Normalisation de l’inflation au Japon

L’inflation nippone a baissé à 1,5 % en janvier, un rythme inférieur de six dixièmes à celui du mois de décembre. Le pays suit donc la tendance globale, avec une dissipation très nette des tensions sur la plupart des composantes de prix à la consommation. Hors l’alimentation, il ne reste plus grand-chose, en effet, pour redouter l’entretien de phénomènes inflationnistes persistants.

Le pays ne donne pas, pour autant, de signes de risques d’un retour de la déflation.

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Un pays vieux, comme le Japon, peut-il prétendre à des politiques de relance ?

C’est, entre autres interrogations, la question que posent les développements récents au pays du Soleil Levant, bien avant, d’ailleurs, l’arrivée de Mme Sanae Takaichi à sa tête à l’automne dernier. La crise démographique de ces vingt dernières années a fait sombrer le pays dans un état de déflation chronique et de surendettement vertigineux qui semblaient avoir tracé son sort vers un rétrécissement inéluctable de sa puissance et de son influence économique. La BoJ, acteur essentiel du maintien de l’équilibre financier face à ces difficultés, finirait par ravaler l’énorme stock d’actifs accumulé à son bilan sans que le reste du monde ait à s’en préoccuper, voire, y trouve, à terme, de quoi s’en inspirer, comme ce fut le cas des pratiques quantitatives qu’elle était la première à avoir initiées avant 2008.
Sauf, qu’aucun dirigeant ne peut se résoudre à un tel état de fait, surtout quand le PIB de son pays a occupé jusqu’en 2010 le deuxième rang mondial, derrière les Etats-Unis, avant d’être doublé par la Chine la même année, de se voir rattrapé par l’Allemagne en 2022 et, finalement, par l’Inde en 2024. En 2012, le premier ministre Abe avait déjà tenté d’inverser cette trajectoire toute tracée, sans succès. Perçue comme la dernière chance de redresser la barre, son échec a paralysé l’initiative politique, les Japonais se contentant de ce qu’il leur restait : un PIB par tête encore très honorable, au troisième rang mondial, contrepartie de la perte de cinq millions de ses habitants depuis 2010, lorsque sa population culminait à 128 millions de personnes.
Entretemps, le covid, l’inflation qui s’en est suivie et les développements géopolitiques ont, néanmoins, réveillé la classe politique japonaise, à la faveur d’un redéploiement d’ampleur de la défense nationale et d’un regain d’ambition qu’incarne l’élection de Mme Sanae Takaichi à la tête du pays, laquelle sur le modèle de D. Trump et des recettes de la même veine, promet de redonner au Pays du Soleil Levant son rang passé. La nouvelle première ministre a-t-elle des chances de réussir, à quel coût pour le Japon et le reste du monde ?

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La BoJ, à son rythme

Dans un monde où 24 heures suffisent à faire ou défaire les grands équilibres mondiaux, l’extrême gradualisme de la BoJ ne cesse de surprendre. Après une troisième remontée de ses taux directeurs, à 0,75 %, en décembre, le statu quo n’a surpris personne cette semaine. M. Ueda finira sans doute par évoluer, du moins est-ce le message que renvoie la révision à la hausse des prévisions de croissance et d’inflation sous-jacente mais rien ne se passera de fait avant, au mieux, son prochain meeting, c’est-à-dire avant les élections convoquées par la première ministre, S. Takaichi, pour le 8 février. Les résultats de ce scrutin repousseront-ils une nouvelle fois sa décision ? Le cas de figure n’est pas totalement impossible. En attendant, le yen s’effrite davantage et les taux de financement campent sur leurs records dans un contexte d’extrême nervosité face aux promesses de Mme Sanae Takaichi de renverser la table avec une politique expansionniste au coût exorbitant pour les finances publiques. Les chefs d’entreprises trouvent leur compte dans ces développements, à en juger par l’envolée des PMI, manufacturier avant tout, en progression de 2,8 points entre novembre et janvier, à 51,5 ce mois-ci, de quoi permettre au Nikkei de se maintenir à deux doigts de ses records de la semaine dernière malgré la dissolution du Parlement depuis ce matin, en vue de la préparation, au pas de course, des élections du 8 février. Entre Ueda et Takaichi, c’est un peu le lièvre et la tortue…

Le PIB japonais, objet de crispations entre la BoJ et le gouvernement fait chuter le yen

Rien de tel qu’une contraction du PIB pour renforcer la rhétorique de la nouvelle première ministre japonaise et mettre plus en porte-à-faux la BoJ sur son intention de poursuivre la normalisation du niveau de ses taux directeurs. Après une progression de 0,6 % au printemps, l’activité s’est contractée de 0,4 % au troisième trimestre au Japon, une occasion d’enfoncer le clou pour Mme S. Takaichi, en faveur du plan de relance en préparation et d’une opposition plus farouche à toute hausse des taux directeurs que la BoJ s’apprêtait à décider en décembre. Avec un déflateur du PIB en hausse annuelle de 2,8 %, la posture toujours très accommodante de la BoJ pose d’autant plus question que la politique budgétaire a pris un tour résolument expansionniste avec l’arrivée au pouvoir de la nouvelle première ministre. Dans un tel contexte, la perspective de maintien de taux directeurs à 0,5 % attise les pressions à la baisse du yen dont le taux de change a de nouveau faibli contre le dollar ce matin, pour se rapprocher de ses points bas de l’année dernière, à 145,7 yen pour un dollar. Mme Takaichi, dont l’objectif est bel et bien d’affaiblir ce dernier, n’y verra pas d’inconvénient, au risque de devoir payer cette préférence par des taux de financement de plus en plus exorbitants au vu du haut niveau d’endettement public du pays. Les conditions ne semblent décidément pas en place pour une stabilisation du yen et des rendements des JGB, qui affectent, par ailleurs, la compétitivité européenne et menacent le reste du monde d’une raréfaction des sources de financements japonais.

