Finira-t-on par avoir raison ? L’avenir le dira. Mais ce qui est certain c’est que nous nous sommes bel et bien trompés depuis le mois de juin en prévoyant une poursuite de la hausse des marchés européens. Seule consolation, la performance de l’Eurostoxx en dollars est un peu plus clémente, en hausse de 1,7 % entre le 31 mai et le 17 août, au terme d’évolutions quasi-identiques de part et d’autre de l’Atlantique durant cette période. L’excuse est toutefois difficilement recevable pour ce qui nous concerne, notre scénario de taux de changes s’étant caractérisé depuis le début de l’année par l’anticipation d’une appréciation de l’euro tout à fait conforme à l’évolution constatée vers 1,18USD.
Author Archives: Véronique Riches-Flores
Minutes de la BCE : « Promis on ne nous y reprendra pas »… ou, les leçons de Sintra
Assurément, la réaction des marchés aux propos de Mario Draghi lors du symposium de Sintra de la fin juin ont marqué les esprits des membres du board de la BCE, dont on comprend à la lecture du compte-rendu du comité de politique monétaire du 20 juillet que cet épiphénomène a fait l’objet de bien des échanges. Résultat, la BCE considère de bon ton de renforcer sa méthode de communication et de veiller à faire évoluer son langage de manière progressive afin de prévenir les risques de surréaction futurs, tout en préparant le terrain à un éventuel changement de cap lorsque celui-ci sera jugé nécessaire. Rien de cela, toutefois, à l’ordre du jour à ce stade.
Eclipse totale à Jackson Hole
Traditionnellement rythmée par le calendrier des comités de politique monétaire des banques centrales, la vie des marchés financiers doit maintenant compter avec leurs symposia annuels. Fin juin, la quatrième édition de celui de la BCE, au Portugal, a laissé des traces dont les investisseurs se souviennent. En évoquant la possibilité d’une diminution plus rapide que prévu de son soutien monétaire, le président de la BCE a provoqué une mini bourrasque sur les marchés, à l’origine, malgré les précisions et rectifications apportées dès le lendemain, d’un net repli de l’Euro stoxx 50 dans les jours qui suivirent, de plus d’un doublement des taux d’intérêt à 10 ans allemands de 0,25 % la veille du symposium à 0,59 % deux semaines plus tard,
Absence d’inflation et risque politique coupent l’herbe sous le pied des banques centrales
Les indicateurs de l’été ont plutôt rassuré sur la conjoncture mondiale. Si les consommateurs ont trainé des pieds, les entreprises ont repris le chemin de l’investissement et de l’emploi. Manque toutefois la composante inflationniste pour donner aux banques centrales la latitude nécessaire pour s’engager vers une réduction de leur soutien. Sur ce point, le diagnostic s’est aggravé cet été quand, par ailleurs, les sujets de crispations politiques se sont multipliés. Principal soutien à la valorisation des actifs, le bas niveau des taux d’intérêt semble devoir durer. Pas sûr toutefois que ce garde-fou soit aussi efficace face au risque que fait planer le président américain sur la scène internationale.
BMG July 2017 – Investment is boosting our leading activity indicator
Our activity indicator jumped to 0.5 in July, after figures of 0.1 in June and 0 in May. The improvement in US data and the stronger overall trends in investment and exports were behind this good result, despite mediocre consumer spending figures. Our inflation indicator is slightly positive again after falling for two months, although it has not shown any real trend in the last three months.


BMG Juillet 2017 – L’investissement dope notre indicateur avancé d’activité

Notre indicateur d’activité rebondit en juillet, à 0,5 après 0,1 en juin et 0 en mai. L’amélioration des données américaines et celle, généralisée, des tendances de l’investissement et des exportations, expliquent ce bon résultat malgré des statistiques médiocres du côté de la consommation.
Notre indicateur d’inflation ressort, quant à lui, en territoire légèrement positif après deux mois de retrait, oscillant néanmoins sans réelle tendance ces trois derniers mois.
L’envolée de l’euro, une menace que la BCE ne peut ignorer.
En conditionnant son action future aux résultats à venir de l’économie américaine et de l’inflation, la FED a propulsé dans la foulée du FOMC des 25 et 26 juillet le cours du dollar vers de nouveaux plus bas depuis plus d’un an et, de facto, le cours de l’euro au-delà de 1,17USD. Signe le plus évident de la défiance croissante à l’égard de l’économie américaine et du regain de confiance dont bénéficie la zone euro depuis le début de l’été, l’appréciation de la monnaie unique à l’égard d’un panier de 38 devises dépasse 6,5 % depuis le premier tour des élections présidentielles françaises et 12,5 % à l’égard du seul dollar américain depuis la fin de l’année dernière. Le mouvement est-il supportable par les économies encore convalescentes de la zone euro ?
Avec ou sans modification de la politique monétaire de la BCE, l’euro garde le vent en poupe

Contrairement aux anticipations et aux informations distillées dans les minutes de son précédent comité de politique monétaire du mois de juin, la BCE n’a laissé filtrer aucune intention de modifier le cours de sa politique monétaire au terme de son comité du 20 juillet. Malgré la confiance dont a fait preuve Mario Draghi lors de sa conférence de presse sur les perspectives économiques de la zone euro, la faiblesse de l’inflation a emporté l’adhésion pour le maintien du cap de la politique en place.