La croissance américaine, de record en record, continue, malgré tout, de questionner

Les données actualisées du PIB du troisième trimestre ont subi une révision à la hausse d’un dixième, à 4,4 % en rythme annualisé, après 3,8 % au deuxième trimestre. Les résultats de l’économie américaine sont donc, au moins en apparence, de très bonne facture, avec, qui plus est, une estimation par la Fed d’Atlanta de quasiment 5,5 % pour la fin de l’année dernière. Après un début d’année morose, le secteur manufacturier poursuit son rattrapage et explique, à lui seul, plus de la moitié de la croissance du PIB du troisième trimestre, un peu moins qu’au deuxième mais, toujours, une proportion élevée. La situation s’est malgré tout améliorée dans les services, avec une contribution de moitié à la croissance du PIB du troisième trimestre, également la plus forte depuis trois ans. Le secteur de la construction est à l’écart, en territoire récessif pour le troisième trimestre consécutif, sans pour autant avoir d’impact notoire sur la conjoncture dans son ensemble, à ce stade.

On comprend le satisfécit de D. Trump sur son bilan. Restent malgré tout bon nombre de questions sur les développements en cours.

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5,3 % r. a., la croissance américaine toujours plus forte mais pas pour les consommateurs

CPI du mois de décembre hier, PPI et ventes de détail du mois de novembre aujourd’hui, le calendrier économique américain reste perturbé depuis le shutdown et la lecture des tendances en place n’en est pas simplifiée.
Premier constat, il ne se passe, a priori, pas grand-chose de significatif.
• Si les données d’inflation donnent lieu à des analyses quelque peu différentes d’un lecteur à l’autre, les conclusions sont rarement très éloignées : l’inflation s’assagit sans, toutefois, parvenir à convaincre le consensus.
• Pas grand-chose, non plus, du côté des ventes de détail. Ces dernières sont relativement mornes et les données du mois de novembre sont à prendre avec prudence, avec une économie sous shutdown jusqu’au 13 du même mois. Un peu de recul permet, toutefois, de mettre en évidence quelques tendances caractéristiques…

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L’IA pour le meilleur et pour le pire

Guerre commerciale ou shutdown, l’économie américaine résiste. Au troisième trimestre, le PIB pourrait avoir de nouveau augmenté à un rythme annualisé de plus de 3,5 % selon les estimations de la Fed d’Atlanta. Avec une croissance chétive des créations d’emplois, de seulement 0,5 % en équivalent annualisé au cours de la même période, les gains de productivité devraient avoir été, une nouvelle fois, spectaculaires. L’origine de ces succès ? Une seule et unique réponse : la tech, encore la tech et toujours la tech.
L’accélération du développement des technologies de l’information autour de l’IA explique l’essentiel de ces résultats, en effet, que ce soit en matière de croissance du PIB, de productivité et de profits ou, même, de commerce extérieur. Avant même le lancement des programmes exceptionnels des géants du secteur, les dépenses d’équipement à destination de la technologie ont représenté plus de 90 % de la croissance annuelle des investissements productifs américains des trois derniers trimestres.
En Europe, pour la première fois, l’espoir de voir les effets de l’essor des nouvelles technologies dans les résultats économiques pointe son nez. Interrogée durant sa dernière conférence de presse sur l’origine des révisions à la hausse des prévisions de croissance de la BCE, sa présidente, C. Lagarde, a suggéré que les développements de l’investissement autour de l’IA pourraient en être la cause. En France, où la résilience de l’activité a largement surpris depuis le début de l’été, les enquêtes de l’INSEE renvoient quelques signaux concordants, là où on les attendait le moins : les commandes au secteur de l’informatique et de l’électronique ont constitué la première, pour ne pas dire l’unique, source d’amélioration des carnets de commandes à l’exportation de ces tout derniers mois !

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Inflation américaine en nette baisse, BCE confortable ; l’euro se cherche

L’inflation américaine a fortement reculé en novembre, à respectivement 2,7 % et 2,6 % pour l’indice total et sous-jacent contre 3 % pour chacune de ces deux mesures en septembre. Malgré l’absence de données pour le mois d’octobre, le message est clair : les pressions inflationnistes se sont nettement dissipées ces derniers mois, davantage en l’occurrence que ce qu’envisageait le FOMC. La conséquence immédiate de cette publication est de mettre la Fed en porte-à-faux, quoi qu’il en soit des risques et de l’incertitude sur les tendances à plus long terme des prix. Les taux à deux ans sont retombés à leur plus bas niveau de l’année, à 3,45 %. Comme c’était déjà la conclusion après les données sur l’emploi du début de semaine, la perspective de baisses plus importantes des Fed Funds que ne l’envisage le FOMC gagne en probabilité.

