais ne montre pas d’inquiétude particulière : les résultats sont là, quand bien même encore insuffisants pour abaisser les taux comme anticipé. Il lui faudra donc plus de temps, sans pouvoir dire combien, mais J. Powell rappelle les progrès réalisés et rassure sur la direction. A la question posée par les journalistes sur l’éventualité de devoir resserrer davantage les conditions monétaires, il répond sans sourciller qu’un tel cas de figure semble peu probable et chasse, ainsi, les craintes recemment apparues de possibles remontées de ses taux directeurs.
Difficile, au total, de trouver de quelconques signes d’un changement d’appréciation sur le fond, même si J. Powell met, de facto, à l’écart les chances de baisse imminente des Fed Funds. Enfin, le sujet de la politique budgétaire est ignoré tandis que la Fed confirme le moindre rythme de réduction de son bilan à partir du mois de juin, de 95 à 60 milliards de dollars par mois.
Après une première réaction très positive des taux d’intérêt et des bourses, les marchés ont corrigé une bonne partie des gains initiaux, à l’exception des taux à 2 ans, en repli de 9 points à 4,96 %, et de l’eurodollar revenu au-dessus de 1,07USD.

You need to be logged in to view the rest of the content. Veuillez . Not a Member? Nous Rejoindre

BMG avril 2024 – Du mieux, enfin, en zone euro

Toujours pas de direction claire pour notre BMG, à 0,1 en avril, légèrement révisé en hausse à 0,2 en mars et en baisse à -0,3 en février. Pas de grand chambardement sur les composantes non plus, sauf pour l’investissement, de retour en zone positive et le commerce extérieur, qui recule en zone neutre. D’un pays à l’autre, les choses bougent un peu plus: le Japon et la zone euro décollent, les Etats-Unis plafonnent, la Chine reste bonne dernière. Notre baromètre d’inflation retombe en zone négative, à -0,4.

You need to be logged in to view the rest of the content. Veuillez . Not a Member? Nous Rejoindre

Conjoncture européenne : pas si mal finalement…

A rebours de données mensuelles et de climats des affaires souvent médiocres du début d’année, les données du jour décrivent :
– Une bonne tenue de la croissance économique au premier trimestre, avec une hausse de 0,2 % du PIB en France et en Allemagne, de 0,7 % en Espagne et de 0,3 % en Italie. La zone euro dans son ensemble a vu son PIB progresser de 0,3 %. Rien de mirobolant, si l’on compare, par exemple, aux Etats-Unis, mais des résultats, clairement, dans la fourchette haute des prévisions.
– Un reflux de l’inflation sous-jacente en avril, légèrement supérieur aux attentes après les chiffres d’hier. L’inflation totale s’est stabilisée, sous l’effet de l’énergie et de l’alimentaire.

Lire la suite…

Retour de la désinflation sous-jacente en zone euro

D’après les données publiées aujourd’hui, l’inflation espagnole est ressortie en hausse d’un dixième en avril, à 3,3 % et l’allemande s’est stabilisée à 2,2 %. Rien de très surprenant au vu de l’évolution récente des prix du pétrole : outre Rhin, l’inflation énergétique a été un peu moins négative, à -1,2 % après -2,7 % et l’inflation alimentaire a retrouvé la zone positive, à 0,5 %.
Pour autant, en attendant les données pour l’ensemble de la zone euro et la France, demain, ces premiers résultats sont encourageants. L’inflation sous-jacente a, en effet, nettement reculé, sous l’effet d’un franc ralentissement mensuel des prix hors énergie et alimentaire. Sauf très grande surprise en provenance des données d’ensemble pour la zone euro, rien ne devrait plus s’opposer à une baisse des taux de la BCE en juin, un pronostic que pourrait venir renforcer les premiers résultats sur la croissance du début d’année attendus demain.

