Des tendances, enfin, plus convaincantes de désinflation aux Etats-Unis

Les mesures de l’inflation n’ont pas beaucoup évolué aux États-Unis entre mars et avril. Sur un mois, le CPI total a augmenté de 0,4 % après 0,1 %, en raison d’un léger rebond des prix énergétiques, tandis que sa composante sous-jacente a conservé son rythme du mois précédent, là aussi, de 0,4 %. Sur douze mois, en l’absence d’effet de base similaire à ceux de mars, l’inflation totale comme sous-jacente ont seulement perdu un dixième de point, à respectivement 4,9 % et 5,5 %.

Un mois « pour rien », à première vue, avec des résultats toujours très supérieurs aux objectifs de la Fed. Aux détails près du rapport de ce mois-ci qui offrent des signes nettement plus tangibles de décélération de l’inflation sur des postes sensibles, loyers en particulier, et services de transport.

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Impossibles guidances 

A répéter à l’envi qu’elles agiront en fonction des informations et développements à venir, les banques centrales ont fini par créer les conditions d’un environnement de plus en plus instable, anormalement sensible aux nouvelles économiques, bonnes ou mauvaises, à travers lequel peu d’observateurs parviennent à trouver leurs marques. Après un nouveau regain d’intense stress bancaire ces derniers jours, la semaine s’est terminée dans une vague d’euphorie que bien peu d’éléments permettent de justifier. On évoque des résultats d’Apple et de quelques autres, meilleurs que prévus, comme l’explication de tendances improbables. On tente de trouver dans le rapport sur l’emploi américain une lecture plus rassurante que les données qu’il dévoile et on passe sous silence la très mauvaise information d’une chute de plus de 10 % des commandes allemandes au mois de mars, laquelle, ajoutée aux autres informations récentes nous met sous le nez le risque de récession de la première économie de la zone euro, alors que Mme Lagarde vient tout juste de promettre plus de hausses de taux directeurs encore à venir.

Manifestement, les clés de lecture sont ailleurs que dans le flux de données. L’abondance de liquidités est probablement toujours à l’œuvre, en dépit des tensions épisodiques récentes. L’épargne covid, pas encore totalement disparue, n’est probablement pas, non plus, étrangère à cet état de fait, profitant également à un certain nombre de secteurs d’activité, le luxe et le tourisme, en particulier.

Nul ne sait dire précisément quelle est la responsabilité de chacun de ces facteurs ni combien de temps ils agiront. Mais une chose semble sûre, l’incertitude est là pour durer et empêche de se projeter au-delà de quelques semaines. Les données de ce vendredi, appellent déjà confirmation ou infirmation qui ne sera, au mieux, donnée qu’au cours du mois à venir… d’ici les prochains RDV de la FED et de la BCE.

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2 %, c’est 2 % ! Du discours langue de bois à la réalité, la BCE ne convainc pas

Le nombre de fois où Mme Lagarde a martelé que le processus de hausse des taux n’était pas terminé et que l’objectif de 2 % d’inflation était non négociable a donné à sa conférence de presse, un ton plus faucon que généralement attendu. Il est vrai que, pris au pied de la lettre, ses propos auraient de quoi faire frémir : avec une inflation encore de 7 % en avril, jusqu’où la BCE pourrait-elle juger bon de relever ses taux… ? La réalité est probablement assez éloignée de ce raisonnement. Quelle que soit sa communication, la BCE commence à relâcher la pression. La hausse des taux directeurs décidée aujourd’hui est, en effet, la plus faible depuis le début du cycle de resserrement monétaire, en juillet 2022. De fait, en dépit d’une inflation encore très élevée, la BCE constate les effets plus tangibles de sa politique, en particulier sur la demande de crédit des entreprises. Or, à en juger par les tendances en cours, il fait peu de doute que les retours de ce côté-là continueront à lui donner satisfaction. Enfin, la BCE n’opère pas seule. Sauf à considérer que la FED se trompe de voie, le changement de cap américain finira par influencer la politique de la BCE, et ce, d’autant plus vite que la crise bancaire continuera de sévir Outre-Atlantique. Au total, le ton faucon adopté, peine à convaincre. Sans doute contraint par les hésitations des plus réticents des membres de la BCE à baisser la garde, il n’impressionne guère les marchés, comme en témoigne le net repli des taux et le fléchissement du cours de l’euro-dollar, dans le sillage de sa conférence de presse.

