Une posture de la BCE difficile à justifier, à moins que…

Résolument « patient et persistant », M. Draghi calme le jeu, fait refluer l’Euro et les taux longs et dope les bourses européennes. Dans quel but ?

Comme largement anticipé par le consensus, la BCE a annoncé la prolongation de son programme d’achats d’actifs après le mois de décembre, à hauteur de 30 milliards d’euros par mois, contre 60 mds aujourd’hui. Toutefois, sauf cette mesure, rien dans les annonces de ce jour ne préfigure l’intention d’aller plus loin dans le processus de normalisation monétaire avant octobre 2018, un horizon suffisamment lointain pour contrer la montée récente des spéculations sur une fin programmée de la politique d’assouplissement quantitatif ou l’enclenchement d’un cycle de hausse des taux. Lire la suite…

Tigre de papel’ ou véritable cassure historique

Difficile de répondre à cette question à ce stade mais la Catalogne a franchi un nouveau cap cet après-midi avec le vote de son parlement favorable à la déclaration d’indépendance de la région. Comment peuvent évoluer les choses à partir de maintenant ? Nul peut le dire. L’application de l’article 155 de la constitution espagnole, ne fait plus de doute. Lors d’une brève allocution après le vote du parlement catalan, Mariano Rajoy a rappelé qu’il prendra les dispositions requises pour assurer l’application de la constitution, sans en dire davantage à ce stade. Une arrestation du président du parlement catalan, Puigdemont, et de son adjoint est probable tandis que l’autorité centrale de Madrid reprendra les pleins pouvoirs sur la Catalogne.

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Du futur perdu de la première économie mondiale à la tentation autoritaire de Xi Jinping

Au cours des cinq années du premier mandat du président Xi Jinping, la croissance de l’économie chinoise a atteint 7,1 % l’an en moyenne, une performance certes la plus faible de ces vingt-cinq dernières années, mais néanmoins la plus solide du monde émergent et plus encore du monde développé. Après s’être hissée au premier rang mondial en 2013, l’économie chinoise n’a cessé de creuser son écart avec les Etats-Unis, son produit intérieur brut en parité de pouvoir d’achat excédant de quelques 20 % l’américain en 2016. Les places de premiers ne manquent pas à l’Empire du Milieu. Avec plus de 18 % du PIB planétaire et une population de 1,4 milliards, la plus importante au monde, la Chine occupe dans bien des domaines ce premier rang au fur et à mesure de son développement et n’est probablement pas sur le point de s’arrêter en si bon chemin, même avec une croissance structurellement ralentie.

Que ces constats ne trompent pas. Cette super puissance, qu’est devenue la Chine en moins de deux décennies, a cumulé les excès et dérives, ceci tout particulièrement sous les cinq premières années de l’ère Xi Jinping, et donne à bien des égards aujourd’hui l’image d’un colosse aux pieds d’argile. Comme l’a exprimé, fort justement, Zhou Xiaochuan, le gouverneur de la Banque populaire de Chine, en marge du 19ème Congrès du parti communiste ce 19 octobre : « S’il y a trop d’optimisme alors que les choses vont lentement, les tensions s’accumulent, ce qui pourrait conduire à une forte correction. C’est ce que l’on appelle le « moment Minsky » et le risque contre lequel nous devons tout particulièrement nous protéger ».

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Ouragan ou non, l’inflation américaine est absente

Nous avions conclu à la suite des minutes du dernier FOMC que les données sur l’inflation viendraient départager les marchés sur les perspectives de la politique de la FED, c’est apparemment chose faite. La déception sur les statistiques de septembre a brutalement retenti sur les taux futurs, le dollar et les cours de l’or. L’effet des ouragans, censés avoir dopé les prix d’un certain nombre de biens et service, est à ce stade invisible. Hors l’impact de la remontée des prix du pétrole sur ceux des transports, l’inflation américaine reste désespérément amorphe, à 1,3 % pour sa composante hors énergie et alimentation.

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John Taylor, un chien dans un jeu de quilles ?

Le président américain semble avoir terminé les consultations des candidats potentiels au poste de gouverneur de la FED en remplacement probable de Mme Janet Yellen, quand bien même la présidente actuelle de l’institution fait encore partie des cinq finalistes. Parmi ces prétendants, le dernier en date, John B. Taylor, professeur de l’université de Stanford, plusieurs fois conseiller économique de la Maison blanche, aurait séduit D. Trump. Célèbre pour la formulation en 1993 de la fonction de réaction de politique monétaire la plus prisée des banques centrales occidentales entre le milieu des années quatre-vingt-dix et la crise de 2008, J. B. Taylor pourrait être perçu comme le garant d’une application stricte de cette règle qui depuis porte son nom, que les républicains avaient un temps pensé imposer à la FED sous le contrôle tutélaire du Congrès.

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Minutes du FOMC – Janet Yellen, « hawk » parmi les « doves »

Loin de la détermination affichée par J. Yellen en faveur d’un durcissement des conditions monétaires après le comité de politique monétaire du mois de septembre, les minutes de ce FOMC soulignent une grande indécision des membres de la FED à l’égard du faible niveau persistant de l’inflation et de la nécessité de remonter davantage les taux directeurs avant d’avoir la confirmation que ce phénomène n’est que transitoire. Contrairement à la posture qu’elle semblait occuper jusqu’alors au sein du conseil, la présidente de la FED, J. Yellen, fait figure de « faucon » ; une volte-face qui, au-delà d’être intrigante, sème le doute quant à l’orientation à venir de la politique monétaire américaine.

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Inflation, les européens sur le qui-vive. La FED viendra-t-elle calmer le jeu ?

Impatientes de reprendre la voie d’une normalisation de leurs politiques monétaires, les banques centrales vont-elles sauter sur l’occasion de résultats d’inflation un brin mieux orientés en août ? La tentation est palpable. Mark Carney, le Président de la Banque d’Angleterre, se dit dans les starting blocks tandis que de Jens Weidmann, président de la Bundesbank, plaide pour un arrêt du programme d’achats d’actifs de la BCE. La FED viendra-t-elle ajouter de l’huile sur le feu mercredi prochain, comme le suggèrent les anticipations des marchés ou, au contraire, calmer le jeu ? La deuxième option reste, à nos yeux, la plus probable.

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La faiblesse du dollar, une explication fragile de la surperformance des indices émergents

Depuis le début de l’année, l’indice MSCI des bourses émergentes a progressé de 25 %, flirtant aujourd’hui avec son niveau d’août 2014, après deux années calamiteuses au cours desquelles il avait perdu jusqu’à 30 % de sa valeur. Souvent attribuée aux effets bénéfiques de la baisse du dollar, cette performance a toutefois avoir des origines bien plus complexes.

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