Emploi américain : J. Powell sera au RDV fixé par D. Trump

C’est presque garanti : sauf CPI abominable la semaine prochaine, le rapport sur l’emploi américain du mois d’août ouvre la voie à une baisse des taux de la Fed dès le mois de septembre, laquelle pourrait même être d’un demi-point compte-tenu des détails de ce rapport et autres retours sur la situation conjoncturelle des Etats-Unis.
Ces derniers soulèvent, en effet, peu de doutes : l’économie américaine flirte avec la récession, quoiqu’il en soit des estimations de croissance de la Fed d’Atlanta qui, jusqu’à récemment prévoyaient encore une croissance robuste au troisième trimestre. En août, les créations d’emploi n’ont pas excédé 22 K et 38 K dans le seul secteur privé, révisés à la baisse pour juillet. Les résultats ne sont donc pas éloignés de ceux publiés par l’ADP, hier et décrivent, comme ces derniers, une détérioration généralisée de la situation avec des destructions d’emplois dans une large majorité de secteurs, particulièrement marquées dans les services professionnels, le secteur manufacturier et celui des transports et de la logistique. Sauf la santé et de l’éducation, où les créations de postes concernent surtout l’aide sociale, et un peu d’hôtellerie, ce rapport est morose, sans aucun doute le plus mauvais depuis le covid.

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La défense ne compense pas, encore, l’agonie des exportateurs allemands

Le PIB allemand s’est contracté de 0,3 % au deuxième trimestre, en raison d’une contribution très négative du commerce extérieur. Le léger coup de pouce du début d’année n’a donc pas duré. Le troisième trimestre ne commence pas beaucoup mieux : en juillet, les commandes à l’exportation se sont repliées de 3,1 %, après -1,9 % en juin et ont, ainsi, effacé en deux mois près des trois cinquièmes de leur hausse constatée entre janvier et mai. La demande domestique, atone, n’a pas les moyens de compenser ce choc pour l’industrie d’une économie toujours très dépendante de ses exportations et, force est de reconnaître, que mois après mois, la situation finit par remettre en question les perspectives de ressaisissement de la première économie de la région et, par voie de conséquence, celles de l’ensemble de la zone euro.

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Ce qui se cache derrière la stabilité de l’inflation européenne

2 % en juin, idem en juillet et 2,1 % en août. Depuis mars, l’inflation européenne demeure autour de l’objectif, à +/- deux dixièmes près. 2 %, c’est, également, l’évolution mensuelle en rythme annualisé de l’indice des prix à la consommation. De ce seul point de vue, la normalisation de l’inflation apparaît complète. Sous résere, toutefois, de ne pas analyser ces chiffres dans le détail…

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BMG août 2025 – Un arrière gout de stagflation

En août, notre Baromètre Macroéconomique Global reste stable, à 0 , pour le quatrième mois consécutif. A rebours du début de l’année, les Etats-Unis sont revenus en tête de peloton parmi les régions sous revue. Pour autant, les disparités entre les différentes composantes persistent: la consommation y apparaît très dégradée. Ailleurs, les indices synthétiques sont moins bons et retombent en zone légèrement négative en UEM et au Japon. Autre changement de contexte depuis l’été, notre momentum de l’inflation a quitté le territoire négatif et se maintient désormais en zone neutre/très légèrement positive, à 0,1.

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Impasse politique française

Et maintenant, que peut-il se passer ? La démission de F. Bayrou fait peu de doute après le vote de confiance qu’il a lui-même sollicité le 8 septembre. Neuf mois après celle de son prédécesseur, la situation n’a, de fait, guère évolué. Sauf qu’un nouveau volontaire a échoué à établir un consensus qu’il n’a, d’ailleurs, même pas véritablement cherché à établir, et que la corde s’use. Que pourrait faire un nouveau locataire de Matignon proche du président de la République que n’ont pas réussi à faire les deux précédents ? Probablement pas grand-chose au vu du contexte politique et, plus encore, social, en présence. Une dissolution de l’Assemblée, avec à la clé de nouvelles élections législatives, aurait, quant à elle, assez peu de chances d’aboutir à des conditions plus favorables à la formation d’un gouvernement viable. Quant à l’hypothèse d’une démission, toujours possible, du chef de l’Etat, elle n’offre guère, non plus, de pistes évidentes de sortie de crise et, tout bien pesé, plutôt l’inverse.
Alors oui, l’inquiétude est extrême.
Il y a celle que le marché de la dette française rebute les investisseurs et que les taux d’emprunt du Trésor francais s’envolent. Au-dessus des taux italients ? Dans l’absolu, la sanction ne serait pas indue, relativement à un pays qui a su préserver un excédent primaire structurel de ses finances publiques de 1 % de son PIB en moyenne depuis 1995, que la France n’a presque jamais réussi à obtenir, à l’exception des périodes, lointaines, au cours desquelles la croissance du PIB a dépassé 3 %. Elle pourrait tomber dès le 12 septembre avec la baisse probable de la notation souveraine de Fitch, puis successivement celles de Moody’s et S&P les deux mois suivants.

