Mario Draghi sur la défensive, fait remonter les taux longs

Télécharger l’article

Outre les précisions sur le programme d’achat d’obligations d’entreprises, sur lequel le Président de la BCE était largement attendu, Mario Draghi est clairement apparu sur la défensive à l’égard des critiques adressées par l’Allemagne sur sa politique. Le temps passé à justifier les décisions de la BCE puis, lors des questions-réponses, à tenter de rassurer les Allemands au sujet de leur épargne, témoigne de pressions montantes en provenance d’Outre Rhin, dont le Ministre des finances allemand, M. Schäuble, s’est notamment fait le porte-parole ces derniers temps.
On comprend de ces échanges indirects, qu’il sera sans doute difficile à la BCE d’aller beaucoup plus loin dans les dispositifs non-conventionnels à l’avenir, notamment si le contexte économique et financier s’apaise. A ce titre, le scénario d’inflation de la BCE constitue sans doute le risque le plus important.

Le non accord de Doha, un moindre mal

Télécharger l’article

Si la chute du cours du pétrole a souvent été désignée comme responsable de la mauvaise tenue des marchés financiers et de la persistance du risque déflationniste   à l’échelle mondiale, la perspective d’une éventuelle remontée des cours à la suite d’un accord des pays de l’OPEP posait bien d’autres questions, en particulier celle des effets de la confiscation des gains de pouvoir d’achat sur la conjoncture du monde développé et celle d’une réduction des marges de manœuvre des banques centrales dans un contexte de remontée mécanique des taux d’inflation. Vu sous cet angle, le non aboutissement des rencontres de Doha est donc plutôt bienvenu.

Y croire ?

Télécharger l’hebdo

La trajectoire de l’économie et des marchés mondiaux peut-elle nous offrir des perspectives plus encourageantes que celles de plus en plus largement redoutées ces derniers temps ? L’envie d’y croire est indiscutablement de retour ces derniers jours. Le peut-on et, si oui, par quelle bienheureuse combinaison ? Retour sur les ambiguïtés d’une situation économique et financière mondiales des plus complexes.

Schéma scénario vertueux.jpg

Bataille des changes, troisième round : le grand retour de la Fed

Télécharger l’article

Certains attendaient du G20 une concertation des grands argentiers pour sauver l’économie mondiale de la mauvaise passe qu’elle traverse, pensant que les décisions de la BCE puis de la Fed au cours des semaines qui suivirent pouvaient, même, avoir été pensées en ce sens. L’illusion n’aura que peu duré, ce qui pouvait en subsister finissant par être balayé par les minutes du dernier FOMC publiées cette semaine. De ces dernières, il ressort clairement, en effet, que le changement de stratégie opéré par la Fed (voir à ce sujet « les certitudes de la Fed, ébranlées ») a certainement beaucoup plus à voir avec la montée de ses inquiétudes sur l’économie américaine qu’avec un quelconque souci de bienveillance à l’égard du reste du monde. En d’autres termes la Fed revient à l’offensive, dissimulant mal son objectif premier : faire refluer le dollar. De fait le billet vert a déjà bien décroché. Avec un repli de 3,2 % au mois de mars, il affiche sa plus forte baisse depuis fin 2010. Amorcé depuis le début de l’année, le mouvement n’est sans doute pas terminé si, comme le laisse entendre la Fed, l’heure n’est plus à envisager de relever le niveau de ses taux directeurs.

taux de changes

La bataille des changes est donc relancée, au grand dam des grands exportateurs du reste du monde : Japon, Corée, Allemagne, en particulier. La BOJ et la BCE auront-elles le pouvoir de contrer le mouvement d’appréciation de leurs devises respectives ? Comment cette bataille rangée peut-elle évoluer et quelles peuvent être ses implications sur les grandes économies développées et émergentes ? Difficile de le dire. C’est pourtant sur ce terrain que semble devoir se jouer la prochaine partie économique mondiale.

