L’IA pour le meilleur et pour le pire

Guerre commerciale ou shutdown, l’économie américaine résiste. Au troisième trimestre, le PIB pourrait avoir de nouveau augmenté à un rythme annualisé de plus de 3,5 % selon les estimations de la Fed d’Atlanta. Avec une croissance chétive des créations d’emplois, de seulement 0,5 % en équivalent annualisé au cours de la même période, les gains de productivité devraient avoir été, une nouvelle fois, spectaculaires. L’origine de ces succès ? Une seule et unique réponse : la tech, encore la tech et toujours la tech.
L’accélération du développement des technologies de l’information autour de l’IA explique l’essentiel de ces résultats, en effet, que ce soit en matière de croissance du PIB, de productivité et de profits ou, même, de commerce extérieur. Avant même le lancement des programmes exceptionnels des géants du secteur, les dépenses d’équipement à destination de la technologie ont représenté plus de 90 % de la croissance annuelle des investissements productifs américains des trois derniers trimestres.
En Europe, pour la première fois, l’espoir de voir les effets de l’essor des nouvelles technologies dans les résultats économiques pointe son nez. Interrogée durant sa dernière conférence de presse sur l’origine des révisions à la hausse des prévisions de croissance de la BCE, sa présidente, C. Lagarde, a suggéré que les développements de l’investissement autour de l’IA pourraient en être la cause. En France, où la résilience de l’activité a largement surpris depuis le début de l’été, les enquêtes de l’INSEE renvoient quelques signaux concordants, là où on les attendait le moins : les commandes au secteur de l’informatique et de l’électronique ont constitué la première, pour ne pas dire l’unique, source d’amélioration des carnets de commandes à l’exportation de ces tout derniers mois !

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Les « Dragons » d’Asie prêts pour un grand retour

Avant que la Chine n’entre dans l’OMC au début du siècle, il y avait les « Tigres » ou « Dragons » d’Asie, un groupe de quatre pays du Sud-Est asiatique, composé de la Corée du Sud, de Singapour, Hong-Kong et Taïwan, auxquels se sont ajoutées la Thaïlande et la Malaisie, alors regroupés sous le vocable de Nouveaux Pays Industrialisés d’Asie (NPIA). Pionnières de la mondialisation, ces économies ont connu leur heure de gloire dans les années soixante-dix à quatre-vingt-dix, jusqu’à la crise de surinvestissement de 1998 et avant la montée en puissance de l’économie chinoise. Leur réussite, assise sur le modèle d’un développement à l’exportation, a largement inspiré les politiques mondiales d’ouverture des frontières des années quatre-vingt-dix et la stratégie de l’Empire du Milieu.
Les performances de la Chine ont, depuis, largement occulté ces petits pays, considérés comme des satellites économiques de la Chine, à l’égard de laquelle leur dépendance s’est considérablement accrue ces vingt dernières années. Plus récemment, le Vietnam, a pu paraître leur voler la primeur, avant que les déboires de l’économie chinoise ne les entrainent sur la voie de nouvelles difficultés, souvent aggravées par des crises politiques, domestiques ou régionales, récurrentes. La politique protectionniste de D. Trump a, alors, pris l’allure d’un coup de grâce. Toujours très dépendantes de leurs exportations à destination des Etats-Unis, ces économies étaient en première ligne du « Liberation Day », victimes directes des droits de douanes annoncés, en même temps que victimes collatérales de la guerre commerciale sino-américaine qui se profilait. Difficile d’imaginer à ce moment-là quelle issue favorable pourrait se présenter pour ces feus puissances à l’exportation.
Les perspectives pourraient, pourtant, redevenir plus porteuses pour ce groupe de pays qui disposent pour la plupart d’un leadership incontestable dans les domaines technologiques, qui semble déjà jouer en leur faveur et pourrait en faire de grands gagnants incontournables de la course à l’innovation en présence.

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Les mauvaises données du CPI américain ensevelies sous les inscriptions au chômage

Contrairement au mois dernier, c’est cette fois-ci du CPI américain que proviennent les déceptions, après des PPI plutôt réconfortants hier. En août, les prix à la consommation ont augmenté de 0,4 %, à raison de 0,3 % pour leur composante hors énergie et alimentation. Sur un an, l’inflation gagne deux dixièmes, à 2,9 %, soit une hausse de six dixièmes par rapport à son point bas d’avril. Sur les marchés, la publication simultanée des inscriptions hebdomadaires au chômage, en forte hausse, a néanmoins pris le pas sur la mauvaise nouvelle de l’inflation : les taux futurs américains ont, en effet, décroché sur toutes les échéances. Le message est clair : la Fed est censée donner plus d’importance aux mauvais retours du marché de l’emploi qu’à l’inflation, quand bien même cette dernière confirme l’évidence : la hausse des droits de douane fait monter les prix.

