Champ libre pour la FED après le rapport sur l’emploi américain pour poursuivre ou suspendre le chemin vers la normalisation monétaire

La banque centrale américaine ne pouvait imaginer meilleur rapport sur l’emploi pour retrouver un peu de marges de manœuvre face à des marchés dubitatifs qui n’envisagent plus qu’à 13 % aujourd’hui la probabilité d’une hausse de ses taux directeurs en septembre et un diagnostic largement incertain quant aux tendances de fond d’une économie en bout de cycle.

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Enfin des chiffres plus convaincants susceptibles de faire bouger le consensus en zone euro !

Si un mois ne fait pas le printemps, il peut faire un trimestre… et par voie de conséquence le consensus pour cette année…

Le début d’année a été marqué par l’inconfort d’une situation de très vive remontée du climat des affaires sans contrepartie en termes d’activité, notamment industrielle. Cette situation s’est soldée dans la plupart des cas par un tassement du sentiment des affaires qu’illustrent en particulier les PMI manufacturiers de ces trois derniers mois dans de nombreux pays à l’exception notable de la zone euro, où l’indicateur a poursuivi sa tendance vers ses plus hauts historiques.

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Mario Draghi cherche la reflation et ne la trouve pas

Moins de risques sur les perspectives de croissance mais une inflation toujours insuffisante pour modifier la politique monétaire, voilà en substance le message de la BCE et de Mario Draghi, son président lors de sa conférence de presse, validé par des révisions à la hausse des perspectives de croissance mais à la baisse de celles d’inflation. En somme, rien de bien surprenant à l’exception de l’insistance de Mario Draghi sur le faible niveau d’inflation, y compris sur les tendances salariales et, plus rare de sa part, la qualité des emplois créés, qualifiés de « faible qualité ».

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L’honneur perdu de Theresa May

Le pari d’élections anticipées dont le résultat était censé permettre de renforcer le positionnement de l’équipe au pouvoir et de lui offrir plus de marges de manœuvre dans les négociations avec l’UE sur le Brexit, était risqué dès ses début (Voir à ce sujet BREXIT, ce n’est que le début du 18 avril). Il semble aujourd’hui quasiment perdu et de facto de plus en plus périlleux pour Theresa May. Si les sondages permettent encore d’envisager que la première ministre britannique conserve la majorité au Parlement, la capacité des Conservateurs de se renforcer est loin d’être acquise quand l’hypothèse d’une perte pure et simple de majorité absolue ne peut, désormais, plus être exclue.

En d’autres termes, l’incertitude à l’égard des résultats des élections de jeudi est extrême. Or, de ceux-ci dépend l’avenir du pays, en particulier à l’égard de l’Europe.

Partisane d’un « hard Brexit » que l’on est tenté de définir par les propres mots de Mme May, à savoir : « préférer un Brexit sans accord avec les autres pays de l’UE, à un Brexit assorti d’un mauvais accord », la première ministre avait vraisemblablement en tête de profiter d’une majorité renforcée pour soutenir une stratégie relativement rapide de sortie du Royaume-Uni de l’UE en évitant des débats à rallonge, tant sur le front domestique qu’européen, sur les multiples sujets épineux des négociations à venir. Cette stratégie, qui ne disait rien sur l’impact économique du processus enclenché, offrait néanmoins la possibilité d’éviter l’enlisement et de réduire la période d’incertitude.

L’absence de majorité renforcée ou, pire, la perte de majorité absolue des Conservateurs, risque, au contraire, de compliquer les négociations, de fragiliser le positionnement des Britanniques, éventuellement désunis, face aux européens et de prolonger la période d’incertitude, donc l’exposition de l’économie britannique aux conséquences néfastes de la transition vers un Brexit. Elle peut accroitre, a contrario, les chances d’un Brexit moins radical. En effet, bien que Jeremy Corbyn, leader des Travaillistes, se dise soucieux de respecter l’expression des Britanniques à l’occasion du référendum de l’an dernier, son positionnement à l’égard de l’Europe est nettement moins catégorique que celui de T. May, visant en particulier, à conserver l’accès au marché commun européen. Si l’on voit mal quel compromis pourrait permettre d’aboutir à un tel accord avec l’UE, une montée des Travaillistes pourrait accroître l’éventualité d’un « soft Brexit », à terme moins pénalisant pour l’économie britannique.

