Le dollar contre l’or, vraiment?

La tournure de la situation en Iran et dans les pays du Golfe persique a eu pour conséquence de sortir le dollar de sa tendance baissière de ces dernières semaines et de propulser l’indice ICE sur des niveaux qu’il n’avait plus revu depuis la mi-janvier. Signe que le billet vert peut encore jouer le rôle de valeur refuge, dès lors que réapparaissent des menaces d’ampleur internationales, la devise américaine a aussi profité de l’envolée des cours du pétrole dont les Etats-Unis sont exportateurs nets, contrairement à de nombreux pays développés et émergents, et de la remontée des taux d’intérêt américains consécutive au report dans le temps des anticipations de baisses des taux directeurs de la Fed.

Quoi qu’il en soit, la réappréciation du billet vert est un puissant « game changer » qui a déjà eu des effets notables sur les marchés mondiaux ces dernières vingt-quatre heures.Une poursuite de ce mouvement aurait des répercussions massives sur les anticipations macroéconomiques et financières mondiales. Tel n’est pas aujourd’hui, cependant, le scénario le plus probable.

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Le juste prix du rattrapage du CAC 40 dépasserait allègrement les 9000 points

2025, année de surperformance quasi-inédite des valeurs européennes par rapport aux américaines, s’est aussi caractérisée par une dispersion hors norme des plus grands indices de la zone euro, de deux à trois fois supérieure à celle observée en moyenne au cours du quart de siècle écoulé.

La surperformance exceptionnelle de l’indice espagnol comparée aux indices français et néerlandais explique en grande partie ce résultat. En 2025, l’IBEX s’est adjugé une envolée de 49 %, deuxième plus forte hausse après le Kospi sud-coréen des principaux indices mondiaux. Le MIB italien a, quant à lui, terminé l’année dernière sur une progression de 32 %, très loin devant les 8 % et 10 % de hausses respectives de l’AEX néerlandais et du CAC 40, voire des 20 % du Dax. La structure très concentrée de l’AEX sur des segments peu porteurs l’an dernier et la crise politique française expliquent dans une très large mesure ces écarts avec les pays du sud de l’Europe portés par l’écrasement des spreads de taux d’intérêt avec l’Allemagne et, dans le cas espagnol, des résultats économiques très supérieurs au reste de l’UEM.

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Victoire à la Pyrrhus de la décision de la Cour suprême américaine

Le dicton dit : un tiens vaut mieux que deux tu l’auras…. Attendu depuis plusieurs semaines, le verdict de la Cour suprême américaine sur la légalité des droits de douanes réciproques instaurés depuis le mois d’avril 2025 par D. Trump est tombé : ces taxes sont pour la plupart illégales. La décision constitue un revers d’autant plus cinglant pour D. Trump que les juges de la Cour sont en majorité républicains.
Annoncée avant la fermeture des marchés européens, la nouvelle a été largement saluée par les investisseurs, provoquant des rebonds d’ampleur des valeurs les plus sensibles au marché américain, au bénéfice, notamment, d’une hausse de 1,4 % du CAC 40, valeurs du luxe en tête.
Il a néanmoins fallu peu de temps avant que le président américain réplique à cette décision par l’usage d’une procédure d’urgence (article 122 du code commercial) lui permettant d’augmenter les droits de douanes pour une période limitée à 150 jours dans la limite de 15 % en cas de grave déséquilibre de la balance des paiements. D’abord portés à 10 % vendredi soir, un nouveau décret les élevait à 15 % samedi. A l’euphorie initiale succède depuis samedi une nouvelle vague d’extrêmes incertitudes. Qu’attendre maintenant de l’administration ? Que deviennent les accords précédemment conclus ou en voie de l’être ? Quelle valeur politique donner au barrage d’une Cour qui semblait être acquise à l’administration ? Enfin, quelles conséquences économiques de ce nouveau choc en perspective ?

Les réponses ne sont pas connues. Mais une chose semble sûre : les incertitudes commerciales, progressivement passées au second plan des préoccupations ces derniers mois, reviennent avec fracas sur le devant de la scène internationale. Les marchés des précieux l’ont compris plus vite que les bourses, l’or et l’argent profitant de la nouvelle pour conforter leur récupération.
Que dire à ce stade ?

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Marchés émergents : de l’attraction aux risques, selon trois scénarios

L’engouement des investisseurs pour les marchés émergents ne s’est pas démenti ces derniers temps. Depuis le début de l’année, l’indice MSCI de ces pays s’est adjugé une progression de 11 % en dollar, à comparer à une stagnation du S&P500 et une hausse de 6 % du Stoxx 600 (5 % en euro). Après un démarrage en trombe au mois de janvier, au cours duquel l’indice a progressé de plus de 8 %, la performance est plus normée depuis le début février mais conserve un rythme soutenu, d’autant plus remarquable que S&P500 et Nasdaq sont en repli marqué.

