L’humeur du Vendredi 7 mars : M. Draghi paraît bien sûr de lui…

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Le Président de la BCE est confiant en sa capacité à combattre le risque de déflation et ramener le taux d’inflation de la zone euro vers l’objectif officiel de 2 %… à horizon 2016. Pouvait-on s’attendre à autre conclusion ? À l’évidence non. La BCE n’allait pas se tirer une balle dans le pied en nous annonçant que ses prévisions aboutissaient à un scénario de déflation, reconnaissant ainsi qu’elle échouerait dans sa mission.

Mais en pratiquant le déni de réalité, la BCE réfute la nécessité d’agir contre une menace de plus en plus importante et bien réelle qu’est celle de la déflation. La pratique est assurément préoccupante car, quoiqu’en dise M. Draghi, elle renforce bel et bien l’hypothèse d’un scénario à la japonaise que d’ores et déjà beaucoup d’éléments renforcent

Inflation mondiale – la désinflation gagne du terrain

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La désinflation gagne du terrain à l’échelle planétaire. Après un rebond temporaire au printemps, l’inflation mondiale a retrouvé une tendance baissière au second semestre 2013 et terminé l’année dernière à 3,2 %. Toujours très faible dans le monde développé, à 1,3 % en décembre, l’inflation a également reflué dans bon nombre de pays émergents ces derniers mois, pour ressortir en moyenne à 6,1 % à la fin de l’année dernière.

Ainsi, en décembre 2013 le nombre de pays de notre échantillon de (80) affichant un taux d’inflation inférieur à 2 % est quasiment de moitié (39), soit une proportion nettement plus élevée qu’un an auparavant (24). Gonflée par les chacun des 27 pays de l’UE sans exception, cette catégorie est également alimentée par un  nombre croissant d’économies asiatiques (6), les États-Unis et le Canada. Ce mouvement se solde par une baisse importante du nombre de pays à inflation modérée (3 % à 4 %) tandis que la proportion d’économies à inflation élevée (6 % et +) varie peu, regroupant pour la plupart des pays d’Afrique ou des victimes de conflits.

  • La désinflation gagne du terrain à l’échelle mondiale
  • Les prix des matières premières se détendent
  • Des contrastes toujours marqués dans les pays émergents
  • Le risque de déflation reste élevé en occident 
  • Les États-Unis, pas tout à fait sortis de l’ornière
  • Zone euro, le risque de déflation se propage au noyau dur
  • Les importations, source additionnelle de désinflation 
  • Remontée des taux réels, la plus grande menace

Revirement chinois ?

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L’Humeur du Vendredi 28 février

Revirement chinois ?

Simple bruit ou vrai signal ? L’hypothèse selon laquelle la baisse subite de la monnaie chinoise de ces derniers jours serait sans grande conséquence, orchestrée par les autorités dans le seul but de freiner les flux spéculatifs sur la devise, n’est pas totalement dénuée de sens à l’heure où tout est fait pour éradiquer la multiplication des sources de financement parallèles. Il s’agirait alors d’un changement, certes, préoccupant pour un certain nombre de secteurs domestiques dont la dépendance aux financements externes est importante, mais sans conséquence directe majeure sur les autres pays de la planète.

Toutefois, les raisons susceptibles de justifier une rupture stratégique en vue de provoquer une dépréciation du yuan sont suffisamment nombreuses pour étayer l’hypothèse d’un revirement de la politique de changes des autorités chinoises, aux conséquences internationales potentiellement beaucoup plus dommageables. Après plus de deux ans de hausse quasi-ininterrompue, l’appréciation de la devise chinoise est un handicap majeur pour l’Empire du Milieu et ne peut, à l’évidence, s’éterniser. L’heure pourrait donc être venue d’un changement que nous redoutons depuis plusieurs trimestres maintenant.

Déflation en zone euro, le risque reste entier 

Les chiffres d’inflation du mois de février semblent avoir rassuré les marchés. À 0,8 % sur douze mois, la hausse des prix à la consommation n’a pas ralenti davantage ce mois-ci. Interprété comme un signe suffisant pour repousser les doutes à l’égard d’une possible réponse de la BCE au risque déflationniste, l’euro a salué la nouvelle !

L’analyse par pays des données à ce stade disponibles est pourtant moins convaincante.

 

L’humeur du Vendredi 21 février : Attention verglas!

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Émergents grippés, coup de froid américain, Europe convalescente… les risques s’accumulent sur l’économie mondiale sans que ni les marchés ni les responsables de politique économique ne semblent s’en préoccuper outre mesure. Or, la situation pourrait bien être beaucoup plus critique que généralement admis.

L’environnement international se détériore bel et bien. S’il est encore trop tôt, perturbations climatiques obligent, pour conclure à un ralentissement durable, c’est bien sur ce risque que nous sommes aujourd’hui tentés d’attirer l’attention.

