L’Humeur du Vendredi 31 janvier : Economie américaine, les raisons de notre réserve au sujet de la Fed

Télécharger l’hebdo

L’inconfort que nous avons exprimé au sujet du changement de cap de la politique monétaire de la Fed trouve son origine dans une lecture des tendances en cours de l’économie américaine assurément moins confiante que généralement exprimé par le consensus. Alors que la publication des bons chiffres de croissance du quatrième trimestre 2013 risque de nous faire apparaitre un peu plus en porte à faux, nous revenons ici sur ce qui continue à nous contrarier dans les développements récents de la conjoncture américaine. Ces points s’articulent autour des trois principaux sujets suivants :

  • Une perception de la reprise immobilière assurément différente de celle du consensus, les distorsions entre prix et volume d’activité constituant à notre sens une anomalie préoccupante pour la suite du cycle,
  • Un scepticisme persistant sur le scénario prédominant d’une reprise de l’activité tirée par l’investissement des entreprises, dont nous ne voyons toujours pas le début de la concrétisation,
  • Un inconfort face aux tendances escomptées du marché de l’emploi, dont l’embellie récente nous semble très fragile.

Allemagne : l’heure des choix

Télécharger la présentation

La renaissance de l’économie allemande a porté Mme Merkel depuis son arrivée au pouvoir en 2005. En sera-t-il de même au cours des quatre années à venir ? Rien n’est moins sûr.
Il faudra donc faire des choix, dont certains pourraient prendre une tournure historique pour l’Allemagne… et son avenir européen. A quoi s’attendre ?

Fed : mais quelle mouche l’a donc piquée ?

Télécharger l’article

Que les résultats économiques américains se soient améliorés est une chose. Que la Fed rompe comme elle le fait aujourd’hui avec sa stratégie et ses pratiques monétaires en est une autre, que le premier argument ne peut décemment pas justifier. Alors que les économistes américains seront nombreux à se réfugier derrière la décision du FOMC d’hier soir pour nous expliquer qu’elle valide le diagnostic de bonne santé retrouvée de l’économie américaine, telle n’est assurément pas notre analyse. Quelles sont donc les raisons susceptibles d’expliquer la volte-face de la Fed ?

 

Pays émergents : la crise en perspective

Télécharger le moniteur

Après plusieurs mois d’incertitudes, la situation des pays émergents est devenue critique ces dernières semaines. Les pressions à la baisse des devises se sont amplifiées poussant les banques centrales à des relèvements intempestifs de leurs taux d’intérêt. Malgré les réactions en chaîne de ces derniers jours, les turbulences risquent de durer.

Au-delà des perspectives de changement de politique de la Fed, souvent incriminées, les économies émergentes souffrent, en effet, d’une profonde détérioration de leur situation économique qu’explique en large partie la confiscation de leurs débouchés à l’exportation. A l’origine de ce phénomène, la léthargie de la demande internationale, tout particulièrement chinoise, a considérablement entamé la capacité des uns et des autres à maintenir une croissance équilibrée. Excès de capacités en Asie et sous-capacités dans le reste du monde émergent, risquent d’entretenir une instabilité prolongée.

L’Humeur du Vendredi 24 janvier

Télécharger l’hebdo

Erreur de casting ? 

La stratégie de sortie de crise semblait bien huilée : les pays émergents auraient de plus en plus de besoins, l’Allemagne continuerait à leur vendre quantités de machines-outils et d’automobiles et servirait de locomotive au reste de la zone euro, le temps nécessaire à la remise à niveau de leur compétitivité. Les perspectives d’une demande abondante promettaient que chacun ait sa part, sous réserve que tous soient plus compétitifs ; la zone euro retrouverait le chemin d’une croissance, à terme, vertueuse ; les excédents courants assureraient le remboursement des dettes du passé et l’euro n’en serait que renforcé.

Le schéma originel semble pourtant bien malmené. Non seulement, la locomotive allemande ne s’est toujours pas mise en marche –l’Allemagne accumule des excédents de mois en mois plus importants alors que ses importations vivotent– mais les chances qu’elle se mette rapidement en branle semblent passablement amoindries, à en juger par la tournure des développements dans le monde émergent.

