Le repli de l’indice ZEW du climat de confiance auprès des investisseurs allemands n’est pas de bon augure pour le DAX. En juillet, l’indice synthétique a cassé à la baisse le niveau de 30 points sur lequel il s’était stabilisé depuis le mois d’octobre, ouvrant la voie à un possible nouveau déclin au cours des prochains mois. Si les craintes à l’égard des conséquences du Brexit peuvent expliquer ce décrochage, principalement lié à la baisse de la composante sur les perspectives de cette enquête, l’indice composite risque néanmoins, au vu de son historique, d’avoir plus de difficultés à rebondir à partir de son niveau présent.
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Stratégie d’investissement sur les différentes classes d’actifs
Plus confiants, oui mais…
Les développements intervenus au cours de la semaine écoulée ont ouvert la voie à une nette récupération des marchés boursiers internationaux avec pour conséquence la propulsion des indices phares américains sur de nouveaux records historiques et, dans leur sillage, un retour généralisé de l’appétit pour le risque. Après une clôture jeudi de l’indice MSCI monde sur un plus haut depuis le 1er décembre 2015, la tentation est grande de voir dans le regain de confiance de ces derniers jours les signes avant-coureurs d’une embellie durable des marchés mondiaux à l’heure, qui plus est, où les liquidités ne manquent pas.
Qu’en penser ?
Theresa May, S&P, emploi américain – Une combinaison temporairement plus porteuse pour les marchés européens
L’annonce de la nomination de Theresa May au poste de Premier Ministre en Grande-Bretagne est une première étape vers une nécessaire clarification et, en ce sens, une bonne nouvelle.
Quelles que soient les incertitudes, encore nombreuses, sur ce qui suivra, le remplacement de David Cameron dans un délai beaucoup plus court que prévu permet de tourner la page d’une des suites particulièrement préoccupantes du référendum qu’a été la cacophonie politique britannique depuis le 24 juin.
Par ailleurs, la détermination de Theresa May rassure. Mieux vaut, en effet, pour mener à bien le processus du Brexit une personne ferme et clairvoyante, qu’elle a le mieux incarné ces derniers jours.
Les négociations risquent de prendre du temps à s’ouvrir avec l’UE, l’enclenchement de l’article 50 du traité de Lisbonne n’étant pas prévue avant la fin de l’année. D’ici là, néanmoins, le plus probable est que Theresa May précise ses intentions et sa stratégie.
Cette première étape devrait contribuer à donner des points d’ancrage, jusqu’alors crucialement manquants.
L’annonce d’aujourd’hui est, au total, une bonne nouvelle, susceptible dans le contexte de ces derniers jours d’avoir une portée significative sur les actifs internationaux.
Si le regain d’optimisme à la suite du rapport sur l’emploi américain semble largement démesuré (voir à ce sujet Emploi américain : verdict le mois prochain), l’envolée du S&P au-dessus de ses points hauts historiques aujourd’hui ouvre la voie à un regain de confiance que les développements britanniques viennent incontestablement consolider.
Ces éléments réunis sont, dans l’ensemble, porteurs et devraient se concrétiser par un regain d’appétit pour le risque.
Si notre analyse de moyen terme du cycle des marchés mondiaux n’a pas changé, il y a dans les développements de ces derniers jours de quoi rassurer et permettre une récupération temporaire des marchés (sans oublier le Nikkei, soulagé par la dissipation des facteurs d’appréciation du yen).
Nous surveillerons particulièrement dans ce contexte :
– les premières déclarations de Theresa May et les réponses européennes à ce qui ressemble déjà à des propositions sur une version « soft » du Brexit.
– l’évolution de la situation en Ecosse
– les développements autour du dossier épineux des banques italiennes ainsi que ceux autour des sanctions de la Commission européenne à l’égard de l’Espagne et le Portugal (décision demain)
– enfin les statistiques américaines et l’évolution des anticipations d’inflation auxquelles la Fed restera très attentive.
BRexit – Analyse et suivi des développements
- Les variations enregistrées ce matin sont globalement en ligne avec notre scénario de Brexit, malgré une réaction plus négative des rendements du Gilt que celle que nous avions envisagée (attribuable à un report sur les actifs « refuge » plus marqué qu’anticipé).
