Les plans de la Fed à nouveau contrariés

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Cet article sera publié sur le site Boursorama le jeudi 2 juin

C’est devenu un classique ces deux dernières années : la Fed avance d’un pas et recule de deux.

Alors que les minutes de son dernier comité de politique monétaire du mois d’avril semblaient avoir dégagé l’horizon, la Fed promettant un début de normalisation de ses taux directeurs pour les mois à venir, le Beige Book publié hier soir offre bien peu d’éléments susceptibles de convaincre du bien-fondé d’un tel changement de la politique monétaire américaine.

Ce compte-rendu ajoute, en effet, à la panoplie d’indicateurs médiocres publiés ces derniers jours, avec une description des plus réservées de l’état de santé de l’économie américaine.

La reprise française, de plus en plus convaincante

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Les données de l’INSEE publiées ce matin offrent leur lot de bonnes nouvelles avec une révision à la hausse du PIB du premier trimestre, ainsi qu’une forte révision des chiffres de consommation de biens du mois de mars. Plus persuasives, toutefois, sont les données détaillées des comptes trimestriels, desquels il ressort notamment :

–     une nette accélération des dépenses de services des ménages,

–     ainsi qu’une vigoureuse remontée des dépenses réelles d’investissement des entreprises.

Un ensemble, au total, beaucoup plus convaincant d’une embellie de la conjoncture hexagonale que jusqu’à présent.

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L’immobilier peut-il être une force de rappel pour l’économie américaine en cette fin de cycle ?

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Les dernières statistiques immobilières ont dopé la confiance des investisseurs sur les perspectives américaines. Gare toutefois à ne pas dupliquer des schémas d’un passé révolu lorsque la dynamique du secteur signifiait le bien-être de la plus grande majorité des Américains. Les temps ont changé…

Les données en provenance du secteur de l’immobilier constituent à peu près le seul réconfort. Après avoir plutôt perdu en dynamisme depuis l’été dernier, le secteur a retrouvé des couleurs ce printemps, avril ressortant à bien des égards comme un très bon mois, tant sur le front des ventes de maisons neuves, en progression de 16,5 % par rapport à mars, que sur celui des prix (+7,8 %) ou des promesses de ventes.

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Valse des étiquettes du côté de la Fed ; l’effet ne durera sans doute qu’un temps.

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La publication des minutes du dernier comité de politique monétaire de la Fed suscite un regain de nervosité des marchés. Malgré une lecture de la situation économique fidèle à celle de son communiqué du 27 avril, à savoir globalement peu réjouissante, la Fed semble avoir été perturbée par la forte correction à la baisse des anticipations de hausse des taux qui a suivi sa communication du mois de mars. Elle précise, en particulier, que les marchés semblent sous-estimer la probabilité d’une possible hausse de ses taux d’intérêt au mois de juin, soulignant que la plupart des participants estiment qu’un tel mouvement serait approprié… si les conditions économiques le permettent.

Bien évidemment, cette dernière précision est essentielle, beaucoup des échanges du FOMC ayant, précisément, tourné autour de ce que seraient ces conditions d’ici juin, point sur lequel les écarts d’analyse sont nettement plus marqués que sur la première partie de la proposition !

En somme, la Fed cherche à se redonner des marges de manœuvre, ce qui était déjà ressorti de son communiqué post-FOMC (voir notre commentaire du 27 juin, « Wait and see »), afin de ne pas être prisonnière du très bas niveau des taux d’intérêt à long terme, dont elle estime, à l’évidence, qu’ils ont trop baissé.

Taux longs US

Avec ou sans hausse des taux, les Etats-Unis encourent un haut risque de récession cette année

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L’éloignement des perspectives de hausse des taux directeurs de la Fed a apaisé les inquiétudes sur l’éventualité d’une récession qui étaient nées en début d’année des déceptions récurrentes sur la croissance américaine. Aucune des récessions passées n’ayant jusqu’à présent été observée en dehors des phases de resserrement monétaire, cette conclusion est assez compréhensible. Les choses pourraient, toutefois, se révéler plus complexes à en juger par les enchaînements qui traditionnellement ponctuent les fins de cycle aux États-Unis et par la tournure récente de la conjoncture Outre Atlantique.

Le PIB français, un très bon cru !

Au premier trimestre, la croissance du PIB réel de la France atteint 0,5%, après une progression de 0,3% le trimestre précédent. Ce résultat, le meilleur depuis un an, est au-dessus des estimations de la plupart des économistes et de celles de l’INSEE, constituant de fait une bonne nouvelle. Les données publiées ce matin offrent, toutefois, bien d’autres sources de satisfaction :

En premier lieu, par les très bons résultats sur le front de la consommation des ménages qui s’affiche en hausse de 1,2 %, soit sa plus forte progression trimestrielle depuis 2004. Sans être totalement surprenante, les données mensuelles de l’INSEE nous ayant préparé à un très bon chiffre pour le premier trimestre, cette statistique rassure, confirmant en particulier que le coup d’arrêt à la reprise de la consommation qu’avaient provoqué les attentats est derrière nous. La bonne tenue des gains de pouvoir d’achat et l’amélioration du marché de l’emploi portent peu à peu leurs fruits.

L’investissement des entreprises progresse solidement avec une hausse de 1,6 % après 1 % à la fin de l’année dernière. L’acquis de croissance des dépenses d’équipement des entreprises s’élève ainsi à 2,8 % pour 2016, garantissant probablement une bonne année.

Cette bonne tenue de la demande domestique a permis un léger rétrécissement, bienvenu, du niveau des stocks, susceptible de soutenir l’évolution de la production future.

Enfin, contrairement à l’habitude, cette embellie domestique n’a pas prioritairement bénéficié au reste du monde, nos importations de biens et services ayant faiblement augmenté, de 0,5% seulement au cours du trimestre contre des progressions de respectivement 2,1 % et 1,8 % au cours des deux trimestres précédents. La production nationale progresse ainsi de 0,6 % profitant, enfin, d’une embellie significative sur le front des services (0,9%).

Face à un contexte international très pénalisant, à l’origine cependant d’un repli très modéré des exportations (-0,2%), ces données sont incontestablement encourageantes, autorisant une relative confiance pour l’ensemble de l’année. Le scénario gouvernemental d’une croissance de 1,5 % en moyenne cette année, s’en trouve conforté, malgré les effets potentiellement contraignants attendus dans les prochains mois de la remontée des cours du pétrole.

PIB FR

PIB américain, recherche désespérément bonne nouvelle

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Avec une progression de 0,13% de son PIB réel au premier trimestre (0,5 % en rythme annualisé) l’économie américaine confirme sa petite forme. Depuis le début 2015, la croissance n’a cessé de se rabougrir, pour ressortir à 1,3 % en moyenne au cours des trois derniers trimestres. Difficile dans de telles conditions de mettre les mauvais chiffres d’aujourd’hui sur le compte de la saisonnalité qui a affecté les chiffres des premiers trimestres des années précédentes. Ni les perturbations climatiques ni la baisse des dépenses des Etats et collectivités locales ne justifient, en effet, la médiocrité des chiffres publiés aujourd’hui. Les dépenses publiques ont d’ailleurs positivement contribué à la croissance du premier trimestre, dans un contexte budgétaire dorénavant moins restrictif.