L’Espagne, un modèle pour la Grèce ?

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L’Espagne est souvent citée comme référence de bonne gestion de la crise économique et souveraine de ces dernières années, présentée comme le pays ayant su faire les sacrifices nécessaires dont il récolte aujourd’hui les bénéfices. Les révisions à la hausse des prévisions de croissance annoncées par le gouvernement espagnol cette semaine ont ainsi souvent été perçues comme un argument susceptible de faire valoir à la population grecque la voie à suivre à la veille du référendum de ce week-end. Les deux situations n’ont pourtant pas grand-chose de comparable, ceci pour trois raisons principales :

1- En 2010, lorsqu’éclate la crise souveraine, le niveau d’endettement de l’économie espagnole est parmi les plus faibles de la zone euro, les exigences d’ajustement ont donc surtout visé à rééquilibrer une situation budgétaire ponctuellement, bien que gravement, impactée par la crise immobilière et bancaire. Rien de tel en Grèce où l’état des finances publiques était beaucoup plus critique, requérant de facto des ajustements structurels beaucoup plus drastiques qui totalisèrent 17 % du PIB potentiel entre 2010 et 2014, contre 6,5 % dans le cas espagnol.

2- Le coût économique des économies budgétaires est ainsi sans commune mesure entre les deux pays : moins de 4 % pour le PIB espagnol contre 25 % pour le PIB grec, soit un multiplicateur budgétaire de 0,6 dans le premier cas et de 1,5 dans le second, conséquence à la fois de l’ampleur et de la typologie des réformes menées.

3-L’Espagne a mis fin à sa politique d’austérité depuis 2013 et en récolte aujourd’hui les fruits en matière de demande domestique quand les négociations en cours visent à prolonger l’austérité pour plusieurs années dans le cas grec, écartant de facto toute chance de reprise de l’activité pour les deux prochaines années.

Etats dés-Unis, l’autre réalité américaine

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L’expérience de l’union monétaire nous a montré, à bien des occasions, la difficulté à apprécier le juste milieu d’une situation économique d’un ensemble de pays aux situations disparates et le coût susceptible d’en résulter en matière d’efficacité de la politique économique, plus particulièrement monétaire. Souvent attribuées à la jeunesse de la zone euro, ces difficultés sont généralement considérées comme passagères, amenées à s’estomper au fil d’une construction renforcée sur la voie du fédéralisme, garant, à terme, d’une situation plus harmonieuse allant de pair avec une plus grande mobilité des capitaux et de la population. Pas sûr pour autant, que le modèle qui anime cet idéal soit toujours aussi performant. Le fédéralisme américain est en panne, sinon sur le plan politique du moins, de plus en plus nettement sur le plan économique. L’actuelle Présidente de la Fed, Janet Yellen, pourrait bien être la première à en faire les frais.

PIB par tête

 

Bons chiffres d’emplois et des salaires américains, l’horizon se dégage-t-il ?

Avec 280 000 créations nettes d’emplois en mai, l’économie américaine a été plus généreuse que prévu. De fait, ni les indicateurs en provenance des entreprises, ni ceux en provenance des consommateurs ne laissaient prévoir cette amélioration. Par ailleurs, la croissance des salaires commence à s’accélérer, affichant une hausse annuelle de 2,3 % pour la première fois depuis 2009, notamment sous l’effet d’une hausse des rémunérations des postes peu qualifiés à 2 % en mai après un point bas de 1,7 % en février.

Salaires US

L’horizon se dégage-t-il à nouveau pour l’économie américaine ?

Deux éléments nous retiennent de le penser, à ce stade tout au moins.

1- Le premier est relatif aux pertes de productivité persistantes que suggère le décalage entre la croissance de l’activité et celle des emplois. Après deux trimestres consécutifs de baisse, la productivité américaine ne pourra se rétablir dans les conditions présentes. Ceci a trois conséquences majeures :

  • Une détérioration du momentum des profits des entreprises,
  • Une baisse des perspectives d’investissement, donc du potentiel d’emploi futur,
  • Une accélération des coûts salariaux unitaires, en partie responsable de l’inconfort de la Fed à l’idée de repousser la hausse de ses taux directeurs.

2- Le second tient au changement de comportement des ménages qui depuis le début de l’année privilégient l’épargne à la dépense de sorte que les gains de pouvoir d’achat supérieurs à 2,5 % ont quasi-systématique été à l’épargne plutôt qu’à la consommation ces derniers trimestres. Plusieurs raisons semblent expliquer cette situation parmi lesquelles le phénomène d’exclusion des jeunes peu qualifiés du marché de l’emploi joue une part importante. A en juger par les chiffres publiés cet après-midi, la situation évolue peu sur ce front ; le taux de participation des plus jeunes à la vie active reste en effet particulièrement faible, campant autour de ses plus faibles niveaux depuis les années soixante.