- Les mouvements correctifs ne sont pas terminés. Il y a néanmoins une grande incertitude sur les délais avec lesquels ils se manifesteront : nous envisageons toujours, en effet, une baisse plus marquée de la £, du pétrole, du rendement des Bund et des marchés actions, qui pourraient toutefois prendre plusieurs jours ou quelques heures avant de se manifester.
BRexit vs BRemain : Scénario en deux temps, au moins
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Quelle que soit l’issue du référendum, les implications pour les marchés financiers, les taux d’intérêt et les taux de changes ont tout lieu de se faire en plusieurs temps
- Les réactions envisageables à très brève échéance risquent, dans bien des cas, d’être contraires à celles qui, finalement, prendront le dessus d’ici à quelques semaines (GBP, taux d’intérêt notamment)
- Les développements politiques des semaines à venir devraient jouer un rôle clé sur les conséquences de ce vote à plus long terme
- Les conditions dans lesquelles s’inscrit cet évènement restent de mise et pourraient rapidement reprendre la main sur l’environnement financier international.
L’asymétrie est importante entre le scénario de BRexit et celui de BRemain
- Le potentiel de remontée des marchés est réduit en cas de BRemain , tout comme celui de remontée de la £ ou des taux à LT
En d’autres termes, ce qui se passera dans les tout prochains jours devra être interprété avec prudence.
La Fed, trop dovish pour rassurer
Plus « dovish » qu’anticipé par le consensus, le communiqué de la Fed et le propos de Janet Yellen lors de sa conférence de presse sont clairs : la tournure de la conjoncture américaine déçoit et suscite un regain de prudence. En conséquence de quoi la Fed révise à la baisse son scénario de croissance et décale sine die son intention de relever le niveau de ses taux directeurs. Le ton du communiqué, comme celui de la Présidente de la Fed, sont nettement moins réconfortants sur les perspectives américaines que ne le suggéraient les derniers communiqués, voire même les propos de Janet Yellen du 6 juin, trois jours après le rapport sur l’Emploi.
Nikkei-Eurostoxx, un passage obligé pour le stratège européen
Dans un contexte d’aversion au risque, l’intérêt pour le marché boursier nippon est retombé ces derniers temps. L’échec des Abenomics, l’appréciation du yen et les achats de titres par la Banque du Japon ont refroidi les investisseurs étrangers. Depuis le début de l’année, le sujet même des développements de l’économie japonaise a bien du mal à retenir l’attention. Le contraste est saisissant par rapport aux trois dernières années durant lesquelles le Japon a souvent servi de facteur de différenciation des stratégies d’investissement.
À en juger par l’exceptionnel degré de corrélation entre l’indice Nikkei et l’Euro Stoxx 50 ces derniers trimestres, mieux vaudrait, pourtant, que les investisseurs s’enquièrent davantage de ce marché lointain avant d’aiguiser leur propre stratégie sur les indices européens, leur exposition au risque, voire davantage…
De l’emploi américain aux bancaires européennes et aux émergents…
I- Le rapport sur l’emploi américain, un mauvais signal pour les bancaires européennes
- L’évacuation des anticipations de hausse de taux de la Fed que suggèrent les chiffres de l’emploi a tout lieu de pousser les taux longs à la baisse dans l’ensemble du monde développé ; un mouvement malvenu pour le secteur bancaire européen encore largement convalescent.
- En faisant refluer le cours du dollar, cette évolution des taux d’intérêt risque de faire remonter la probabilité de baisse des taux en Europe et au Japon, M. Draghi n’a pas hésité à mentionner la possibilité de baisser davantage les taux de dépôts lors de sa conférence du 2 juin et la BoJ s’était déjà clairement positionnée sur cette voie ces derniers mois. Une telle éventualité, on le sait, serait très négative pour les établissements financiers.
- Les effets négatifs de la détérioration des perspectives économiques américaines et leur impact sur les marchés financiers mondiaux constituent un facteur additionnel susceptible d’être accentué par le reflux des cours du pétrole.
- en premier lieu parce qu’un dollar plus faible allège d’autant le coût des dettes en dollar de pays et entreprises, tous fortement endettés en devise americaine,
- en second lieu parce que la baisse du dollar permet mécaniquement au yuan de se déprécier, ce qui retire une épine du pied de la banque de Chine dont on pouvait redouter que le renchérissement malvenu de sa devise à l’egard de l’euro et du yen ces derniers temps ne conduise à une nouvelle dévaluation.






