Les consommateurs sur le bas-côté de la reprise. Pour combien de temps ?

Amélioration du climat des affaires, reprise de l’investissement industriel, réveil des échanges mondiaux, la conjoncture internationale a retrouvé un air de printemps ces derniers mois, incitant nombre d’économistes à revoir à la hausse leurs prévisions, notamment pour la zone euro. Manque pourtant à ce panorama des résultats patents en provenance des consommateurs qui, à de rares exception près, ont manqué à l’appel ces derniers temps. Retard ponctuel ou caractéristique durable ? C’est principalement de la réponse à cette question que dépend la tonalité du scénario européen pour l’an prochain. Lire la suite…

Bruit de bottes

La montée des tensions avec la Corée du nord depuis ce début de semaine commence à marquer son empreinte sur les marchés financiers. On note en particulier, aujourd’hui :

– Une accélération du mouvement baissier des taux d’intérêt à terme, particulièrement marquée aux Etats-Unis avec un repli des taux à 10 ans à 2,08 % cet après-midi ainsi qu’une nette décrue des rendements à 2 ans, sous les 1,30 %. Un mouvement plus rapide encore en zone euro, où les taux à dix ans allemands ont en proportion reflué plus violemment, à 0,33 % au moment où nous écrivons, contre 0,37 % en clôture hier, mouvement accompagné d’un écartement des spread intra-UEM, les rendements ayant mieux résisté dans le reste de la zone euro.

-Une amplification du mouvement de hausse des cours de l’or par rapport à ces derniers jours, au-delà de 1342 $ l’once, un plus haut depuis septembre de l’année dernière.

– Phénomène plus récent, une forte réaction des cours du pétrole, le Brent de Mer du nord ayant été propulsé au-dessus du range dans lequel il oscillait depuis la fin août, à 53,55$/b, son plus haut depuis le mois de mai. Des réactions disparates des différents marchés de matières premières, dont une baisse marqué des métaux industriels que la montée des craintes sur les retombées conjoncturelles explique (zinc, nickel, plomb en particulier) et des variations plus désordonnées sur les softs (fortes hausses du soja, du blé et du sucre américains).

– Une faiblesse persistante du dollar en net repli ce matin, qui reste toutefois surprenante compte tenu de la montée des crispations géopolitiques à l’origine des inquiétudes en place. La fermeté du yen, jouant à nouveau pleinement son rôle de valeur refuge, ne manque pas, de même, d’interroger vu l’exposition du Japon aux tensions de ces derniers jours avec la Corée du nord. À suivre…

– Enfin des réactions en chaîne sur les marchés d’actions particulièrement sévères pour les financières, bancaires et assurances confondues, et les matériaux de base, tandis que les pétrolières réagissent positivement à la hausse des cours du pétrole et que l’automobile, la construction résistent, dans l’ensemble en Europe (les baisses étant beaucoup plus généralisées sur le marché américains où tous les secteurs à l’exception de celui de l’énergie et des consumer staples accusent de forts replis).

 

Investment still, but still only investment

Our activity indicator fell back to 0.1 in August after jumping to 0.5 in July. Foreign trade figures deteriorated across the board and business climate indicators stopped improving, although there was a slight improvement in consumer spending in the USA and Japan and investment numbers remained very strong.

Our regional inflation indicators lost a little ground, except in the eurozone, where the indicator rose sharply.

Read the barometer

The argument that a weak dollar explains the outperformance of emerging markets is, well, weak

Since the beginning of the year, the MSCI Emerging Markets has advanced by 25%, and is now flirting with its August 2014 level. This follows two disastrous years during which the index lost up to 30% of its value. Even though it has been amplified by the weak dollar, this performance illustrates how emerging markets have come alive again over the past three months. In local currency, Brazil and Turkey, the most dynamic of them, have risen by 7-12%, while the vast majority of the others—Colombia, China, South Africa, Mexico, Saudi Arabia and Russia—have seen 4-8% rises. In other words, emerging markets have been more or less spared the upheavals affecting the developed world since the middle of the summer. This outperformance is often attributed to the beneficial effects of the decline in the dollar, but the real causes seem more complex. Let’s take a look.

