Que nous réservent le communiqué de la Fed et la conférence de presse de sa Présidente Janet Yellen ce soir ? Nous passons en revue les différents cas de figure de l’issue de ce FOMC ainsi que leurs principales implications, étant entendu que nous n’envisageons pas l’éventualité d’une hausse des taux aujourd’hui.
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Pauvre Janet !
Décidément pas chanceuse la Présidente de la Fed, en permanence prise à revers. Avec 38 000 créations d’emplois en mai, ce n’est pas seulement la possibilité de relever le niveau de ses taux directeurs en juin qui disparaît mais probablement toute opportunité de hausse des Fed Funds d’ici la fin de l’année. Lire la suite…
Les plans de la Fed à nouveau contrariés
Cet article sera publié sur le site Boursorama le jeudi 2 juin
C’est devenu un classique ces deux dernières années : la Fed avance d’un pas et recule de deux.
Alors que les minutes de son dernier comité de politique monétaire du mois d’avril semblaient avoir dégagé l’horizon, la Fed promettant un début de normalisation de ses taux directeurs pour les mois à venir, le Beige Book publié hier soir offre bien peu d’éléments susceptibles de convaincre du bien-fondé d’un tel changement de la politique monétaire américaine.
Ce compte-rendu ajoute, en effet, à la panoplie d’indicateurs médiocres publiés ces derniers jours, avec une description des plus réservées de l’état de santé de l’économie américaine.
L’immobilier peut-il être une force de rappel pour l’économie américaine en cette fin de cycle ?
Les dernières statistiques immobilières ont dopé la confiance des investisseurs sur les perspectives américaines. Gare toutefois à ne pas dupliquer des schémas d’un passé révolu lorsque la dynamique du secteur signifiait le bien-être de la plus grande majorité des Américains. Les temps ont changé…
Les données en provenance du secteur de l’immobilier constituent à peu près le seul réconfort. Après avoir plutôt perdu en dynamisme depuis l’été dernier, le secteur a retrouvé des couleurs ce printemps, avril ressortant à bien des égards comme un très bon mois, tant sur le front des ventes de maisons neuves, en progression de 16,5 % par rapport à mars, que sur celui des prix (+7,8 %) ou des promesses de ventes.
Valse des étiquettes du côté de la Fed ; l’effet ne durera sans doute qu’un temps.
La publication des minutes du dernier comité de politique monétaire de la Fed suscite un regain de nervosité des marchés. Malgré une lecture de la situation économique fidèle à celle de son communiqué du 27 avril, à savoir globalement peu réjouissante, la Fed semble avoir été perturbée par la forte correction à la baisse des anticipations de hausse des taux qui a suivi sa communication du mois de mars. Elle précise, en particulier, que les marchés semblent sous-estimer la probabilité d’une possible hausse de ses taux d’intérêt au mois de juin, soulignant que la plupart des participants estiment qu’un tel mouvement serait approprié… si les conditions économiques le permettent.
Bien évidemment, cette dernière précision est essentielle, beaucoup des échanges du FOMC ayant, précisément, tourné autour de ce que seraient ces conditions d’ici juin, point sur lequel les écarts d’analyse sont nettement plus marqués que sur la première partie de la proposition !
En somme, la Fed cherche à se redonner des marges de manœuvre, ce qui était déjà ressorti de son communiqué post-FOMC (voir notre commentaire du 27 juin, « Wait and see »), afin de ne pas être prisonnière du très bas niveau des taux d’intérêt à long terme, dont elle estime, à l’évidence, qu’ils ont trop baissé.
Le ni oui ni non des indicateurs américains
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L’analyse des indicateurs publiés aujourd’hui aux États-Unis ne donne pas de direction claire sur les tendances de l’économie américaine, aucun élément, en tout cas, susceptible de modifier la posture de la Fed, à la veille de la publication des minutes du dernier FOMC.
Avec ou sans hausse des taux, les Etats-Unis encourent un haut risque de récession cette année
L’éloignement des perspectives de hausse des taux directeurs de la Fed a apaisé les inquiétudes sur l’éventualité d’une récession qui étaient nées en début d’année des déceptions récurrentes sur la croissance américaine. Aucune des récessions passées n’ayant jusqu’à présent été observée en dehors des phases de resserrement monétaire, cette conclusion est assez compréhensible. Les choses pourraient, toutefois, se révéler plus complexes à en juger par les enchaînements qui traditionnellement ponctuent les fins de cycle aux États-Unis et par la tournure récente de la conjoncture Outre Atlantique.
PIB américain, recherche désespérément bonne nouvelle
Avec une progression de 0,13% de son PIB réel au premier trimestre (0,5 % en rythme annualisé) l’économie américaine confirme sa petite forme. Depuis le début 2015, la croissance n’a cessé de se rabougrir, pour ressortir à 1,3 % en moyenne au cours des trois derniers trimestres. Difficile dans de telles conditions de mettre les mauvais chiffres d’aujourd’hui sur le compte de la saisonnalité qui a affecté les chiffres des premiers trimestres des années précédentes. Ni les perturbations climatiques ni la baisse des dépenses des Etats et collectivités locales ne justifient, en effet, la médiocrité des chiffres publiés aujourd’hui. Les dépenses publiques ont d’ailleurs positivement contribué à la croissance du premier trimestre, dans un contexte budgétaire dorénavant moins restrictif.

