Statistiques US – une combinaison positive à court terme

Les données publiées aux Etats-Unis cet après-midi devraient être bien accueillies par les marchés, combinant à la fois:
  • de bons chiffres de ventes au détail, en hausse de 0,6% sur le mois, soit de 3,2% en glissement annuel (au lieu de 2,7 % en mai), avec notamment un rebond des achats hors auto de 0,7 %;
  • une faible progression de l’inflation, de 0,2 % seulement en juin, contre 0,3% attendu par le consensus, ce qui permet un maintien du taux annuel d’inflation à 1% en juin malgré une hausse de l’inflation sous-jacente (hors énergie et alimentation) à 2,3%, contre 2,2% le mois dernier.
L’ensemble devrait être bien accueilli par les marchés actions qui verront dans ces données, à la fois la confirmation d’une amélioration effective de la situation conjoncturelle (les ventes de détail ressortent en hausse de 1,5 % au deuxième trimestre, au lieu d’une contraction de 0,3% au premier) et l’absence de pressions susceptibles de solliciter une hausse imminente des taux de la FED.
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Quoi qu’il en soit des tendances à plus long terme de la croissance américaine, les données de ces derniers jours conduiront vraisemblablement à un changement de visions des marchés, rouvrant en particulier la voie à une remontée des anticipations de hausse des taux avant la fin de l’année. Les marchés obligataires devraient marquer le coup et le dollar retrouver une tendance ascendante malgré le repli de l’Empire Ste Manufacturing, à 0,55 points contre 6,01 en juin.

Theresa May, S&P, emploi américain – Une combinaison temporairement plus porteuse pour les marchés européens

L’annonce de la nomination de Theresa May au poste de Premier Ministre en Grande-Bretagne est une première étape vers une nécessaire clarification et, en ce sens, une bonne nouvelle.

Quelles que soient les incertitudes, encore nombreuses, sur ce qui suivra, le remplacement de David Cameron dans un délai beaucoup plus court que prévu permet de tourner la page d’une des suites particulièrement préoccupantes du référendum qu’a été la cacophonie politique britannique depuis le 24 juin.

Par ailleurs, la détermination de Theresa May rassure. Mieux vaut, en effet, pour mener à bien le processus du Brexit une personne ferme et clairvoyante, qu’elle a le mieux incarné ces derniers jours.

Les négociations risquent de prendre du temps à s’ouvrir avec l’UE, l’enclenchement de l’article 50 du traité de Lisbonne n’étant pas prévue avant la fin de l’année. D’ici là, néanmoins, le plus probable est que Theresa May précise ses intentions et sa stratégie.

Cette première étape devrait contribuer à donner des points d’ancrage, jusqu’alors crucialement manquants.

L’annonce d’aujourd’hui est, au total, une bonne nouvelle, susceptible dans le contexte de ces derniers jours d’avoir une portée significative sur les actifs internationaux.

Si le regain d’optimisme à la suite du rapport sur l’emploi américain semble largement démesuré (voir à ce sujet Emploi américain : verdict le mois prochain), l’envolée du S&P au-dessus de ses points hauts historiques aujourd’hui ouvre la voie à un regain de confiance que les développements britanniques viennent incontestablement consolider.

Ces éléments réunis sont, dans l’ensemble, porteurs et devraient se concrétiser par un regain d’appétit pour le risque.

Si notre analyse de moyen terme du cycle des marchés mondiaux n’a pas changé, il y a dans les développements de ces derniers jours de quoi rassurer et permettre une récupération temporaire des marchés (sans oublier le Nikkei, soulagé par la dissipation des facteurs d’appréciation du yen).

Nous surveillerons particulièrement dans ce contexte :

– les premières déclarations de Theresa May et les réponses européennes à ce qui ressemble déjà à des propositions sur une version « soft » du Brexit.
– l’évolution de la situation en Ecosse
– les développements autour du dossier épineux des banques italiennes ainsi que ceux autour des sanctions de la Commission européenne à l’égard de l’Espagne et le Portugal (décision demain)
– enfin les statistiques américaines et l’évolution des anticipations d’inflation auxquelles la Fed restera très attentive.

BMG juin 2016 – l’économie mondiale en stand-by

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BMG IMAGE

  • Fin juin, notre Moniteur Macroéconomique Global* ressort à 0, en légère amélioration par rapport au solde révisé de -1 du mois de mai (0 initialement).
    • L’amélioration sur le front de l’activité industrielle et du contexte à l’exportation explique la remontée de notre indicateur synthétique global, en dépit d’une détérioration assez nette des composantes domestiques de consommation et d’investissement, revenues en territoire négatif aux États-Unis et en zone euro notamment.
    • À l’exception de la production, les indicateurs japonais se dégradent tous, le solde du pays passant de +1 en mai à 0 en juin, sous l’effet d’une forte chute du contexte à l’exportation, en particulier.
    • Les indicateurs chinois sont inchangés, à zéro, le soutien aux dépenses d’investissement n’ayant, à ce stade, aucun effet d’entrainement visible sur le reste de l’économie.
  • Inflation : Après une hausse significative en mai, nos indicateurs nationaux du contexte inflationniste ressortent inchangés en juin dans chacune des régions sous revue.

*Voir le numéro zéro pour les détails sur ce nouveau produit

Emploi américain – verdict le mois prochain

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Avec 287 000 créations nettes d’emplois en juin, le rapport officiel évacue les risques immédiats de détérioration accélérée de la conjoncture américaine mais n’apporte que peu d’informations solides sur les développements effectivement en cours.

