UEM – Des déceptions sans conséquences ; l’euro et les taux ont le vent en poupe !

L’indice IFO du climat des affaires en Allemagne et l’enquête mensuelle de l’INSEE en France ont quelque peu déçu ce mercredi. Le repli des perspectives manufacturières de l’IFO tranche avec l’excellente tenue des PMI de ces derniers mois tandis qu’en France, la forte baisse du climat des affaires dans les services, relatée par l’INSEE (- 4 points), est en parfaite déconnexion avec le rebond de l’indice PMI des mêmes activités de services. Ces déceptions n’ont guère gêné le DAX qui s’est adjugé une progression de plus de 1,8 % dans la journée de mercredi quand, de leur côté, les taux d’intérêt allemands à long terme sont remontés de plus de cinq points de base, franchissant, à plus de 0,46 %, leur plus haut niveau depuis plus d’un an…

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La reprise française, de plus en plus convaincante

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Les données de l’INSEE publiées ce matin offrent leur lot de bonnes nouvelles avec une révision à la hausse du PIB du premier trimestre, ainsi qu’une forte révision des chiffres de consommation de biens du mois de mars. Plus persuasives, toutefois, sont les données détaillées des comptes trimestriels, desquels il ressort notamment :

–     une nette accélération des dépenses de services des ménages,

–     ainsi qu’une vigoureuse remontée des dépenses réelles d’investissement des entreprises.

Un ensemble, au total, beaucoup plus convaincant d’une embellie de la conjoncture hexagonale que jusqu’à présent.

Depenses services FRInvestissement FR

Le PIB français, un très bon cru !

Au premier trimestre, la croissance du PIB réel de la France atteint 0,5%, après une progression de 0,3% le trimestre précédent. Ce résultat, le meilleur depuis un an, est au-dessus des estimations de la plupart des économistes et de celles de l’INSEE, constituant de fait une bonne nouvelle. Les données publiées ce matin offrent, toutefois, bien d’autres sources de satisfaction :

En premier lieu, par les très bons résultats sur le front de la consommation des ménages qui s’affiche en hausse de 1,2 %, soit sa plus forte progression trimestrielle depuis 2004. Sans être totalement surprenante, les données mensuelles de l’INSEE nous ayant préparé à un très bon chiffre pour le premier trimestre, cette statistique rassure, confirmant en particulier que le coup d’arrêt à la reprise de la consommation qu’avaient provoqué les attentats est derrière nous. La bonne tenue des gains de pouvoir d’achat et l’amélioration du marché de l’emploi portent peu à peu leurs fruits.

L’investissement des entreprises progresse solidement avec une hausse de 1,6 % après 1 % à la fin de l’année dernière. L’acquis de croissance des dépenses d’équipement des entreprises s’élève ainsi à 2,8 % pour 2016, garantissant probablement une bonne année.

Cette bonne tenue de la demande domestique a permis un léger rétrécissement, bienvenu, du niveau des stocks, susceptible de soutenir l’évolution de la production future.

Enfin, contrairement à l’habitude, cette embellie domestique n’a pas prioritairement bénéficié au reste du monde, nos importations de biens et services ayant faiblement augmenté, de 0,5% seulement au cours du trimestre contre des progressions de respectivement 2,1 % et 1,8 % au cours des deux trimestres précédents. La production nationale progresse ainsi de 0,6 % profitant, enfin, d’une embellie significative sur le front des services (0,9%).

Face à un contexte international très pénalisant, à l’origine cependant d’un repli très modéré des exportations (-0,2%), ces données sont incontestablement encourageantes, autorisant une relative confiance pour l’ensemble de l’année. Le scénario gouvernemental d’une croissance de 1,5 % en moyenne cette année, s’en trouve conforté, malgré les effets potentiellement contraignants attendus dans les prochains mois de la remontée des cours du pétrole.

PIB FR

Vers un premier trimestre record pour la consommation française

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Après les bons chiffres de production du mois de janvier, c’est une nouvelle bonne surprise que nous ont offert les statistiques de consommation des ménages pour le mois de février ce matin. Avec une hausse de 0,6 %, les dépenses réelles du mois de février sont robustes, en progression pour le troisième mois consécutif et en hausse de 1,8 % au cours des douze derniers mois. À supposer que les achats se stabilisent en mars, l’acquis de croissance pour le trimestre en cours serait de 1,7 %, la plus forte progression depuis 1999 !

Economie française, piano ma sano !

L’économie française gagne progressivement du terrain sur le chemin de l’amélioration. Malgré le repli des indicateurs PMI du climat des affaires en juillet, la reprise de l’activité produit ses effets sur une proportion croissante de secteurs domestiques quand les exportations, grandes manquantes jusqu’alors, se ressaisissent. Réservées, les prévisions du consensus devraient acter ces résultats réconfortants dans les prochains mois avec une correction à la hausse vraisemblable des prévisions de croissance pour l’an prochain, une tendance à même de consolider la surperformance du marché français par rapport aux autres places européennes, notamment l’Allemagne. Lire la suite…

France-Allemagne, question de momentum

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Les détails maintenant publiés de la croissance allemande, l’analyse qui en est faite est sans équivoque : les développements observés outre-Rhin sont bons ! Au premier trimestre, les dépenses de consommation ont progressé de 0,6 %, après deux trimestres de hausse de 0,7 % chacun ; l’investissement des entreprises a augmenté de 1,5 % ; l’investissement immobilier s’est ressaisi de 1,3 % et les exportations, certes légèrement moins dynamiques qu’au second semestre 2014, se sont néanmoins accrues de 0,8 % pour ressortir en hausse de 4,3 % sur un an. Ces bons résultats se sont traduits par deux effets :

– un destockage à hauteur de trois dixièmes du PIB, la croissance hors effets stocks aura donc été de 0,6 %, plutôt que de 0,3 % – l’inverse du cas français où la hausse totale du PIB de 0,6 % n’est plus que de 0,1 % hors stocks ;

– un rebond des importations de 1,5 %, suggérant que le pays joue enfin le rôle de locomotive à l’égard du reste de la zone euro, dont témoigne d’ailleurs l’accélération des exportations françaises à destination de l’Allemagne au cours des six derniers mois à mars.

Pourquoi dès lors ne pas s’arrêter là et en tirer les conclusions qui s’imposent : l’Allemagne va bien, beaucoup mieux que ses partenaires, et se trouve, maintenant, en mesure de tirer la croissance régionale grâce au regain de sa demande domestique, ce qui ne peut être que porteur pour le DAX ?

L’acharnement de Bruxelles à l’égard de la France est-il justifié?

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Les nouvelles exigences de la Commission européenne à l’égard de la France ont assurément du mal à passer et représentent un risque évident pour les perspectives de croissance à l’heure où l’on souhaiterait, au contraire, que soit bichonnées les tentatives de reprise tout juste naissantes dans l’hexagone. Quelles sont leurs motivations, quels en sont les limites ?