Trois raisons pour lesquelles le vote de la réforme fiscale américaine risque de faire flop

Voilà enfin le premier grand projet de réforme fiscale de Donald Trump en passe d’être adopté avec une réponse des marchés digne des attentes, notamment en Europe. La logique ? On attend de cette réforme qu’elle stimule la croissance américaine, prolonge davantage un cycle déjà exceptionnellement long et offre de facto à la FED des moyens supplémentaires de normaliser sa politique monétaire. Sur le papier, l’adoption de cette réforme serait donc, non seulement positive pour la croissance américaine, mais également pour le dollar, retirant des marchés européens l’épine d’un euro trop précocement renchéri.

Il y a au moins trois raisons d’être prudent par rapport à ce schéma.

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Mme Merkel tombe, l’Allemagne devient ingouvernable, l’Europe orpheline

Les réactions des marchés à l’échec de Mme Merkel à former une coalition semblent bien modérées au regard de ce que nous renvoie la situation en présence.

Que l’on soit ou non un fervent partisan de la gestion de Mme Merkel importe peu en comparaison de ce que la Chancelière incarne dans le paysage politique allemand : à savoir la seule candidate à même de réunir des partis politiques, comme partout, déchirés, et incapables de mener à bien une coalition solide sans laquelle l’Allemagne risque de se révéler ingouvernable. L’échec de Mme Merkel est donc synonyme d’instabilité probablement durable. Ni la perspective d’un gouvernement minoritaire ni celle de nouvelles élections que pourrait décider le Président de la république ne préfigurent, en effet, un possible retour au calme sous peu.

L’Allemagne n’est donc pas épargnée par le rouleau compresseur qui, ces dernières années, broie les politiques les uns après les autres laissant grandes ouvertes les portes aux extrêmes. Mais précisément parce qu’il s’agit de l’Allemagne, sans la volonté de laquelle le projet européen est voué à faire, au mieux, du sur-place, cette crise est plus préoccupante encore. L’Europe n’a pas le luxe du temps face à la crise économique en présence et à l’euroscepticisme rampant que cette dernière engendre. Elle n’a pas davantage de temps pour gérer les dossiers les plus chauds de son agenda, au premier rang duquel, le dossier Brexit.

Que les marchés financiers ne s’en émeuvent pas plus que cela aujourd’hui ne doit pas nous leurrer : l’échec des négociations de Mme Merkel a fait franchir à l’Europe un pas de plus vers l’inconnue de son destin car il n’existe pas de frontière entre la crise politique outre Rhin et ses ramifications européennes.

Résultats industriels et réforme fiscale font bouger les curseurs des anticipations de taux aux Etats-Unis

La probabilité implicite d’une hausse des Fed Funds de 50 points de base, plutôt que d’un quart de point, le 13 décembre, fait son apparition à hauteur de 8,5 %, après les bons chiffres de production industrielle et le vote du projet de réforme fiscale par la Chambre des représentants.

La production industrielle américaine a enregistré en octobre une progression de 0,9 %, la plus forte depuis le mois d’avril, grâce à un rebond de 1,3 % de l’activité manufacturière. Pour partie explicable par l’impact des ouragans sur la demande de biens et les besoins de reconstruction, ces données n’en demeurent pas moins de qualité. À 2,5 %, la croissance sur douze mois de l’activité manufacturière, est la plus forte depuis le milieu de l’année 2014, quand bien même toujours très inférieure à ce que suggère le haut niveau de l’ISM manufacturier.

À cette bonne nouvelle du milieu de l’après-midi s’est ajouté celle du passage du projet de réforme fiscale à la Chambre des représentants ; une étape essentielle face à laquelle les chances d’un soutien au Sénat se trouvent incontestablement accrues, malgré d’importantes incertitudes persistantes sur ce dernier point.

Ces deux évolutions simultanées ont largement soutenu le rebond des marchés actions aujourd’hui, l’indice Dow Jones récupérant 0,8 %, à 23.458 points, tandis que le Nasdaq s’adjugeait une progression de 1,3 %. Sans effet majeur sur le taux de change du dollar, globalement inchangé contre l’euro et le yen, ces nouvelles ont néanmoins eu un impact beaucoup plus net sur les anticipations de taux. Pour la première fois, en effet, la probabilité implicite d’une hausse des taux de 50 points de base plutôt que d’un quart de point, le 13 décembre, a fait son apparition à hauteur de 8,5 %.

