L’essentiel de la rentrée : la balle est dans le camp politique

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Les bonnes nouvelles récentes en provenance de l’économie américaine finiront-elles par l’emporter sur la montée des crispations géopolitiques et commerciales internationales et les évidences de l’enlisement des économies de la zone euro et du Japon ? C’est bien en ces termes que se résument les enjeux de cette rentrée 2014 pour les marchés financiers et, au-delà, les responsables de politique économique à travers la planète. Si l’écrasement généralisé du niveau des taux d’intérêt à long terme depuis le début de l’été donne une idée du degré d’inquiétude en présence, le message renvoyé par les marchés boursiers reste à ce jour plus confiant, malgré un sérieux coup de froid durant la première semaine du mois d’août. Il est toutefois peu probable que de telles distorsions entre les marchés obligataires, d’une part, et les marchés d’actions, de l’autre, puissent perdurer…

L’Espagne mieux lotie ? Gare à la myopie.

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Les efforts de l’Espagne payent, pour preuve : son produit intérieur brut a progressé de 0,6 % au deuxième trimestre, ce qui constitue il est vrai la meilleure performance des quatre principaux pays de la zone euro (zéro en France, -0,2 % en Allemagne et en Italie). De fait, la péninsule ibérique sera sans doute la seule à pouvoir afficher une croissance en ligne avec les prévisions du consensus cette année (1,1 %), voire au-dessus. L’austérité menée par le pays, presque unanimement saluée, serait donc le bon choix. À bon entendeur, salut ! Comment passer à côté des sirènes adressées à la France ou à l’Italie, à l’instar des propos de M. Draghi lors de sa conférence de presse du 7 août : “It’s pretty clear that the countries that have undertaken a convincing program of structural reforms are performing better, much better, than the countries that have not done so”.

Quinze jours passés dans la péninsule ibérique en début d’été, ne nous ont pourtant pas convaincus d’une réussite aussi flagrante…

Sell The Dip- Update of our investment scenario*

Download The Article *See Scenario As Of May

The onslaught of bad news won out last week as global stock exchanges endured a heavy correction and investors retreated in a massive flight-to-quality. At a time when some observers already see a buy opportunity in the recent slide, we continue – given our view of the macro-economic and geopolitical situation – to take a protective stance in the near term. There are four main reasons behind this:

1- None of today’s geo-political conflicts (Iraq, Gaza Strip, in Ukraine-Russia or South China Sea) seem to be ending anytime soon. The multitude of conflict zones and the extreme complexity of the present situation could well indeed fuel investor risk aversion.

2- The European economic picture has taken a bad turn. The lack of domestic growth drivers, amid an environment of soft global trade, has trumped the economic recovery. Current forecasts are no longer tenable and news in the coming months is sure to lead the market to revise its forecasts on future growth markedly downward.

3- The ECB is behind the ball when it comes to fighting deflation. Its intervention, if it ever sees the light of day, will not have the same impact on the markets as Fed action, particularly for the banking sector where all signs point to a sustained downturn.

4- Anticipations of a Fed rate hike have diminished due to recent international developments, which helped in limiting the damage on the US equity indices. However, the postponement of Fed normalization cannot be perpetually seen as good news.

Given the wealth of evidence, the correction that started several days ago is likely to continue. Our recommendations remain:

  • Steering well clear of the equity markets, including in the emerging markets.
  • Beefing up exposure to sovereign bond markets (the configuration of the T-bond market strengthens our scenario of a drop towards 2.25% for the 10Y), including for peripherals in southern Europe.
  • Increasing exposure to precious metals.
  • Easing exposure to the euro vs. the dollar over time.

« Sell The Dip » – Actualisation de notre scénario d’investissement*

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* cf. « Actifs à risque : le temps de gâte », mai 2014

L’accumulation de mauvaises nouvelles a fini par l’emporter la semaine passée avec de lourdes corrections des indices boursiers internationaux et un retranchement généralisé des investisseurs vers les compartiments d’actifs les moins risqués. Alors que certains observateurs voient déjà dans la correction de ces derniers jours une opportunité d’investissement, notre analyse de la situation macro-économique et géopolitique internationale continue à nous faire préférer une stratégie très protectrice à court terme. Il y a quatre raisons principales à cette conclusion :

1-    Aucun des conflits géopolitiques en cours, en Irak, dans la Bande de Gaza, en Ukraine-Russie ou en Mer de Chine ne semble à même de trouver une issue rapide. Les multiples foyers de crise et l’extrême complexité de la situation présente ont toutes les chances de continuer à alimenter un comportement d’aversion au risque.

2-    La conjoncture européenne prend mauvaise tournure. Le manque de moteur de la croissance domestique, dans un contexte de léthargie du commerce mondial, a fini par prendre le pas sur la reprise. Les prévisions actuelles ne sont plus tenables et les nouvelles des prochains mois ne pourront que conduire à une nette révision à la baisse du consensus pour la croissance à venir.