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Résumé d’un été sans trêve

Pas facile de décrocher pendant cette première quinzaine d’août. Usuellement temps de répit, les rebondissements n’ont pas cessé durant ce cœur d’été 2025, encore et toujours monopolisé par l’administration américaine. Qu’en retire-t-on ?
1- La guerre commerciale n’est pas près de prendre fin. Si accords il continue à y avoir, tout un chacun aura compris que ces derniers n’ont qu’une valeur toute relative. Avec les droits de douane, l’administration américaine a trouvé une recette pour tirer les ficelles de négociations en tous genres : financement des investissements, potentiellement de sa dette, pression idéologique, politique, diplomatique, de sorte que les nouvelles menaces foisonnent, revenant sans scrupules sur les pseudos engagements passés. Or, tout indique que ce mode de gouvernance est là pour durer. Les Européens ont plié mais n’ont pas plus de garantie sur ce qui pourrait les attendre à la première occasion. Ils auraient peut-être gagné quelques concessions et un délai supplémentaire en se montrant moins coopérants et auraient, surtout, évité de donner l’image d’une Europe totalement impuissante aux conséquences ravageuses sur la confiance des Européens. Quoi qu’il en soit, si la perspective d’accords commerciaux a constitué le principal espoir d’une issue plus favorable que celle du « Liberation Day », la confiance sur ce front s’est sérieusement érodée ces derniers temps. Le Brésil écope de droits de 50 % pour refuser d’exonérer l’ex-président Bolsonaro de son jugement. L’Inde est soumise au même sort parce qu’elle n’a pas cédé à la menace. La Suisse, enfin, est sanctionnée à hauteur de 39 %, au lieu des 31 % annoncés le 2 avril, pour la bonne et simple raison de ses excédents. Premier marché à l’exportation du pays, la Suisse réalise les deux-tiers de ces derniers auprès des Etats-Unis, pour l’essentiel grace à la vente de produits chimiques et pharmaceutiques que D. Trump a pour cible.

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« Le plus beau, le plus grand »… RACKET de l’histoire ! D. Trump jubile.

– 15 % de droits à l’entrée des produits européens sur le sol américain
– 50 % de droits sur l’acier et l’alumimium
– Produits pharmaceutiques exclus de l’accord, donc, toujours potentiellement exposés à des droits prohibitifs de 200 %
– 750 milliards d’achats d’energie américaine par les Européens
– 600 milliards d’investissements européens aux Etats-Unis
– ZERO POURCENT de droits d’entrée des produits américains sur le marché européens.
Pourquoi tant de cadeaux aux Américains ? « L’excédent commercial de l’UE à l’égard des Etats-Unis se serait démesurément accru ces dernières années », Mme Von der Leyen, présidente de la Commission et négociatrice pour l’UE qui abonde dans le sens de D. Trump.

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La BCE et les PMI européens suspendus aux nouvelles de l’Oncle Sam

Sans surprise, la BCE a laissé ses taux inchangés à 2 %, une posture que, sauf surprise, elle devrait garder au cours des prochaines réunions. C’est le message qu’a voulu délivrer la présidente de la BCE, lequel contrarie quelque peu les attentes des marchés. Si C. Lagarde a égrené les risques positifs et négatifs qui entourent les perspectives actuelles, sa lecture se veut clairement rassurante (1) la croissance tient bon, soutenue par les baisses de taux antérieures et pourrait, le cas échéant, profiter d’un accord commercial équilibré avec les Etats-Unis (2) l’inflation se normalise et les salaires ralentissent, mais les risques sur l’offre et les dépenses militaires pourraient accroître les tensions sur les prix… En attendant d’y voir plus clair, la BCE privilégie un statu quo. Elle n’a d’ailleurs guère le choix comme exposé dans notre Preview (Pause sous contrainte de la BCE). C. Lagarde doit conserver des marges d’action pour faire face aux incertitudes en provenance des Etats-Unis, d’un éventuel départ précipité de J. Powell en particulier.
Les données conjoncturelles ne la mettent pas forcément en port-à-faux. L’indice PMI composite de la zone euro a regagné un peu de terrain, à 51 après 50,6. L’équivalent allemand est resté stable, à 50,3 et le français a regagné un peu de terrain, en zone de contraction, à 49,6. Idem pour l’indice INSEE, stable mais inférieur à sa moyenne de long terme. Pas de mouvement très notable, non plus, sur les indicateurs de prix.

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