Double carton pour M. Draghi

L’exercice était forcément complexe pour le président de la BCE, Mario Draghi, aujourd’hui.

Il lui fallait tout à la fois :

  • prendre acte de l’amélioration des indicateurs conjoncturels récents et communiquer sur des prévisions de croissance, forcément, revues à la hausse (à 2,2% pour 2017)
  • stopper la dépression des rendements obligataires de ces dernières semaines, dont la direction est clairement contraire à ses souhaits ; après avoir réussi à faire remonter les taux longs en début de conférence, le président de la BCE semble avoir échoué sur ce point, tant il s’est montré réservé quant à l’éventualité d’un changement envisageable de sa politique monétaire à horizon prévisible.
  • prévenir toute accélération du mouvement de hausse de l’euro ; l’échec est là total, le diagnostic rassurant sur les perspectives conjoncturelles de la zone euro semblant largement l’emporter sur les marchés des changes, tandis que Mario Draghi a continué à mentionner un ajustement à venir de la politique de la BCE , courant 2018 quand bien même il s’est bien gardé de quelconques précisions sur l’agenda envisagé. Résultat, bien qu’ayant souligné la vigilance de la BCE à l’égard du taux de change, dorénavant tout aussi déterminant que la croissance et l’inflation dans l’orientation à venir de la politique monétaire, l’euro est repassé au-dessus de 1,20 USD et frôle les 131 JPY.

En d’autres termes, bien qu’incontestablement « dovish », en particulier en comparaison de sa posture de début d’été, le Président de la BCE ne semble guère avoir les moyens de s’opposer aux pressions haussières de l’euro. La balle repart, dès lors du côté américain…

 

Véronique Riches-Flores

contact@richesflores.com

Krach du dollar

Ne cherchons pas de ce côté-ci les raisons à l’origine de l’envolée de plus en plus préoccupante du cours de l’euro-dollar. Initialement provoquée par les propos du près de la BCE lors du symposium de la BCE à Sintra, renforcée ensuite par la bonne récolte d’indicateurs économiques européens de cet été, c’est aujourd’hui d’une défiance grandissante à l’égard du dollar américain que s’alimente, par défaut, l’appréciation du cours de l’euro contre le dollar.

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Accumulation de mauvaises nouvelles en provenance de l’immobilier américain

Les ventes de logements neufs ont chuté de 9,4 % aux Etats-Unis en juillet, une bien mauvaise surprise tandis que le consensus s’attendait à une légère progression. Si la volatilité mensuelle de ces chiffres mérite de prendre quelques distances par rapport à cette annonce, il n’en reste pas moins que les statistiques en provenance du marché immobilier américain déçoivent depuis plusieurs mois maintenant et que l’éventualité d’une accélération de la dégradation de ce marché augmente irrémédiablement au fur et à mesure des mauvaises nouvelles : tarissement des crédits hypothécaires, essoufflement du sentiment des constructeurs, tassement des mises en chantiers…

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Si le moral des industriels reste au beau fixe, les machines, elles, tournent toujours au ralenti… Quand le moral s’effiloche dans les services.

Les indices PMI du climat des affaires ont une nouvelle fois apporté leur lot de réconfort ce matin avec une progression du climat des affaires manufacturier en France comme en Allemagne de sorte que l’indicateur préliminaire pour l’ensemble de la zone euro renoue quasiment avec ses points haut de juin, à 57,4 points, un record depuis 2011, tandis que ce même indicateur n’était encore que de 51,7 points en août 2016.

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Minutes de la BCE : « Promis on ne nous y reprendra pas »… ou, les leçons de Sintra

Assurément, la réaction des marchés aux propos de Mario Draghi lors du symposium de Sintra de la fin juin ont marqué les esprits des membres du board de la BCE, dont on comprend à la lecture du compte-rendu du comité de politique monétaire du 20 juillet que cet épiphénomène a fait l’objet de bien des échanges. Résultat, la BCE considère de bon ton de renforcer sa méthode de communication et de veiller à faire évoluer son langage de manière progressive afin de prévenir les risques de surréaction futurs, tout en préparant le terrain à un éventuel changement de cap lorsque celui-ci sera jugé nécessaire. Rien de cela, toutefois, à l’ordre du jour à ce stade.

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Janet Yellen prend le contre-pied de Mario Draghi sur la reflation

Indiscutablement plus préoccupée qu’elle ne l’était apparue ces derniers mois par le reflux de l’inflation américaine, Janet Yellen pourrait avoir sonné la fin de la partie ouverte sur les marchés obligataires par les propos de Mario Draghi le 27 juin dernier.

À l’occasion de son allocution devant le Congrès, la présidente de la FED s’est montrée raisonnablement confiante dans la capacité de l’économie américaine à se maintenir sur la trajectoire d’une croissance persistante qui devrait, à terme, permettre de retrouver celle d’une inflation à 2 %. Elle n’a toutefois pas caché l’inconfort suscité par le bas niveau persistant de l’inflation de ces derniers mois et la rigidité des salaires à la baisse du taux de chômage, et l’incertitude occasionnée par une telle situation.

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Champ libre pour la FED après le rapport sur l’emploi américain pour poursuivre ou suspendre le chemin vers la normalisation monétaire

La banque centrale américaine ne pouvait imaginer meilleur rapport sur l’emploi pour retrouver un peu de marges de manœuvre face à des marchés dubitatifs qui n’envisagent plus qu’à 13 % aujourd’hui la probabilité d’une hausse de ses taux directeurs en septembre et un diagnostic largement incertain quant aux tendances de fond d’une économie en bout de cycle.

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Enfin des chiffres plus convaincants susceptibles de faire bouger le consensus en zone euro !

Si un mois ne fait pas le printemps, il peut faire un trimestre… et par voie de conséquence le consensus pour cette année…

Le début d’année a été marqué par l’inconfort d’une situation de très vive remontée du climat des affaires sans contrepartie en termes d’activité, notamment industrielle. Cette situation s’est soldée dans la plupart des cas par un tassement du sentiment des affaires qu’illustrent en particulier les PMI manufacturiers de ces trois derniers mois dans de nombreux pays à l’exception notable de la zone euro, où l’indicateur a poursuivi sa tendance vers ses plus hauts historiques.

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