Dans le même temps, la décision de la BCE de maintenir ses taux d’intérêt inchangés a été confirmée, tandis que la mise à jour des prévisions de croissance a conduit à des révisions à la hausse pour 2025 et les années suivantes…

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Baisses des taux contre liquidités : la Fed parvient à rassurer sans modifier les Dot Plots

La Fed a abaissé une nouvelle fois son objectif de Fed Funds d’un quart de point, à 3,50 %-3,75 %, à l’issue du FOMC de ces deux derniers jours, comme largement anticipé par les marchés, malgré les tergiversations de ces dernières semaines après l’avertissement de J. Powell sur les incertitudes autour d’une telle décision courant octobre. De fait, deux membres sur les douze que compte le FOMC ont désapprouvé ce mouvement, préférant maintenir les taux inchangés, tandis que S. Miran souhaitait un demi point de baisse. Tout autant que sa décision sur le niveau des Fed Funds c’est sur ses projections pour 2026 que la Fed était attendue, après celles du mois de septembre apparues très conservatrices, qui n’envisageaient qu’un quart point supplémentaire de baisse des Fed Funds l’an prochain, ainsi qu’en 2027. Les projections publiées aujourd’hui comportent peu de changements par rapport à ce dernier exercice : une inflation légèrement inférieure mais une prévision de croissance revue en hausse, de 1,8 % à 2,3 % pour 2026, qui permet à la Fed de maintenir ses projections de taux directeurs inchangées par rapport au mois de septembre.

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La hausse à 4,6 % du taux de chômage emporte la mise aux Etats-Unis

Les créations d’emplois ont plutôt bien résisté aux Etats-Unis ces deux derniers mois. Les destructions du mois d’octobre ont surtout concerné les emplois publics, mais très peu le secteur privé qui aurait successivement créé 52K et 69K postes au cours des deux derniers mois selon les données du BLS, des résultats meilleurs que ceux de l’ADP. Malgré tout, le taux de chômage s’est accru de deux dixièmes entre septembre et novembre et, pour une banque centrale ayant comme engagement de veiller au plein emploi autant qu’à l’inflation, cette nouvelle hausse accroît sensiblement la probabilité d’une nouvelle baisse des taux directeurs, d’autant que les tensions salariales s’apaisent. La croissance annuelle du taux de salaire moyen est tombée de 3,75 % en octobre à 3,5 % en novembre, sa plus faible progression depuis mars 2020, hors période covid. Le quart de point supplémentaire de baisse des taux directeurs prévu par la Fed mercredi dernier va bientôt paraître très limité au regard de ces résultats…

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Nous y voilà. Le FOMC du 10 décembre bientôt derrière nous !

Mercredi prochain se tiendra l’un des FOMC qui aura fait le plus parler de lui, au sujet duquel les anticipations ont rarement autant varié et auquel des enjeux démesurés semblent rattachés. Pourquoi tant de doutes ?

  • D’abord, parce que, au-delà d’être peu lisible, la conjoncture américaine est d’une rare complexité. Entre les activités en pleine effervescence concentrées autour de l’IA et bon nombre de secteurs traditionnels en pleine déconfiture – le terme n’est pas excessif à en juger par l’évolution sectorielle des profits – l’équilibre des forces et faiblesses est hautement incertain.

  • Ensuite, parce que la situation inflationniste n’est pas des plus lisibles, non plus. Si, à court terme, les tendances, tant du côté des prix que de la conjoncture, vont dans le sens espéré par la Fed, les perspectives pour 2026 sont nettement plus incertaines. Les investissements massifs requis pour l’IA et l’entrée en vigueur de la réforme fiscale, à ce stade, toujours d’actualité, constituent une menace que la Fed ne peut ignorer.
  • Également, parce qu’à 4 % depuis septembre, le niveau des Fed Funds est inférieur de plus d’un demi-point à la croissance nominale du PIB du deuxième trimestre, un écart susceptible de s’être creusé davantage, à en juger par les estimations préliminaires du troisième trimestre et pourrait approcher un point après la décision de mercredi. Alors, faudra-t-il aller nettement plus loin dès lors que les conditions financières ne suggèrent pas la nécessité d’un assouplissement monétaire, malgré quelques craquements sur le front des liquidités, que la Fed gère par des interventions ponctuelles ?
  • Plus que la question de ce que fera la Fed mercredi c’est bien celle, effectivement, d’un changement de ses perspectives qui se pose et risque de faire bouger les curseurs de bon nombre d’actifs à travers le monde.

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Baisses des taux contre liquidités : la Fed parvient à rassurer sans modifier les Dot Plots

La Fed a abaissé une nouvelle fois son objectif de Fed Funds d’un quart de point, à 3,50 %-3,75 %, à l’issue du FOMC de ces deux derniers jours, malgré les tergiversations de ces dernières semaines après l’avertissement de J. Powell sur les incertitudes autour d’une telle décision courant octobre. Tout autant que sa décision sur le niveau des Fed Funds c’est sur ses projections pour 2026 que la Fed était attendue, après celles du mois de septembre apparues très conservatrices, qui n’envisageaient qu’un quart point supplémentaire de baisse des Fed Funds l’an prochain. Les projections publiées aujourd’hui comportent peu de changements par rapport à ce dernier exercice : une inflation légèrement inférieure mais une prévision de croissance revue en hausse, de 1,8 % à 2,3 % pour 2026, qui permet à la Fed de maintenir ses projections de taux directeurs inchangées par rapport au mois de septembre.

La nouvelle aurait pu décevoir. Tel n’est pas le cas. Sans doute pour deux raisons essentielles : des perspectives de croissance et d’inflation, in fine, plutôt rassurantes, d’une part, des mesures en faveur de la liquidité de l’autre.

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