3-    La BCE est derrière la courbe en matière de lutte contre la déflation. Son action, si tant est qu’elle finisse par voir le jour…, n’aura pas la même influence sur les marchés que celle menée par la FED ces dernières années, en particulier à l’égard du secteur bancaire dont tout porte à croire qu’il ait entamé une sous-performance durable.

4-    Les anticipations de hausse des taux de la Fed ont souffert des développements internationaux récents, contribuant à limiter le choc sur les indices boursiers américains. Toutefois, l’absence de normalisation possible de la politique de la Fed ne pourra pas être perpétuellement perçue comme une bonne nouvelle.

La probabilité que la correction entamée ces derniers jours se poursuive est donc, à l’évidence, élevée. Nous continuons à privilégier :

  • Une mise à l’écart des marchés d’actions, y compris des marchés émergents, notamment des cycliques industrielles et des banques.
  • Une plus forte exposition aux marchés obligataires souverains (la configuration du marché des T-Bonds renforce notre scénario d’une chute vers 2,25 % des taux à 10 ans), y compris aux périphériques du sud de l’Europe.
  • Une plus forte exposition en faveur des métaux précieux.
  • Une exposition graduellement moins forte à l’euro vis-à-vis du dollar.

Synthèse

Yellen resists market calls, but does she really have a choice?

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The main risk from the FOMC’s meeting in the past two days was a possible change of direction on Fed monetary policy. It looks like the bank is staying the course. Today’s statement was unequivocal: there will be no rate hike in the foreseeable future. We can only tip our cap to the Fed’s determination in resisting mounting pressure from the market. Janet Yellen would be taking an imprudent risk if she were to rise to the bait and hint at a possible rate hike. Indeed, the U.S. economy may be doing better than it was a few months ago but its ability to weather an increase in long-term interest rates, which would be the obvious corollary to anticipations of a rate hike, is, in our opinion, close to nil….even after apparently positive GDP numbers from the second quarter.

Yellen résiste. Elle fait bien mais peut-elle faire autrement ?

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Le principal risque associé à la réunion du FOMC de ces deux derniers jours tenait dans l’éventualité d’un changement de cap de la politique de la Fed. Tel n’a pas été le cas. Le communiqué d’aujourd’hui ne laisse pas plus de place que les précédents à l’anticipation d’une remontée des taux directeurs à horizon prévisible. Nous ne pouvons que saluer la détermination de la Fed et sa résistance à la pression croissante des marchés. Janet Yellen prendrait, en effet, un risque inconsidéré en entrouvrant la brèche d’une possible hausse de ses taux directeurs. Car, si l’économie américaine va mieux qu’il y a quelques mois, sa capacité à faire face à une remontée des taux longs qui, forcément, accompagnerait des anticipations de hausse des taux directeurs, est, selon notre diagnostic, proche de zéro ; ceci, même après les bons chiffres apparents du PIB du deuxième trimestre.

T-Bonds or S&P, which of these markets has got it wrong?

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Improving economic indicators, ongoing accommodative monetary policy from the Fed and the bountiful reporting season have propelled U.S. equity indices to new highs in recent days: the S&P has added gains of 6% in the last three months making for a YTD gain of 18% and has even flirted with the 2,000 point level. The confidence backing up these trends is, however, a far cry from the signals the bond markets are sending us. Since the end of April, the yield on 10-year T-bonds has fallen to below 2.50%, i.e. 25 basis points less than mid-April levels and 50bps off from where it started the year. Such distortions between equity and bond markets are tough to reconcile over the duration and will end up being corrected. It is merely a question of when and to what extent. The response will come from economic changes in the coming months. So what should the market being taking a very hard look at?

T-Bonds ou S&P lequel de ces deux marchés se trompe ?

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L’amélioration des indicateurs économiques, le maintien d’un cap résolument accommodant de la part de la Fed et la bonne récolte de résultats des entreprises ont propulsé les indices actions américains vers de nouveaux records ces derniers jours, l’indice S&P cumulant une augmentation de 6 % au cours des trois derniers mois (18 % sur un an) pour dorénavant flirter avec un niveau de 2000 points. La confiance dont témoignent ces tendances est pourtant bien éloignée de ce que nous renvoient les marchés obligataires. Ainsi, depuis la fin avril, le rendement des T-Bonds à 10 ans a nettement reflué pour retrouver un niveau inférieur à 2,50 % ces derniers jours, inférieur de 25 points de base à ceux de mi-avril et de 50 pb à ceux du début de l’année. De telles distorsions entre les marchés d’actions et les marchés obligataires sont difficilement conciliables dans la durée et finiront par être corrigées, toute la question étant de savoir quand et comment.
La réponse viendra des évolutions économiques des prochains mois, que faut-il dès lors observer de très près ?