BREXIT : ce n’est que le début…

Faute de soutien suffisant pour mener à bien le processus de sortie de l’UE à sa façon, la première ministre britannique Theresa May vient d’annoncer la tenue d’élections législatives anticipées le 8 juin prochain. Surprenante -T. May avait jusqu’à présent formellement rejeté, en effet, l’hypothèse d’une avancée des législatives de 2020- cette décision pose de nombreuses interrogations sur ses conséquences éventuelles.

Objectif : avoir une légitimité électorale ainsi qu’une équipe plus solide pour mener à bien les négociations du Brexit engagées depuis la fin mars avec l’enclenchement de l’article 50 du traité de Lisbonne. Theresa May a en effet suivi une ligne dure d’une sortie de l’UE (« hard Brexit ») assez largement contestée en dehors des rangs conservateurs, alors que les récents sondages montrent une possibilité de renforcer de 17 à 20 le nombre de sièges des Conservateurs à la chambre des Communes. Un succès à ces élections lui donnerait sans doute les moyens de trancher les cas litigieux et d’accélérer les négociations avec l’UE.

Risques :  L’opportunisme de T. May n’est toutefois pas sans risques. Celui :

1- de ne pas recueillir de soutien suffisant le 8 juin pour maintenir la ligne dure qui était la sienne, ce qui lui imposerait de reculer sur ses intentions premières,

2- celui, d’un affaiblissement beaucoup plus large de son soutien.

Peut-on envisager un échec susceptible de remettre en cause le processus même d’un Brexit ? Ce scénario, bien qu’a priori très faible, ne peut être exclu. Avec l’annonce d’aujourd’hui s’ouvre clairement une nouvelle source d’incertitudes.

La réaction très positive de la livre est de fait assez surprenante, cette dernière ne pouvant s’entendre, selon nous, que dans les deux scenarii de risques évoqués plus haut ; une version soft du Brexit ou… l’idée d’un coup de théâtre que constituerait un retour en arrière. En tout état de cause, à brève échéance, le potentiel d’appréciation supplémentaire de la devise britannique semble réduit, tout comme l’est le potentiel de remontée des taux à terme.

L’inflation c’est fini, jusqu’à nouvel ordre… de D. Trump

L’accélération de l’inflation depuis l’automne 2016 a constitué l’un des plus forts catalyseurs du retour de l’optimisme des entreprises et plus encore des marchés financiers. Ajoutée aux promesses de soutien de l’activité du nouveau président américain, ce mouvement a largement alimenté le thème de la reflation à l’origine du rallye des marchés boursiers.

Impulsé par les effets de base pétroliers dorénavant amenés à s’éroder, ce regain d’inflation est toutefois pour l’essentiel derrière nous. D’ici à l’automne, l’inflation devrait, en effet, fortement refluer dans les pays développés ; un mouvement susceptible de prendre bien des observateurs à contre-pieds.

Lire la suite…

L’écart se creuse entre les résultats de l’économie réelle et les indicateurs avancés…

Les nouvelles du jour en provenance de France et des États-Unis risquent de secouer bien des esprits tant elles sont éloignées des promesses envoyées ces derniers mois par les indicateurs dits avancés de la conjoncture. En France, malgré une envolée de l’indice PMI des directeurs d’achat du secteur manufacturier sur ses plus hauts niveaux depuis 2011, la production industrielle a essuyé son troisième repli mensuel consécutif en février. Accident de parcours ? Peut-être. Avouons, toutefois, qu’après les données médiocres de consommation, cela commence à faire beaucoup.

Lire la suite…

Industrie allemande, une amélioration poussive mais palpable grâce à la demande domestique

Les commandes à l’industrie allemande ont rebondi de 3,4 % en février, après une chute de 7 % en janvier. L’instabilité hors norme de l’indicateur ces derniers mois complique la lecture des tendances en place. Les données lissées sur trois mois font toutefois ressortir une nette amélioration de la situation domestique face à un environnement encore décevant à l’exportation, avec une stagnation des commandes sur les trois derniers mois.

Lire la suite…

Les chausse-trappes des minutes d’un FOMC au contenu bien éloigné de la version livrée le 15 mars

Alors que le communiqué post-FOMC du 15 mars avait surpris par la prudence de la FED à l’égard des perspectives économiques américaines et la conservation d’un scénario très timoré de seulement trois hausses de taux cette année, les minutes de ce même FOMC publiées aujourd’hui livrent une version assez distante de ce qui était ressorti de cette première version. Deux points saillants ressortent de ce compte-rendu détaillé :

  1. Passés sous silence le 15 mars, les échanges relatifs à un possible changement dans la politique de réinvestissement des actifs du bilan de la FED dès la fin de cette année constituent sans conteste la surprise la plus importante. La FED avait jusqu’alors communiqué sur une réduction possible du bilan une fois les hausses de taux bien engagées et le consensus n’envisageait pas de changement avant la mi-2018.
  2. L’analyse de la conjoncture économique apparaît quant à elle sous un jour bien différent des descriptifs très réservés jusqu’alors émis, en particulier par la présidente de la FED Janet Yellen. Contrastant avec les derniers rapports, le ton de ces minutes est résolument confiant, les points de déception sur la conjoncture (consommation, production industrielle, stocks et croissance du premier trimestre), étant systématiquement présentés comme des transitoires.

Lire la suite…

D. Trump-peau-de-chagrin, de loin le meilleur parti pour l’économie américaine et les marchés

Les revers successifs du président américain interrogent sur sa capacité à mener à bien son programme. Avec l’abandon de son premier projet de refonte de l’Obamacare, D. Trump aura du mal à recueillir l’approbation des Républicains sur sa réforme fiscale ou son plan de dépenses d’infrastructures dont le financement ne peut plus être assuré par les économies escomptées de la santé. Ses difficultés sur le front de l’immigration posent également la question de la mise en application de ses mesures les plus radicales à l’égard des travailleurs étrangers.  Lire la suite…

BMG mars 2017 – Revanche des marchés européens

Notre indicateur synthétique d’activité marque une timide amélioration en mars, passant de -0,3 à +0,2. La situation s’améliore globalement malgré quelques disparités sur le front de la consommation, tandis que les données d’investissement se dégradent de façon quasi généralisée, exception faite des Etats-Unis. Notre indicateur d’inflation continue pour sa part à progresser pour le 7ème mois consécutif.

Lire la suite…