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Zoom arrière Août 2017 – Regain de défiance : le $ sanctionné, l’euro plébiscité

L’amélioration de la conjoncture économique internationale était censée redonner aux banques centrales la latitude pour réduire plus avant leurs politiques de soutien à l’activité. Fin juin, les économistes peaufinaient leur scénario sur la réduction du bilan de la FED dont beaucoup escomptaient qu’elle débute dès l’automne. La BCE, de son côté, semblait prête à annoncer dès la rentrée une nouvelle réduction de ses achats d’actifs pour l’an prochain. Cumulées, ces actions devaient se solder par une remontée des taux d’intérêt à terme, signe tant attendu d’une normalisation économique et financière ; un raffermissement du dollar, enfin soutenu par un changement plus significatif de la politique de la FED ; un raffermissement des cours du pétrole, que ces perspectives finiraient forcément par stimuler…

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La faiblesse du dollar, une explication fragile de la surperformance des indices émergents

Depuis le début de l’année, l’indice MSCI des bourses émergentes a progressé de 25 %, flirtant aujourd’hui avec son niveau d’août 2014, après deux années calamiteuses au cours desquelles il avait perdu jusqu’à 30 % de sa valeur. Souvent attribuée aux effets bénéfiques de la baisse du dollar, cette performance a toutefois avoir des origines bien plus complexes.

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Rapport sur l’emploi américain, ce qu’il faut retenir en quelques graphiques

Les créations d’emplois s’établissent à 156 K en août, après 189 K en juillet.  Ces mauvais résultats tiennent surtout au net reflux des créations de postes dans les loisirs et l’hôtellerie, secteurs parmi les plus dynamiques depuis le début de l’année. En revanche, l’industrie manufacturière a créé    36 K emplois, une nette amélioration par rapport à la situation qui prévalait au premier semestre. La croissance des salaires reste toutefois bridée, de 0.1% seulement en août, ou 2.5% l’an comme en juillet. Enfin, le taux de chômage remonte.

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Double carton pour M. Draghi

L’exercice était forcément complexe pour le président de la BCE, Mario Draghi, aujourd’hui.

Il lui fallait tout à la fois :

  • prendre acte de l’amélioration des indicateurs conjoncturels récents et communiquer sur des prévisions de croissance, forcément, revues à la hausse (à 2,2% pour 2017)
  • stopper la dépression des rendements obligataires de ces dernières semaines, dont la direction est clairement contraire à ses souhaits ; après avoir réussi à faire remonter les taux longs en début de conférence, le président de la BCE semble avoir échoué sur ce point, tant il s’est montré réservé quant à l’éventualité d’un changement envisageable de sa politique monétaire à horizon prévisible.
  • prévenir toute accélération du mouvement de hausse de l’euro ; l’échec est là total, le diagnostic rassurant sur les perspectives conjoncturelles de la zone euro semblant largement l’emporter sur les marchés des changes, tandis que Mario Draghi a continué à mentionner un ajustement à venir de la politique de la BCE , courant 2018 quand bien même il s’est bien gardé de quelconques précisions sur l’agenda envisagé. Résultat, bien qu’ayant souligné la vigilance de la BCE à l’égard du taux de change, dorénavant tout aussi déterminant que la croissance et l’inflation dans l’orientation à venir de la politique monétaire, l’euro est repassé au-dessus de 1,20 USD et frôle les 131 JPY.

En d’autres termes, bien qu’incontestablement « dovish », en particulier en comparaison de sa posture de début d’été, le Président de la BCE ne semble guère avoir les moyens de s’opposer aux pressions haussières de l’euro. La balle repart, dès lors du côté américain…

 

Véronique Riches-Flores

contact@richesflores.com