L’Humeur du Vendredi 26 février

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Deux articles cette semaine

Quand la magie des mots ne fait plus illusion

On aurait pu croire à un message subliminal dans le discours d’ouverture du G20 de Shanghai prononcé par la Présidente du FMI, Madame Lagarde, au cours duquel le terme de « réformes structurelles » est tellement récurrent qu’on en est venu à se demander s’il n’avait pas été utilisé, sciemment, à vingt reprises. Rien de cela, c’est en l’occurrence vingt et une fois que la responsable du FMI en a usé, au moins une de trop pour des oreilles françaises dressées à la discipline de la non répétition. Difficile de voir toutefois de quoi convaincre, dans ce qui ressemble davantage à une inlassable complainte qu’à un programme de bataille.

Recherche désespérément signes encourageants à l’horizon mondial

L’année 2016 débute décidément sur un bien mauvais pied. Où que l’on regarde, le diagnostic est le même : la croissance se fissure et la récession rode. Si le diagnostic n’est pas encore certain, compte-tenu de la réserve de pouvoir d’achat dont disposent les ménages, il augmente en probabilité avec une croissance mondiale vraisemblablement très affaiblie début 2016.

Où sont passés les bénéfices de la baisse de l’euro ?

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L’initiation d’une politique de quantitative easing par la BCE début 2015 a largement été plébiscitée par les marchés financiers, justifiant dans une large mesure le rebond des indices boursiers européens en début d’année dernière. Outre l’évacuation du risque souverain que représentait ce passage à l’acte, on escomptait surtout de cette initiative les retombées positives du regain de compétitivité que procurerait la chute de l’euro qu’elle suggérait. De fait, entre le mois de décembre 2014, lorsque la garantie fut donnée que telle serait la direction de la BCE, et la mi-mars, la devise européenne a enregistré une chute de presque 16 % contre le billet vert, s’échangeant ponctuellement à 1,05 USD, son plus bas niveau depuis plus de dix ans. Le taux de change de l’euro n’a pas significativement bougé depuis. Si le changement d’anticipations sur la politique de la Fed a fragilisé le dollar, l’euro a conservé jusqu’à présent, aux environs de 1,11-1,13 USD, une parité nettement inférieure à ce qu’elle a été au cours des dix dernières années.

Comment se fait-il, dès lors, qu’un tel ajustement n’offre pas de résultats plus tangibles sur l’activité et les marges des entreprises européennes et que les parts de marchés s’étiolent ?

Si 2016 n’est pas 2008, elle n’en est pas moins la suite

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Curieuse situation que la présente où défilent les uns après les autres les acteurs de la sphère politique, économique et financière pour nous assurer que la crise actuelle n’a rien à voir avec celle de 2008 quand, de toute évidence, elle constitue un maillon de plus des développements à l’œuvre depuis.

2016 et 2008 font bien partie d’un même épisode dont il ne ferait aucun sens de dissocier l’étape actuelle, notamment dans le cadre de la recherche de solutions.

L’économie américaine et la Fed dans un corner

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Il y a une évidente incompréhension à l’idée que l’économie américaine puisse retomber en récession cette année compte-tenu des conditions en présence, notamment :

  • un niveau historiquement faible des taux d’intérêt,
  • l’abondance de pouvoir d’achat et la relative solidité du marché de l’emploi,
  • une solide croissance du crédit sur fond de détente des taux d’endettement des ménages,
  • une bonne tenue du marché immobilier.

Le risque d’une récession dès avant la fin de cette année est pourtant bel et bien réel. Il y a plusieurs raisons à l’origine de ce diagnostic que nous privilégions depuis le printemps dernier, parmi lesquelles, toutefois, une a plus de valeur que toutes les autres ; il s’agit de la combinaison de deux phénomènes typiques de la phase du cycle au cœur de laquelle se situe l’économie américaine aujourd’hui, qui voit simultanément se concrétiser :

1-  une usure des gains de productivité, à partir de niveaux anormalement faibles dans le cas présent,

2-  en même temps qu’une hausse des salaires, bien que relativement contenue à ce stade.

De telles configurations ont, par le passé, systématiquement propulsé l’économie en récession, ceci quel qu’ait pu être le degré de restriction monétaire pratiqué par la Fed au cours de ces différents épisodes ; le fait étant inhérent aux articulations économiques à l’œuvre dans de tels cas de figure.

La balle n’en finit pas de rebondir

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Après la BCE, la Fed range ses plans, la BOJ emboîte le pas à M. Draghi… C’est reparti pour un tour !

Nous l’avions exprimé en début de semaine, un assouplissement supplémentaire de la politique monétaire de la BCE risquerait de pousser d’autres pays à répliquer, avec pour conséquence de compliquer plus encore l’environnement économique et financier international.

La BCE n’a finalement probablement pas eu d’autre choix que de sérieusement considérer un accroissement de son programme d’achats d’actifs pour prévenir le risque d’amplification des tensions naissantes sur les marchés souverains du sud de l’Europe et sur le secteur bancaire de la zone euro (voir à ce sujet « BCE, une bonne raison d’agir !» publié hier).

Les répliques aux annonces du Président de la BCE, Mario Draghi, ne devraient, en conséquence, pas tarder.

Le QE, des canons et des fleurs

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Après avoir laissé aux banquiers centraux le soin de gérer la crise, les politiques n’ont plus guère le choix ; ils devront aller au charbon, pour le meilleur ou pour le pire.

Tour d’horizon de ce qui passe par la tête d’un économiste face à l’enlisement dans lequel s’embourbe l’économie mondiale.

Correction des marchés, un repérage graphique

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Dans un contexte aussi incertain que l’actuel, dans lequel disparaissent les principaux soutiens au marché sans pour autant offrir plus d’informations sur la nature de la correction à envisager, c’est souvent de la lecture graphique que s’inspirent les anticipations. Selon ce décryptage :

  • le S&P 500 pourrait se replier de 22 % d’ici à l’été, pour retomber à 1 515 points ;
  • l’Eurostoxx 50 subirait une baisse de 19 %, à 2 510 points ;
  • l’indice composite de Shanghai chuterait de 30 %, aux environs de 2 200 points ;
  • enfin, le Nikkei dévisserait de 25 %, à moins de 14 000 points.

Au total, un environnement propice à l’accident de parcours susceptible à tout moment de transformer cette correction en un krach.