La banque centrale brésilienne en mode panique

Le rapport de la banque centrale brésilienne publié à l’issue de la réunion du comité de politique monétaire des 14et 15 janvier ouvre la porte à de nouvelles hausses du SELIC, le principal taux directeur brésilien, malgré déjà sept augmentations consécutives qui l’ont porté depuis le mois d’avril de 7,5 % à 10,5 %.

Sans nul doute destinée à stopper la dépréciation du réal, cette annonce inquiète plus qu’elle ne rassure. Malgré les interventions prolongées de la banque centrale sur le marché des changes (200 millions de dollars par semaine depuis le mois de novembre) et les fortes hausses de taux d’intérêt, la devise brésilienne a retrouvé ces derniers jours les plus bas niveaux enregistrés face au dollar durant le mois d’août tandis que le spread de taux longs avec les Etats-Unis n’a cessé de s’écarter. Les tendances respectives sur le front de la devise et des taux d’intérêt ont pris l’allure d’une crise, probablement amenée à durer.

Erreur de casting ?

Télécharger l’article 

La stratégie de sortie de crise semblait bien huilée : les pays émergents auraient de plus en plus de besoins, l’Allemagne continuerait à leur vendre quantités de machines-outils et d’automobiles et servirait de locomotive au reste de la zone euro, le temps nécessaire à la remise à niveau de leur compétitivité. Les perspectives d’une demande abondante promettaient que chacun ait sa part, sous réserve que tous soient plus compétitifs ; la zone euro retrouverait le chemin d’une croissance, à terme, vertueuse ; les excédents courants assureraient le remboursement des dettes du passé et l’euro n’en serait que renforcé.

Le schéma originel semble pourtant bien malmené. Non seulement, la locomotive allemande ne s’est toujours pas mise en marche –l’Allemagne accumule des excédents de mois en mois plus importants alors que ses importations vivotent– mais les chances qu’elle se mette rapidement en branle semblent passablement amoindries, à en juger par la tournure des développements dans le monde émergent.

Scénario 2014-2015 : Montagnes russes…

L’année 2014 commence sur une note positive : la croissance américaine se raffermit, la zone euro en termine avec la récession, le Japon engrange les fruits de sa stratégie compétitive et le commerce mondial se ressaisit. L’ensemble devrait être suffisant pour mettre un coup d’arrêt à deux ans de décélération de l’activité mondiale et assurer le retour d’une croissance nettement supérieure à 3 % cette année. Bonne nouvelle s’il en est, ce n’est toutefois pas sur cette conclusion que reposent les enjeux présents mais sur la réponse beaucoup plus complexe à la question de savoir si 2014 amorcera une deuxième jambe du cycle de reprise mondiale susceptible d’autoriser une embellie durable des conditions économiques et de permettre de tourner la page de cinq années de convalescence. Or, à cette question nous sommes toujours tentés de répondre par la négative, ceci pour deux raisons essentielles :

  1. Les effets du deleveraging continuent à exercer d’importants dysfonctionnements sur les rouages économiques internationaux,
  2.  Cinq années de crise ont considérablement érodé le potentiel de croissance de l’économie mondiale et sa capacité à faire face à la remontée des taux d’intérêt que l’accélération en cours entraînera forcément.

Lire la suite…

L’Humeur du Vendredi 10 janvier

Télécharger l’hebdo

Non, la France ne retombe pas en récession !

+ 1,3 %, la hausse de la production industrielle française au mois de novembre. Voilà une bonne surprise. Certes, ce chiffre est à considérer à sa juste valeur : à savoir, une progression en large partie expliquée par les variations erratiques des activités minière et énergétique. Les données sur le seul secteur manufacturier sont moins flatteuses, avec une croissance de 0,2 % seulement de la production, après une augmentation de 0,3 % en octobre. Il n’en reste pas moins que nous sommes loin du message d’une économie sur le point de retomber en récession délivré par les enquêtes PMI.

Fed : le dilemme du taux de participation et du taux de chômage

Chute de trois dixièmes du taux de chômage, nouveau repli de deux dixièmes du taux de participation, repli de la durée hebdomadaire du travail, créations d’emplois de 74 000, les plus faibles depuis janvier 2011… La Fed pouvait-elle imaginer pire configuration pour son premier mois de tapering ?