Un « Breturn » pour quoi faire, alors que l’économie britannique marque des points ?

Sauf l’insécurité que peut susciter l’insularité dans un monde de plus en plus exposé aux agressions, les raisons du regain d’intérêt des Britanniques pour un éventuel retour dans l’UE interrogent. Les difficultés rencontrées par les entreprises nationales pour commercer avec le marché unique ne sont vraisemblablement pas, en effet, la raison principale de cette expression de la population. Quant aux résultats économiques du Royaume-Uni, ils n’ont pas grand-chose à envier à ceux des principales économies de l’UE.
Le pays a, certes, payé un gros contrecoup à sa sortie de l’UE, intervenue, qui plus est, en plein covid, mais s’est, a priori, bien remis de ce divorce : dès 2022 son PIB réel avait, en effet, rattrapé son retard des deux années passées par rapport aux quatre principales économies de l’UEM : Allemagne, France, Italie et Espagne.

Si l’économie britannique a perdu la surperformance qui la caractérisait avant cette rupture, elle n’a pas fait moins bien que les principales économies de l’union monétaire. C’est en outre par une croissance économique nettement plus dynamique que ces dernières qu’elle se distingue depuis le début de l’année, grâce notamment à un début de transformation que bien des pays du continent pourraient lui envier…
Malgré le trouble créé par la publication des derniers sondages en faveur d’un « Breturn », ces avancées économiques pourraient retirer une grosse épine du pied du nouveau Chancelier, J. Healey, dans l’exercice budgétaire en préparation.

Lire la suite

Les « Dragons » d’Asie prêts pour un grand retour

Avant que la Chine n’entre dans l’OMC au début du siècle, il y avait les « Tigres » ou « Dragons » d’Asie, un groupe de quatre pays du Sud-Est asiatique, composé de la Corée du Sud, de Singapour, Hong-Kong et Taïwan, auxquels se sont ajoutées la Thaïlande et la Malaisie, alors regroupés sous le vocable de Nouveaux Pays Industrialisés d’Asie (NPIA). Pionnières de la mondialisation, ces économies ont connu leur heure de gloire dans les années soixante-dix à quatre-vingt-dix, jusqu’à la crise de surinvestissement de 1998 et avant la montée en puissance de l’économie chinoise. Leur réussite, assise sur le modèle d’un développement à l’exportation, a largement inspiré les politiques mondiales d’ouverture des frontières des années quatre-vingt-dix et la stratégie de l’Empire du Milieu.
Les performances de la Chine ont, depuis, largement occulté ces petits pays, considérés comme des satellites économiques de la Chine, à l’égard de laquelle leur dépendance s’est considérablement accrue ces vingt dernières années. Plus récemment, le Vietnam, a pu paraître leur voler la primeur, avant que les déboires de l’économie chinoise ne les entrainent sur la voie de nouvelles difficultés, souvent aggravées par des crises politiques, domestiques ou régionales, récurrentes. La politique protectionniste de D. Trump a, alors, pris l’allure d’un coup de grâce. Toujours très dépendantes de leurs exportations à destination des Etats-Unis, ces économies étaient en première ligne du « Liberation Day », victimes directes des droits de douanes annoncés, en même temps que victimes collatérales de la guerre commerciale sino-américaine qui se profilait. Difficile d’imaginer à ce moment-là quelle issue favorable pourrait se présenter pour ces feus puissances à l’exportation.
Les perspectives pourraient, pourtant, redevenir plus porteuses pour ce groupe de pays qui disposent pour la plupart d’un leadership incontestable dans les domaines technologiques, qui semble déjà jouer en leur faveur et pourrait en faire de grands gagnants incontournables de la course à l’innovation en présence.

You need to be logged in to view the rest of the content. Veuillez . Not a Member? Nous Rejoindre