Il y a une évidente incompréhension à l’idée que l’économie américaine puisse retomber en récession cette année compte-tenu des conditions en présence, notamment :
- un niveau historiquement faible des taux d’intérêt,
- l’abondance de pouvoir d’achat et la relative solidité du marché de l’emploi,
- une solide croissance du crédit sur fond de détente des taux d’endettement des ménages,
- une bonne tenue du marché immobilier.
Le risque d’une récession dès avant la fin de cette année est pourtant bel et bien réel. Il y a plusieurs raisons à l’origine de ce diagnostic que nous privilégions depuis le printemps dernier, parmi lesquelles, toutefois, une a plus de valeur que toutes les autres ; il s’agit de la combinaison de deux phénomènes typiques de la phase du cycle au cœur de laquelle se situe l’économie américaine aujourd’hui, qui voit simultanément se concrétiser :
1- une usure des gains de productivité, à partir de niveaux anormalement faibles dans le cas présent,
2- en même temps qu’une hausse des salaires, bien que relativement contenue à ce stade.
De telles configurations ont, par le passé, systématiquement propulsé l’économie en récession, ceci quel qu’ait pu être le degré de restriction monétaire pratiqué par la Fed au cours de ces différents épisodes ; le fait étant inhérent aux articulations économiques à l’œuvre dans de tels cas de figure.