Les chiffres du mois de mai ayant été revus à la baisse, à 11 000 au lieu de 38 000 initialement, l’instabilité de ces deux derniers mois oblige à la prudence. Sans doute a-t-on une meilleure appréciation en lissant ces données qui ressortent ainsi à 114 000 créations mensuelles au cours des trois derniers mois ou 147 000 au cours des six derniers, soit, quelle que soit la mesure, une décélération significative par rapport à l’année dernière ainsi qu’illustré par la baisse du taux de variation annuelle à 1,7 % au lieu de 2,1 % en moyenne en 2015.

emploi US juinEmploi us GA

Si ces données sont incontestablement bienvenues, elles sont probablement insuffisantes pour insuffler un changement de la politique de la FED ou de ses intentions immédiates et mériteront d’être validées.

L’accélération des salaires est davantage en mesure de semer le trouble parmi les membres du board les plus préoccupés par le risque d’une FED en retard sur le cycle.

salaires US

L’Espagne et le Portugal, à l’amende. L’UE continue de marcher sur la tête.

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Souvent cités en exemple pour leurs prouesses fiscales, notamment lors des négociations sur le dossier grec, l’Espagne et le Portugal sont aujourd’hui menacés de pénalités par la Commission européenne pour leur négligence en matière de gestion des déficits en 2014 et 2015. Si la sanction n’est pas encore prononcée, une première si elle venait à l’être, cette annonce ne tombe assurément pas au meilleur moment, dans le contexte d’une Union européenne en question après le vote britannique.

Mais que dirait-on si, précisément après le Brexit, l’Europe reculait devant des règles qu’elle s’est elle-même fixées ces toutes dernières années ? Sauf à ce que l’on revoit, ce qui n’est pas à l’ordre du jour, le traité de 2012 sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG), à bien des égards critiquables et que les Britanniques avaient refusé de ratifier, l’Espagne et le Portugal pourraient, ainsi, être les victimes indirectes du durcissement des positions européennes après le vote britannique. C’est bien l’ironie et l’enjeu de cet épineux dossier et de ceux qui, irrémédiablement, suivront si les textes ne sont pas modifiés.

La FED dans une logique de fin de cycle ?

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Les minutes du dernier FOMC de la FED sont on ne peut plus claires : la Fed est de nouveau préoccupée par le marché de l’emploi, globalement moins inquiète qu’au cours des derniers mois par les tendances inflationnistes et peu encline à relever le niveau de ses taux d’intérêt avant d’avoir les éléments de clarification sur les perspectives américaines. En d’autres termes pas de hausse à ce stade quand bien même les dissensions entre les membres du board n’ont pas totalement disparu. Ceci d’autant plus que la FED semble dorénavant se positionner dans une logique de fin de cycle ; une posture assurément nouvelle sur laquelle il convient de s’arrêter.

 

La Livre, le yuan, les banques… le krach ? M. Draghi ne vous trompez pas d’aléa

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Oublié le réconfort de l’apaisement de la fin de la semaine dernière, l’heure est à nouveau à d’intenses crispations sur les marchés internationaux que les développements en cours obligent à observer d’un œil, incontestablement, inquiet. Trois sujets sont aujourd’hui particulièrement préoccupants, susceptibles de transformer la crise latente en un nouvel épisode de krach financier : le nouvel accès de faiblesse de la Livre Sterling, fruit tout à la fois des inquiétudes grandissantes sur l’avenir du Royaume-Uni et des mesures de prévention annoncées par la Banque d’Angleterre ; le yuan, dont les ajustements baissiers de ces derniers jours ajoutent à la complexité de la situation internationale en plombant les cours du pétrole et, par là même, les marchés émergents ; les banques, dont la vulnérabilité de ces derniers mois a été brutalement exacerbée par les résultats du référendum sur le Brexit. Il est difficile de faire la part des choses entre ces différents éléments qui finissent par s’auto-entretenir et constituer une source d’accumulation et de propagation du risque financier international particulièrement inquiétantes dans le contexte de ces derniers mois. Le Brexit, pourrait-il faire craquer le fragile édifice des marchés mondiaux ? La question se pose bel et bien.

Dans un tel contexte, le risque que représente aujourd’hui l’inflexibilité de la BCE à l’égard de l’Italie est digne de l’erreur commise en leur temps par les États-Unis, lorsqu’ils jugèrent bon, en lâchant Lehman, d’épingler l’aléa moral…

BREXIT – un mal pour un bien ?

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Une semaine après le vote britannique en faveur d’une sortie de l’UE, les incertitudes sur ce que seront in fine les conséquences de ce résultat sont à leur comble : nouveau référendum ou annulation « pure et simple » de celui du 23 juin ; sortie du Royaume-Uni de l’UE à un terme tellement lointain que ce processus finirait par se diluer dans le temps pour, peut-être, ne jamais aboutir… Les spéculations vont bon train sur les moyens de tourner la page d’un choc sans pareil dans le ciel européen et sur les possibilités d’une configuration nettement moins préoccupante qu’initialement redouté.

Après le choc de vendredi dernier, l’heure semble au regain de confiance depuis le milieu de semaine, ainsi qu’en témoigne le rebond généralisé des indices boursiers.

Les marchés ont-ils perdu la tête ou voient-ils juste ?