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Le Japon remporte le prix de l’inflation la plus forte du monde développé en avril

Comme le laissaient entendre les données de la région de Tokyo, avril est resté caractérisé par une inflation élevée au Japon, de 3,6 %, comme en mars, malgré une hausse des prix limitée, de seulement 0,1 % d’un mois sur l’autre. Cela fait maintenant un semestre que le Japon, naguère en déflation chronique, affiche la plus forte inflation des grands pays développés.
Enflés par le doublement des prix du riz sur un an, les prix des aliments transformés ont dopé l’inflation hors produits frais, considérée comme la principale mesure « sous-jacente » par la banque centrale. Celle-ci a atteint 3,5 %, son plus haut niveau depuis janvier 2023. Suffisant pour que la BoJ renoue avec ses hausses de taux directeurs ? Pas si simple malgré les tensions renouvelées sur les taux à très long terme du pays. Une fois l’intégralité de l’alimentation et de l’énergie, retranchée, les hausses de prix restent contenues, de 1,6 % seulement au cours des douze derniers mois. La BoJ peut-elle encore se réfugier derrière ces chiffres ? Le jeu semble de plus en plus périlleux.

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La BoJ contrainte de reculer sur l’inflation ?

Au premier trimestre, le PIB japonais a reculé de 0,2 %, après une progression de 0,6 % en fin d’année dernière. Pour l’heure, la croissance, sur un an, est sauvée grâce au deuxième trimestre 2024 exceptionnel et atteint 1,6 %. Reste que 2025 commence assez mal pour l’économie japonaise, en raison notamment d’une dégradation aux causes multiples sur le front du commerce extérieur.
De mauvaises données des comptes nationaux appelleraient une politique monétaire moins restrictive et, en l’occurrence, une pause dans les hausses des taux de la BoJ. Deux éléments nuancent cette interprétation :
– Les mauvaises données du commerce extérieur concernent plus les échanges de services que ceux des biens, ce qui rend la lecture en terme de compétitivité des entreprises et de taux de change moins aisée.
– Le déflateur de la consommation s’est envolé de 1,5 % au premier trimestre par rapport au précédent, sa plus forte hausse en dix ans et les derniers retours sur l’inflation ne sont pas bons ce printemps, ce qui a de quoi préoccuper la BoJ, en particulier s’agissant des perspectives de consommation, stagnante depuis deux trimestres.
Toutes choses égales par ailleurs, la BoJ pourrait donc justifier d’une poursuite de ses hausses de taux, en raison de l’environnement de prix. Pour autant, les droits de douane américains compliquent, encore, sa tâche.

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La renaissance touristique sauve la croissance au pays du Soleil Levant

Le PIB japonais a une nouvelle fois progressé de 0,7 % en fin d’année dernière, comme cela avait déjà été le cas au deuxième trimestre, après une croissance plus ralentie de 0,4 % au troisième ; une belle succession de résultats inattendus dont l’origine semble tout aussi inattendue. L’économie nippone n’a pas profité d’un rebond de la consommation privée post-covid, ni des effets positifs de la chute du yen sur ses exportations de biens manufacturés, comme on pourrait légitimement l’envisager, mais semble avoir tiré son épingle du jeu d’un facteur beaucoup plus atypique, en l’occurrence, du tourisme. Avec près de 3,5 millions de visiteurs par mois en moyenne à la fin de l’automne, les entrées touristiques au pays du Soleil Levant ont atteint un record, en effet. De quoi appréhender différemment les conséquences de la chute du yen pour une économie jusqu’alors beaucoup plus connue pour son industrie exportatrice que pour sa capacité à attirer des visiteurs.
Alors que l’inflation continue à déprimer les dépenses des ménages, la BoJ devrait toutefois se montrer moins soucieuse de soutenir ce nouvel atout qu’elle ne l’a été s’agissant de ses entreprises.

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Regain de volatilité, la BoJ en ligne de mire, le PMI en renfort de l’ISM, mais c’est pas fini

Les sources de crispations se multiplient sur les marchés avant le rapport sur l’emploi de vendredi. Si la publication d’un ISM manufacturier inférieur aux attentes, bien que meilleur que celui de juillet, est souvent mise en avant pour justifier le regain d’inquiétude au sujet de l’économie américaine, les propos du gouverneur de la BoJ, K. Ueda sur l’éventualité de nouvelles hausses des taux directeurs au Japon semblent avoir largement participé au regain de volatilité, sur des marchés déjà malmenés par le secteur technologique. Quoiqu’il en soit, la résultante est là : les indices américains subissent d’importantes secousses, Nasdaq et Russell 2000 en tête, avec des baisses de plus de 3 % chacun. Après s’être nettement tendus ces deux derniers jours, les taux futurs reperdent du terrain, avec un rendement des T-Notes à 10 ans de retour vers les 3,80 %… en attendant le Beige Book de mercredi, l’ISM services et le rapport ADP sur l’emploi privé de jeudi, avant de finir la semaine avec les NFP. La messe n’est pas encore dite et ça swing.

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