Le moindre appétit pour la Tech américaine, pour l’instant sans dommage

C’était notre scénario en fin d’année dernière. Les choses semblent commencer à prendre forme.
1- Le retranchement des investisseurs à l’égard des grandes valeurs du secteur technologique américain est enclenché. Bonne nouvelle, toutefois, ce mouvement est à ce stade relativement progressif et s’accompagne d’une rotation à la faveur d’autres segments de marché, qui en limite l’impact négatif sur les indices phares américains.
2- L’attrait pour les valeurs technologiques américaines se déplace, au profit du reste du monde : sans surprise, à la faveur des valeurs des pays émergents d’Asie et, très timidement, à l’égard des européennes.

L’appétit pour le secteur technologique est donc toujours en place, quand bien même pas à n’importe quel prix, et l’attrait de l’IA pourrait encore réserver des surprises, notamment dans les pays dotés de puissants moyens financiers très friands de se faire une place dans le domaine, pays du Golfe en tout premier lieu. Ces évolutions entretiennent un environnement de marché globalement favorable, doublé des effets en chaîne de l’IA sur les perspectives d’investissement. C’est sur ce dernier front que l’Europe pourrait tirer son épingle du jeu, malgré les risques et incertitudes en présence sur le plan géopolitique, d’abord, monétaire ensuite.

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2026 : moins de discrimination sectorielle pour les actions européennes ?

Dans le contexte favorable de ces dernières semaines, les écarts de performance sectorielle tout à fait atypiques qui ont caractérisé l’année 2025 finiront-ils par se réduire ? L’augmentation du nombre de secteurs du Stoxx 600 en hausse ces derniers mois, jusqu’à plus de 70 % en décembre, va plutôt dans le bon sens, sur fond d’amélioration progressive des perspectives conjoncturelles régionales et de regain de confiance des investisseurs européens.

Au-delà, l’accélération de la croissance américaine et les perspectives qui vont de pair pour les indices américains, sont également susceptibles de redonner à la hausse du marché européen davantage de profondeur.
Les facteurs de discrimination restent, malgré tout importants, qu’il s’agisse des perspectives d’activité et de celles de profitabilité et, si l’on en juge par les distorsions sectorielles observées au niveau de l’économie et des entreprises américaines, malgré des conditions nettement plus favorables, les chances de retrouver un environnement fondamentalement plus équilibré, posent encore question.

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Stratégie 2026 – oubliés les sujets qui fâchent… jusqu’au printemps

Après une année 2025 marquée par une incessante rotation des sujets d’inquiétude, 2026 se présente sous un jour, presque, apaisé pour les marchés mondiaux, du moins ses premiers mois. Année des élections de mi-mandat aux Etats-Unis mais, surtout, du changement de présidence de la Fed et d’une centralisation des pouvoirs comme jamais dans l’ère moderne américaine, 2026, pourrait, en effet, réserver bien des bouleversements en seconde moitié d’année. Force est néanmoins de reconnaître que de ces derniers nous ne savons rien pour l’instant et que, d’ici là, réforme fiscale, protection opportuniste des consommateurs américains, liquidités et anticipations de baisses des taux constituent des facteurs de soutien à même de continuer à aiguiser l’appétit pour le risque des investisseurs américains.
Dans le reste du monde où l’environnement macroéconomique s’améliore graduellement grâce aux développements autour de la défense et de l’énergie mais, aussi, de plus en plus souvent, de l’IA, les conditions en présence sont relativement favorables. Malgré les stigmates de la guerre commerciale, notamment pour l’Allemagne et la Chine, les politiques publiques et l’essor des capex apportent quelques couleurs aux perspectives conjoncturelles. Après une année quasi record du MSCI monde hors Etats-Unis depuis 35 ans, les premiers mois 2026 semblent en mesure de profiter d’un contexte encore porteur…

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Perspectives 2026 : grandeur et démesure des capex

Les promesses d’investissement pharaoniques des entreprises de l’innovation viennent s’ajouter aux programmes de développement énergétiques et militaires, déjà, de grande ampleur à travers le monde.

Bonne nouvelle s’il en est, après des années de disette d’investissement et de productivité, nous interrogeons, néanmoins, les limites que posent ces développements sur l’évolution des conditions de financement et les risques associés pour les perspectives macroéconomiques et financières de 2026

  • Notre scénario de croissance révisé en légère hausse
  • Le mix capex, réforme fiscale et matières premières accentue les tensions à la hausse des taux longs dès le printemps

