Zoom arrière Août 2017 – Regain de défiance : le $ sanctionné, l’euro plébiscité

L’amélioration de la conjoncture économique internationale était censée redonner aux banques centrales la latitude pour réduire plus avant leurs politiques de soutien à l’activité. Fin juin, les économistes peaufinaient leur scénario sur la réduction du bilan de la FED dont beaucoup escomptaient qu’elle débute dès l’automne. La BCE, de son côté, semblait prête à annoncer dès la rentrée une nouvelle réduction de ses achats d’actifs pour l’an prochain. Cumulées, ces actions devaient se solder par une remontée des taux d’intérêt à terme, signe tant attendu d’une normalisation économique et financière ; un raffermissement du dollar, enfin soutenu par un changement plus significatif de la politique de la FED ; un raffermissement des cours du pétrole, que ces perspectives finiraient forcément par stimuler…

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La faiblesse du dollar, une explication fragile de la surperformance des indices émergents

Depuis le début de l’année, l’indice MSCI des bourses émergentes a progressé de 25 %, flirtant aujourd’hui avec son niveau d’août 2014, après deux années calamiteuses au cours desquelles il avait perdu jusqu’à 30 % de sa valeur. Souvent attribuée aux effets bénéfiques de la baisse du dollar, cette performance a toutefois avoir des origines bien plus complexes.

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Rapport sur l’emploi américain, ce qu’il faut retenir en quelques graphiques

Les créations d’emplois s’établissent à 156 K en août, après 189 K en juillet.  Ces mauvais résultats tiennent surtout au net reflux des créations de postes dans les loisirs et l’hôtellerie, secteurs parmi les plus dynamiques depuis le début de l’année. En revanche, l’industrie manufacturière a créé    36 K emplois, une nette amélioration par rapport à la situation qui prévalait au premier semestre. La croissance des salaires reste toutefois bridée, de 0.1% seulement en août, ou 2.5% l’an comme en juillet. Enfin, le taux de chômage remonte.

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Double carton pour M. Draghi

L’exercice était forcément complexe pour le président de la BCE, Mario Draghi, aujourd’hui.

Il lui fallait tout à la fois :

  • prendre acte de l’amélioration des indicateurs conjoncturels récents et communiquer sur des prévisions de croissance, forcément, revues à la hausse (à 2,2% pour 2017)
  • stopper la dépression des rendements obligataires de ces dernières semaines, dont la direction est clairement contraire à ses souhaits ; après avoir réussi à faire remonter les taux longs en début de conférence, le président de la BCE semble avoir échoué sur ce point, tant il s’est montré réservé quant à l’éventualité d’un changement envisageable de sa politique monétaire à horizon prévisible.
  • prévenir toute accélération du mouvement de hausse de l’euro ; l’échec est là total, le diagnostic rassurant sur les perspectives conjoncturelles de la zone euro semblant largement l’emporter sur les marchés des changes, tandis que Mario Draghi a continué à mentionner un ajustement à venir de la politique de la BCE , courant 2018 quand bien même il s’est bien gardé de quelconques précisions sur l’agenda envisagé. Résultat, bien qu’ayant souligné la vigilance de la BCE à l’égard du taux de change, dorénavant tout aussi déterminant que la croissance et l’inflation dans l’orientation à venir de la politique monétaire, l’euro est repassé au-dessus de 1,20 USD et frôle les 131 JPY.

En d’autres termes, bien qu’incontestablement « dovish », en particulier en comparaison de sa posture de début d’été, le Président de la BCE ne semble guère avoir les moyens de s’opposer aux pressions haussières de l’euro. La balle repart, dès lors du côté américain…

 

Véronique Riches-Flores

contact@richesflores.com

BMG août 2017 – L’investissement toujours mais rien que l’investissement…

Notre indicateur d’activité reflue en août à 0,1 après un sursaut à 0.5 en juillet. La dégradation généralisée des chiffres du commerce extérieur et l’arrêt de l’amélioration du climat des affaires expliquent ce résultat malgré un léger mieux du côté de la consommation aux Etats-Unis et au Japon et, toujours, de très bons résultats en provenance de  l’investissement. La désynchronisation persistante des tendances entre l’investissement, d’une part, et le commerce extérieur ou la production industrielle, de l’autre, n’est pas typique et finit par interroger sur la durabilité du rebond de l’investissement.

Nos indicateurs régionaux d’inflation cèdent un peu de terrain à l’exception du cas de la zone euro en forte progression.

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Krach du dollar

Ne cherchons pas de ce côté-ci les raisons à l’origine de l’envolée de plus en plus préoccupante du cours de l’euro-dollar. Initialement provoquée par les propos du près de la BCE lors du symposium de la BCE à Sintra, renforcée ensuite par la bonne récolte d’indicateurs économiques européens de cet été, c’est aujourd’hui d’une défiance grandissante à l’égard du dollar américain que s’alimente, par défaut, l’appréciation du cours de l’euro contre le dollar.

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La reprise de l’économie française est-elle suffisamment profonde pour faire face à une politique définitivement contracyclique ?

La dynamique conjoncturelle lancée, il pourrait s’agir du meilleur moment pour accepter quelques sacrifices et, comme le privilégie le nouveau gouvernement, donner un coup d’accélérateur au rééquilibrage budgétaire. Après tout, les politiques procycliques d’austérité menées dans un passé ont été suffisamment, à juste titre, décriées pour accepter l’idée que le temps des concessions soit venu dès lors que le socle de croissance est plus solide. Reste cependant à ne pas se tromper sur ce dernier point car c’est bien de celui-ci que devrait découler l’estimation de ce qui sera in fine supportable par l’économie française sans risquer de faire dérailler une reprise, somme toute, tout juste naissante.

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Political risk and a lack of inflation are undercutting central banks

The summer’s economic indicators have been relatively reassuring on the health of the global economy. When consumer spending has been sluggish, companies have begun to invest and hire again, contributing to an improvement in the outlook for future growth and leaving room for a more robust recovery in world trade. The only missing item is inflation, which the central banks need if they are to commit to a more significant reduction in their monetary support. On this score, however, the horizon has clouded up during the summer while, in addition, political tensions have been exacerbated.

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