L’humeur du Vendredi 14 février

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Économie française, ne négligeons pas les bonnes nouvelles

L’emploi rebondit, en même temps que la croissance et l’investissement. 

Si le pari d’une baisse du chômage avant la fin de l’année 2013 n’a pas été gagné par le gouvernement français, celui d’une reprise de l’emploi aurait pu l’être. Au quatrième trimestre, l’emploi salarié a, en effet, augmenté de 14 700 postes, ce qui constitue la première hausse après quasiment neuf trimestres consécutifs de contraction. Que ce chiffre reste modeste est un fait, les détails des créations de postes par secteur et leur comparaison avec les enquêtes auprès des entreprises sont toutefois plus encourageants, notamment à la lecture des données du PIB du quatrième trimestre.

Zoom sur les données de la semaine

– La zone euro sort définitivement la tête de la récession

– Économie américaine, en attendant le printemps

Fed : mais quelle mouche l’a donc piquée ?

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Que les résultats économiques américains se soient améliorés est une chose. Que la Fed rompe comme elle le fait aujourd’hui avec sa stratégie et ses pratiques monétaires en est une autre, que le premier argument ne peut décemment pas justifier. Alors que les économistes américains seront nombreux à se réfugier derrière la décision du FOMC d’hier soir pour nous expliquer qu’elle valide le diagnostic de bonne santé retrouvée de l’économie américaine, telle n’est assurément pas notre analyse. Quelles sont donc les raisons susceptibles d’expliquer la volte-face de la Fed ?

 

L’Humeur du Vendredi 24 janvier

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Erreur de casting ? 

La stratégie de sortie de crise semblait bien huilée : les pays émergents auraient de plus en plus de besoins, l’Allemagne continuerait à leur vendre quantités de machines-outils et d’automobiles et servirait de locomotive au reste de la zone euro, le temps nécessaire à la remise à niveau de leur compétitivité. Les perspectives d’une demande abondante promettaient que chacun ait sa part, sous réserve que tous soient plus compétitifs ; la zone euro retrouverait le chemin d’une croissance, à terme, vertueuse ; les excédents courants assureraient le remboursement des dettes du passé et l’euro n’en serait que renforcé.

Le schéma originel semble pourtant bien malmené. Non seulement, la locomotive allemande ne s’est toujours pas mise en marche –l’Allemagne accumule des excédents de mois en mois plus importants alors que ses importations vivotent– mais les chances qu’elle se mette rapidement en branle semblent passablement amoindries, à en juger par la tournure des développements dans le monde émergent.

La banque centrale brésilienne en mode panique

Le rapport de la banque centrale brésilienne publié à l’issue de la réunion du comité de politique monétaire des 14et 15 janvier ouvre la porte à de nouvelles hausses du SELIC, le principal taux directeur brésilien, malgré déjà sept augmentations consécutives qui l’ont porté depuis le mois d’avril de 7,5 % à 10,5 %.

Sans nul doute destinée à stopper la dépréciation du réal, cette annonce inquiète plus qu’elle ne rassure. Malgré les interventions prolongées de la banque centrale sur le marché des changes (200 millions de dollars par semaine depuis le mois de novembre) et les fortes hausses de taux d’intérêt, la devise brésilienne a retrouvé ces derniers jours les plus bas niveaux enregistrés face au dollar durant le mois d’août tandis que le spread de taux longs avec les Etats-Unis n’a cessé de s’écarter. Les tendances respectives sur le front de la devise et des taux d’intérêt ont pris l’allure d’une crise, probablement amenée à durer.

Scénario 2014-2015 : Montagnes russes…

L’année 2014 commence sur une note positive : la croissance américaine se raffermit, la zone euro en termine avec la récession, le Japon engrange les fruits de sa stratégie compétitive et le commerce mondial se ressaisit. L’ensemble devrait être suffisant pour mettre un coup d’arrêt à deux ans de décélération de l’activité mondiale et assurer le retour d’une croissance nettement supérieure à 3 % cette année. Bonne nouvelle s’il en est, ce n’est toutefois pas sur cette conclusion que reposent les enjeux présents mais sur la réponse beaucoup plus complexe à la question de savoir si 2014 amorcera une deuxième jambe du cycle de reprise mondiale susceptible d’autoriser une embellie durable des conditions économiques et de permettre de tourner la page de cinq années de convalescence. Or, à cette question nous sommes toujours tentés de répondre par la négative, ceci pour deux raisons essentielles :

  1. Les effets du deleveraging continuent à exercer d’importants dysfonctionnements sur les rouages économiques internationaux,
  2.  Cinq années de crise ont considérablement érodé le potentiel de croissance de l’économie mondiale et sa capacité à faire face à la remontée des taux d’intérêt que l’accélération en cours entraînera forcément.

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