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L’inconnue pétrolière

L’objectif était parmi les principaux points de campagne de D. Trump en 2024 : diviser par deux les cours du pétrole pour redonner du pouvoir d’achat aux Américains. Le slogan « Drill, Drill, Drill » a ensuite été l’un des premiers clairons de sa victoire. Malgré tout, le nombre de forages a poursuivi son déclin et, si la production de pétrole brut s’est ressaisie depuis l’été dernier, c’est à peine d’un demi-million de baril par jour ; rien à voir avec les années fastes de la décennie écoulée.
Il est vrai que depuis son arrivée au pouvoir, les priorités de D. Trump ont évolué. Dans sa bataille pour la suprématie américaine de l’IA, l’électrique s’est imposé au premier plan de la politique énergétique américaine, à la faveur, surtout, d’une redécouverte du nucléaire. Les cours du pétrole n’ont, du reste, pas eu besoin des capacités américaines pour baisser. Légèrement supérieur à 70 $ le baril début novembre 2024, le WTI se traite aujourd’hui à moins de 60 $, soit, en termes réels, un niveau inférieur de quelques 16 $ à sa moyenne du quart de siècle écoulé. La hausse de la production des pays hors OPEP et de l’OPEP+, dans un contexte de faible croissance de la demande, ont amplifié les pressions à la baisse des cours et, a priori, la situation n’est pas sur le point d’évoluer. L’AIE estime à 1,9 mbj l’excédent moyen de l’offre par rapport à la demande pour 2025 et envisage un possible doublement de celui-ci pour 2026. Dans la mouvance de l’électrification de l’économie mondiale, les justifications pour envisager que les cours du pétrole flanchent ne manquent pas.

Reste la question de ce que ce mouvement signifierait par rapport aux autres matières premières, en particulier relativement aux métaux industriels dont les cours progressent à grand pas dans le sillage de l’envolée des métaux précieux. Rares sont les métaux, aujourd’hui, à l’écart de ce mouvement contre lequel peu d’arguments plaident en faveur d’une rupture de tendance. Une déconnexion persistante des cours du pétrole de ces derniers serait une nouvelle norme, aux conséquences économiques et géopolitiques significatives. Est-ce l’histoire qui se profile ? La réponse par la positive n’est pas aussi simple qu’il n’y paraît.

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Shutdown, réforme fiscale, taux longs, or… l’imparable enchaînement

Les épisodes de Shutdown, on connaît. Même pas mal serait-on tenté de dire. Le discours est un peu simpliste face à une paralysie inédite de l’administration fédérale américaine et dans le contexte très particulier en présence où les investisseurs n’ont d’yeux que pour les développements autour de l’IA, au risque de passer à côté de l’essentiel, du reste bien peu renseigné.
Certes, les quelques publications macroéconomiques disponibles sont plutôt réconfortantes. Les indicateurs de climat des affaires tiennent. Mieux encore, ils se sont légèrement améliorés dans les services. Idem pour l’emploi si l’on en juge par les données de l’ADP. Il y a pourtant bien des raisons de douter des conclusions qu’on en retire.
D’abord, parce leur analyse détaillée peut suggérer une réalité nettement plus discutable, en particulier sur le front du marché de l’emploi. Ensuite parce que les retours en provenance du terrain ne sont pas franchement correspondants. L’inquiétude des Américains, déjà élevée avant même le Shutdown, est extrême comme signalé par l’indice Michigan et susceptible de monter plus vite au fur et à mesure du prolongement de ce dernier.
Par ailleurs, l’opacité gagne du terrain sur nombre de sujets, qu’il s’agisse des conditions conjoncturelles ou des risques plus sérieux que suggère le renouveau des tensions sur le marché monétaire, alors que les ponctions du financement du Trésor sont de plus en plus indigestes.
Enfin, parce que, derrière le budget 2026 au sujet duquel démocrates et républicains ne parviennent à s’accorder, c’est potentiellement la réforme fiscale de D. Trump qui pourrait être menacée. …

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Les cours de l’or et le consentement inflationniste

En 1980, Karl Otto Pöhl, alors président de la Bundesbank, avait comparé l’inflation à de la pâte dentifrice, qu’il était impossible de faire rentrer dans son tube une fois qu’elle en était sortie. Mal absolu depuis le premier choc pétrolier, l’inflation était devenue la bête noire des responsables économiques. Les temps ont changé. Derrière l’engagement affiché par les banquiers centraux pour prévenir toute résurgence inflationniste depuis les débordements post-covid de 2022-2023, se profile une certaine indulgence à l’égard de l’inflation. Il y a plusieurs explications historique, générationnelle et circonstancielle à ce changement.
La première est historique.
La seconde est générationnelle.
La troisième est circonstancielle…

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De la disparition du statut d’actif sans risque à l’appétit pour les obligations privées

Les habitudes ont la vie dure et la référence n’est pas près de disparaitre de sitôt des règlementations, référentiels et réflexes d’arbitrage. Voilà bien longtemps, pourtant, que la notion d’actif sans risque ne correspond qu’à une réalité toute relative, que les épisodes de crises souveraines des lendemains de la crise financière de 2008 auraient dû balayer. La protection offerte par les banques centrales a, toutefois, permis d’entretenir l’illusion, du moins les faux-semblants, avant que les crises des cinq dernières années approfondissent le travail et érodent plus sérieusement le statut d’actifs sans risque des obligations souveraines d’un grand nombre de pays.
Si le diagnostic n’est pas encore totalement admis, et pour cause, force est de reconnaître que nombre de signaux clignotent de manière plus ou moins aigüe dans cette direction : perte de contrôle des dettes publiques, enflement des primes de terme, envolée des taux de financement à très long terme, fragmentation du marché. Parmi les conséquences, nombreuses et encore largement hypothétiques, de ces changements, l’écrasement des primes de risque traditionnellement assorties au financement des entreprises par rapport à celui des États en dit long sur les mutations en cours.

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