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Baisses politiques ou justifiées des taux de la Fed ? L’histoire n’est pas du tout la même

La multiplication de données économiques décevantes sur la conjoncture américaine, le changement de régime inflationniste de ces derniers mois et la mise en concurrence sévère des grandes entreprises technologiques américaines par leurs rivaux chinois, semblent sur le point de changer la donne des marchés mondiaux. Point central de ce revirement : le scénario d’une mise sous tutelle, au moins partielle, de la Fed par rapport à l’exécutif américain, qui ouvrirait la porte à des anticipations de baisses des taux plus politiques que réellement justifiées par la conjoncture économique et financière, perd progressivement en intensité. La nomination de K. Warsh à la tête de la Federal Reserve n’est pas la première cause de ce changement. Ce dernier trouve, en effet, son origine dans l’évolution récente du pouls de la conjoncture américaine, qui, malgré une croissance du PIB toujours estimée aux alentours de 4 % l’an fin 2025, montre de plus en plus de signes de fragilités que reflète, aussi, les derniers chiffres d’inflation. Conséquence : la Fed aurait de bonnes raisons d’envisager une relâche de la contrainte monétaire en procédant à des baisses, justifiées, de ses taux directeurs. Un tel scénario n’a plus grand chose à voir avec celui d’un assouplissement monétaire « gratuit » guidé par des considérations dogmatiques plutôt que conjoncturelles. Sur les marchés financiers, ce scénario de bascule aurait des conséquences majeures, s’il se concrétisait, qu’il s’agisse des marchés des changes, de ceux des matières premières, précieux avant tout, ou des actions, dans un contexte de courbe des taux potentiellement éminemment différent. Est-ce ce qui se joue ces derniers jours ? C’est la réponse que chercheront à trouver les investisseurs à travers les données économiques de toutes prochaines semaines et à partir de celle-ci que se joueront ou non les ruptures des stratégies d’investissement.

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Marchés en folie : l’or, encore refuge et, sinon, les obligations d’Etat, malgré tout ?

Argent, or, JGB, Bitcoin, actions… les phénomènes de volatilité hors norme se multiplient à un rythme inédit ces dernières semaines sans épargner aucune classe d’actif. Si les MAG7 américaines étaient souvent considérées comme la principale source de risque financier pour 2026, ce n’est pas de là que viennent les chocs les plus remarquables ni les plus, potentiellement, bouleversants, mais des victimes collatérales du boom de l’IA sur les acteurs technologiques traditionnels, de celles d’une guerre économique tentaculaire sur un nombre croissant d’entreprises tous secteurs confondus, sur fond de ruptures politiques historiques, en cours ou à venir, telle l’arrivée de Mme Takaichi au Japon, les élections de mi-mandat américaines du mois de novembre, sans parler des scrutins européens bientôt d’actualité.

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Grandeur et démesure des capex – suite

C’était le thème de notre présentation du 11 décembre dernier, au cours de laquelle nous avions tenté de mettre en lumière les effets favorables des perspectives d’investissement sur les prévisions de croissance mondiale et les risques, simultanément assortis, de tensions sur les conditions de financement, les prix des matières premières et l’emploi, liés à un essor par trop rapide des capex dans les nouvelles technologies, IA en tout premier lieu.
Ces questions animent depuis le début de l’année les réflexions des économistes et les tendances de marchés, à juste titre, devenus de plus en plus sensibles à un sujet, bien placé pour dominer les développements économiques et financiers en 2026. Où en sommes-nous ? Que retirer des tendances en cours en matière de perspectives économiques et de stratégie d’investissement ?

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Déflagration?

Après une envolée de respectivement 24 % et 65 % depuis le 1er janvier, les cours de l’or et de l’argent ont dévissé de 11 % et 32 % vendredi. Ainsi vont les choses quand la spéculation se déchaîne, sur fond de liquidités trop abondantes. La frénésie d’achat ne pouvait, à l’évidence, se poursuivre et, comme toujours, les signes avant-coureurs d’une correction majeure n’ont pas manqué ces derniers jours. Mais qui pouvait dire qu’ils feraient, forcément, barrage à une potentielle nouvelle jambe de hausse de 10 %, 20 %, peut-être encore 50 % dans le contexte alors en présence ? La crainte de rater une dernière opportunité (FOMO!) est, souvent, plus forte que tout dans de telles circonstances, jusqu’à ce qu’un déclencheur, souvent anodin, vienne signer la fin de partie. La nomination de K. Warsh, comme successeur de J. Powell à la tête de la Fed, par D. Trump a bon dos. Le personnage, plus académique que les autres pressentis, serait plus fiable que ces derniers, plus scrupuleux à l’égard des pratiques bilancielles de la banque centrale offrirait une garantie de gestion plus orthodoxe qui aurait suffi à provoquer une réévaluation des craintes à l’origine de la frénésie des investisseurs pour les métaux précieux de ces dernières semaines…
Les cours des précieux sont-ils, dès lors, voués à s’effondrer, comme cela a le plus souvent été le cas après leurs vagues de hausses passées ?

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