Dans un cas comme dans l’autre, sauf surprise d’un élargissement effectif de la majorité Conservatrice, ces élections ne devraient guère soutenir la livre Sterling, en particulier contre l’euro, à un moment où ce dernier reprend des couleurs. Le risque d’une chute de la livre en deçà de ses plus bas de l’automne dernier, soit sous 1,10 GBP/EUR serait dans le cas d’une perte de majorité absolue relativement élevé, ce mouvement ayant tout lieu de se produire en même temps qu’un reflux significatif des taux longs britanniques, en particulier des taux à 10 ans. Pas sûr que les indices boursiers apprécient.

En guise de preview sur l’emploi américain…

La publication hier des chiffres de l’ADP, d’une croissance de 253 000 créations de postes privés au mois de mai a constitué une surprise aux conséquences très positives sur les marchés d’actions, l’indice Dow Jones trouvant là un nouveau prétexte pour poursuivre son ascension à un rythme effréné, à 21 144 points.
Après une nette décélération des créations d’emplois depuis le début de l’année, les données de l’ADP sont effectivement les bienvenues, susceptibles de redonner confiance dans l’économie américaine et sa capacité à tenir le cap d’une croissance décente malgré l’absence d’avancées sur le front des promesses budgétaires de l’Administration.
En somme, il y aurait dans cette confirmation de quoi court-circuiter les inquiétudes qui se sont fait jour depuis le début de l’année et inverser la tendance à la baisse des taux à long terme, devenue ces derniers temps éminemment contrariante par rapport à l’optimisme des marchés boursiers.
Reste, que les statistiques officielles du rapport mensuel sur l’emploi américain se sont singulièrement écartées de celle de l’ADP ces derniers mois. Selon les premières, le rythme des créations de postes se serait établi à 164 000 en moyenne au cours des trois derniers mois, un niveau inférieur de quasiment 63 000 postes par mois à ceux de l’ADP. Jamais de tels écarts n’ont été observés entre ces deux séries et les expliquer est, à ce stade du domaine de l’impossible. Il n’en reste pas moins que ce constat soulève bien des interrogations sur la réalité des tendances du marché de l’emploi américain depuis le début de l’année : est-il en décélération notable, à seulement 1,7% l’an ou, au contraire en accélération à 2,1%? Difficile à dire tant les tendances se révèlent éloignées.
A supposer que l’écart observé ces derniers mois entre ces deux séries persiste en mai, les données d’hier pourraient résulter en des chiffres NFP de seulement 190 000 emplois privés cet après-midi, soit des chiffres à peu près identiques à celles du mois dernier, de 194 000.

Le Beige book plombe les espoirs d’un deuxième trimestre revigoré et accroît le risque d’un statut quo de la FED en juin

Croissance modeste ou en ralentissement, inflation absente et faibles créations d’emplois malgré des goulots d’étranglement certains sur le marché du travail, le Beige book du mois de mai est en phase avec ce que relatent les indicateurs récents : malgré un ressaisissement des dépenses de consommation ces deux derniers mois, l’économie américaine s’enlise. En dépit de toutes les bonnes raisons de ne pas reculer, la probabilité que la FED préfère marquer une pause dans ses hausses de taux est bien réelle, un scénario à ce stade ignoré par les marchés qui intègrent à plus de 90% un nouveau relèvement de 25 pb le 14 juin…

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La FED garde la main sans rien annoncer

Conformément à nos attentes la FED a fait montre de confiance sur la situation et les perspectives économiques américaines dans son communiqué, minimisant la détérioration récente des indicateurs et de la croissance à des phénomènes transitoires.

Bien que ne s’engageant aucunement à ce stade sur le calendrier du prochain mouvement de hausse de ses taux, cette confiance a suffi à produire ses effets : les anticipations de hausse de taux en juin ont augmenté de 10 points après ce communiqué, à 73,8 %, permettant simultanément un léger redressement des taux à 10 ans et du cours du dollar.

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