You need to be logged in to view the rest of the content. Veuillez . Not a Member? Nous Rejoindre

Sérénité des marchés face au risque souverain : rendez-vous le 9 juin…

Le gouvernement s’agite, les investisseurs s’interrogent, les médias sont sur le qui-vive : que se passerait-il si la notation de la dette française venait à être abaissée, ce vendredi 26 avril par les deux agences Fitch et Moody’s qui donneront leur verdict en fin de journée ? L’hypothèse est, on s’en doute, relativement élevée, à en juger par le niveau d’une dette publique qui ne cesse d’enfler, les difficultés du gouvernement à tenir ses engagements ou à rassurer sur la trajectoire future des finances publiques et le peu de résultats, malgré tout, obtenus en matière économique et sociale.
La sanction est toujours amère, comparable à celle que pourrait recevoir un mauvais élève par une autorité supérieure. Elle est, surtout, susceptible de réduire la capacité future d’un Etat à se financer à des conditions soutenables, voire, dans des cas extrêmes, de limiter sa capacité à mettre en pratique ses choix politiques ou à préserver sa souveraineté, ainsi que l’ont douloureusement rappelé les épisodes des crises souveraines d’il y a une dizaine d’année. De tels effets n’ont toutefois rien de systématiques. La dernière sanction infligée par Fitch à la France en mai 2023 (de AA à AA-) n’a guère eu d’impact notable sur les taux d’intérêt de l’Etat français, dans un contexte, en l’occurrence, beaucoup plus significativement bouleversé par le retour de l’inflation.
Le fait est que la sensibilité des conditions de financement d’un Etat par rapport à ses pairs à l’évolution de sa notation souveraine est assez instable, fonction, tout à la fois de sa note absolue, mais également de critères exogènes, liés à la liquidité, l’épargne ou encore l’appétit pour le risque des épargnants. Enfin, la compréhension qu’ont les investisseurs de l’origine et de l’utilité des déficits et, simultanément, la confiance qu’ils accordent à un gouvernement dans sa capacité à mener à bien des réformes nécessaires à l’entretien de sa solvabilité dans le temps, sont également déterminantes.
C’est, à nos yeux, sur ces deux derniers points que l’Etat français est le plus fragilisé. Or, si cette conclusion est la bonne, c’est peut-être les résultats des élections européennes du 9 juin qu’il faudra surveiller de près pour jauger du risque effectif sur les conditions de financement de la dette française, davantage que celui de la notation de deux agences d’influence, somme toute, relativement limitée, lesquelles pourraient, d’ailleurs, trouver de bonnes raisons de ne pas abaisser la note de l’Etat français aujourd’hui…

You need to be logged in to view the rest of the content. Veuillez . Not a Member? Nous Rejoindre

Moins de croissance, plus d’inflation… Pas vraiment «market friendly» le PIB américain

A 1,6 % en rythme annualisé, la croissance du PIB américain du premier trimestre ressort moitié moindre qu’à la fin de l’année dernière, inférieure d’un point environ aux attentes. Cela aurait pu être une bonne nouvelle pour les marchés, si ne s’y était pas greffée une première estimation des prix sous-jacents à la consommation (PCE) nettement supérieure aux attentes, en hausse de 3,7 % r. a., très au-delà de l’acquis connu jusqu’au mois de février qui ne dépasse pas 3,1 %. Toutes choses égales par ailleurs, les données mensuelles du PCE attendues demain devraient, donc, ressortir en hausse de 0,4 %-0,5 % au lieu des 0,3 % anticipé par le consensus…
Triple mauvaise nouvelle donc à laquelle le 10 ans américain répond par une nouvelle jambe de hausse à 4,73 % et les indices américains par des chutes de 1,5 % à 2 %. Bref, le tableau de la conjoncture américaine prend de plus en plus les couleurs de la stagflation ; scénario le pire pour la Fed, comme pour les marchés. Entre la politique hyper expansionniste de J. Biden et l’espoir de baisse des taux, il y a décidément incompatibilité grandissante.

You need to be logged in to view the rest of the content. Veuillez . Not a Member? Nous Rejoindre

Top départ ou pétard mouillé pour l’Allemagne ?

