J. Yellen et M. Draghi outrepassent-ils leurs responsabilités ?

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Que ce soit les interventions de Janet Yellen sur la pauvreté et les inégalités ou celles de Mario Draghi sur la nécessité d’une politique de stimulation de la demande, le discours des banquiers centraux a sacrément évolué ces derniers temps. Dans des contextes très différents, la nouvelle posture des responsables monétaires de part et d’autre de l’Atlantique pose bien des questions.

J. Yellen se trompe-t-elle de combat ?

La pauvreté a-t-elle sa place dans la fonction de réaction d’une banque centrale ?

M. Draghi a-t-il franchi le Rubicon ?

Allemagne, c’est reparti ?

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Le rebond des commandes et de la production industrielle du mois de juillet sont bienvenues après les publications médiocres de ces derniers temps. Avec un acquis de 1,6 %, la croissance de la production du troisième trimestre s’annonce, en effet, nettement plus encourageante qu’au cours des trois mois précédents, durant lesquels elle s’était contractée de 1,5 %. A l’origine de ce rebond, les commandes et la production de biens d’équipement nous livrent également un message plutôt réconfortant sur la demande mondiale. Après une contraction du PIB de 0,2 % au deuxième trimestre, la croissance du troisième semble donc pouvoir être sauvée. Qu’anticiper pour la suite ? C’est en partie dans l’interprétation des tendances actuellement à l’œuvre sur le plan international que tient la réponse à cette question, laquelle dictera également dans une large mesure ce que l’on peut envisager de la croissance de l’ensemble de la zone euro d’ici la fin de l’année…

Les cache-misère de M. Draghi

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Que les annonces du Président de la BCE aient satisfait les marchés est une chose, qu’elles changent la donne sur le front de l’environnement de politique économique de la zone euro, en est une autre. Après s’être posté en sentinelle de la déflation, M. Draghi ne pouvait pas prendre le risque de décevoir et se devait de donner le change en déployant de nouveaux moyens face à la détérioration renouvelée des perspectives d’activité et de prix.

Il y est apparemment parvenu, à bien peu de frais…

La déflation c’est quoi ? Définition, nocivité, état des lieux en zone euro

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Il y a en Europe une certaine insouciance à l’égard du risque de déflation. Un peu comme si cette dernière était un moindre mal en comparaison du poison absolu qu’est l’inflation. Jusqu’à récemment, le mot même de déflation était absent du répertoire officiel, quasiment impossible à trouver sous le site de la BCE, alors que sur ce dernier se loge une section entière à vocation éducative sur les méfaits de l’inflation.

Une telle différence de traitement entre ces deux maux ne se justifie guère. Si, depuis le milieu du vingtième siècle, nos économies ont plus souvent eu maille à partir avec l’inflation, l’histoire économique est là pour nous rappeler combien les épisodes déflationnistes ont été monnaie courante dans un passé plus lointain et à quel point ceux-ci se sont révélés ravageurs sur le plan économique, social et, le plus souvent, politique. À l’heure où les prémices de déflation se multiplient en zone euro, sans doute n’est-ce pas inutile de revenir sur ce qu’elle signifie et les mécanismes qui en font un véritable fléau.

Sommaire

Définition, mesures et origines de la déflation p.2

Expression d’un déséquilibre entre l’offre et la demande p. 2

Schéma des enchaînements déflationnistes traditionnels p. 3

Difficultés de mesure p. 4

Nocivité de la déflation p. 6

La trappe déflationniste p. 7

Des efforts compétitifs vains, le cas japonais p. 8

État des lieux en zone euro p. 10

Poker menteur

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La confusion dont font preuve les marchés financiers ces derniers mois a viré à l’anarchie cette semaine, avec d’un côté la persistance d’un rapprochement des anticipations de hausse des taux de la Fed, illustré par une nette remontée des taux à deux ans, et de l’autre, l’écrasement généralisé des taux à long terme, résultat d’une nette accentuation de l’aversion au risque au niveau mondial.

De telles distorsions ne peuvent, à l’évidence, perdurer. Soit, en effet, l’environnement mondial s’améliore et la Fed pourra répondre à une meilleure santé de l’économie américaine par l’amorce d’un cycle de hausse de ses taux directeurs ; les taux longs retrouveront dans ce cas une tendance résolument haussière, cohérente avec celle des taux à 2 ans. Soit les boulets européens et géopolitiques internationaux l’emportent et la Fed n’aura pas le loisir de pouvoir ajuster sa politique à une éventuelle poursuite de l’embellie domestique, auquel cas les taux à 2 ans reflueront en même temps que les perspectives économiques mondiales.

En d’autres termes, le scénario aujourd’hui privilégié, qui semble celui d’une Fed capable d’ajuster sa politique à la seule évolution de la santé économique américaine, n’est guère crédible et finira donc par être reconsidéré.

M. Draghi jette un pavé dans la mare

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« Réduire le chômage requiert des politiques d’offre et de demande cohérentes » M. Draghi, Jackson Hole, 22 août 2014.

Nous l’avions dit*, M. Draghi, au pied du mur, finirait pas appeler lui-même à un assouplissement des règles budgétaires, nous y sommes.

En effet, la surprise du symposium de Jackson Hole n’est pas venue de Mme Yellen dont l’intervention n’a ni surpris ni rien apporté de nouveau quant à sa stratégie monétaire mais bel et bien de Mr Draghi. Le président de la BCE, tenu de plancher sur le thème central de cette rencontre, le chômage, a pris acte de l’extrême détérioration des conditions du marché du travail dans la zone euro. Son exposé ne pouvait le conduire à d’autres conclusions, la zone euro a besoin d’une politique de relance.

*Voir à ce sujet : Et maintenant que fait-on ? du 11 juillet 2014