Il y a là un signal à surveiller de près qui, s’il ne se révèle pas éphémère, pourrait être précurseur d’un changement en profondeur des marchés de taux, à même d’évoluer vers une repentification de la courbe des rendements qui modifierait de nombreux aspects de la situation des marchés financiers dans leur globalité.

Si nous n’en sommes pas là, c’est bien dans cette direction que se dirigeront les regards avec à la clé l’anticipation d’un nouveau rallye éventuel des marchés d’actions internationaux et d’un rebond du dollar. 

À 0,4 % l’an, la croissance des salaires réels américains ne tolèrera pas une inflation beaucoup plus soutenue

L’inflation sous-jacente américaine s’est très légèrement redressée en octobre, à 1,8 % au lieu de 1,7 % en septembre malgré le repli du taux d’inflation totale sous l’effet de la baisse des prix de l’énergie au cours du mois sous revue.

Malgré ce léger raffermissement, difficile de trouver dans les données d’aujourd’hui l’illustration d’un changement notable. Les composantes les plus cycliques de l’évolution des prix restent largement inertes, conformes ou inférieures à ce qu’elles ont fait en moyenne ces quatre dernières années, à l’exception près des prix des loyers.

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Un rapport sur l’emploi américain mi-figue mi-raisin mais certainement pas à même de faire grimper les anticipations de hausse des taux

À 261 K, les créations d’emplois du mois d’octobre sont plus proches qu’il n’y paraît des attentes du consensus (310 K) compte tenu de la révision à la hausse des données du mois de septembre, à +18 K au lieu de -33. Le rapport pour l’emploi reste pour autant plutôt de mauvaise facture, ceci pour au moins trois raisons : la dynamique du marché de l’emploi est affaiblie, les salaires n’ont pas augmenté en octobre et le taux de participation rebaisse de quatre dixièmes. Au total, si ce rapport ne peut pas être qualifié de mauvais, il est assurément médiocre et assez éloigné du schéma optimiste du consensus.

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Emploi américain : qu’en est-il au juste ?

Le rapport mensuel sur l’emploi américain du mois d’octobre attendu cet après-midi va, comme chaque mois, concentrer l’attention et les analyses. Celles-ci scruteront en particulier trois aspects de ce rapport : le rythme mensuel des créations de postes, le taux de chômage, la croissance effective. des salaires. Nous observerons en plus, pour notre part, le rythme sur douze mois des créations de postes, dans l’idée de pouvoir répondre à une question, somme toute non négligeable : la tendance annuelle sous-jacente des créations d’emplois privés est-elle de 2,1 % et en accélération comme suggéré par les donnes de l’ADP ou de 1.4 % et en nette décélération comme le rapportent les statistiques officielles (NFP) de ces derniers mois ?

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FED/BOE : pointe des pieds et gros sabots

Le communiqué de la FED à l’issue du FOMC de ces deux derniers jours conserve un ton d’une extrême prudence, quand bien même le lecteur averti peut y trouver tous les éléments nécessaires à la confirmation d’une hausse des taux lors du prochain FOMC de décembre. Toutefois, la confiance dans le scénario d’une remontée de l’inflation vers l’objectif de 2 % fait toujours débat au sein du conseil des gouverneurs et justifie la prudence avec laquelle la FED avance ses pions. En comparaison de la FED, la posture du gouverneur de la Banque d’Angleterre, dont tout laisse penser qu’il pourrait mener à bien une hausse des taux directeurs ce jeudi semble bien audacieuse. Alors que les perspectives britanniques sont en proie aux incertitudes croissantes du Brexit et à un un contexte politique des plus instables, cette décision suscite bien des interrogations.

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Tigre de papel’ ou véritable cassure historique

Difficile de répondre à cette question à ce stade mais la Catalogne a franchi un nouveau cap cet après-midi avec le vote de son parlement favorable à la déclaration d’indépendance de la région. Comment peuvent évoluer les choses à partir de maintenant ? Nul peut le dire. L’application de l’article 155 de la constitution espagnole, ne fait plus de doute. Lors d’une brève allocution après le vote du parlement catalan, Mariano Rajoy a rappelé qu’il prendra les dispositions requises pour assurer l’application de la constitution, sans en dire davantage à ce stade. Une arrestation du président du parlement catalan, Puigdemont, et de son adjoint est probable tandis que l’autorité centrale de Madrid reprendra les pleins pouvoirs sur la Catalogne.

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