Dans la foulée des indicateurs ZEW et PMI, l’IFO composite allemand a regagné 1,5 point en avril, à un plus haut niveau de 89,4 depuis un an, une amélioration permise à la fois par l’amélioration des perspectives et par les retours en provenance des services ou du commerce de détail. Replis de l’inflation et des taux d’intérêt semblent, donc, en apparence commencer à porter leurs fruits, comme largement anticipé par le consensus. Bonne nouvelle s’il en est après plus d’un an de récession, nous avons préféré attendre les détails sectoriels de l’enquête IFO d’aujourd’hui avant de réagir aux données synthétiques publiées hier, histoire de mieux appréhender les sources de cette amélioration. Mal nous en a pris ! Car de ces détails il ressort bien moins d’éléments convaincants que nous ne l’avions imaginé.
1- Sauf les espoirs des chefs d’entreprises, l’industrie continue de se porter de plus en plus mal, notamment pour les secteurs les plus influents de l’automobile, les biens d’équipement ou la chimie, ainsi qu’en témoigne la nouvelle chute des commandes.
2- Même constat du côté de la construction pour laquelle, si les attentes remontent quelque peu, anticipation de baisse des taux sans doute, les carnets de commandes n’évoluent pas, tout juste se stabilisent-ils sur de très faibles niveaux.
3- L’activité dans le commerce s’est légèrement reprise, c’est un fait qui laisse envisager un coup d’arrêt à la récession. De là à parler de reprise, il y a un pas que les conditions actuelles ne permettent pas de franchir.
4- L’amélioration du côté des services semble, à première vue, assez convaincante, en même temps qu’audible, dans le contexte de désinflation en présence et de frémissement de la confiance des ménages. Les détails par secteur d’activité sont néanmoins, là encore, insuffisants, concentrés dans l’hôtellerie-restauration et les activités de logistique et transport qui ne parviennent pas, néanmoins, à renouer avec le niveau de confiance de 2023. Les ménages sont-ils prêts à puiser dans leur excès d’épargne pour aller plus loin ? Il le faudra à en juger par leurs pertes de pouvoir d’achat de ces dernières années mais leur manque d’enthousiasme sur les perspectives macro-économiques ne laisse pas beaucoup d’espoir sur ce front non plus.

You need to be logged in to view the rest of the content. Veuillez . Not a Member? Nous Rejoindre

Stand-by des marchés : le point à mi parcours

Une semaine après l’attaque d’Israël par l’Iran et moins de vingt-quatre heures après la réplique des Israéliens, les incidences de la montée des tensions géopolitiques restent particulièrement ténues sur les marchés financiers, quand ces derniers n’évoluent pas dans des directions radicalement opposées à celles généralement anticipées dans de telles circonstances. S’ils tétanisent les investisseurs, les développements au Moyen-Orient ne paraissent pas avoir été suivis de changements radicaux de stratégies d’investissement, par ailleurs, malmenées par ce qui reste la principale source d’incertitude, à savoir l’évolution des taux d’intérêt.

L’ensemble aboutit à un curieux sentiment, de marchés en suspens, prêts à renouer, à chaque occasion, avec les tendances qui prévalaient avant l’attaque du régime de Téhéran sur Israël ou, même, avant la publication, à certains égards, fatale, du CPI américain du mois de mars…
Au total :
– le repli vers les valeurs refuge est à peine perceptible.
– L’appétit pour le risque et pour les valeurs cycliques semble prompt à reprendre le dessus à la moindre dissipation des éléments contrariants.
– Les bruits de botte n’ont pas supplanté les nouvelles en provenance de l’Empire du Milieu, qui, bien qu’assez médiocres sur le fond, ont renforcé le sentiment d’une amélioration des perspectives des marchés locaux et, dans la foulée, celle des métaux industriels, les deux actifs les plus performants de la semaine écoulée.
– Seule évidence, les valeurs les plus exubérantes du début d’année n’ont plus le vent en poupe, c’est en particulier le cas du côté des « 7 magnifiques » américaines qui avaient porté l’indice Nasdaq et le S&P500 sur leurs sommets récents. Difficile d’y voir une conséquence du conflit irano-israélien, cependant.
– Tel ne semble pas être encore le cas, en revanche s’agissant du BTC, lequel, malgré son fort repli et son aveu de faiblesse par rapport à l’or pour faire face à des situations extrêmes, ne donne pas de signes évidents de capitulation.
Quelles leçons tirer de ces évolutions ?

You need to be logged in to view the rest of the content. Veuillez . Not a Member? Nous Rejoindre