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La FED prête à pivoter mais pour la mauvaise cause ! Les marchés digèrent…

L’intention est à peine voilée. Après avoir relevé, comme largement anticipé, le taux objectif des Fed Funds d’un quart de point, à 5,25 %, la FED s’apprête à marquer une pause dès le prochain FOMC. Si le ralentissement de la croissance, apparemment plus convaincant à ses yeux, a sans aucun doute participé à ce changement de cap, c’est surtout du côté de ses commentaires au sujet de la situation bancaire que se nichent les raisons les plus évidentes à l’origine de ce qui semble constituer une ferme décision. Manifestement, le resserrement des conditions de crédit préoccupe suffisamment les membres de la FED pour détourner leurs regards de l’inflation. A ceux qui en doutaient, J. Powell n’a, d’ailleurs, pas hésité à souligner que la référence à la nécessité de relever les taux davantage avait été retirée du communiqué. Dont acte. Le point haut des Fed Funds est donc probablement atteint, comme nombreux l’avaient envisagé, y compris nous-mêmes, sans forcément imaginer que le verdict soit aussi clairement établi dès ce mercredi.

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FED et BCE au milieu du gué : « wait and see »

Après moultes tergiversations, les marchés se sont faits à l’idée de nouvelles hausses des taux directeurs de la FED et de la BCE cette semaine, au vu de résultats toujours insuffisants sur le front de l’inflation et d’une relative confiance dans la tournure de la conjoncture. Si la crise bancaire est, malgré tout, passée par là, avec à la clé un resserrement significatif des conditions d’octroi de crédit tant aux États-Unis qu’en zone euro, le plus probable est que FED et BCE tentent de parachever leur travail en relevant d’un nouveau quart de point leurs taux directeurs respectifs. En dépit des risques qui entourent les projections sur les agissements des banques centrales, c’est donc surtout sur la précision de leurs intentions pour la suite que la FED et la BCE sont attendues cette semaine, pour notamment signer une proche fin de partie.

Signeront-elles ? C’est assez peu probable pour ce qui est de la BCE mais également très incertain pour ce qui est de la FED. Le risque de déception et d’une révision à la hausse des anticipations sur le point haut des taux d’intérêt, tout au moins d’un regain de volatilité de ces dernières, semble relativement élevé.

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Le point haut des taux directeurs en vue, les bourses s’envolent, l’or aussi…

Cette fois, le coup d’envoi semble donné. Après avoir tergiversé au fil des errements des anticipations sur la politique de la FED, des déceptions sur la croissance et du stress provoqué par la crise bancaire, les bourses s’envolent, Europe en tête où les records se multiplient ou sont en passe d’être atteints. Les risques qui ont jalonné l’environnement économique et financier ont-ils disparu ? A l’évidence, non. C’est, au contraire, presque l’inverse et, précisément, parce que les menaces s’accumulent dangereusement que les banques centrales sont suspectées d’abandonner sous peu le combat contre l’inflation dans lequel elles se sont lancées il y a un peu plus d’un an. C’est pour cette principale raison, sur fond de net repli des taux d’intérêt et de liquidités toujours aussi abondantes, que les bourses sont à la fête et susceptibles de le rester, au moins jusqu’au début de l’été.

Dans ce contexte, financièrement encourageant, l’envolée de l’or fait, pourtant, désordre. Après, là aussi, moultes hésitations, les métaux précieux semblent avoir finalisé leur diagnostic et on aurait tort de ne pas y attacher d’importance car ce qu’ils nous disent tient principalement en ces termes : les banques centrales ne sont pas crédibles dans leur lutte contre l’inflation. Résultat, plus se rapproche le temps de l’arrêt des hausses de taux directeurs, dont se réjouissent les bourses, plus l’or en profite. La configuration qui en découle illustre les anomalies en place et les craintes, qui vont de pair, d’un fiasco final. L’envolée des cours de l’or est rarement de bon augure, en effet, mais l’histoire ne dit pas combien de temps peuvent persister ces contradictions dans un contexte de liquidités totalement inédit.

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Après les NFP pas de visibilité sur la Fed mais le leitmotiv de récession technique réapparaît

Une nouvelle fois, les regards étaient braqués sur la publication du rapport sur l’emploi américain de vendredi dernier, censé être décisif pour la FED. Une nouvelle fois, il n’en est rien. J. Powell pourrait trouver dans les données de mars à peu près tous les arguments pour décider de poursuivre le cycle de resserrement monétaire ou, au contraire, de lever le pied.

L’économie américaine a créé 236 K nouveaux postes, ce qui reste une solide performance, toujours supérieure au rythme observé au cours des deux années d’avant covid (178 K). Certes, la lecture est nettement moins favorable si l’on se cantonne à ce qui se passe dans la seule sphère privée, avec seulement 189 K emplois créés, au lieu de 283 K en moyenne les trois mois précédents, mais cela reste, là aussi, un rythme supérieur à celui des deux, voire quatre, années d’avant covid, tandis que rien ne dit que l’emploi privé soit plus important que le total. En l’occurrence, le rattrapage en cours dans l’administration est une composante tout aussi influente sur le taux de chômage, lequel, retombé à 3,5 %, ne prend toujours pas la direction des 4 % que la FED semble s’être fixé comme objectif minimum.

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