Revenus et épargne USParticipation US

Un nécessaire toilettage des prévisions de la BCE

Le Comité de politique monétaire de demain, mercredi 3 juin, sera celui de la mise à jour des prévisions de la BCE. À en juger par les évolutions enregistrées depuis le mois de mars, l’exercice devrait donner lieu à plusieurs ajustements potentiellement substantiels susceptibles d’être plus ou moins bien reçus par les marchés dans la période actuelle de forte instabilité. Lire la suite…

Au pays du Soleil-Levant, M. Abe peut-il encore faire la pluie et le beau temps ?

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Deux ans et demi après son arrivée à la tête du pays, le Premier Ministre japonais Shinzo Abe a usé une bonne partie des flèches prévues à son arc. Les résultats ne sont pourtant guère au rendez-vous : après un sursaut de croissance du premier trimestre, les données publiées ces derniers jours décrivent une fragilité persistante de la situation économique, tandis qu’une fois dépassé l’effet de la hausse des taxes de l’an dernier, l’inflation retombe lourdement en avril. Or, les réformes structurelles sur lesquelles repose l’intégralité de la confiance restaurée dans ce pays auront du mal à porter leurs fruits sans un retour durable de la croissance de l’inflation. M. Abe a-t-il dès lors d’autres moyens que la fuite en avant pour tenter de parvenir à ses fins et éviter de décevoir le haut niveau d’attentes des marchés ?

Nikkei

France-Allemagne, question de momentum

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Les détails maintenant publiés de la croissance allemande, l’analyse qui en est faite est sans équivoque : les développements observés outre-Rhin sont bons ! Au premier trimestre, les dépenses de consommation ont progressé de 0,6 %, après deux trimestres de hausse de 0,7 % chacun ; l’investissement des entreprises a augmenté de 1,5 % ; l’investissement immobilier s’est ressaisi de 1,3 % et les exportations, certes légèrement moins dynamiques qu’au second semestre 2014, se sont néanmoins accrues de 0,8 % pour ressortir en hausse de 4,3 % sur un an. Ces bons résultats se sont traduits par deux effets :

– un destockage à hauteur de trois dixièmes du PIB, la croissance hors effets stocks aura donc été de 0,6 %, plutôt que de 0,3 % – l’inverse du cas français où la hausse totale du PIB de 0,6 % n’est plus que de 0,1 % hors stocks ;

– un rebond des importations de 1,5 %, suggérant que le pays joue enfin le rôle de locomotive à l’égard du reste de la zone euro, dont témoigne d’ailleurs l’accélération des exportations françaises à destination de l’Allemagne au cours des six derniers mois à mars.

Pourquoi dès lors ne pas s’arrêter là et en tirer les conclusions qui s’imposent : l’Allemagne va bien, beaucoup mieux que ses partenaires, et se trouve, maintenant, en mesure de tirer la croissance régionale grâce au regain de sa demande domestique, ce qui ne peut être que porteur pour le DAX ?

Un avant-goût de fin de cycle américain

Les indicateurs américains se suivent et se ressemblent depuis le début de l’année. Après une croissance quasiment nulle au premier trimestre, la déprime gagne du terrain : industrie, investissement, consommation, immobilier – y compris après le rebond d’avril -, productivité… L’emploi ne devrait, à l’évidence, pas tarder.

L’espoir que le contrechoc pétrolier prolonge le cycle de quelques trimestres, dorénavant évaporé, le risque de récession refait surface. À en juger par les indicateurs les plus récents, la probabilité d’une telle issue s’accroît, en effet, sensiblement. Lire la suite…

Faiblesse de la productivité, talon d’Achille du cycle en cours

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La publication d’une contraction des gains de productivité pour le deuxième trimestre consécutif a eu un retentissement marqué sur les marchés financiers et pourrait bien modifier la perception des risques assortis à la situation conjoncturelle américaine, remettant notamment dans le radar le spectre d’une possible récession. Pourquoi ces chiffres sont-ils tellement importants ?

Nous revenons ici sur le cycle de productivité, ses origines et ses implications sur les enchaînements conjoncturels en matière de rentabilité, de profits, d’inflation et de politique monétaire. Une façon de mettre en exergue les particularités du cycle présent et les dangers qu’encourrait la Fed en les mettant au second plan, à savoir celui d’accroître sensiblement la probabilité d’une récession que nous estimons aujourd’hui comprise entre 25 % et 30 %.