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Le Vietnam, bouc émissaire, de la guerre commerciale sino-américaine

Les derniers PMI le confirment, l’Asie résiste aux pressions commerciales. Et pour cause, la pause de 90 jours des hausses de tarifs annoncées le 2 avril en a, jusqu’à présent, différé l’essentiel des effets de la guerre commerciale. En Chine, les différentes mesures du climat des affaires se sont améliorées en juin, tout comme les enquêtes manufacturières de la plupart des pays d’Asie : Corée, Inde, Japon, Philippines, Malaysie ou Thailande.
Ce n’est pas le cas au Vietnam, où le PMI manufacturier a reculé d’un point, à 48,9. Le pays, en ligne de mire de l’administration américaine, est parvenu à conclure un accord commercial avec les Etats-Unis pour échapper aux droits de 46 % annoncés le 2 avril. Il s’en tire néanmoins avec une surtaxe de 20 % sur ses ventes à destination des Etats-Unis. La pillule est amère pour une économie dont 30 % des exportations ont pour destination la première économie mondiale et représentent presque autant de son PIB. Elle risque de passer d’autant plus mal que les Américains ont instauré une surtaxe de 20 % additionnelle aux ventes de produits d’origine étrangère par le Vietnam. La mesure, qui vise directement les tentatives de contournement des taxes américaines par les entreprises chinoises, devrait finir par impacter ces dernières et par peser d’autant plus sur l’économie vietnamienne.

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En Allemagne, les commandes déjà sanctionnées par la guerre commerciale

En janvier, les commandes à l’industrie allemande se sont contractées de 7 % après, certes, une hausse de plus de 5 % en décembre 2024. En France, la production manufacturière s’est repliée de 0,7 % en janvier après -1 %, à un plus bas niveau depuis presque trois ans, inférieur de 7 % à ceux d’avant covid. Deux mois de baisse consécutifs, également, en Espagne, quoique de moindre ampleur.
L’amélioration supposée de la conjoncture industrielle trébuche et les récents développements côté américain en sont, déjà, en partie responsables. Les livraisons de véhicules allemands aux Etats-Unis se sont, littéralement, effondrées, avant même la mise en place effective des droits de douane.

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L’Allemagne première source d’inflation en zone euro. Ça pourrait durer !

L’inflation en zone euro est ressortie en hausse de 0,2 points en décembre, à 2,4 %. Sa composante sous-jacente est restée stable, à 2,7 %. Sauf les effets de base et la légère hausse mensuelle des prix de l’énergie qui expliquent ce résultat, il ne s’est pas passé grand-chose sur le front de l’inflation régionale en décembre. Reste le constat troublant d’une inflation allemande définitivement plus robuste que celle de la moyenne de la zone euro, renforcé par l’absence de changement en France et en Italie, où les hausses annuelles de prix sont ressortie à 1,8 % et 1,4 % respectivement selon les données harmonisées. Ça commence à faire une sacrée différence et à y regarder de plus près, la tendance ne s’explique pas par un accident de parcours…

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Commandes allemandes : fragile soutien international, déprime domestique

Les commandes allemandes sont ressorties en recul de 1,5 % sur un mois en octobre, après une hausse de 7,2 % en septembre en raison, toujours, des fluctuations des ordres « majeurs ». Elles n’en ont, pas moins, affiché une nette hausse sur un an, de 5,8 %. Un satisfecit sur le court terme, a priori, de bonne augure, pour l’activité, en attendant les chiffres de production de demain.
En revanche, les données en présence font le grand écart entre des ordres étrangers toujours soutenus, en hausse de 0,8 % après 9,3 % en septembre et des commandes domestiques, en baisse de 5,3 %, au plus bas depuis la crise covid. L’amélioration de la consommation, qui a fait les premiers éléments de la reprise cet été, est déjà menacée.

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Dans son malheur, la France a, jusqu’à présent, eu de la chance…

Les conditions financières de ces derniers mois ont épargné la France de contrecoups trop pénalisants de la crise politique qu’elle traverse depuis le 7 juillet. Il s’agit d’une immense chance, qui a permis d’atténuer les impacts financiers et économiques les plus redoutés de la succession de chocs connus par l’Hexagone ces derniers mois. Dans un contexte de détente monétaire, les taux de financement de l’Etat français ont, ainsi, reflué de près d’un demi-point depuis leur pic de début juillet, tandis que le contexte boursier très favorable en occident a, également, permis de limiter la casse au niveau du CAC 40, en repli de 4,3 % seulement entre le 7 juillet et la fin novembre. Bien évidemment les stigmates de la crise ne sont pas absents : l’écart de taux avec l’Allemagne a quasiment doublé et la sous-performance de l’indice parisien par rapport au Dax est sans équivalent depuis 34 ans, mais la perception de la crise serait sans nul doute beaucoup plus sévère sans ces amortisseurs exogènes. Ces derniers peuvent-il encore protéger l’Hexagone de la tourmente que redoutée de la censure votée ce 4 décembre ? Les tendances toutes récentes des marchés incitent à le penser mais ne peuvent faire oublier une évidence : la chance n’est, par définition, jamais éternelle et finira par tourner si la France ne retrouve pas sans tarder la voie de la stabilité.

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