Sommaire :

  • Les banques centrales à couteaux tirés
  • Du scénario du gagnant-gagnant…
  • … Au scénario du tous-perdants

Minutes du FOMC- Les certitudes de la Fed, ébranlées

Télécharger l’article

On imaginait Janet Yellen avoir été potentiellement plus « dovish » que bien d’autres membres du comité de politique monétaire, après le FOMC des 15 et 16 mars, tel est loin d’être le cas. Manifestement, les tendances économiques de l’économie américaine et la tournure de la conjoncture économique et financière internationale depuis le début de l’année ont refroidi les plus convaincus de la nécessité de relever les niveaux des taux d’intérêt. Les minutes publiées aujourd’hui témoignent, en effet, d’une grande méfiance à l’égard de la situation en présence. Sauf la satisfaction réitérée à l’égard des progrès observés sur le front du marché de l’emploi, les analyses de la Fed témoignent d’un rare scepticisme sur les différents secteurs ou agrégats économiques quels qu’ils soient : faible croissance de la consommation, ralentissement immobilier, déceptions sur le front de l’investissement productif et, surtout, faible espoir de voir les tendances s’améliorer, conclusion vraisemblablement suggérée par la chute des profits des sociétés observée ces derniers mois ; sans parler des inquiétudes relatives aux risques financiers et économiques externes…

Au, total, l’analyse de la Fed n’a plus grand-chose à voir avec ce qu’elle était il y a peu et l’on comprend mieux pourquoi ses prévisions de hausses des taux d’intérêt ont été divisées par deux entre décembre et mars.

Quel potentiel de hausse pour l’eurostoxx sans les bancaires, les industrielles, ni …

Télécharger l’hebdo

Les objectifs que nous nous étions fixés en juin dernier sur les indices européens (voir à ce sujet « Game Over », 18 juin 2015) ayant pour la plupart été atteints courant février, qu’envisager dorénavant ? Alors que la BCE déploie de nouveaux moyens de soutien monétaire, que Janet Yellen a écarté l’éventualité d’une hausse imminente de ses taux d’intérêt, que les cours du pétrole sont inférieurs de 38 % à ce qu’ils étaient il y a neuf mois et que le marché américain -ce n’était pas prévu- est à deux doigts de ses records historiques, l’horizon est-il plus encourageant ? Il faudrait pour cela que les grands secteurs de la cote européenne soient un tant soit peu attractifs. Or, sur ce dernier point, force est de constater que le compte n’y est pas. Des bancaires, aux industrielles, en passant par les pétrolières, voire l’automobile, aucun des poids lourds du marché européen ne promet d’être au rendez-vous des conditions nécessaires pour assurer une reprise pérenne du marché. Difficile dans de telles conditions d’être particulièrement confiant quant à l’issue de la consolidation en cours.

Janet Yellen confortée, non l’inverse, par le rapport sur l’emploi du mois de mars

215 000 emplois créés dont 195 000 pour le seul secteur privé, le rapport sur l’emploi du mois de mars n’offre guère de surprise après les chiffres de l’ADP de mercredi (200 000). La hausse des salaires horaires de 0.3 %?, conforte l’idée qu’au taux de chômage présent, le maintien de créations d’emplois sur un rythme de l’ordre de 200 000 à plus de chances de tirer la croissance des salaires à la hausse que l’inverse. Pour autant, l’accélération du mois de mars n’est pas suffisante pour maintenir la croissance annuelle des salaires à ses niveaux récents : à 2,3 % contre 2,6 % et 2,5 % l’an respectivement en décembre et janvier, Janet Yellen a de quoi convaincre qu’elle a le temps. Par ailleurs, fruit d’une poursuite de la remontée du taux de participation, le taux de chômage remonte à 5 %. Enfin, la durée hebdomadaire de du travail ne récupère pas le terrain perdu le mois dernier.

En d’autres termes, Janet Yellen devrait être confortée par ce rapport sur l’emploi dans un contexte où, par ailleurs, la nouvelle baisse des cours du pétrole plaide également en faveur d’un apaisement des anticipations d’inflation.
Salaires US
Bonne nouvelle potentielle pour le marché américain – aux effets près de la rechute des cours du brut -, la situation est assurément moins favorable pour les autres marchés développés, le dollar risquant, après ce rapport et les interventions récentes de Mme Yellen, d’être plutôt conforté dans sa tendance récente à la baisse.

Vers un premier trimestre record pour la consommation française

Télécharger l’article

Après les bons chiffres de production du mois de janvier, c’est une nouvelle bonne surprise que nous ont offert les statistiques de consommation des ménages pour le mois de février ce matin. Avec une hausse de 0,6 %, les dépenses réelles du mois de février sont robustes, en progression pour le troisième mois consécutif et en hausse de 1,8 % au cours des douze derniers mois. À supposer que les achats se stabilisent en mars, l’acquis de croissance pour le trimestre en cours serait de 1,7 %, la plus forte progression depuis 1999 !